Allons-nous vers une récession ?

La prochaine fois que vous allez voir un touriste américain se promener dans votre ville, faites lui bien attention. Le sort de l’économie mondiale est maintenant entre ses mains ou, plus précisément, dans son porte-monnaie.

Plus de 70 % de l’économie américaine dépend du pouvoir d’achat des consommateurs. Si les conditions de crédit se resserrent trop, si on refuse de refinancer des hypothèques plus risquées ou des cartes de crédit trop essoufflées, si on dit non à trop d’acheteurs potentiels d’automobiles, c’est toute l’économie qui va ralentir. Nous aurions alors une première récession depuis les années 1980 causée – si on peut dire – par les consommateurs.

Mais ce scénario peut être évité. La baisse, ce matin, du taux d’escompte aux États-Unis aura un impact positif sur les marchés et sur la consommation.

La débâcle boursière s’est poursuivie en Asie aujourd’hui, mais la tendance est plus positive en Europe. Déjà hier, la Bourse de Toronto montrait des signes d’encouragement. Il se peut que la tempête financière s’achève et qu’il ne s’agissait que d’une correction boursière.

Il y a des dégâts et des victimes. Cette crise coûtera probablement 250 milliards de dollars aux banques américaines. C’est énorme, mais c’est sensiblement moins que les 359 milliards de profits qu’elles ont encaissés en 2005 et en 2006. C’est triste, mais enfin ce n’est pas la fin du monde.

Comme c’est le cas dans toutes les corrections boursières, le thème dominant sera « je le savais que ça n’avait pas de bon sens ». Les hypothèques à gogo concoctées par certaines institutions financières américaines étaient irresponsables et susceptibles de causer des dégâts. Tout le monde le savait.

Tout le monde savait que les titres technologiques étaient cotés à des niveaux beaucoup trop élevés en 2001. Tout le monde savait que la Bourse méritait une correction en 1997 et en 1987.

Seulement voilà, l’excès et la cupidité sont des compagnons inévitables des marchés. Les corrections nous rappellent une ou deux fois par décennie deux autres mots très utiles : le risque et la prudence.

Le risque, parce que tout investissement en est un. La prudence parce qu’il en faut, envers et contre tous.

Pendant des années, j’ai envié le système américain qui permet de déduire les intérêts hypothécaires de l’impôt sur le revenu. Quelle belle trouvaille, pensais-je, pour accroître l’accès à la propriété et diminuer le fardeau fiscal.

On mesure aujourd’hui la conséquence de cette mesure. Les Américains s’endettent à mort et transfèrent le tout à leur hypothèque. Non seulement c’est bon, mais le gouvernement diminue leurs impôts en conséquence!

Voilà qui est risqué et pas très prudent.

 

TOUS LES TEXTES DE MA REVUE DE PRESSE PORTENT SUR LA CRISE FINANCIÈRE.

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