Bell avale Astral : ce qui va changer

Le CRTC a donné sa bénédiction à l’acquisition d’Astral Média par Bell. Celle-ci en aura-t-elle pour son argent? Voilà une question que les observateurs ne se sont pas posée, obnubilés par la taille et l’ampleur de la transaction.

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Photo : Daveography.ca via Compfight cc

C’est fait. Le CRTC a donné sa bénédiction à l’acquisition d’Astral Média par Bell. C’est une transaction gigantesque de 3 milliards de dollars qui va bouleverser le paysage audio-visuel canadien et québécois.

Avant de bénir l’union, le CRTC s’est avéré impitoyable. En octobre dernier, il a rejeté la transaction originale qui impliquait l’ensemble des 25 stations de télévision spécialisées et 84 stations de radio locales d’Astral. Bell a dû présenter une nouvelle proposition prévoyant l’achat de 12 chaînes de télé et de 74 stations de radio.

Le CRTC impose de plus à Bell de nouvelles exigences pour qu’elle n’ait pas la tentation de profiter d’une position dominante dans le marché. Ainsi, Bell devra soumettre au CRTC toutes les ententes de distribution entre Expressvu (satellite) et Fibe et les concurrents du diffuseur. Les droits pour le sans fil et internet de certaines émissions devront aussi être accessibles à ses concurrents.

Reste que Bell devient un acteur encore plus dominant en télévision au Canada anglais avec 35,7% du marché et il devient bon deuxième au Québec avec 22,6% de l’auditoire, encore loin de Québecor (31%).

Bell dispose de plus d’outils pour faire sa propre convergence. En plus de CTV, TSN et RDS, il devient le leader de la télévision payante en mettant la main sur Super Écran et The Movie Network. Il ajoute 12 chaînes spécialisées à son portefeuille et s’impose en radio avec les antennes de NRJ, Rouge et Virgin. Il devient aussi propriétaire du réseau d’affichage d’Astral, une autre machine à imprimer de l’argent.

Tout cela est impressionnant, mais est-ce que Bell a en pour son argent? Voilà une question que les observateurs ne se sont pas posée, obnubilés par la taille et l’ampleur de la transaction.

Bell versera 3,38 milliards de dollars aux actionnaires d’Astral. 3 milliards et plus pour de la radio, qu’on dit condamnée depuis des décennies, de la télévision spécialisée déjà soumise à la concurrence et de la télévision payante menacée par les Netflix et Apple TV de ce monde.

Astral a réussit à obtenir des marges bénéficiaires pharaoniques dans ces médias, mais ça c’était hier. Les changements technologiques et l’apparition de nouveaux concurrents comme la radio d’Apple vont bousculer le marché.

Reste l’affichage. Une très belle affaire qui n’est pas soumise à la réglementation du CRTC et qui rapporte gros. Cette division n’affiche néanmoins que des revenus annuels de 100 millions de dollars.

3 milliards de dollars. Voilà un coût élevé et les gestionnaires de Bell devront être astucieux et doués pour reproduire les marges bénéficiaires d’Astral et assurer le succès de cette méga transaction.

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La danse de Bell.
Le PDG de Bell George Cope reprend la stratégie de l’ancien président de BCE Jean Monty qui entre 1997 et 2002 misait sur l’achat de sources de contenus pour se différencier de ses concurrents, stratégie qu’avait délaissée Michael Sabia successeur de Jean Monty et maintenant PDG de la CDPQ. Les sources que Jean Monty avait achetées à fort prix, Michael Sabia les a vendues presque à perte et voilà que George Cope croyant que c’est la stratégie gagnante pour Bell se met à racheter des sources de contenus. Espérons pour les actionnaires de Bell que George Cope ne se trompe pas.