Attention ! C’est juste une blague…

Un ami m’a retransmis cette blague qui circule sur le Web. J’ai cru bon de la partager avec vous. Source originale

Quelle belle émotion que de voir la planète entière assister en direct au sauvetage des mineurs chiliens emprisonnés depuis 69 jours. Remarquable surtout de voir ce peuple fier transformer une tragédie nationale en fierté nationale. Le président Sebastian Pinera, la Première Dame chilienne Cecilia Morel, les ministres de la Santé et des Mines étaient là pour les accueillir au son des chants patriotiques. Une belle réalisation de la part d’un peuple qui a vécu son lot de misères, notamment dans les années 1970 et 1980.

Autant je suis fasciné par cette légitime fierté, je me suis en parallèle questionné sur la réaction qu’aurait eue notre bon peuple si un événement semblable s’était produit en notre pays. J’ai donc imaginé une plausible chronologie des événements… (les noms ont été modifiés pour ne pas les reconnaître).

5 août 2010 – Effondrement dans une galerie de la Mine Amos en Abitibi. 33 mineurs sont portés disparus.

22 août 2010 – Une sonde rejoint une salle de repos et revoie à la surface le message suivant : «nous sommes tous vivants». Jusqu’à maintenant, tout va bien.

27 août 2010 – On crée un comité de travail composé des dirigeants de la mine, du ministère des Ressources naturelles, de la Sécurité publique, des centrales syndicales et d’un représentant du gouvernement fédéral pour discuter des meilleures techniques de sauvetage. Les discussions achoppent sur les coûts. Les syndicats accusent la minière de négligence, la compagnie menace de déménager en Amérique latine.

5 septembre 2010 – Les parties en arrivent à un accord sur le partage des coûts. Reste à trouver la solution technique.

14 septembre 2010 – On élabore trois plans de sauvetage qui visent à forer un trou de 60 cm pour atteindre les mineurs pris à 700 mètres sous terre, et à les remonter à l’aide d’une nacelle. Le gouvernement annonce que les mineurs devront sans doute attendre à Noël pour revoir leur famille.

19 septembre 2010 – Les Algonquins du lac Brunante obtiennent de la Cour provinciale une injonction pour arrêter les travaux de forage. Les camions doivent traverser des terres ancestrales consacrées à la chasse, la pêche et le trappage de survie.

4 octobre 2010 – Le gouvernement et les Algonquins du lac Brunante négocient une entente en vertu de laquelle le droit de passage est autorisé en retour d’une compensation de 7 millions de dollars.

6 octobre 2010 – Début des travaux de forage du puits de secours.

9 octobre 2010 – Les Amis de l’épinette noire et Greentree International obtiennent une injonction de la Cour provinciale pour arrêter les travaux de forage. Cette activité pourrait poser un risque pour la nappe phréatique et causer des désagréments aux migrations des outardes.

19 octobre 2010 – Le gouvernement et les groupes environnementaux s’entendent pour confier l’étude du dossier au Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

7 novembre 2010 – Début des travaux du BAPE.

18 novembre 2010 – Le comité des citoyens de Val-des-Mines s’inquiète des répercussions des forages sur la santé des citoyens, notamment des enfants. Ils obtiennent l’appui de leur député et de l’Institut national de Santé publique.

13 décembre 2010 – Dépôt du rapport du BAPE. Vu l’urgence de la situation, et la fin de la période de migration des outardes, le BAPE autorise la poursuite du forage. Mais pour minimiser l’impact sur la population, les forages ne pourront avoir lieu qu’entre 8 et 17 heures, du lundi au vendredi.

23 décembre 2010 – Arrêt des forages pour le congé des Fêtes.

7 janvier 2011 – Reprise des travaux de forage. Le gouvernement annonce qu’il confie à la compagnie Mécanex le soin de construire la nacelle qui servira à remonter les mineurs.

13 janvier 2011 – Un consortium chinois, une entreprise européenne et un concurrent québécois obtiennent de la Cour provinciale une injonction pour arrêter les travaux de forage. La construction de la nacelle à été confiée à une compagnie sans appel d’offres, ce qui est contraire aux dispositions des accords de l’Organisation mondiale de Commerce.

25 mars 2011 – La Cour donne raison au gouvernement qui n’avait pas à soumettre la construction de la nacelle à un processus d’appel d’offres, vu l’urgence de la situation. Les travaux reprennent.

5 avril 2011 – Un journaliste d’enquête découvre que le PDG de Mécanex est un généreux donateur à la caisse électorale du parti ministériel. Houleux débat à l’Assemblée nationale : l’opposition réclame la tenue d’une commission d’enquête sur la corruption et le retrait du contrat de nacelle à Mécanex.

12 mai 2011 – Début des travaux de la Commission d’enquête sur les allégations de corruption.

13 juillet 2011 – La Commission remet son rapport et reconnait que le gouvernement avait le droit de confier la construction de la nacelle à un entrepreneur de son choix, vu l’urgence du moment.

15 juillet 2011 – Reprise des travaux de forage

17 juillet 2011 – Début du congé de la construction

1er août 2011 – Reprise des travaux de forage

5 août 2011 – Premier anniversaire de l’effondrement de la mine. Les mineurs se considèrent chanceux d’être encore en vie et de ne pas travailler dans un pays sous-développé comme le Chili.

16 août 2011 – Le tunnel de sauvetage atteint enfin les mineurs. Reste à attendre la nacelle qui est en retard. Mécanex est en attente des pièces importantes qui sont fabriquées par son sous-traitant indonésien.

10 septembre 2011 – La nacelle arrive sur les lieux du drame. Horreur! Les sous-traitants ont peinturé un énorme drapeau canadien sur l’enveloppe extérieure. Les souverainistes sont outrés et y voient une vile manigance fédéraliste pour récupérer l’événement.

14 septembre 2011 – On crée un comité de travail composé des dirigeants de la mine, du ministère des Ressources naturelles, de la Sécurité publique, des centrales syndicales et d’un représentant du gouvernement fédéral pour discuter de l’épineux problème du drapeau.

22 septembre 2011 – Un compromis est négocié entre les différentes parties. La nacelle portera le drapeau du Canada, du Québec, de la ville de Val-des-Mines, de même que les logos de Mécanex, de la centrale des mineurs du Québec (CMQ) et de la fédération des travailleurs et travailleurs souterrains du Québec (FTSQ).

29 septembre 2011 – Bousculades, agressions physiques et saccage sur le chantier : la CMQ et la FTSQ ne s’entendent pas sur la priorité de remontée des mineurs.

1er octobre 2011 – Le ministre du Travail nomme un arbitre pour régler le conflit entre les centrales syndicales.

27 octobre 2011 – La CMQ et la FTSQ s’entendent sur une liste commune de priorité de remontée qui tient compte de l’ancienneté.

6 novembre 2011 – Un document confidentiel du gouvernement est obtenu par la presse. Les coûts de l’opération de sauvetage dépassent de sept fois les estimations initiales. Des groupes de citoyens en colère et l’opposition manifestent devant le chantier.

13 novembre 2011 – Le gouvernement annonce qu’il débloque une aide spéciale pour défrayer les coûts de l’opération de sauvetage et qu’elle ne se traduira pas par des hausses de taxes ou d’impôt. Le premier ministre demande à son homologue canadien que les sommes soient puisées à même les surplus de la caisse de l’assurance-emploi.

4 décembre 2011 – Les réparations effectuées et la nacelle repeinte, les opérations de secours peuvent débuter.

12 décembre 2011 – Les mineurs sont enfin de retour à la surface.

21 décembre 2011 – Le premier ministre se félicite du succès de l’opération et que les mineurs peuvent fêter Noël avec leur famille comme il l’avait prédit. Il blâme toutefois l’inaction du gouvernement fédéral qui, selon lui, est à l’origine des retards éprouvés.
Une belle histoire qui finit bien…

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Haha, très drôle en effet! Et j’aimerais ajouter certains éléments pour compléter le texte:

5 août 2010 au 12 décembre 2011 – Des chroniqueurs d’un important quotidien montréalais, s’auto-proclamant «minio-sceptiques», s’en prennent à répétition aux «effondristes» qui prétendent qu’il y a eu effondrement de la mine. Selon eux, les effondristes ne seraient que des scientifiques militants dont le but non-avoué serait d’instaurer une surtaxe sur les activités minières et de faire grossir le gouvernement.

1er septembre 2010 – Un député fédéral du parti au pouvoir se déclare minio-sceptique, affirmant «qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur la question de savoir si la mine s’est effondrée ou non».

10 août 2010 – Une éditorialiste d’un important quotidien torontois écrit que la mine s’est effondrée à cause de la loi 101.

23 décembre 2010 – Dans une lettre adressée à sa base militante albertaine, le premier ministre canadien qualifie l’opération de secours des mineurs de «complot socialiste».

30 avril 2011 – Après avoir fait 53 demandes en vertu de la Loi d’accès à l’information, un journaliste apprend que le gouvernement fédéral a arrêté de financer l’opération de secours des mineurs en octobre 2010.

13 décembre 2011 – Les minio-sceptiques déclarent que le sauvetage de la veille était une mise en scène orchestrée par Amir Khadir dans le cadre de son agenda caché islamiste, et que des membres du Parti communiste ont joué le rôle des mineurs.

Je ne sais pas combien l’actualité paie pour ce chroniqueur qui nous recycle des niaiseries qu’on a déjà vues sur internet ou dans des courriels (spam) qui nous arrivent on ne s’est jamais d’où. Le ton est clair on va faire dans la personnalisation en prenant le ton du Réseau liberté pour démoniser Amir Khadir. Depuis le début de la chronique il y aurait eu un voyage en Europe qui aurait pu nous apporté un éclairage nouveau, mais on a eu droit qu’a du ressassé pas bien assimilé qu’on avait déjà lu sur les sites européens. Il nous reste à savoir qui a payé le voyage de Monsieur, en terme d’éthique il aurait du le dire. Le rabâchage de lieux communs en citant la vérificatrice générale du Canada pour dire que la gestion publique est déficiente est du pur Journal de Montréal qui s’y consacre quotidiennement. Évidemment pas un mot sur l’éthique de tous ces comptables qui ont permis la série de vols par les courtiers en placement, les détournements subvention de nombreuses entreprises québécoises comme BCIA et Sécurité Action, ni de l’éthique des firmes d’ingénierie, ni de celles de la construction. Bien sûr on ne remontera pas jusqu’à Polygone et Cinar, il manquerait de place dans cet espace encore public aujourd’hui. Alors à quoi sert cette chronique? Conforter une catégorie de lecteur dans leurs erreurs d’appréciation de l’économie? Voguer sur une vague de mécontentement pour vendre de la copie. Si c’est l’objectif, vous avez visé juste. Ayant déjà été propriétaire d’une entreprise, une chance que nous prenions conseille ailleurs que dans ce genre de chronique pour comprendre l’environnement financier et économique. Finalement, j’imagine que d’autres comme moi iront lire ailleurs, retirant du tirage à un magazine fort bien fait.

Merci M. Bouthiller pour vos bons voeux. Cela est toujours agréable de lire quelqu’un d’aussi affable et nuancé. Je suis quand même un peu déçu que vous n’avez pas remarqué que, contrairement à plusieurs chroniqueurs, je cite mes sources quand je donne des chiffres ou que je m’appuie sur des faits. Je pourrais vous montrer des textes où j’ai plus de 10 hyperliens.
Je suis rassuré de voir comment vous traiter les opinions de ceux qui ne pensent pas comme vous. Quant à l’éthique, sachez que j’étais l’invité la première semaine du Centre européen de journalisme avec une douzaines de journalistes canadiens et américains. La plupart des rencontres étaient « off the record », mais si vous avez pris la peine de comparer mon travail avec mes collègues du Globe and Mail et de Dow Jones (vous semblez lire beaucoup), vous aurez sans doute constaté que j’ai écrit beaucoup plus qu’eux et probablement transgressé un peu plus librement les consignes auxquelles nous étions tenues.
Quand à la deuxième semaine, j’ai payé entièrement mes dépenses à Paris pour l’événement sur le web.
Je rabâche des lieux communs ? C’est votre opinion. Vous n’êtes absolument pas obligé de me lire, ni moi d’ailleurs de publier des propos offensants.
En ce début d’année, je vous souhaite, Monsieur, de trouver des lectures qui vous conviennent et de vous y tenir. Vous vous porterez mieux..