Adieu chèques, cartes, billets de banque…

Des géants de la finance, du sans-fil, des technos et du Web s’apprêtent à transformer votre téléphone portable en un portefeuille électronique. Est-ce la fin d’une époque ?

Adieu chèques, cartes, billets de banque...
Ill. : Rémy Simard

Sur le mur rouge vif, une cinquantaine de « Post-it » jaunes sont minutieusement alignés. Sur chacun d’eux est écrit un mot clé : un nom d’entreprise, un terme informatique, un verbe d’action… L’ensemble prend l’allure d’une énigmatique tapisserie que seuls des initiés peuvent décrypter. Pierre Lopez, 37 ans, est de ceux-là. Ce grand gaillard à la gueule de star est vice-président aux opérations de DH International, jeune entreprise technologique qui a ses bureaux dans un triplex anonyme du Plateau-Mont-Royal, à Montréal. Il construit ce vaste tableau de bord depuis plus d’un an. Objectif : révolutionner la façon dont les Canadiens paient leurs achats chez les commerçants.

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« Réinventez votre portefeuille. » C’est le slogan du porte­feuille électronique MoneyCell, que lancera son équipe en 2011 au Québec, premier bastion qu’elle souhaite conquérir au pays. « Les gens n’auront plus besoin d’argent comptant pour régler leurs petites transactions de tous les jours », dit Pierre Lopez.

La plus grande révolution dans les modes de paiement depuis l’apparition des cartes de crédit, en 1968, vient de s’enclencher. Et c’est par le téléphone cellulaire qu’elle arrive. Transformé en un « portefeuille électronique », le cellulaire offrira la possibilité de payer avec ses cartes de crédit, ses cartes de débit, ses cartes fidélité. Ou même à partir d’un compte prépayé, dans lequel on aura transféré des fonds de son compte en banque traditionnel. On n’aura qu’à passer son téléphone devant un lecteur pour payer le café du matin, la petite robe neuve ou le barbecue.

Dans l’univers de Pierre Lopez, cette possibilité de payer ses achats chez un commerçant au moyen d’un cellulaire s’appelle le « paiement mobile ». Simple et rapide.

Ira-t-on jusqu’à faire verser sa paye directement dans ce portefeuille électronique… et même jusqu’à remplacer son compte chèques actuel par un compte de type MoneyCell ? Qui sait ! Comme le courriel a rendu le télécopieur obsolète, le téléphone cellulaire pourrait doucement transformer les guichets automatiques en vestiges d’un autre temps. Et nous mener vers une société sans argent comptant.

« Dans 10 ans, les gens nés aujourd’hui ne sauront peut-être pas ce qu’est un chè­que, une carte de crédit ou une succursale bancaire », dit Darrell MacMullin, directeur général de PayPal Canada, une filiale du géant mondial des transactions en ligne. « Le rythme d’innovation n’a jamais été aussi rapide et il nourrit une révo­lution dans les modes de paiement. »

 

Au Canada, tous les grands du milieu bancaire, du crédit, du débit, des télécommunications et du Web forment des alliances – parfois étonnantes – pour prendre leur place sur ce nouvel échiquier. Et ils sont déjà un peu en retard. Car le paiement mobile se développe à haute vitesse depuis quelques années déjà en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Afrique et en Europe, là où la pénétration du sans-fil est forte et son utilisation bon marché. Au Canada – où l’infrastructure bancaire est solide et les tarifs du sans-fil relativement élevés -, l’heure est à la stratégie pour se positionner comme leader de ce nouveau marché. Et c’en est tout un : selon le cabinet de recherche américain Gartner, 190 millions de consommateurs dans le monde paieront leurs achats au moyen d’un appareil sans fil en 2012, soit six fois plus qu’en 2009.

Les étoiles sont alignées pour que le paiement mobile décolle au Canada. La transmission de données sur les réseaux est désormais très rapide et les transactions électroniques plus sécuritaires. L’étincelle qui allume le feu d’artifice est toutefois la mise en marché massive de téléphones intelligents, comme le iPhone, le BlackBerry et les appareils qui fonctionnent au moyen de la plateforme Android.

« Pour que l’expérience du paiement mobile soit intéressante, il est important que l’utilisateur soit capable de voir une carte de paiement sur le menu de son appareil, qu’il puisse physiquement la toucher avec son doigt, comme il le fait aujourd’hui avec celle qui se trouve dans son portefeuille. Des téléphones intelligents le permettent désormais », explique Robin Dua, président d’EnStream.

Installée à Toronto, cette coentreprise qui s’est lancée dans le paiement mobile a de quoi étonner, car elle appartient à parts égales à trois concurrents : Bell Mobi­lité, Telus Corporation et Rogers Communications (filiale de Rogers, aussi propriétaire de L’actualité). Ces géants dominent 95 % du marché canadien du sans-fil. « Mettre au point le paiement mobile dans un grand pays comme le Canada est une tâche d’envergure, qui nécessite de l’expertise et des investissements. Son succès devait passer par le partenariat », explique Carole Bernard, directrice des solutions chez Bell Marchés Affaires.

Ces concurrents sont complices dans Zoompass, lancé en juin 2009 à l’échelle du pays et qui compte actuellement « des dizaines de milliers d’utilisateurs », selon Robin Dua, qui ne souhaite pas en dévoiler plus. Pour l’instant, Zoompass permet surtout de recevoir de l’argent par cellu­laire et d’en envoyer à qui l’on veut, au Canada et à l’étranger (voir l’encadré « C’est possible dès maintenant »). Mais bientôt, Zoompass deviendra aussi un porte­feuille électronique. Il inclura nos cartes de paiement existantes et un compte prépayé, alimenté par notre compte en banque traditionnel. « Ce porte­feuille sera un jour utilisé par des millions de Canadiens en magasin », dit Robin Dua.

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LE COMPTANT VA RESTER

 

Ce n’est pas demain que nous devrons tous nous munir d’un téléphon­e intelligent pour acheter nos tomates. Comme certains boudent les guichets automatiques, d’autres tiendront mordicus à payer avec leurs cartes de plastique ou en argent comptan­t. Et ils pourront le faire. Surtout que bien des gens ne seront pas en mesure de s’offrir un téléphone intelligent. « Il devra donc rester des vestiges du système actuel », dit Martin Castonguay, associé et leader du secteur des institutions financières chez Deloitte.

Le paiement mobile passera par les mêmes phases que le commerc­e dans Internet, qui, après des années, n’est encore utilisé que par une partie de la population, croit Sylvain Sénécal, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de commerce électroniqu­e RBC Groupe Financier. Dans l’adoption d’une innovation, dit-il, il y a toujours une proportion de retardataires. « Comme ceux qui achètent aujourd’hui leur premier lecteur DVD ! »

Pierre Lopez, qui développe le portefeuille électronique MoneyCell, ne cache pas que les premières cibles du paiement mobile sont les jeunes de moins de 30 ans. « L’argent électronique, c’est dans leur ADN ! »

 

 

Comme tous les acteurs du paiement mobile au pays, le président d’EnStream attend avec impatience la mise en marché, dans les prochains mois au Canada, d’une génération de téléphones dans lesquels sera intégrée la technologie de communication en champ proche, mieux connue sous son sigle anglais NFC (pour near field communication). Grâce à cette techno, il suffira de passer son cellulaire devant un terminal pour payer ses achats. Des millions de cartes de crédit MasterCard PayPass et Visa payWave sont déjà équipées de la technologie NFC – ces cartes à puce, plus efficaces pour contrer la fraude, deviennent d’ailleurs la norme.

MasterCard et Visa comptent toutes deux s’intégrer au téléphone portable. Quand ? « Difficile à dire », répond Mike Bradley, chef de produit de Visa Canada, à Toronto. « Mettre au point ces ser­vices mobiles nécessite de nombreux partenariats. »

Depuis une trentaine d’années, les institutions financières, Interac et les géants du crédit, comme Visa et MasterCard, ont la mainmise sur l’industrie du paiement au Canada, avec ceux que, dans le milieu, on appelle les « processeurs » – les entreprises qui fournissent les terminaux aux commerçants et qui traitent les transactions par carte. Chacun encaisse des revenus sur les différentes transactions. Mais dans le cadre du paiement mobile, ces acteurs traditionnels doivent recourir au savoir-faire des fabricants d’appareils mobiles, des opérateurs de réseaux sans fil et des entités qui cherchent à rallier tout le monde au sein de portefeuilles électroniques comme MoneyCell et Zoompass. Les partenariats stratégiques deviennent donc incontournables. « Beaucoup d’entreprises essaient d’établir ensemble un modèle économique, dit Pierre Lopez. Souvent, elles sont déjà concurrentes. Comme elles veulent toutes y trouver leur compte, ce n’est pas évident. »

Ce que confirme Philippe Deslauriers, directeur des transactions libre-service et des solutions transactionnelles aux particuliers à Banque Nationale Groupe financier. « Au Japon, on a réglé le problème : une entreprise de télécommunications a acheté une banque ! Et maintenant, il y a des millions de transactions par téléphone mobile chaque année. »

Dans ce nouvel écosystème du paiement, la distinction entre ennemis et alliés se brouille. En attendant que chacun choisisse son camp, tous peuvent incarner les deux à la fois.

Par exemple, Zoompass peut sembler vouloir concurrencer les banques. « Ce n’est pas notre but, dit Robin Dua. Les banques sont plutôt nos partenaires. Nous leur offrons un pont pour accéder à 23 millions d’appareils mobiles, ce que personne d’autre ne peut faire. »

MoneyCell pourrait pour sa part mettre des bâtons dans les roues à Zoompass… mais aussi de l’huile dans son moteur. « Un jour, un client MoneyCell pourrait bien être en mesure de transférer de l’argent à un client Zoompass, dit Pierre Lopez. L’idée est de faciliter les mouvements d’argent. En 2010, c’est encore compliqué pour quelqu’un de transférer 10 dollars d’une banque à une autre ! Il faut plus de souplesse. »

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SAVIEZ-VOUS QUE…

 

53 % des Québécois ont envoyé de l’argent électroniquement au cours des 12 derniers mois, soit 27 % de plus que l’an passé, selon PayPal.

Un Canadien sur quatre âgé de 35 ans et moins dit ne jamais utiliser de chèques, d’après PayPal.

Un Canadien sur cinq dit qu’il utiliserait son téléphone cellulaire pour payer ses achats quotidiens s’il le pouvait, selon PayPal.

Presque 100 % des Canadiens ont accès aux services sans fil, mais seulement 22,1 millions y sont abonnés. Le Canada est un des pays de l’OCDE où la pénétration du sans-fil est la moins forte. (Source : CRTC, 2008)

Il y a deux nouveaux venus sur le marché québécois du sans-fil : Public Mobile et Vidéotron. Ils constituent une nouvelle concurrence pour Bell, Telus et Rogers ainsi que leurs filiales Fido, Solo, Virgin et Koodo.

 

 

Interac se lance aussi dans le paiement sans contact avec Flash Interac, dont le déploiement national est prévu pour 2011. Cette carte de débit intégrera la technologie NFC et ne nécessitera plus l’entrée d’un NIP pour les petites transactions. « Et ce mode de paiement sera plus tard étendu aux téléphones portables, tout comme le seront les transferts d’argent, présentement possibles par courriel », confirme Allen Wright, vice-président à la gestion des produits chez Interac, à Toronto.

Interac a le monopole du débit au Canada depuis 25 ans. Un monopole lucratif : les Canadiens sont les deuxièmes au monde parmi les grands utilisateurs de paiement direct, après les Suédois. « Visa et MasterCard ont annoncé vouloir entrer sur le marché du débit. Nous ne serons donc plus seuls », dit Allen Wright.

Sans compter que les portefeuilles électroniques, comme MoneyCell et Zoompass, pourraient aussi marcher sur les platebandes d’Interac. « On jouera un rôle plus important sur le terrain du débit que sur celui des cartes de crédit, dit Pierre Lopez. Car notre créneau, ce sont les petites transactions. »

Pour les institutions financières, rendre faisables par cellulaire le paiement des factures, les virements, etc., s’annonce crucial si elles veulent satisfaire une clientèle qui « met en moyenne 6 minutes à se rendre compte qu’elle a égaré son téléphone portable, comparativement à 25 minutes pour son portefeuille ! » souligne Philippe Deslauriers, de Banque Nationale Groupe financier.

L’effervescence entourant la mobilité tranche avec la prudence habituelle des institutions bancaires. Désormais, celles-ci côtoient des sociétés très rapides et très agiles, qui pourraient leur damer le pion. Comme l’américaine PayPal.

PayPal, géant mondial des solutions de paiement en ligne, gère quatre millions de comptes d’utilisateurs au Canada. Plus de deux milliards de dollars transitent dans ces comptes chaque année. Jusqu’à présent, PayPal, propriété du leader du commerce en ligne eBay depuis 2002, permettait aux utilisateurs de faire des achats sur le Web sans avoir à fournir chaque fois une série de données financières à l’intention des commerçants. Le client transfère l’argent à PayPal, qui s’occupe de relayer le paiement. Cette façon de faire a largement contribué à rassurer les consommateurs et à mettre du vent dans les voiles du commerce électronique.

Ce réseau mondial permet aussi de transférer instantanément des fonds entre utilisateurs, et ce, en de nombreuses devises. Or, voilà que PayPal offre maintenant, aux États-Unis, une carte de débit qui permet de payer ses achats non plus seulement en ligne, mais chez un commerçant ayant pignon sur rue ! Ça res­semble étrangement aux cartes de débit liées aux traditionnels comptes en banque… « Cette entreprise va devenir une menace », dit Philippe Deslauriers, de Banque Nationale Groupe financier.

PayPal est peut-être le loup dans la bergerie du paiement mobile. Ou du moins le grand point d’interrogation. Car la plupart des personnes inter­rogées pour ce reportage préfèrent ne pas trop commenter cette « relation complexe », « ce phénomène préoccupant ».

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5 PETITES RÉVOLUTIONS

 

1968
La Banque TD, la CIBC, la Banque Royale et la Banque Canadienne Nationale lancent conjointement la carte Chargex, qui deviendra Visa en 1975.

1972
Premiers guichets automatiques au Canada (Banque Royale).

1986
Premier réseau national de guichets automatiques (Interac).

1995
Premier site Internet lancé par une institution financière canadienne (Banque Royale).

2007
Premières cartes de crédit et de débit à puce.

 

 

« PayPal, c’est moins cher, plus rapide et plus sécuritaire. Et c’est ce que les gens veulent quand vient le temps de payer et de se faire payer », mar­tèle Darrell MacMullin, directeur général de PayPal, à Toronto.

MacMullin définit PayPal comme un « portefeuille électronique » qui facilite les transactions en ligne. « Nous sommes un réseau bâti sur les réseaux traditionnels de paiement, qui continuent d’exister. Nous faisons en sorte que tout le monde travaille ensemble le plus efficacement possible. »

Dans les trois semaines qui ont suivi son lancement, au printemps dernier, l’application mobile PayPal pour iPhone (qui permet entre autres de magasiner en ligne et de transférer de l’argent à quelqu’un à partir de son téléphone) a été téléchargée un million de fois. Et la vague d’innovations ne fait que commencer, prévient Darrell MacMullin. Il rappelle qu’il y a un an l’entreprise a ouvert sa plateforme informatique, ce qui permet à quiconque – particulier ou entreprise – de créer sa propre application intégrant le paiement PayPal. Et que plus de 1 000 Canadiens travaillent depuis à mettre au point de telles applications, notamment pour les téléphones sans fil.

Au Québec, il n’est pas encore possible de payer ses achats dans un magasin avec PayPal au moyen d’un téléphone portable. Mais ça s’en vient, assure Darrell MacMullin. « On devrait tôt ou tard voir ce genre d’innovation partout au Canada. C’est en tout cas un sujet chaud chez les commerçants. »

Les intérêts de ceux-ci sont en effet au cœur des stratégies qui s’échafaudent. Avec les cartes traditionnelles, les commerçants canadiens doivent payer des frais aux entre­prises de crédit et de débit à chaque achat – les frais d’inter­change, qui représentent 4,5 milliards de dollars par année, selon la Coalition québécoise contre la hausse des frais de tran­saction par carte de crédit et de débit. L’automne dernier, la chaîne Couche-Tard a voulu rallier les commerçants autour de la création de leur propre carte de crédit, afin de contourner ces frais. L’entreprise envisageait aussi d’offrir aux clients la possibilité de payer au moyen de PayPal. « Le projet se poursuit », con­firme Couche-Tard, qui refuse de donner plus de détails.

En août dernier, le gouvernement fédéral a mis en vigueur un nouveau Code de conduite destiné à l’industrie canadienne des cartes de crédit et de débit. Celui-ci assure de meilleures pratiques commerciales, mais ne modifie en rien les frais d’interchange. C’est pourquoi Pierre Lopez compte remé­dier au ras-le-bol des commerçants avec MoneyCell. « Notre portefeuille est conçu pour eux, pour régler ce problème, entre autres. Notre approche permettra aux commerçants de payer moins de frais, voire peut-être rien du tout. »

Ils trouveront d’autres avantages aux portefeuilles électroniques. Ils manipuleront moins d’argent comptant (manipulation qui représente aussi des frais), et pourront notamment faire profiter leurs clients de rabais instantanés à la caisse, leur envoyer des promotions personnalisées sur leur téléphone. « Plus besoin pour eux de gérer des coupons de réduction en papier, etc. », dit Robin Dua.

Dans ce nouvel univers financier, le système de paiement actuel, qui repose sur les banques et les grandes entreprises de crédit, devrait conserver son avantage, estiment les personnes interviewées pour ce reportage. Car à une époque où tout bouge vite, une chose se construit toujours lentement : la con­fiance des consom­mateurs. « Même si l’argent devient de plus en plus intangible, les gens auront toujours tra­vaillé dur pour le gagner », rappelle Danny Desrosiers, directeur principal des solutions Internet et des guichets chez Desjardins. Et ils ne voudront pas voir cet argent s’évaporer à jamais.

C’EST POSSIBLE DÈS MAINTENANT >>

 

ET LA SÉCURITÉ DANS TOUT CELA ?

 

Se faire voler son portefeuille est ennuyeux, mais rarement une catastrophe, si on avise rapidement les entreprises qui délivrent des cartes. Il en sera de même si on égare son téléphone portable : il suffira d’avertir MoneyCell et Zoompass pour que le portefeuille électronique soit bloqué. Aucun renseignement financier n’est d’ailleurs hébergé sur le téléphone. Les données sensi­bles sont stockées à distance, dans un serveur.

Dans le cas du portefeuille MoneyCell, l’entrée d’un NIP sera nécessaire pour les transactions supérieures à 10 dollars, ce qui limitera les achats frauduleux en cas de perte ou de vol. Zoompass n’exige pas de NIP pour le mode de paiement le plus utilisé. Du côté de PayPal, un NIP est requis pour toute transaction effectuée à partir de son application mobile.

Comme les banques et les entreprises de cartes de crédit, MoneyCell et Zoompass garantissent les remboursements en cas de fraude dans les comptes prépayés.

Reste le piratage. À Montréal, l’intégrateur de solutions mobiles Lipso, acheté par Transcontinental en mai dernier, a fait breveter une technologie qui sécurise les transactions mobiles et qui pourrait être utilisée par plusieurs acteurs dans les prochaines années.

« Les transactions mobiles seront plus sécuritaires que celles effectuées par les modes traditionnels, grâce aux avancées dans les technologies cryptographiques et biométriques », croit Robin Dua, président d’En­Stream, qui met au point le portefeuille électronique Zoompass.

PayPal a imprimé sa marque en permettant aux internautes de faire des tran­sactions sur le Web sans devoir dévoiler leurs renseignements financiers aux commerçants en ligne. « Le cœur de PayPal, c’est la confiance, la sécurité et la protection contre la fraude », dit Darrell MacMullin, directeur général de PayPal Canada. Cette réputation pourrait suivre l’entreprise dans le paiement mobile.

Mais PayPal n’est pas réglementée comme une banque et n’offre donc pas la même protection aux consom­mateurs, souligne Philippe Deslauriers, de Banque Nationale Groupe financier. « Si cette entreprise meurt demain, qui garantira les soldes des comptes ? »

Il est à noter qu’en juin dernier le gouvernement fédéral a créé un groupe de travail pour étudier les systèmes de paiement au Canada et s’assurer que la réglementation tient compte des changements technologiques. Un rapport est attendu d’ici la fin de 2011.

(Photo D.R.)

C’EST POSSIBLE DÈS MAINTENANT

 

Faire des opérations bancaires à partir de son téléphone cellulaire

L’hiver dernier, la CIBC a été la première banque canadienn­e à lancer son application iPhone permettant de faire des opérations bancaires mobiles. Celle-ci aété téléchargée 25 000 fois dès la première semaine. Un succès !
Desjardins, la plus importante institution financière au Québec, avec 5,8 millions de membres, lance ces jours-ci une application mobile semblable, et un système d’alertes personnalisées suivra en novembre (il vous préviendra, par exemple, que vous approchez du solde minimal requis pour éviter les frais de compte).
D’ici le début de 2011, une majorité de banques devraient offrir une application que leurs clients pourront télécharger sur leur téléphone.

Envoyer ou recevoir de l’argent de façon électronique

Vous entrez la somme d’argent à transférer — du compte que vous avez ouvert auprès de Zoompass ou de PayPal, ou bien de votre compte en banque traditionnel (Interac) —, puis le courriel ou le numéro de téléphone cellulaire de la personne à qui vous envoyez cette somme.
Par ailleurs, Twitpay permet de transférer jusqu’à 1 000 dollars en « twittant ». Les deux parties doivent avoir un compte Twitter et un compte PayPal.

Payer un commerçant ayant pignon sur rue avec un portefeuille électronique

Dans le cadre d’un projet-pilote, quelques centaines de Canadiens utilisent présentement leur téléphone cellulaire et leur portefeuille Zoompass pour payer leurs emplettes en magasin grâce à un autocollant NFC posé sur leur téléphone.
Cet automne, MoneyCell lancera également, à Montréal, un projet-pilote d’une durée de quatre à six mois qui se déroulera sur un campus universitaire, dont le nom est gardé secret. Les étudiants pourront utiliser leur cellulaire et le compte prépayé MoneyCell pour régler leurs achats à la cafétéria, à la coopérative et dans les commerces environnants. Un nouvel opérateur de réseau sans fil sera au cœur de cette expérience, de même que le plus grand « processeur » indépendant du Canada, qui fournira les terminaux aux commerçants et traitera les paiements, révèle Pierre Lopez. Des chaînes de détaillants « majeures » suivront de près le déroulement. « On va ébranler le milieu du paiement mobile, qui nous voit venir, mais ne s’attend pas à ce qu’on ait tout un train derrière nous », dit-il. Il prévoit que le paiement mobile MoneyCell sera lancé à grande échelle au Québec dès la fin du projet-pilote.
En 2011, il sera peut-être possible de payer ses achats en magasin par l’intermédiaire de PayPal, qui confirme vouloir se lancer dans le paiement mobile, mais n’a pas dévoilé sa stratégie.

Payer un commerçant en ligne

Au moyen d’Interac en ligne (à l’aide d’un ordi) : dans les sites participants, vous pouvez régler vos achats à partir de votre compte bancaire.
Au moyen de PayPal (à l’aide d’un ordi ou de l’applicatio­n mobile pour cellulaire) : dans une majorité de sites, vous pouvez payer à partir de votre compte PayPal (alimenté par votre compte en banque) ou de vos cartes de crédit.

Transformer un téléphone cellulaire en lecteur de cartes de crédit

Aux États-Unis, il est possible de brancher des adaptateurs, tels Square et Intuit GoPayment, sur son téléphone intelligent. Cela permet d’accepter les paiement­s par cartes de crédit sans devoir louer ou acheter un lecteur de cartes traditionnel. Parfait pour les commerçants ambulants ! Ces technologies pourraient devenir utilisables au Canada.

 

 

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