Apple et le prix de l’innovation

Apple vit une crise d’identité. On voudrait qu’elle réinvente la roue à chaque trimestre ou à chaque année.

Photo: Justin Sullivan/Getty Images
Photo: Justin Sullivan/Getty Images

Faut-il s’inquiéter parce que les profits annuels d’Apple sont à la baisse pour la première fois en 11 ans? Ou plutôt se féliciter parce que ses revenus sont toujours à la hausse? Voilà en deux phrases les questions que se posent ses investisseurs et tous les férus de technologie.

D’un côté, il y a les pessimistes.

Oui, disent-ils, Apple continue de bien faire et ses revenus de 171 milliards de dollars en attestent. Malheureusement, ses produits ne se distinguent plus suffisamment pour permettre les faramineux profits dont elle avait l’habitude. Pour vendre autant, la marque à la pomme doit réduire ses marges. Cela fait trois trimestres consécutifs que ses profits diminuent, et la tendance les inquiète. D’autant que le titre, qui touchait les 700 dollars l’action en septembre 2012, peine à se maintenir au-delà des 500 dollars.

Ils se demandent aussi quel sera le produit extraordinaire qui succèdera aux iPod, iPhone et iPad, trois innovations qui ont assuré la renaissance et la domination de l’entreprise. Tim Cook, son PDG depuis août 2011, est un gestionnaire compétent, mais aura-t-il le génie et le cran pour lancer Apple dans une nouvelle aventure? Et quelle sera cette nouvelle incarnation? La montre? Samsung y est déjà. La télévision? Intel est en train d’en faire un véritable terminal numérique. Élargir le rôle et la dimension de iTunes? Ce serait copier Amazon. Accroître les services sur le Web? Google offre déjà une gamme de produits et de services impressionnants.

D’autres investisseurs se posent moins de questions et se contenteraient de l’encaisse de l’entreprise, un magot de 147 milliards de dollars. Le financier Carl Icahn exerce des pressions pour que l’entreprise donne le pognon à ses investisseurs.

Il y a aussi des optimistes qui remettent les choses en perspective.

Remettre tout l’argent aux investisseurs serait pour eux une bêtise absolue. L’entreprise a besoin d’argent pour innover, financer ses futurs projets et pouvoir affronter un éventuel passage à vide. Vider les coffres de l’entreprise, c’est la rendre vulnérable au seul bénéfice d’investisseurs à court terme qui sauteront sur une nouvelle proie un fois l’entreprise bien saignée.

Créer un nouvel iPhone ou iPad dans un tout nouveau marché? Plus facile à dire qu’à faire. Le iPhone est l’un des plus grands succès de l’histoire du monde des affaires. Selon le magazine BusinessWeek, les ventes du iPhone dépassent les revenus combinés de Coca-Cola et de McDonald’s. Si iPhone était une compagnie, elle serait plus grosse que Procter & Gamble, Boeing ou Home Depot. On ne créé pas de tels succès sur demande.

Le iPhone reste une formidable affaire. Apple en a vendu 33,8 millions au dernier trimestre, 26 % de plus que la période équivalente en 2012. Il y a encore de la place pour croître, puis que le iPhone n’est toujours pas distribué par China Mobile, le plus grand opérateur de téléphonie mobile au monde avec ses 740 millions d’abonnés. Oui, vous avez bien lu, 740 millions. Pour signer ce client, Apple devra forcément sacrifier sa marge bénéficiaire.

Apple vit une crise d’identité. On voudrait qu’elle réinvente la roue à chaque trimestre ou à chaque année. Cela est évidemment impossible et il faudra s’y faire, car les innovations de rupture, celles qui changent la donne et créé un marché, sont beaucoup plus rares.

Les récentes innovations consistent plutôt en des améliorations aux appareils et services existants. Ils sont plus puissants, plus légers et plus complets, et ce, au même prix que les précédents modèles. Cela n’est déjà pas mal, mais il faut arrêter de croire aux miracles quand on pense à Apple.

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À moins que je n’aie pas compris l’article du journal « Les Échos » dont vous faites mention, il ne s’agit pas de distribuer une partie des excédents de trésorerie aux actionnaires sous la forme d’un dividende exceptionnel par exemple. Il s’agit plutôt d’une offre de rachat d’une partie des actions au porteur à concurrence de 147 milliards de dollars, ce dans le but d’éviter la dilution du capital. En somme il y aurait moins d’actions en circulation, moins de porteurs qui seraient plus impliqués directement dans le capital de l’entreprise qui elle-même détiendrait un contrôle accru du capital de la société.

Ce type d’opérations est assez courant sur le marché des valeurs mobilières. On en parle plus ici parce qu’Apple est devenu un très gros joueur en matière de capitalisation boursière. Une trop grande dilution des parts est considérée par certains analystes comme un facteur d’instabilité pour certains titres qui facilement peuvent prendre un caractère spéculatif. Ce qui donc élève le facteur de risques ou même être une cible pour des OPA hostiles.

Ainsi, on dispose de moins d’actionnaires intéressés par des gains vites faits bien faits et plus d’actionnaires à long terme qui savent se contenter principalement du dividende régulièrement servi aux actionnaires.

Dans une industrie où le cycle de vie des produits ne se compte guère plus qu’en mois et non plus en années, il y a des facteurs à court terme qui peuvent influencer la décision des investisseurs. On peut toujours sortir une nouveauté qui n’a pas la faveur du public, lorsque sur le long terme, certaines compagnies comme Apple assurent une continuité qui quelquefois fait cruellement défaut dans cette industrie. Ce qui fidélise la clientèle, reste bon pour les profits.

Apple qui plus est dispose de la structure et des moyens pour trouver des alliés et peut au besoin prendre le contrôle de sociétés qui lui permettraient d’assurer la poursuite de son essor tout comme sa préservation pour encore quelques temps.

Quant aux titres boursiers en dents de scies qui montent et qui descendent tout le temps, c’est une sorte de plaie pour les épargnants qui comptent sur la bourse pour améliorer leur situation ordinaire. Quoiqu’on en dise, cela produit plus de perdants que de gagnants. Une compagnie n’a rien à gagner que des larmes, lorsqu’elle devient la proie d’actionnaires turbulents.

On m’a indiqué il y a plus de 40 ans, au HEC, qu’un marché avait des phases dont celle de la maturité. Je pense que Apple, comme plusieurs autres, est dans un marché devenu mature. Les innovations qu’on nous propose n’en sont pas vraiment. Ce sont souvent que des améliorations somme toute très périphériques (!!!???). Si des avancées significatives et technologiques se faisaient alors ce marché pourrait très bien être relancé dans une nouvelle ronde. Mais ça ne semble être le cas présentement.

Alors que les ventes se collent à une certaine réalité économique m’apparait tout à fait logique. Je ne procurerai pas une nouvelle tablette pour la seule raison qu’on y aura ajouter quelques « gogosses » intrigantes. Si ma tablette brise et ne fonctionne plus sans doute que je deviendrai un client potentiel pour Apple et pour ses concurrents qui s’activent formidablement pour lui prendre des pourcentages de part de marché. C’est justement une des caractéristiques d’un marché mature.

Un autre aspect fort pernicieux de notre système économique est celui de la main mise des spéculateurs qui n’ont comme objectif que le court terme, faire rapidement des profits sans jamais ne rien ajouter à l’économie réelle. Ces spéculateurs sont réellement un cancer qu’il serait grandement temps d’éradiquer. Ces vampires économiques n’apportent rien de tangible sinon leur propre fortune.

Si Apple n’était pas une entreprise publique jugée uniquement sur la base de la valeur de ses actions, il y a fort à parier que le ralentissement de ses profits ne ferait pas les manchettes. Par exemple qui connait l’entreprise familiale allemande FESTO dont le revenu est de l’ordre de 2,1 milliards d’Euro ? Comme elle n’est pas en bourse on en entend à peu près pas parler et elle n’est pas l’objet de spéculateurs prédateurs.

Je pense que notre système économique est complètement déboussolé. Le néo-libéralisme a fait son temps et ses ravages. Il est temps de regarder ailleurs afin de trouver de nouvelles façon de faire qui ne détruiront pas la planète et l’humanité qu,elle supporte de moins en moins facilement.

Pour paraphraser Yvon Deschamps, on court après notre perte et quand on l’aura rejoint, il sera peut-être trop tard.

«Ce ne sont pas les études de marché sur la lampe à huile qui ont permis l’invention de l’électricité.»
[Daniel Jouve]

« Apple vit une crise d’identité. On voudrait qu’elle réinvente la roue à chaque trimestre ou à chaque année. »

C’est le prix à payer pour l’industrie de la mode, du design ou de la séduction.

Les gens en attendent de plus en plus:

Comme dirait Robert Charlebois dans ordinaire:

—-Vous voulez que je sois un Dieu—-
Si vous saviez comme je me sens vieux
Je peux pu dormir, chu trop nerveux
Quand je chante, ça va un peu mieux
—-Mais ce métier-là, c’est dangereux
Plus on en donne plus le monde en veut—-

Quand je serai fini pis dans la rue
Mon gros public je l’aurai pu
C’est là que je me retrouverai tout nu
Le jour où moi, j’en pourrai pu
—-Y en aura d’autres, plus jeunes, plus fous
Pour faire danser les boogaloos—

Je me fous pas mal des critiques
Ce sont des ratés sympathiques

http://www.youtube.com/watch?v=Yz5NcEyD2QQ

Je possède la solution pour sortir Apple de sa douce léthargie. En effet, Tim Cook qui a autant d’imagination qu’un cookie, d’ailleurs c’est son surnom dans l’entreprise, n’est pas un inventeur.
Opportuniste sans doute, j’ai offert mes services de médium à Apple. Je suis capable de rejoindre ce bon vieux Steve dans l’au-delà et non pas L’eau de là, l’organisme sans but lucratif de Guy Laliberté. J’ai contacté à trois reprises Steve Jobs, il jouait aux cartes avec Edison, l’autre -à, qui a inventé le Ipod avant l’heure. Mauvais joueur comme d’habitude, il piquait des crises. Alors je lui ai demandé: Steve, toi qu’on adule parce que tu as inventé de belle machines alors que tu as délaissé tes propres enfants, toi le gourou, dis-moi, quel est le nouveau bidule qu’Apple doit mettre sur le marché, hein grand gourou en courroux. Steve se lève subitement et jette ses cartes à terre. il commence à ouvrir la bouche, prononce le début d’un nom, un nom à 100 milliards de dollars, je tends l’oreille car je n’entends presque rien. Edison rigole et prend la parole à son tour et me crie l’air amusé: » Le gramophone ». Je perds le contact avec l’au-delà mais je n’ai pas dit mon dernier mot.

Vous m’avez fait découvrir le malheur d’Apple; on vous a fermé la « swith » du médium.

Apple est dans l’industrie de la mode et du design. Toutes les entreprises de ce domine finissent par rencontrer leur Waterloo.

Et dire que pendant très longtemps, j’ai cru que Steve Jobs vendait des cols roulés.

Nous sommes dimanche alors prions ensemble

Notre Steve qui êtes aux cieux
Que votre volonté soit faite sur terre somme au logiciel
Donnez notre application de ce jour
Et pardonnez nos bogues comme à ceux qui nous ont bogués
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation de Samsung
et délivrez-nous des Androïdes.
Apple