Bar ouvert

La campagne électorale me fait penser à un gigantesque bar ouvert où des candidats en mal de popularité paient chaque jour la tournée. Le problème, c’est que c’est nous qui allons devoir payer l’addition quand ce phénomène d’ivresse collective appelée campagne électorale prendra fin.

Je trouve les chefs incorrigibles. Chaque jour, ils s’engagent pour quelques centaines de millions de dollars, comme si l’argent était abondant et que les coffres de l’État étaient pleins. Malheur à celui ou celle qui n’a rien à offrir : quand les autres paient la bière on se fait rarement élire en offrant un verre d’eau. N’importe quel politicien amateur a appris cette leçon aux élections de l’école secondaire ! La loi du métier, c’est qu’il faut plaire et faire rêver.

Ce qui me désole, c’est que le Québec approche de l’équilibre budgétaire après des années de sacrifices et de ponctions fiscales. Au prochain budget, la carte de crédit gouvernemental devrait être à zéro. Certes, notre endettement s’est accru considérablement, mais le prochain budget ne devrait plus être déficitaire.

C’est sans compter sur les ravages d’une campagne électorale sur les finances publiques. Non seulement, on nous promet de dépenser davantage pour notre bien, mais la patiente et douloureuse pédagogie de l’austérité et de la responsabilité est magiquement évacuée. L’argent coule à flot.

Non seulement le bar est ouvert et la boisson abondante, mais certains partis ont déjà identifié ceux qui auront à payer la facture.

Le Parti Québécois a ciblé tous les contribuables qui gagnent plus de 130 000 dollars par année. Au Québec, on les appelle les riches. Ils sont beaucoup moins nombreux proportionnellement qu’ailleurs et on les plume déjà beaucoup plus. Pas grave, nous dit Pauline Marois puiqu’ils « sont capables de l’assumer ».

Sans doute.

Ils paieront encore plus d’impôts et ils auront moins d’argent pour consommer, acheter une maison, épargner, investir ou, qui sait, se lancer en affaires. Si jamais cette idée saugrenue se manifestait, le PQ veut s’assurer que les crédit d’impôts sur les dividendes soient diminués de moitié. De plus, il veut faire passer le taux d’imposition sur le gain de capital de 50 % à 75 % pour pénaliser davantage l’entrepreneur quand il cèdera son entreprise.

Tout en proclamant le grand défenseur de l’entrepreneuriat, le PQ veut effacer tous les avantages fiscaux dont peuvent bénéficier les entrepreneurs, ces personnes qui prennent des risques, créent des emplois et enrichissent le Québec. Avec de telles mesures entreprenicides, aussi bien choisir la sécurité d’un poste de cadre dans le secteur privé ou dans la fonction publique.

J’ai hâte au 4 septembre. Pour connaître le résultat des élections, bien sûr, mais aussi pour que cesse la générosité extrême de ceux qui nous paient la traite… avant de nous traire davantage.

 

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Vous vous basez sur quels chiffres pour affirmer qu’ailleurs, on appelle les individus qui font plus de 80,000$ par année la classe moyenne?

Au Canada, le revenu médian pour une *famille* est de quelques 69,000$. Pour un individu, c’est 29,250$. Sur les 25 millions de contribuables au Canada, on en compte 3 millions qui ont un revenu supérieur à 75,000$. On parle donc, à peu de choses près, du 10% le plus riche de la population.

Quand la moitié des canadiens font moins de 30,000 dollars, je trouve qu’assimiler des gens qui font presque trois fois ce montant à la classe moyenne, c’est assez moyen.

La moitié de votre billet s’adresse au PQ. Aucune charge directe au PLQ ni à la CAQ qui pourtant promet le DOUBLE du PQ. Se pourrait-il que derrière cette charge à fond de train contre le PQ, se cache la frustration d’un fédéraliste qui craint la venue au pouvoir d’un parti qui rêve à plus qu’un statut provincial pour le peuple québécois?

@Joffré

Notez toutefois qu’en raison des taux marginaux d’imposition progressifs, le revenu disponible se répartit d’une manière bien moins prononcée que ce que vous évoquez. Quand on gagne 80 000$ on vit correctement, mais on ne roule pas en Mercedes avec une résidence secondaire, une maison à Westmount et un bateau sur le lac Brome non plus…

M Duhamel vous avez raison, compte tenu du contexte et des défis qui attendent le Québec cette campagne remplie de promesses a quelque chose de sur-réel, je dirais même de pathétique voire odieux.

M Duhamel je pense qu’il est temps de hausser le ton…

Quand au PQ c’est toujours la même chose, on revient toujours avec les même vieilles idées, même si elles ont mille fois échoué, ils vont presser le citron (déjà bien sec) jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. C’est désolant mais c’est comme ça.

Nous sommes près du fond du baril, mais après tout peut-être est-ce un passage obligé…

Joffré

À 80,000$ au Québec, tu tombes dans la dernière fourchette d’imposition (24%). Tu deviens un « riche ». Hors Québec il faut gagner pas mal plus.

@ Eric # 5

« À 80,000$ au Québec, tu tombes dans la dernière fourchette d’imposition (24%). Tu deviens un “riche”. »

C’est le taux maximum au Québec.

Taux moyen d’imposition en Ontario pour 82,727$ 24,02%.

Taux marginal d’imposition en Ontario pour 82,727$ 39,41%.

Le maximum en Ontario:
Pour 101, 945$ taux moyen d’imposition en Ontario 27,70%

Pour 121 363$ taux moyen d’imposition en Ontario 30,21%

Taux marginal pour 121 363$ en Ontario 43,41%

Pour Joffré :

Prov Taux excédent de $
QC 24% 78 120
NE 21% 150 000
MB 17.40% 67 000
IPE 16.70% 63 969
SK 15% 120 185
CB 14.70% 103 205
NB 14% 124 178
ON 11.16% 78 043
AB 10% FLAT

Jusqu’à quel niveau croyez-vous qu’on puisse ainsi imposer les Québécois plus que les autres Canadiens ?

Je suis d’accord avec vous M. Duhamel. C’est quoi toutes ces promesses? La province n’est plus endettée? J’aurais été plus impressionnée par un parti qui promettait une meilleure gestion des dépenses. Cependant, vous attaquez seulement le PQ dans votre article. Dans un autre article vous défendez les compagnies minières. Votre affiliation au parti libéral est bien évidente.

Le cycle politique assure l’inertie et les conflits d’intérêt. Le cycle dure quatre années, parfois cinq. Que peut-on accomplir, dans la durée, si on ne dispose que de cinq années pour faire le travail exigé?

Les politiciens, soucieux de toucher la généreuse pension qui vient avec six ou huit ans de service, ne cherchent véritablement qu’une seule chose: la réélection. D’où les promesses irréalistes, absurdes ou carrément dangereuses. Les gens adorent l’argent gratuit, ce que les politiciens savent parfaitement.

La seule façon de briser le cycle politique qui vise la gratification immédiate – au diable les conséquences – est d’espérer la venue d’un politicien qui veut faire la différence pour les générations futures.

J’aimerais me lancer en politique. Ma platforme électorale ressemblerait à ceci: si vous votez pour moi, je promets de diminuer mon salaire à 60 000$. On peut très bien vivre avec 60 000$. Pas besoin de fond de pension: j’économiserai mes sous, comme ça se faisait à l’ancienne. Je demanderais également à mes ministres de diminuer leur salaire d’au moins 30%. Ensuite, je sabrerais dans tous les postes: jeunesse, services sociaux, salaires des fonctionnaires, retraites, etc. Oui, je le sais, les baby-boomers se sont voté de généreuses prestations de retraite et pas touche. Le problème, c’est que l’état est en faillite et la dette et l’intérêt de la dette privent les générations futures d’une richesse qui lui revient de droit. Oh, et j’écorcherais les entreprises également. Fini les bonbons. Et tout l’argent économisé irait pour payer la dette. Ma promesse à mon électorat se résumerait à cette phrase: je suis redevable non pas envers vous, mais envers vos enfants et vos petits-enfants. Nos sacrifices d’aujourd’hui assureront un avenir meilleur à ceux qui ne sont pas nés. Donc, je fais la promesse suivante: si vous votez pour moi, vos petits-enfants ont une bonne chance d’avoir une meilleure qualité de vie que notre génération, qui a dû corriger de graves injustices.

Honnêtement, qui voterait pour moi? Personne. Nous préférons pelleter nos problèmes dans la cour de ceux qui ne sont pas encore nés. Après tout, ils ne peuvent pas se défendre.

Célébrons l’argent gratuit!

Une certaine gauche a misé sur l’éducation publique et c’est très bien. Mais ils ont développé cette idée qu’il fallait étudier pour avoir une bonne job. Ils ont même évacué les cours d’économie du secondaire pour être certain de ne pas les éveiller et de s’assurer qu’ils travaillent pour les autres.

Mais une fois les études terminé pourtant, on entend ces gens spécialisé à travailler pour d’autres chialer contre les patrons. Ils voudraient être calife à la place du calife, ils voudraient être syndiqués, ils voudraient avoir droit aux profits de l’entreprise, ils voudraient taxer les riches… bref une vraie crise de jalousie. On dirait qu’ils ont manqué leur vie avec de mauvais choix.

Si vous avez passé vingts ans de votre vie à vous spécialiser à travailler pour les autres assumez votre choix et soyez donc content qu’un entrepreneur vous crée de l’emploi!

J’espère seulement que les provinces voisines profiterons de la stupidité du québec. Peut-être que la méthode dure fera plus d’effet.

Que l’Ontario facilite les programmes de déménagement entre provinces, qu’ils subventionne les hauts salariés et les entrepreneurs à déménager en ontario. Qu’ils baissent les impôts. Qu’ils offrent des programmes d’anglicisation aux québécois.

Voilà ce que le québec mérite.

Je croyais que M.Marois voulait taxer davantage ceux qui gagne audessus de $130.000.Je ne l’ai jamais entendu parler de $80.000.Où avez vous pris ce chiffre?
La partisanerie finit toujours par se faire voir.

C’est une erreur de ma part. C’est bien quatre points d’impôts pour 130 000 dollars et plus.

@youlle

Qu’est-ce que tu essaies de démontrer??? Si tu crois que l’Ontario taxe plus que le Québec, je te plains.