Ah, la m… finance !

Aujourd’hui, il n’y a pas un sujet où le suspect numéro un n’est pas le monde financier. La finance prend beaucoup de place, et on l’accuse de tous les maux.

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Photo : Getty Images

Les crises économiques ? Provoquées par les financiers. L’endettement privé et public ? Favorisés par les financiers. Les rémunérations stratosphériques ? Inaugurées par les financiers. Les inégalités ? Le jeu des financiers. L’austérité ? Causée par les financiers.
Blogue Economie

Il n’y a pas un sujet, aujourd’hui, où le suspect numéro un n’est pas le monde financier. La finance prend beaucoup de place, et on l’accuse de tous les maux.

C’est pour jeter un éclairage sur le sujet le plus controversé et le plus divisif qui soit que l’Association des économistes québécois en fait le thème de son congrès, qui aura lieu du 20 au 22 mai prochain, à Montréal.

Économie et finance : y a-t-il une rupture ? demande l’Association, qui a mandaté Jean-Luc Landry, un économiste de formation et gestionnaire de fonds depuis 44 ans, de présider ce 40e congrès.

J’ai demandé à cet homme de partager certaines de ses réflexions sur ce sujet. Par souci de transparence, je tiens à ce que vous sachiez que je serai l’animateur des sessions du congrès.

Peut-on parler de «financiarisation» de l’économie ?

Oui, et cela s’explique d’abord par les améliorations technologiques dans le domaine financier, qui se prête très bien à ces changements. La finance manipule des chiffres, et elle s’est considérablement perfectionnée avec l’informatisation. Les coûts des transactions ont énormément baissé, ce qui a favorisé la demande.

Quand j’ai commencé dans le métier, on pouvait payer jusqu’à 300 dollars pour une transaction en Bourse. On transigeait et on fermait le dossier. Aujourd’hui, il en coûte à peine 7 dollars, ce qui nous permet de faire plusieurs ajustements en cours de route pour mieux satisfaire nos clients. Cela change complètement notre gestion du risque.

Par exemple, on va essayer de compenser l’achat d’un titre par un autre. Vous voulez du Rio Tinto dans votre portefeuille ? Je vais vous suggérer d’acheter aussi un titre non cyclique, comme Metro.

À un autre niveau, un investisseur plus sophistiqué et téméraire qui veut faire un coup d’argent sur les obligations grecques qui paient des taux très élevés — peut acheter une protection contre le risque de défaut de l’État grec grâce à un CDS (credit default swap), qui lui servira d’assurance, en quelque sorte. Le gestionnaire de fonds transfère ainsi le risque de ce placement à un autre type de financier, dont c’est le métier d’assumer de tels risques en échange d’une prime.

Oui, mais en voulant protéger ces investisseurs ou prêteurs très audacieux, ne créez-vous pas des produits très spéculatifs qui fragilisent d’autant l’économie mondiale ?

Premièrement, les obligations grecques, pour reprendre cet exemple, ne trouveraient jamais preneurs si de tels produits n’existaient pas. Ils sont utiles.

Je pense aussi qu’on exagère le phénomène de la spéculation. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas, mais c’est un jeu à somme nulle, une zero-sum game, comme disent les anglophones. C’est comme le poker. Ce qui est gagné par l’un est forcément perdu par l’autre, et il n’y a aucune création de valeur économique à terme. Si notre spéculateur gagne, c’est qu’il aura eu une bonne intuition. Mais s’il perd, il sortira du marché parce qu’il aura perdu beaucoup.

Cela dit, je ne pense pas que les produits sophistiqués, comme les contrats à terme (forwards) ou d’autres produits dérivés, sont spéculatifs en soi. Ils ont été créés pour permettre aux entreprises de se couvrir contre différents types de risques financiers — allant de la fluctuation des monnaies au cours des matières premières —, et leur déploiement a été rendu possible grâce à la technologie, qui a considérablement baissé leur coût.

De tels produits ne conduisent-ils pas nécessairement à une rupture entre l’économie réelle et le monde de la finance ?

En premier lieu, j’observe surtout une grande démocratisation. Une personne a aujourd’hui accès à des produits de grande qualité, provenant de tous les pays, y compris les pays émergents. Je peux acheter des titres coréens, chinois ou brésiliens, ou des fonds très spécialisés qui sont cotés en Bourse. De telles transactions, maintenant accessibles du bout des doigts, étaient à l’époque extrêmement compliquées, même pour un professionnel du placement comme moi.

J’observe aussi que le grand nombre de transactions effectuées chaque jour nous donne un bien meilleur éclairage des changements économiques et des attitudes des consommateurs. Les nombreux signaux émis chaque jour sur les différents marchés nous permettent, par exemple, de bien évaluer et la production et la demande de pétrole dans le monde en temps réel. Cela était impossible il y a quelques décennies.

Enfin, la finance a aujourd’hui de très grandes capacités d’assembler des capitaux et de permettre des transactions importantes pour l’économie. Cela peut aller du financement des dettes des États à la vente du Cirque du Soleil.

Il y a plusieurs dirigeants d’entreprise qui reprochent au milieu financier de spéculer sur l’action de leur entreprise et d’y investir à court terme — et de façon opportuniste — pour en favoriser la vente (ou celle de l’une de ses divisions) en vue de faire un coup d’argent. Bref, de penser à leurs propres intérêts plutôt qu’à ceux de l’entreprise. Qu’en pensez-vous ?

En général, le prix d’une action reflète son potentiel et son niveau de risque. Les investisseurs à court terme sont rarement intéressés par une entreprise qui va bien et dont le prix de l’action reflète un bon potentiel de croissance, en plus de constituer un faible risque en matière d’investissement. Les prédateurs se dirigent plutôt vers des entreprises qui devront tôt ou tard changer leur comportement et poser des gestes en ce sens, et dont le titre est dévalorisé en Bourse. Ils maintiennent des entreprises peu performantes en état d’alerte, et cela n’est pas nécessairement négatif.

Interdire à ces investisseurs de participer aux décisions concernant l’entreprise constitue un risque. Selon moi, un placement dans une entreprise qui ne craint plus la possibilité d’une offre d’achat hostile perd en qualité. Cela dit, la majorité des grandes sociétés québécoises cotées en Bourse utilisent un dispositif d’actions à votes multiples qui empêchent une offre d’achat hostile et n’ont pas besoin d’une protection supplémentaire en légiférant sur les droits de votes des actionnaires à court terme.

Faut-il plus ou moins de réglementation pour le système financier ?

Les organismes réglementaires veulent empêcher la répétition des batailles précédentes. Le problème, c’est que personne ne sait comment la prochaine crise va débuter et quelles en seront les causes. Aujourd’hui, personne ne peut identifier quelle sera l’innovation financière qui sera la plus dangereuse.

En attendant, la réglementation coûte cher. Les institutions financières doivent se conformer à la lettre de la loi plutôt qu’à la conformité des processus de vente aux clients, et cela coûte très cher. De plus, la surréglementation est dangereuse, car elle crée un faux sentiment de sécurité chez les clients qui sont moins vigilants.

Par ailleurs, je suis d’avis que la crise de 2008 a été créée non pas par les institutions financières, mais par des organismes quasi gouvernementaux américains (comme Fannie Mae et Freddie Mac), qui ont encouragé les institutions financières à faire des prêts hypothécaires à risque pour favoriser l’accès du plus grand nombre à la propriété.

Les financiers sont-ils trop payés ?

Les financiers ont profité de deux phénomènes convergents : le développement technologique et le rôle accru de leur industrie. La technologie a favorisé l’innovation de produits et la multiplication des transactions, et il y avait beaucoup d’argent disponible. Ils en ont profité, mais je ne pense pas que ce soit une tendance à long terme. Ça va se replacer au cours des prochaines années.

Enfin, les institutions financières font-elles du chantage auprès des gouvernements, leur imposant leur diktat ?

(Soupir) Imagine que c’est toi qui as trop de dettes, que tu sois incapable de rembourser les intérêts sur ton crédit et que la banque saisisse ta maison. Qui est le méchant ? La banque ou toi ?

Dans un contexte de vieillissement de la population, l’accumulation des déficits crée une situation intenable à terme, et il faut comprendre les prêteurs d’être prudents et alertes.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Pour mémoire rappelons que ce sont les CDS qui ont joué un rôle important dans la débâcle financière de 2007-2008 tout comme dans la crise de la zone Euro et de la dette européenne qui dure et perdure depuis ce temps-là. Pourquoi ? Eh bien simplement parce que les émetteurs de CDS n’avaient pas les liquidités (les fonds propres) pour pouvoir honorer leurs contrats. Comme en 2015, il leur manque pour la plupart tout autant d’argent. Pas plus d’ailleurs qu’ils ne disposent actuellement des fonds en cas de défaut de paiement de la Grèce notamment.

C’est précisément la faiblesse de monde financier… pas d’aujourd’hui d’ailleurs. C’est de vendre toujours plus de produits qu’il ne peut à toutes fins pratiques créditer. Par conséquent un tel système doit obligatoirement faire des perdants pour pouvoir produire des gagnants. Que cela plaise ou pas, cette réalité est mathématique et pour pouvoir contredire ce que je dis, il faudrait pourvoir inventer un modèle mathématique qui produirait 100% de gagnants. — Et, même votre interlocuteur l’admet !

Ce n’est pas pour rien que les ingénieurs financiers experts dans la mathématique des jeux et des casinos (algorithmes de probabilités), sont en quelques sortes devenus les maîtres du monde, puisque leur capacité d’anticipation et surtout leur rapidité d’action dans la création incessante de produits nouveaux, couplée à l’échange incessant de produits financiers dont la durée de vie est limité ; tout cela leur permet d’avoir toujours (ou presque) une longueur d’avance sur monsieur et madame Tout-le-monde.

Ceux qui sont prêts et ont les moyens d’investir dans ces grands casinos peuvent — en payant de généreuses primes à ces spécialistes -, accroitre inexorablement leurs avoirs en raison de cet avantage temporel. C’est bien connu, le temps c’est de l’argent. Les investisseurs aguerris n’achètent pas de produits financiers, ils achètent plutôt ou se payent les services de ceux qui sont devenus les « maîtres du temps », ceux qui inventent le temps, ceux qui créent le temps. Ces créateurs de temps, ce sont eux qui achètent et vendent ces produits financiers. Et ce que vous détenez ce n’est pas de l’argent, c’est une créance de temps (qui peut avoir une très grande valeur intrinsèquement). Cependant, ce n’est jamais qu’une promesse que vous aurez du temps, pas une garantie et… ce n’est rien que du vent !

La perversité du jeu consiste à vous vendre du temps qui vous appartenait jadis à votre naissance, puis chemin faisant, on trouvera le moyen de vous rependre votre temps en tout temps et à tout moment. Le temps appartient seulement aux plus offrants. Attendu que le nec plus ultra c’est : l’éternité. Celui qui détiendrait tout, pourrait très bien vivre sans problème ici-bas dix mille ans.

Quant à ceux et celles qui viennent après ces maîtres officiants, ce seront tout juste des dindons qu’on pourra toujours farcir avec les restes du festin des dieux. — Avis aux amateurs de volailles !

— PS : Un petit point encore : Je ne pense pas que Lehmann Brothers, AIG Financial Products (de Londres) ou Goldman Sachs pour ne mentionner que ces trois, soient des organismes « quasi gouvernementaux » autant dire (si on se fie aux propos de monsieur Landry) que les États-Unis sont devenus l’ultime bastion des États « quasi communistes », pas étonnant alors… ce récent rapprochement avec La Havane 🙂

Bref vous colportez à peu près tous les préjugés que M Duhamel s’efforce de dénoncer…

Bien sûr que «là où il y a des hommes il y a de l’hommerie», et bien sûr qu’il faut des règles du jeu pour contrer la fraude, mais la finance reste un rouage essentiel du Capitalisme et plus elle sera performante mieux se sera.

Pour ma part je pense qu’en matière de finance les politiciens sont bien plus dangereux que les banques.

Regardez juste dans notre propre cour, pensez-vous un instant que l’endettement des Canadiens aurait atteint une tel niveau si le gouvernement (entre autres frasques) ne garantissait pas pour plus de mille milliard de dollar de prêts? Peut-on réellement blâmer les banques de prêter autant quand de lui-même le gouvernement offre de supporter le risque?

Aux USA, en plus d’avoir mandaté Freddie et Fannie de supporter l’accès au crédit pour les ménages «modestes», on subventionne l’accès au crédit en rendant les intérêt déductible d’impôt.

Et après on s’étonne quand une crise éclate?

Et bien sûr au lieu de punir les principaux responsables on blâme les méchant capitalistes, les banques et la finance!

Correction le gouvernement ne garantit pas plus de 1000 milliards, mais pas loin de 1000 milliards en comptant la SCHL, Genworth et autres.

@ pbrasseur,

— Après vérification faite : le cautionnement de la SCHL est plafonné par décret ministériel à 600 milliards et non à 1000 milliards comme vous l’écrivez. Ce cautionnement existe sous la forme d’« une obligation de Sa Majesté du chef du Canada » (Source : SCHL). À toutes fins pratiques, le cautionnement en vigueur s’élevait au 31 décembre 2013 à 404 milliards de dollars soit très en deçà du plafond.

Depuis 1986, la SCHL émet chaque année des Titres hypothécaires (TH LNH) et depuis 2001des Obligations hypothécaires du Canada (OHC), émissions qui sont intentionnellement limitées en volume et doivent répondre à des critères d’admissibilité rigoureux.

À noter que l’émission d’Obligations hypothécaires n’est pas l’apanage de la SCHL seulement. Toutes les compagnies financières qui offrent des solutions de crédits immobiliers en ont. Auxquels s’adjoignent pour quelques compagnies, toutes sortes de « produits exotiques », des titres « vanille » si vous préférez.

Je ne comprends pas l’amalgame auquel vous vous livrez quand vous écrivez, je cite : « (…) pas loin de 1000 milliards en comptant la SCHL, Genworth et autres… » Genworth est une compagnie privée qui œuvre dans le domaine de l’assurance hypothécaire par le truchement de sa filiale : « Compagnie d’assurance d’hypothèques Genworth Canada » (Source : Genworth).

Et puis qui sont donc ces « autres », cette sorte de « main invisible » à laquelle vous faites allusion ?

— Bref et en conclusion : Sous prétexte de vouloir avoir toujours raison en tout et sur tout, vous mélangez tout : les patates avec les oranges, tout comme les pelures de bananes avec les oignons. C’est clairement indigeste. Si vous voulez manger bon, approvisionnez-vous plutôt dans les cuisines de chez Ricardo 🙂

Le gouvernement fédéral garantit 90% des prêts assurés par Genworth, le total est réellement près de 1 billion.

« Depuis 1986, la SCHL émet chaque année des Titres hypothécaires (TH LNH) et depuis 2001des Obligations hypothécaires du Canada (OHC), émissions qui sont intentionnellement limitées en volume et doivent répondre à des critères d’admissibilité rigoureux. »

En effet, de plus, pour ce qui est des normes de construction, la SCHL est très ou était très rigoureuse. On l’appelait la Centrale d’hypothèque. Vous remarquerez dans centres de matériaux de constructions, que le matériel porte souvent le logo approuvé SCHL.

Une maison approuvé SCHL est une valeur sure.

@ pbrasseur,

Vous faites références à la « Loi sur la protection de l’assurance hypothécaire résidentielle », dont voici un résumé ci-dessous :
« Les lois fédérales régissant les institutions financières obligent un prêteur réglementé à souscrire une assurance hypothécaire à l’égard des prêts où l’acquéreur verse une mise de fonds inférieure à 20 % du prix d’achat de la propriété. L’assurance hypothécaire est offerte par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et par des assureurs hypothécaires privés. Puisque la SCHL est une société d’État, le gouvernement est ultimement responsable de toutes les obligations de cette dernière, y compris de ses réclamations d’assurance hypothécaire. Afin qu’il soit possible pour les assureurs privés de faire concurrence à la SCHL, le gouvernement garantit également les obligations des compagnies privées d’assurance hypothécaire aux prêteurs en cas de défaut de paiement de la part de l’assureur (c’est-à-dire la Compagnie d’assurance d’hypothèques Genworth Financial Canada, la Société d’assurance hypothécaire Canada Guaranty et la PMI Société d’assurance hypothécaire du Canada). » (Source Gazette du Canada)
http://gazette.gc.ca/rp-pr/p1/2012/2012-06-23/html/reg2-fra.html

Il existe effectivement un cadre législatif qui oblige les créditeurs à souscrire une assurance hypothécaire pour des prêts ayant une mise de fonds inférieur à 20%. Ces primes sont usuellement ajoutées au montant de l’hypothèque payée, tant et aussi longtemps que dure l’hypothèque. Et vise à protéger les banques contre d’éventuels défauts de paiements.

Donc, c’est l’acheteur du bien immobilier qui paye la prime et à toutes fins pratiques souscrit à la police d’assurance.

Genworth du Canada œuvre bien dans ce secteur de l’assurance. Ce sont des produits d’assurance conventionnels et non des produits dérivés. La prime étant calculée en fonction de la valeur du bien et de la mise de fonds, les risques sont assez limités.

Néanmoins, ce sont les assureurs qui doivent constituer des réserves suffisantes pour parer à même leurs fonds propres pour l’une ou l’autre de ces défections. Et à toutes fins pratiques ce ne sont pas les prêts qui sont garantis, ce sont les obligations hypothécaires émises par ces établissements qui sont garanties.

Hors rien n’indique que ces obligations émises le soient à hauteur de 1000 milliards comme vous le dites. Selon moi, vous confondez les plafonds autorisés avec les fonds réellement mobilisés. Auriez-vous des informations précises pour pourvoir étayer « votre » sujet ?

Comme d’habitude au Canada c’est dur de trouver ce genre d’info…

Le plafond pour la SCHL est de 600 milliard, ce montant a été presque atteint et a diminué un peu depuis, autour de 550 aujourd’hui je crois.

Pour les privés comme Genworth et Canada Garantee le plafond est passé de 250 à 300 milliards.

Plafond total de 900 milliards, atteint à 90% pour la SCHL.

Avec un ratio semblable pour les privés on est certainement autour de 800 milliards de garanties qui ultimement reposent sur les épaules du contribuables.

J’espère que vous comprenez comment des chiffres de cette amplitude influencent le marché du crédit au Canada. Et comme l’immobilier résidentiel c’est énorme toute l’économie est affectées.

Si vous ne comprenez pas alors je me demande ce que vous faites à écrire sur un blog économique.

http://business.financialpost.com/news/fp-street/feds-ok-another-50-billion-of-mortgage-guarantees-for-private-sector-players

@ pbrasseur,

En réponse à vos ultimes arguments. Je relève qu’une fois de plus vous cherchez à me rabaisser, je vous cite : « Si vous ne comprenez pas alors je me demande ce que vous faites à écrire sur un blog économique.

Mais la réponse est pourtant simple à cette question monsieur Brasseur : il n’y a que des idiots pour participer aux blogues économiques et vous êtes au nombre de ceux-ci puisqu’on vous lit ! D’ailleurs, c’est amusant, vous écriviez « blog » à la française, on voit dans vos manières de langage transparaitre également toutes vos origines ! Débarqué au Québec pour coloniser les « petits pains » québécois.

Puis, pour toucher au fond : je relève que tout ce que vous trouvez à nous soumettre, c’est un texte de John Greenworth en anglais datant du 21 décembre 2012. De toute évidence, vous éprouvez déjà de la difficulté à lire des textes en français et vous voudriez me vendre que vous comprenez le sens de ce que vous lisez en anglais. Vous avez vraiment décidé de me faire rire !

Vous n’avez pas compris bien sûr le texte que vous me soumettez. Et vous ne savez pas que depuis 2012 les conditions d’attribution du crédit ont changé. Puisque les acheteurs doivent obligatoirement avancer 20% du montant de leur achat. Bref vous voulez m’aveugler par l’éclat de vos connaissances tant financières qu’en langues étrangères. Prenez garde de ne devenir plus brillant que le soleil… car à vouloir lui ressembler, vous allez vous brûler.

De toute évidence toujours, vous ne comprenez pas que ce sont les primes d’assurances qui sont garanties et non pas les hypothèques comme telles. Pas plus que vous n’avez saisi que les assureurs financent en partie leurs activités par le truchement d’émissions obligataires… lorsque c’est le capital investi dans les obligations qui est garanti.

D’autre part, vous vous portez à la défense des contribuables (morceau de texte expurgé de l’article du Financial Post), quel bel exemple de magnanimité !!! Tout en partant de la prémisse de votre invention, que tous les prêts immobiliers qui profitent d’une assurance hypothécaire — ce qui précisément contribue à solidifier le marché -, se trouvant tous au Canada du jour au lendemain en « défaut de paiement »… alors le gouvernement serait acculé à faire payer tous les contribuables canadiens pour pouvoir honorer ses propres engagements. Un tel scénario relève plus de la démence que de la raison.

Pourtant, je ne vous comprends « de-si-dément pas » ! Vous qui adorez les politiques des Conservateurs. Vous devriez vous enorgueillir de ce dispositif ingénieux, très bien mené et élaboré par Jim Flaherty avec l’intelligence qu’on lui connaissait, lequel a permis au Canada d’échapper à l’effondrement d’une partie du marché immobilier nord-américain et de maintenir encore maintenant la valeur de ces biens dans la plupart des endroits.

— Estimez-vous encore heureux, cher monsieur Brasseur que j’aie pris le temps de répondre à chacune de vos assertions avec entregent et avec précision. Bonjour chez vous !

@ Monsieur Brasseur,

Comme vous le signale un peu plus bas : Violetta Valery ; les propos que vous attribuez à Pierre Duhamel sont à toutes fins pratiques attribuables à Jean-Luc Landry. Aussi plutôt que de m’accuser de colporter « à peu près tous les préjugés », vous devriez plutôt éviter de radoter et prendre le temps de lire attentivement les textes qui vous sont soumis.

Cela vous éviterait certainement d’écrire des propos qui révèlent surtout de l’état de votre confusion mentale, comme plus encore de votre ignorance crasse des mécanismes de l’économie.

Quant aux gracieusetés de Fannie Mae et Freddie Mac, c’est effectivement le fruit des promesses de l’administration de George W Bush.

En ce qui me concerne, je ne suis pas de l’avis de monsieur Landry que je cite ici : « Par ailleurs, je suis d’avis que la crise de 2008 a été créée non pas par les institutions financières, mais par des organismes quasi gouvernementaux américains (comme Fannie Mae et Freddie Mac) » ; c’est plutôt — selon moi et suite à mes études sur le cas -, par le truchement de sous-produits financiers (produits dérivés) qui permettent aux prêteurs de transformer des créances en titres, lesquels ne sont adossés que sur des promesses de retour, basées sur des modèles mathématiques qui à toute fin pratique se sont avérés erronés.

Certains économistes tels Hayek, mettent en cause le rôle qui est attribué aux entités financières généralistes.

Le crédit : c’est une affaire de spécialistes et tout crédit bien configuré doit être adossé à des réserves financières et non pas négocié par des courtiers en valeurs mobilières au hasard de l’offre des marchés.

Le laxisme n’a techniquement rien à vous avec ce que vous appelez le « capitalisme » qui s’est fondé essentiellement et premièrement sur les vertus de l’épargne, de la tempérance, la probité et la récompense due à toute personne méritante pour du travail rendu et bien fait.

— Au plaisir de vous lire sur ce blogue ou sur d’autres billets de blogues.

« mais la finance reste un rouage essentiel du Capitalisme et plus elle sera performante mieux se sera. »

Mieux se sera pour qui exactement? Est-ce que la classe moyenne va en profiter? Permettez-moi d’en douter.

Ah non j’oublais, ils vont maintenir pouvoir acheter des produits de n’importe où dans le monde avec l’argent qu’ils obtiennent à crédit…

C’est mieux par que la gestion de capital est plus performante et le financement plus facile et à meilleur coût pour ceux qui en ont besoin.

Vous êtes très près de la vérité.

Il reste les responsables qui ont causés la crise de 2008…heu! on pourrait dire 2006 ou 2005 ou… en 1999!

1-City Bank, 2-Bill Clinton, on pourrait dire W. Bush qui a laissé faire.

Il y a justement un article dont une banque est accusée d’avoir risqué l’argent de ses déposants.

Mais ça ce n’est pas beau à dire pour la finance.

Superbe texte en défense du capitalisme et de la liberté économique M Duhamel!

«je suis d’avis que la crise de 2008 a été créée non pas par les institutions financières, mais par des organismes quasi gouvernementaux américains (comme Fannie Mae et Freddie Mac»

Brillant commentaire (et une pensée pour la SCHL…). Je me demande si je dois me pincer quand un journaliste Québécois s’exprime de la sorte 🙂

Rafraîchissante? C’est la même chose qu’on entend depuis 12 ans…

Le motif derrière, ou serait-ce aussi devant, à côté et en dessous- de tout cela est assez simple à comprendre et à énoncer tout aussi simplement: Cela s’appelle «Appât du gain».

Et cette caractéristique est présente dans toutes les couches de la société. La «crise» de 2008 -qui a en fait débuté à la fin de 2007- était le résultat d’une large «spirale» de cet appât du gain qui a impliqué toutes les couches de la société à partir du petit particulier désireux de devenir propriétaire jusqu’aux divers financiers à la tête de groupes dont ils ne sont que gestionnaires et non propriétaires et qui, personnellement, ne sont pas à risque en cas de catastrophe. Pensez ici à un certain Dick Fuld qui a engrangé quelques centaines de millions durant les dix années où il a mis à risque Lehmann Bros. jusqu’à sa mise en faillite. Et n’allez surtout pas croire que ce Monsieur est maintenant à la soupe populaire.

Et le pire dans tout ça, c’est que la catastrophe avait été prévue presque jusque dans les moindre détail par The Economist dès juin 2005 mais tout le monde a préféré regarder ailleurs, préférablement dans sa propre colonne des gains et cela inclus notre propre Caisse de dépôt qui a acheté des titres à risque jusqu’à l’automne 2007.

Et après ça, on vient nous faire des discours et de colloques auto justificatifs. Jusqu’à la prochaine crise des bulbes de tulipe.

À lire vos différents argumentaires, je me rend compte qu’il y a une certain contamination de la perception général de ce qu’est la finance et l’écomomie.

En latin Économie veut dire « l’organisation de la maison » et pour les anciens chrétiens « c’est apprendre à penser juste et à se conduire dignement »

La finance a pervertie le fondement même de l’économie en dissociant les valeurs boursières, des valeurs réelles…
Comment voulez-vous dans un contexte aussi biscornu faire fonctionner la roue de l’économie!
Le monde économique est davantage dirigé par des joueurs de poker qui refilent leurs pertes à la masse tout en engrangeant les profits.
C’est un marché de dupe.

Tant que la finance ne sera pas mise au service de la civilisation, les crises se succéderont et seront de plus en plus rapproché dans le temps.

Et comme tout système, il tend inexorablement vers la monopolisation.

Donc à nous de voir comme citoyen ce que l’on désirs pour nos enfants et petits-enfants.

Il y a un immense trou dans le panier!

La finance ce sont les banques, les holdings, l’oligarchie etc…

M. Jean-Luc Landry est un VENDEUR de produits financiers. Certainement qu’il ne prêchera pas contre sa paroisse et contre les produits qu’il vend.
//////

On essaye encore de blanchir les banques et Wall Street, la finance, sept ans après la crise.

On a accusé le gouvernement d’être responsable de la crise (surtout hypothécaire) et ce gouvernement d’avoir FORCÉ les banques à faire des prêts à des gens non-solvables. La tite droite non instruite et les républicains et les banques ont fait le party en répandant cette fausseté.

C’est absolument tout faux. Le gouvernement n’a pas forcé les banques.
Imaginez les banques forcées faire des prêts aux gens sur le BS; elles auraient fait sauter le gouvernement.
///

Maintenant la vérité :

La finance, influence grandement l’état pour ne pas dire qu’elle lui donne des ordres :

« Citigroup a été créé le 8 octobre 1998 après la fusion de la banque Citicorp et de la compagnie d’assurances Travelers Group, devenant ainsi la plus grande organisation de services financiers au monde. ——-IINTERDITE—- auparavant, cette fusion a été rendue possible par le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Moderniation Act de 1999. » (wiki)

Devant le fait accomplit, en 1999, le gouvernement à plié plutôt que faire respecter la loi.

« Le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999 est une loi américaine votée par le Congrès,
—-dominé par une majorité républicaine—-,
et promulguée par l’administration Clinton—-
le 12 novembre 1999. » (wiki)

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« Cette loi abroge une partie des dispositions du Glass-Steagall Act de 1933, qui établissait notamment l’incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement, distinguant ainsi deux métiers bancaires, d’une part les activités de prêts et de dépôts, et d’autre part les opérations sur titres et valeurs mobilières. » (Wiki)

C’EST CELA QUI EST À L’ORIGINE DE LA CRISE causée par la finance: LA DÉRÈGLEMENTATION.
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http://www.afpcab.org/component/content/article.html?id=45

Pour les subprimes, Fannie ou Freddie MAC a gagné une poursuite de plus de 3 milliards contre Bank of América pour les avoir trompé. Il y a un ans Bank of América était poursuivie pour 30 milliards.

« En janvier 2013, Bank of America accepte de payer 3,6 milliards de dollars à Fannie Mae qui l’accusait de lui avoir vendu des crédits immobiliers sans avoir procédé aux vérifications nécessaires concernant la solvabilité des emprunteurs, et à racheter pour 6,75 milliards de crédits hypotécaires défectueux. »

« En juillet 2014, BoA paye à nouveau une amende d’un montant de 9,5 milliards de dollars aux autorités américaines dans le rôle de sa filiale Countrywide Financial qui auraient abusé Fannie Mae et Freddie Mac durant la crise des subprimes13. En août 2014, BoA dans le cadre d’un accord avec les autorités américaine paient une nouvelle fois une amende d’un montant de 16,65 milliards, dont 7 en tant que compensation à ses clients, pour le manque d’informations donner à ses clients sur les conditions de prêts risqués.

En novembre 2014, après une enquête de la Financial Conduct Authority (Royaume-Uni), de la Finma (Suisse), de la Commodity Futures Trading Commission (États-Unis) et de l’Office of the Comptroller of the Currency (États-Unis), Bank of America, Citigroup, HSBC, JP Morgan Chase, Royal Bank of Scotland et UBS paient une amende de 4,2 milliards de dollars dans le cadre d’ententes pour manipuler le cours du Libor, un indice de taux de change. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bank_of_America

« En novembre 2013, un accord à l’amiable est conclu entre JP Morgan Chase et le département américain de la justice: la banque payera le montant record de 13 milliards de dollars, dont 2 milliards d’amende, et 4 milliards serviront à indemniser des particuliers. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/JPMorgan_Chase

En voulez-vous des scandales des financiers.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/subprimes-l-amende-honorable-de-sp-lui-coutera-1-milliard-de-dollars-857838.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130828.OBS4534/les-usa-reclament-6-milliards-a-jpmorgan-pour-la-crise-des-subprime.html

http://www.liberation.fr/economie/2014/09/02/etats-unis-les-banques-paient-pas-leurs-pdg_1092409

http://www.rfi.fr/economie/20131101-sanctions-banques-americaines-justice-subprimes-obama-holder/

http://www.boursier.com/actions/actualites/news/la-banque-jp-morgan-chase-poursuivie-pour-manipulation-de-devises-aux-etats-unis-601953.html

Il y aurait de quoi à écrire une encyclopédie.

« Le verdict, celui de Martin Gilens, de l’université de Princeton, et Benjamin Page, de l’université Northwestern, qui dirige l’Amérique? Est clair.
« Le système politique du pays (USA) s’est transformé ces dix dernières années en oligarchie, où le pouvoir est concentré entre les mains d’une minorité élite. » C’est-à-dire la finance//////