Bell-Astral : trop gros pour le CRTC

Le mariage entre Bell et Astral est à l’eau. Le CRTC refuse de bénir l’union car Bell aurait joui «d’un pouvoir commercial trop important qui pourrait être exercé de manière inéquitable » et qui aurait « fait obstacle à une saine concurrence ».

Le CRTC se range donc de l’avis des concurrents de Bell et des associations de consommateurs, inquiets de voir un joueur contrôlé 42 % de l’écoute de la télévision anglaise et 33 % de la télévision française.

Bell a perdu et Québecor a gagné. L’empire Péladeau peut continuer de dominer le paysage audio-visuel québécois sans adversaire de taille sur son marché principal. Bell a perdu et les autres télédistributeurs qui, sauf Shaw, se sont objectés à la transaction, ont pu éviter la naissance d’un géant qui aurait pu imposer ses volontés dans le marché.

Bell-Astral, c’est donc fini. Bell devra en plus verser un chèque de dédommagement de 150 millions de dollars à Astral, tel que prévu dans leur entente. Un malheur ne vient jamais seul.

Qui pourrait bien vouloir acheter Astral maintenant que le principal prétendant est éliminé de la course ?

Québecor ? Trop cher pour lui et le CRTC ne permettra jamais à un groupe de contrôler 60 % du marché québécois.

Rogers ? Peut-être, mais les arguments invoqués par le CRTC pour interdire le mariage Bell-Astral le disqualifie presque d’emblée.

Cogeco et Corus qui voulaient se partager Astral avant d’être coiffés au fil d’arrivée par Bell ? Peut-être, mais rappelons que Corus, appartenant à la famille Shaw, était favorable au mariage Bell-Astral et que Cogeco a fait une alliance avec Québecor pour empêcher sa tenue. Pas sûr que la famille Greenberg aime beaucoup Louis Audet !

Transcontinental n’en a pas les moyens et Telus n’en a pas l’ambition.

Le CRTC a jugé que Bell-Astral, c’était trop gros, mais il n’a rien réglé. Il y a une entreprise québécoise extrêmement rentable à vendre et les acheteurs potentiels ne courent pas les rues.

Et si Bell et Shaw faisaient cause commune : le côté québécois et quelques chaînes spécialisées à Bell et la télévision payante, les radios, l’affichage et la plupart des spécialisées à Shaw et à Corus, qui appartiennent aux mêmes propriétaires ? Et si Power Corp. voyait là une occasion en or de se lancer dans le marché de la télévision ? Voilà un scénario improbable, mais il y a peu d’acteurs dans le marché sur lesquels on peu bâtir des hypothèses réalistes.

Un mariage est annulé, mais l’avenir d’Astral est encore en jeu.

13 commentaires
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Astral pourrait se lancer dans la IPTV et tout simplement grossir. C’est un sénario qui est envisagable.

En pratique, Power Corporation du Canada qui est un vaste holding – qui opère un sur plusieurs continents – est déjà impliqué dans le domaine de la communication au Québec et en Ontario par l’entremise de sa filiale Gesca qui publie entre autre La Presse et Le Soleil. Aujourd’hui, les organes de presses électroniques prennent de plus en plus de place et plusieurs divisions d’Astral, qui est déjà bien présente dans l’univers numérique, pourraient intéresser Gesca ou d’autres compagnies pour fin de booster leur intégration technologique.

Il y a un plus, puisque Power Corp. est aussi actionnaire majoritaire (50%) de Groupe Bruxelles Lambert (propriété de Albert Frère et de la famille Desmarais) qui détenait encore jusqu’en 2006 25% du Groupe Bertelsmann, très présent dans le domaine de l’audio-visuel (entre autre RTL Group radio-télévision détenu désormais à 97%) ; également dans l’édition, la presse, divers médias, la vente et la production de produits culturels. Aussi l’expertise dans ce domaine existe-t-elle déjà.

Il est tout à fait concevable de considérer que Gesca ou une autre filiale de PCC soient intéressées à déployer ses positions dans le paysage audio-visuel-médiatique, partout au Canada.

Si précisément Astral Media Inc. pouvait conclure des alliances stratégiques, il y aurait pour la compagnie des perspectives très intéressantes de développement, notamment à l’international sur plusieurs de ses plates-formes. Ainsi le potentiel de créativité serait préservé, ce qui n’aurait probablement pas été le cas, si Bell devait en prendre totalement le contrôle.

À moins bien sûr qu’Astral ne soit confrontée à des difficultés financières dont on ne connaîtrait encore pas la profondeur, ce fleuron québécois aurait tout intérêt à continuer de parfaire son développement. Ce qu’elle a d’ailleurs au fil des ans toujours complétée avec audace, avec panache et un certain succès.

M. Duhamel

Combien de fois ces dernières années vous nous avez cassé les oreilles avec la dette du Québec?
Et combien de fois on vous a dit qu’il n’y avait rien là?

La Presse nous révèle ce matin que selon une étude
de l’Institut Macdonald-Laurier d’Ottawa, le Québec est la province la plus solvable du Canada, et de très très loin.

Comment expliquer que cette étude, qui contredit tout le discours alarmiste de la drette, ne fasse pas les manchettes ce matin partout au Québec?

http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201210/19/01-4584913-solvabilite-des-provinces-le-quebec-plus-solide-que-lontario-et-lalberta.php

Souhaitons que la décision du CRTC siffle la fin de la récréation dans le monde de la télécommunication. Trop longtemps le CRTC a été laxiste avec l’oligopole des télécoms faisant de nous des vache à lait.

Power corp ne possède pas déjà Radio-Canada?

Avec tout les journalistes qui y passent et toutes les fois qu’on nous y montre des articles de la Presse en référence…

Le noeud du problème au Canada reste le même: Des lois protectionnistes qui écartent la concurrence étrangère qui permettrait de diminuer les coûts et améliorer les services. A cause de ça on se retrouve otage d’un petit groupe de joueurs, toujours les mêmes, qui se partagent cette chasse gardée en nous chargeant des prix qui dépassent très largement ce que paient les américains. Sans oublier le contenu qui n’est souvent qu’une fraction de ce qu’ils ont au sud (Exemple Netflix).

A cause de cela le CRTC est obligé de prendre des décisions comme celle là pour limiter les dégâts, pour qu’il reste un semblant de concurrence dans ce marché sclérosé par l’absence de compétition.

C’est ridicule et les canadiens n’y gagnent absolument rien. Mieux aurait valu laisser Bell acheter pour créer un joueur solide capable d’affronter la concurrence mais ouvrir les portes toutes grandes aux concurrents étrangers.

@Rod,

La conclusion de cette étude sur les finances publique est complètement farfelue. Par exemple pour l’Alberta il est évident que si le prix du pétrole s’effondre la province qui se finance grâce aux redevances aurait des problèmes. Par contre l’Alberta dispose d’une énorme marge fiscale, les impôts sont très bas et il n’y a même pas de taxes de ventes, elle pourrait par exemple instaurer une taxe de vente de 5% et malgré cela rester compétitive avec toutes les autres province. En d’autre mot l’étude aurait raison si on exclut la possibilité pour ces provinces de s’adapter, ce qui ne fait aucun sens

Le Québec lui est complètement étouffé fiscalement (la récente saga sur la taxe santé l’a bien illustré) et sa dette (oubliez les chiffres officiels basés sur des magouilles comptables) augmente de 10 milliards par an, un chiffre sur le point d’exploser à cause de la croissance anémique de l’économie québécoise.

@Brasseur
Avez-vous lu l’Étude?
L’Alberta est mal administré. IL produit des déficits alors qu’elle nage dans le pétrole et a une toute petite population. En comparaison, la Norvège a un fonds de 500 milliards!
L’Alberta, qui a une population jeune (à peine 10% de vieux) va vieillir très rapidement dans les années à venir (lire:augmentation des soins de santé)
Quant à l’Ontario, c’est pathétique: 14 milliards de déficit cette année. Et le pire est à venir.
Le Québec, qui a une économie variée, et un énorme potentiel pétrolier, a un bel avenir devant lui.

@brasseur

J’attends que M. Duhamel commente. C’est tellement à des années-lumière de ce qu’il nous raconte depuis des années..

http://fr-ca.finance.yahoo.com/actualites/%C3%A9tude-sur-les-finances-publiques-lontario-et-lalberta-210324060.html

..Finances publiques: Le Québec s’en tire mieux que l’Ontario et l’Alberta

Radio-Canada – jeu. 18 oct. 2012 17:03 HAE

Selon une étude réalisée par l’Institut Macdonald-Laurier, le Québec serait la province canadienne dont les finances publiques sont les moins à risque de vivre une crise de solvabilité, tandis que l’Ontario et l’Alberta seraient plus fragiles à moyen et long terme.

Selon l’étude, à court terme, aucune province n’est en danger. Toutefois, le document affirme qu’à moyen et long terme, les finances publiques dans plusieurs provinces ne sont pas viables. En raison du vieillissement de la population, les modèles provinciaux de prévision prévoient en effet un taux inférieur de participation au marché du travail, une croissance économique moindre et des dépenses de santé plus importantes, ce qui pourrait empêcher plusieurs provinces d’honorer le service de leur detteobligataire.

L’Institut Macdonald-Laurier affirme que c’est l’Ontario qui sera la province la plus vulnérable dans 10 ans, suivie de très près par l’Alberta, avec des probabilités de défaillance, respectivement, de 42,9 % et de 42,4 %.

L’Alberta est cependant la province canadienne qui court le plus grand risque de défaillance dans 30 ans, puisque d’importants déficits annuels font passer sa position financière nette d’un excédent à une dette importante. En plus des déficits élevés, les risques de l’Alberta, qui sont de 84,1 %, sont attribuables au fait que sa population devrait, selon Statistique Canada, vieillir plus rapidement que celles des autres provinces et parce qu’elle est fortement exposée à la volatilité des revenus de l’énergie. L’Ontario arrive bonne deuxième derrière sa consoeur de l’Ouest, avec 79,3 % de risque de défaillance, suivie du Manitoba, avec 66,7 %.

Quant au Québec, il a le plus faible risque de défaillance des provinces canadiennes, que ce soit dans 10 ou 30 ans. Ce risque, très bas dans 10 ans, à 8,1 %, monte à 28,3 % dans 30

@ Rod (# 8):

J’abonde dans le sens de Monsieur Brasseur: le Québec étouffe déjà ses concitoyens avec une kyrielle de taxes les plus farfelues les unes que les autres (ne sommes-nous pas les plus taxés en Amérique du Nord?) ce qui lui enlève toute marge de manoeuvre. Les autres provinces, elles, ont toute la marge de manoeuvre nécessaire pour faire face à ces problèmes POTENTIELS car je vous le souligne, l’étude se porte 30 ans dans le futur. TRENTE ANS!!! Ce n’est que spéculation.

Bien des choses se passeront dans les 30 prochaines années…

Et maintenant, Rod, si vous nous entreteniez du PRÉSENT et de la situation catastrophique des finances du Québec comparées à celles des autres provinces qui vivent pourtant dans le même Canada que nous juste pour voir???

@ François 1

Vous devriez lire l’étude, avant de commenter et d’écrire des superficialités comme c’est votre habitude. L’étude est sérieuse basée sur le passé économique des provinces, des modèles de prévisions économiques et des statistiques démographiques. Si l’Alberta risque d’être en difficulté pour ses finances publiques, c’est en raison du vieillissement rapide de la population, un taux inférieur de participation au marché du travail, une croissance économique moindre et des dépenses de santé plus importantes, et parce qu’elle est fortement exposée à la volatilité des revenus de l’énergie. Réfuter l’étude sur la base que l’Alberta peut s’en sortir en instaurant une taxe de vente et en augmentant ses impôts (PBrasseur) est insensé. Une population vieillissante consomme moins, a des revenus plus faibles ( travail peu ) et demande plus de services à l’état. En ce qui concerne le pétrole, que sera la demande dans 30 ans et quel sera l’avenir du moteur à essence dans les voitures à ce moment-là ? Un avenir pour le moins incertain me semble-t-il.

Comme vous êtes un grand admirateur de l’Alberta, l’auteur, nous rappelle avec détail ( en annexe ), la faillite de l’Aberta de 1935-36. Oui, oui, vous avez bien lu, une FAILLITE, la seule au Canada.

@Francois

La réalité actuelle c’est que le misérable et si pauvre Québec a un gros déficit de 1,5 milliard alors que la riche Ontario, où tout est si beau, est dans le rouge de 14 milliards.
Ca c’est pas dans 30 ans: IT’S TODAY.

J’attends encore les commentaires de M. Duhamel