Apocalypse Now

Nous sommes en récession, cela est maintenant une évidence. Mais les débats et discussions autour de son ampleur donnent des frissons dans le dos. Cette crise aurait le potentiel de causer des dégâts immenses et durables.

Hier, Barack Obama parlait d’une catastrophe possible si le Congrès n’adoptait pas très rapidement son plan de relance économique. Il y a sans doute un peu d’inflation au niveau de la rhétorique, mais le président américain a passé une partie de la journée d’hier dans une petite ville de l’Indiana où le taux de chômage a triplé depuis un an. Cette réalité là est belle et bien réelle.

Sur le même registre, le bureau de Nancy Pelosi , la speaker de la Chambre des Représentants, a publié hier ce petit tableau sur les pertes d’emplois. Jamais au cours des précédentes récessions tant d’emplois (3,6 millions) ont été perdus en si peu de temps.

Aujourd’hui, un ministre britannique qualifie la crise actuelle de pire récession depuis 100 ans, pire encore que la dépression des années 1930. Le ministre de l’Éducation et de la famille, Ed Balls, trouve que l’économie est en train de basculer avec « une rapidité, une cadence et une férocité jamais vues auparavant et que les banques perdent des liquidités à une échelle que personne ne croyait possible. » Le ministre prédit que la crise pourrait durer jusqu’à 15 ans.

Ed Balls n’est pas n’importe qui. Il a été le conseiller économique principal du ministère des Finances et de l’économie de 1999 à 2004 et il serait l’un des conseillers les plus écoutés du premier ministre Gordon Brown.

Mais la nouvelle la plus terrifiante provient d’une vidéo relatant les propos de Paul Kanjorski, président du sous-comité des services financiers de la Chambre des représentants. Selon les propos de ce démocrate de la Pennsylvanie, l’économie mondiale aurait été à deux doigts de s’effondrer le 18 septembre dernier.

En moins de deux heures cette journée-là, des retraits de 550 milliards de dollars auraient été effectués dans le système bancaire américain. La Réserve fédérale prévoyait qu’à cette cadence, les retraits totaliseraient 5,5 billions de dollars (5 500 milliards) à 14 heures et que tout le système bancaire s’effondrerait aux États-Unis et le lendemain ailleurs dans le monde.

La Réserve fédérale a essayé d’endiguer le mouvement de panique en injectant 105 milliards de dollars, mais ce fût sans succès. Pour stopper le mouvement, il a fallu l’annonce que la garantie sur les dépôts bancaires et les placements en fonds monétaires soit portée de 100 000 dollars à 250 000 dollars.

Il semble que nous l’ayons échappée belle. Reste que la crise actuelle ne fait que commencer et que nous vivons une période tumultueuse et inquiétante.

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Difficile de réellement évaluer la situation avec le tableau que vous rapportez puisque ce sont des chiffres absolus qui ne tiennent pas compte de la croissance démographique. 3 millions de chômeurs en 1982 ce n’est pas la même chose que 3 millions de chômeurs un quart de siècle plus tard.

Les chiffres absolus ça fait de belles manchettes pour les journaux ou de beaux épouvantails que les politiciens utilisent sans vergogne pour vendre leur salade (en l’occurence pour justifier de faire crouler le pays sous les dettes), mais c’est sans valeur statistiquement.

Si on parle en termes relatifs je ne crois pas que cette recession soit pire que celle de 1982, du moins pour l’instant. A mon avis elle sera comparable, ce qui est déjà beaucoup.

On entend toujours parler de gros chiffres, de pertes d’emploi énorme, de quantité de faillite et de saisies de maisons records. Mais en pourcentage par rapport aux autres récession, qu’en est-il?

3.6 millions de pertes d’emploi sur 100 millions d’emploi c’est mieux que 2 millions sur 50 millions d’emploi (chiffres inventés pour démontré mon interrogation).

En chiffre absolu, tout est pire que les autres récessions mais les sommes d’argent en jeux sont différentes. Il y a plus de chômeurs mais il y a aussi plus d’employé. Plus de saisi de maison mais il y a plus de propriétaire.

Ce pourrait-il qu’on capote pour rien lorsqu’on se compare aux autres époques?

« Pour stopper le mouvement, il a fallu l’annonce que la garantie sur les dépôts bancaires et les placements en fonds monétaires soit portée de 100 000 dollars à 250 000 dollars. »

En passant c’est le même phénomène que celui des Caisses d’Entraide Économique au Québec il y a 25 ans. Donc l’expérience nous aide.

Pourtant c’est une mesure sociale et démocratique, l’ennemi juré de l’extrême droite qui sauve l’économie de la catastrophe.

Le Canada a échappé belle à la catastrophe causée par la supposée liberté économique, le libéralisme. Partout où l’on a libéré le libéralisme dans le monde, la crise est plus profonde à ces endroits.

Le Canada lui est exception, il n’a pas suivi ce mouvement. Quoique frappé comme les autres, il s’en sort mieux que les USA et c’est évident. Un article du Newsweek aux USA l’explique très bien.
http://www.newsweek.com/id/183670?from=rss

L’apocalypse appréhendée et inquiétante a été causée par le manque de règles, c’est-à-dire le manque de discipline.

On a lâché « lousse » ceux qui voulaient s’emplir les poches sous prétexte que le marché les rendrait honnêtes. Ils l’ont fait, mais, comme des vandales, ils ont causé des dommages considérables pour ramasser le fric.

Psycho 101: la confiance

Voici ce que le fils de M. Paul (et gendre du p’tit gars de Shawinigan) disait hier à Québec (ville à 3,8% de chomeurs):

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/200902/09/01-825719-andre-desmarais-presse-harper-de-soigner-les-rapports-canada-chine.php

« D’ici là, le conférencier explique la profondeur du ralentissement économique actuel par le fait que c’est le fondement même du système financier qui a été touché : la confiance.

Il vaut donc mieux, selon lui, se préparer à un ralentissement prolongé de l’économie. Si, par bonheur, la crise est plus brève, nous nous en sortirons mieux encore.

André Desmarais nuance aussi l’impression que les marchés du crédit et des capitaux sont gelés et qu’il n’y a rien d’encourageant. Il rappelle qu’au Canada, le seul secteur des services financiers a réussi à lever 15 milliards $ sous forme d’équité et d’actions privilégiées, «une indication claire qu’une certaine confiance subsiste».

En matière de gouvernance, il faudra, plaide-t-il, que le monde des affaires réalise que c’est avant tout de son propre comportement que dépend une réglementation adéquate.

Interrogé sur les abus dans la rémunération des décideurs à Wall Street, le président de Power Corporation tranche sans hésitation : «Si les résultats ne sont pas là, il ne devrait pas y avoir de bonus.»

Je cherche à comprendre…
Quand une compagnie annonce une perte, disons de un milliard, que signifie cette perte ? Comment peut-on perdre un milliard ? Où est passé tout cet argent ? on l’a brûlé ? ou alors, peut-être parle-t-on ici de profits sur papier qui se sont évaporés ?….
Cessez de faire peur au monde ordinaire et tentez d’expliquer ce qui se passe vraiment….

Loll

Vous fondez vos craintes sur des analyses de politiciens? Ceux-là même qui n’ont rien vu venir?

Quel est le point commun des politiciens que vous citez? Tous des démocrates qui veulent faire peur au monde pour passer en vitesse leur «pork stimulus» sur le dos des contribuables.

« Vous fondez vos craintes sur des analyses de politiciens? Ceux-là même qui n’ont rien vu venir? »

P.q. vous l’aviez vu venir vous?
Et les économistes? Et les « fat cats » de WS?
Et tous ces « fins analystes » qui disent aujourd’hui combien c’était « prévisible » mais qui, il n’y a même pas 6 mois, disaient encore que l’économie US était solide…

Et vous parlez de démocrates comme si vous vouliez limiter la responsabilité à un seul côté du spectre politique; très réducteur et simpliste…

Par contre je suis d’accord avec votre «pork stimulus»; ce n’est que le reflet de l’aristocratie qui se protège : charité bien ordonnée…

a propos du salaire des banquiers, l’argument qu’on nous sert (et que partage le blogueur…) c’est qu’il faut bien les payer pour avoir de la qualité. On nous sert le même discours pour les politiciens. Pourtant, lorsqu’on regarde les chiffres de performance des sportifs par exemple, l’argument ne tient pas la route.

http://www.thestar.com/comment/article/584888

Take baseball. In the early 1970s, Hank Aaron was the top-paid player at $200,000 a year. Last year, Alex Rodriguez, with similarly dazzling statistics, earned $27.7 million. Adjusting for inflation (but not for drugs), that makes Rodriguez’s pay more than 25 times greater than Aaron’s. Is Rodriguez’s performance more than 25 times better?

There’s no evidence that today’s phenomenal pay packages – in sports, entertainment or business – are motivating today’s players, performers or executives to any higher performance levels than more modest packages did a few decades ago

Le tableau de Pelosi c’est de la fraude car il ne tient pas compte de l’augmentation de la population active.

http://curiouscapitalist.blogs.time.com/2009/02/09/comparing-this-recession-to-the-last-five/

P.S.: Le Congressional Budget Office (organisme non-partisan) prévoit que si rien n’était fait, la récession prendrait fin à la mi-2009 et que le taux de chômage ne dépasserait pas le 10%.

http://www.cbo.gov/ftpdocs/99xx/doc9958/01-08-Outlook_Testimony.pdf

@gagnon

Le retour des lunettes roses (ça n’a pas traîné)…

On parle bien de « prévisions », encore moins fiables que la météo…

Je serais curieux de savoir ce que ces voyants nous prévoyaient pour 2008 à cette même date l’an passé…

@francis

« Le retour des lunettes roses (ça n’a pas traîné)… »

Ce n’est pas une question de lunette, c’est une question de rigueur. C’est tout à fait vrai que les chiffres hors contexte ne veulent pas dire grand chose.

C’est vrai et c’est évident, d’où la question: pourquoi les utilise-t-on?

@ francis:

Je n’ai pas des lunettes roses. L’histoire, et les nouvelles économiques actuelles, montrent tous la même chose: l’orgie keynésienne va provoquer une crise qui fera passer celle que l’on connaît en ce moment pour de la petite bière.

Comme tu le dis les prévisions ne sont pas fiables, alors on devrait ne rien faire pour stimuler l’économie (Obama se sert de prévisions nébuleuses pour se justifier).

Parce que si les prévisions ne sont pas fiables, les faits historiques le sont.

@gagnon

(Gros soupir)
Tu fais toi-même des prévision et tes prévision (ou celles de tes sources) ne sont pas plus fiables que les autres…

« Parce que si les prévisions ne sont pas fiables, les faits historiques le sont »
Toujours la même confusion entre fait et opinion : tout le monde ne partage pas ton opinion sur l’interprétation de l’histoire…

Étonnant de constater tout de même, que pas plus tard que l’an dernier à la même période la majorité des analystes sérieux et des économistes prévoyaient une forte croissance pour toute l’année 08.

Selon ce que je comprends, une récession économique est une pause dans une économie de croissance saine. Avec l’aide des gouvernements, qui baissent les taux d’intérêts, stimulent le marché du crédit, injectent des liquidités dans le système, éventuellement ça redémarre.

Peut-on parler d’économie saine ? En 2000 quand la bulle technologique a crevé, les taux d’intérêts ont été abaissé à des niveaux records, créant une monstrueuse bulle immobilière qui a crevé à son tour. Suivis d’une bulle dans les commodités qui a fait exploser entre autre les prix du pétrole jusqu’à $ 147 dollard le baril de brut. Maintenant le milieu financier qui implose.

Je pense que nous faisons face à une dépression économique. La vieille économie est morte, il faudra faire avec. Les centaines de milliards investit à date, les taux d’intérêts plus bas n’y feront rien. Les consommateurs ne peuvent plus supporter plus de 50% de la croissance, ils sont enterrés de dettes. Ils devront recommencer à épargner et repayer.

Les dinosaures à la GM sont de l’histoire ancienne. Les placer sous stimulateurs ne donnera rien à long terme. On essaie de sauver un cadavre.
Même chose avec la presse écrite, maintenant remplacée en grande partie par internet. Nul retour en arrière possible, c’est s’adapter ou périr. Les compagnies de disques qui s’obstinent à combattre le piratage sont perdant d’avance. Le monde change évolue il faut suivre, même si c’est douloureux.

Les milliards dépensés en infrastructures et autres artifices ne feront qu’augmenter la dette des gouvernements. Quant ils n’en pourront plus de ramasser les ordures laissés par l’ancien système, ils devront eux aussi repayer en coupant dans les services et en augmentant les impôts. Ou mieux encore, pourquoi ne pas imprimer l’argent manquant ? On pourra ainsi créer une inflation qui rendrait fier le grand argentier du Zimbabwe et imprimer des dollars canadien avec une douzaine de zéros.

Le vieux dogme de croissance infinie dans un monde finit vient finalement de frapper un mur. Il faudra avoir la sagesse de supporter ceux qui le mérite, tout en laissant tomber ce qui ne saurait être viable. Des choix difficiles, surtout pour des politiciens.

@ francis:

Peter Schiff a prévu les conséquences de l’intervention du gouvernement dans le marché immobilier.

P.S.: Tu veux que je te sorte des études publiés dans des journaux scientifiques démontrant le ridicules des théories keynésiennes ?

@gagnon

Tu viens de trouver ça, Peter machin? P.q. il y a 6 mois tu ne parlais pas de « l’intervention néfaste du gouvernement dans le marché immobilier » (qui n’a pas eu lieu d’ailleurs, j’attends toujours tes preuves des pressions du gouv. auprès de F&F)…

Pour chaque économiste « démontrant le ridicules des théories keynésiennes », je vais t’en trouver un qui va dire le contraire…

« P.S.: Tu veux que je te sorte des études publiés dans des journaux scientifiques démontrant le ridicules des théories keynésiennes ?. (DG)

Non gagnon, on n’en veut pas des faux arguments de libertariens et de libéralistes qui ont cause la faillite de l’économie des USA.

Tu n’as jamais émis l’ombre d’une preuve de l’intervention du gouvernement dans la crise de l’immobilier ou de la crise tout court.

La seule preuve qui peut être faite est l’inaction totale du gouvernement.

@ francis:

Je parle de Peter Schiff depuis un bon moment sur mon blogue.

Tout comme il y a 6 mois, je dénonçais l’intervention néfaste du gouvernement dans tout les domaine où l’état se fourre le nez.

On va commencer le travail de démolition du keynésianisme ici:

http://www.antagoniste.net/?p=4723

@gagnon

Dans ce cas, ton Peter Schiff n’a rien prévu du tout, car il y a 6 mois tu ne parlais pas de crise imminente mais tu clamais plutôt que la Fed (celle que tu honnis auj. mais qui te servais de référence à l’époque) avais révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour 2008 (ça, c’était pour fermer le clapet aux « ignorants » qui osaient parler de récession aux US à l’époque)…

N’importe quoi…

@gagnon

T’as toujours autant de problème de compréhension : tu n’écoutais donc pas ton gourou puisqu’il y a à peine 6 mois tu te moquais de toute personne évoquant le mot « récession »…

@ francis:

Tu as dit (et je cite):

« ton Peter Schiff n’a rien prévu du tout »

Et c’est faux:

http://www.youtube.com/watch?v=zdVP_sgCETo

De plus, il y a 6 mois, j’ignorais qui était Peter Schiff.

Mais quand j’ai découvert qui ce type était, il m’a fait réfléchir. Moi je ne suis pas comme dogmatique comme toi. Quand j’entends un discours intelligent je ré-évalue toujours mes positions.

Tu devrais essayer de faire la même chose en ayant l’esprit plus ouvert.

@gagnon
« Je parle de Peter Schiff depuis un bon moment sur mon blogue. » (gagnon no.19)

« De plus, il y a 6 mois, j’ignorais qui était Peter Schiff. » (gagnon no.24)

Donc « un bon moment » pour toi c’est moins de 6 mois…

Et ton autre gourou autrichien, dont tu parles dans un autre billet, tu l’as « découvert » également depuis moins de 6 mois?

@ francis:

Oui.

J’ai commencé à m’intéresser sérieusement à l’école autrichienne que très récemment.

L’école autrichienne, dont beaucoup de partisan ont prévu cette crise depuis longtemps, est la seule qui donne une explication crédible sur la situation actuelle.

Moi je ne suis pas comme dogmatique comme toi. Quand j’entends un discours intelligent je ré-évalue toujours mes positions.

Tu devrais essayer de faire la même chose en ayant l’esprit plus ouvert.

@gagnon
« Quand j’entends un discours intelligent je ré-évalue toujours mes positions. »

Quand tes positions risibles (de croissance à l’infini) te pète à la gueule, t’as pas ben le choix de les changer. Comme dirait l’autre, c’est tivident…

Bravo, champion…

Te lire me traiter de dogmatique, c’est comme Éric Lapointe qui me traiterait d’ivrogne…

Enfin, tu devrais essayer d’arrêter les copier-coller de tes propres citations (ca fait paresse intellctuelle, un ti-peu)…

@ francis:

L’école autrichienne en dit pas que la croissance infinie est impossible.

Elle dit que le crédit à l’infini est impossible.

Encore une fois, tu te permets de critiquer un sujet sans avoir les connaissances suffisantes pour le faire.

Si seulement tu étais moins dogmatique. Je suis bien content de ne pas avoir ce défaut.