Bell et bien fini

C’est confirmé : Bell ne sera pas racheté par le consortium dirigé par Teachers, la caisse de retraite des enseignants ontariens. Ce qui m’étonne dans toute cette histoire c’est qu’il ait fallu attendre la date de clôture de la transaction pour avoir l’heure juste. Cette privatisation était née sous de mauvais auspices car à peine un mois après la signature d’un accord entre BCE et Teachers, la crise du subprime éclatait aux États-Unis, crise qui a jeté à terre ou affaiblie considérablement un pan complet des institutions financières américaines et européennes. C’est cette crise qui a finalement rendu la transaction impossible.

À 52 milliards de dollars, les acheteurs ont payé très cher pour mettre la main sur Bell. Pour les actionnaires par contre, obtenir 42,75 dollars par action était un cadeau du ciel tout à fait inespéré. Il y avait plusieurs joueurs intéressés par l’ancien fleuron des télécommunications et il fallait miser gros pour avoir des chances de l’emporter, d’où le prix élevé. Non seulement c’était cher payé, mais il fallait emprunter 34 milliards de dollars, la plus grosse somme jamais réunie pour une transaction par endettement. Trouver tant d’argent aujourd’hui alors qu’on assiste à un resserrement sans précédent des conditions de crédit est un exploit.

La situation était devenue absurde. Citigroup, qui s’était engagée contractuellement pour 13 milliards de dollars dans cette transaction, est au bord du gouffre et vient d’obtenir 20 milliards de dollars du gouvernement américain pour assurer sa survie. Si la privatisation de Bell avait eu lieu, on aurait pu dire sans rire que les contribuables américains étaient en train de financer l’achat de BCE par Teachers !

Tout jouait contre cette transaction. L’échec du test de solvabilité en a signé l’arrêt de mort, mais si BCE n’a pas passé le test de KPMG c’est justement parce que ses actifs mis en garantie pour financer l’emprunt ont été dévalués suite à la crise financière et boursière.

Les actionnaires de BCE se retrouvent donc au point de départ. Ils pourront encaisser à nouveau le généreux dividende de 1,46 par action qui sera bientôt rétabli. Bell promet de racheter des actions sur le marché et de contribuer ainsi à l’appréciation du titre. Ils peuvent aussi se réjouir du fait que Bell semble un joueur beaucoup plus combatif dans le marché. Son offre est mieux structurée et plus alléchante. On a annoncé la migration vers la norme internationale GSM pour la téléphonie cellulaire et l’installation d’un tout nouveau réseau de quatrième génération, dont les frais seront partagés avec Telus. Surtout, Bell est assis sur une cagnotte de 3 milliards de dollars, sans compter les frais de résiliation de contrat de 1,2 milliard qu’elle pourrait obtenir de Teachers.

Mais tout cela ne portera pas l’action à 42,75 dollars dans un avenir prévisible.

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1,46$ de dividendes sur une action de 22,11$ ca donne un beau 6,6%. En plus c’est moins imposable qu’un dépot à terme.

Croyez-vous que les actionnaires de BCE se sont fait flouer par la caisse de retraite TEACHER`S? je crois que TEACHER`S a vendu ses actions à gros prix avant que les autres actionnaires sachent que la transactions avortent ca sent le délit d`initié. Asuivre