Bell : on décroche les cadres

Il y a probablement plus d’anciens de Bell dans le milieu des affaires au Québec que de diplômés de HEC Montréal. Il y en aura davantage après l’annonce aujourd’hui de l’abolition de 2 500 postes de gestionnaires. C’est presque 1 manager de Bell sur 6 qui perdra son emploi.

La nouvelle direction de Bell n’a pas le choix. Elle doit investir des milliards de dollars en technologie et dans le service à la clientèle. Elle ne pourra y parvenir qu’en augmentant son efficacité et en diminuant ses coûts administratifs. D’où les congédiements annoncés ce matin qui devraient faire épargner 300 millions de dollars à l’entreprise.

Je ne suis même pas sûr si cela sera suffisant. Bell est devenue une entreprise très lourde et très complexe au fil des ans. Sa compétitivité a souffert de cette lourdeur structurelle. Bell ne pouvait tout simplement plus suivre le rythme imposé par ses concurrents plus petits et plus agiles.

On s’apitoie beaucoup, et avec raison, sur les emplois perdus dans le secteur manufacturier. Jamais sur le sort des cadres. On présume qu’ils sont tous riches et que les employeurs potentiels font déjà la queue devant leur maison pour leur offrir quelque chose d’encore plus valorisant et de plus payant. Ce n’est pas vrai – cela a-t-il déjà été vrai ?

Par contre, les cadres sont habituellement plus éduqués, souvent expérimentés et ils ont des contacts dans d’autres entreprises. Reste que cette annonce sera vécue comme un drame dans les 2 500 familles qui seront touchées.

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Avez-vs appelé Bell et Sympatico dernièrement? J’en suis à mon 10e appel depuis quelques semaines. L’enfer. Et pas moyen d’avoir un Québécois au bout du fil. Je suis à la veille de les plaquer.

« Je ne suis même pas sûr si cela sera suffisant. Bell est devenue une entreprise très lourde et très complexe au fil des ans. Sa compétitivité a souffert de cette lourdeur structurelle. Bell ne pouvait tout simplement plus suivre le rythme imposé par ses concurrents plus petits et plus agiles. »

Ouais ils se sont assis sur leurs acquis et maintenant la population a de moins en moins confiance. La suppression de 2500 poste le prouve, ça veut dire qu’il y avait 2500 employés de trop qui se cherchaient plus ou moins quelquechose à faire! Ce n’est pas une petite marge de manoeuvre, on s’entend. De là à dire que je suis désolé pour les familles (pourtant l’homme n’est plus l’unique pourvoyeur d’une famille de nos jours), c’est poussé.

Lorsque mon père à cause de ses problèmes de santé a dû lâcher la mécanique et devenir camionneur pour un salaire largement inférieur, est-ce que quelqu’un s’est dit désolé pour lui? A-t-il réclamé qu’on l’aide à se remettre en place ou quoi que ce soit du genre? Non, il a fait face à la réalité, s’est adapté et s’en est sorti. C’est l’action d’une personne responsable et autonome. Le congédiment n’est pas souhaitable mais n’est pas déplorable non plus, les ressources qui ne seront pas gaspillées dans l’emploi inutile seront redirigées vers des secteurs plus efficaces.

« On s’apitoie beaucoup, et avec raison, sur les emplois perdus dans le secteur manufacturier. » Nah j’ai pas de peine pour les emploi qui se perdent dans les manufactures non plus. On s’entend qu’on ne parle pas juste de perte d’emploi pour personnes non qualifiées, on parle d’emploi terriblement répétitif, un vrai travail de machine. Il reste LARGEMENT suffisamment d’opportunité pour le personnel non-qualifié au Québec (ou au Canada). De toute manière voulons nous vraiment ce genre d’emploi? Toutes les ressources nécessaires sont en place pour s’éduquer et se spécialiser.

Tout ça pour dire qu’on parle des pertes d’emploi chez Bell simplement parce que ça fait des beaux gros chiffres et que les gens font « ooooh mais c’est terrible pour les pôvres familles ». Ça c’est analyser avec l’émotion. L’analyse rationnelle serait plus de considérer que ces gens font se rediriger ailleur, que le gaspillage qu’il y avait était néfaste pour l’entreprise mais aussi l’économie et que cette restructuration apportera certainement de la souplesse à une compagnie terriblement rigide.

L’euphémisme « rationalisation » qu’utilisent les entreprises pour parler de congédiement n’atténue en rien les souffrances vécues par ceux qui sont touchés.

On ne parle pas ici de dirigeants qui quittent sur un pont d’or.

Ces derniers sont les seuls à « rationaliser » leur départ…

Vous savez certainement M. Duhamel qu’à l’intérieur des cadres, au privé comme au public, comme dans toutes les catégories, on retrouve beaucoup plus d’imprimés provenant d’une photo « cheap » que de toiles de Picasso ou de Marc-Aurèle Fortin!

Je ne fais pas une attaque au personnel cadre.

Ces gens, souvent, sont plus instruits que la moyenne, c’est vrai, mais aussi la plupart travaillent comme des forcenés. Ils font très souvent 45 50 même 60 heures dans une semaine. J’en ai été souvent témoin. Il le font, parce que la plupart du temps non-syndiqués, pour sauvegarder leur emploi, ou dans l’espoir d’une promotion.

Plus cultivés, on peut se poser la question. Une étude aux USA nous démontre que les gens sont plus instruits depuis 30 ans mais moins cultivés. C’est un paradoxe. La culture c’est du savoir donc de l’instruction, mais ans papiers pour l’approuver.

Ces cadres de Bell ont été bernés par une direction avec les bottines si grosses, que souvent elle y a souvent mis les deux pieds.

« Sa compétitivité a souffert de cette lourdeur structurelle. »
Oui, cette lourdeur est due à l’héritage de Graham Bell qui avait pratiquement obtenu un monopole pour la téléphonie au Canada.

Pour ses concurrents plus agiles, quant à moi on repassera, il y a mieux.

Bof?!? 130 millions d’impot en moins dans les coffres de l’état.
Une longue succession de suppression d’emplois et de baisse de salaire vont faire mal à la machine gouvernementale (nous).Par contre la machine syndigouvernementale syphone l’argent à la vitesse grand V. Selon les paroles très songés d’un certain ti-gus.
Si t’augmente trop tes dépenses pis tu diminue trop tes revenus t’as les deux pieds dans marde.Ti gus avait une entreprise de vidange de fosse sanitaire.
Effectivement cela ne sent pas bon.

@ Jacques Noel

À Longueuil, je n’appelle plus Bell et Sympatico. J’ai assez sacré après eux les effrontés (le personnel effronté aussi).

Avec Vidéotron, excellent service, pas de troubles, pas de pannes, pas d’erreurs avec le compte, meilleure vitesse, pas de taponnage pour se « pluger »pas de ralentissement. Autant pour le téléphone.

Câble de base, téléphone avec appels gratuits partout au Québec et Internet pour environ 85$.

Ici à Nicolet pas de téléphonie sur le câble. L’infrastructure est là mais petites ententes entre compagnie privée…

Téléphone et Internet ici 98$ avec ralentissement causé par Bell en bonus.

Alors si vous avez ces services sur le câble, magasinez maintenant.

Je viens de recevoir ma nouvelle facture. C’est tout croche. Onzième appel ce matin chez Bell.
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Déficit américain record: 480 milliards, soit 1600 par Ricain.
Déficit commercial: 900 milliards, soit 3000 par Ricain
La p’tite famille américaine de 4 est dans le rouge de 6400 avec Uncle Sam et de 12,000 avec le reste du monde.
Pis on va dire qu’on est endetté?

Mauvaise nouvelle pour les adorateurs du veau d’or américain et les chiqueux de guénille:

« Par ailleurs, Montréal est en première place mondiale pour ce qui est de l’encouragement fiscal à la recherche et au développement.

Ailleurs au Québec, les villes de Sherbrooke et de Québec se comparent avantageusement à leurs contreparties américaines, notamment en recherche et développement, souligne KPMG dans son rapport. »

http://argent.canoe.com/lca/infos/quebec/archives/2008/07/20080728-160748.html

Y sont donc pluss purs, les autres!

« L’euphémisme “rationalisation” qu’utilisent les entreprises pour parler de congédiement n’atténue en rien les souffrances vécues par ceux qui sont touchés. »

Absolument, la nouvelle de Bell vient frapper plusieurs milliers de familles. Cette « rationalisation » n’est qu’un prétexte pour augmenter les profits des actionnaires et congédier une gigantesque masse de travailleurs efficace. Air Canada fait la même chose en sacrifiant plusieurs centaines d’agent de bord pour « rationaliser » leurs activités. Pourtant ces agents ne sont pas dupes et manifestent pour dénoncer l’attitude de l’entreprise qui veut aussi augmenter ses profits en sacrifiant son personnel.

Quand est-ce que nos gouvernements feront comprendre à ces égoïstes que les intérêts privés ne peuvent s’élever au dessu des intérêts collectifs? Que leurs ambitions mercantilistes ne peuvent éliminer nos mesures sociales et la stabilité économique de notre nation? Avez vous idée du tord que ce congédiment peut faire à notre économie et à l’état (qui comme le dit si bien M. Gros Jean, perd 130 millions d’impôts). Ils en profiteront certainement pour refiler le travail aux autres employés et les surmener seulement pour économiser quelques dollards, en exploitant les plus faibles.

Et notre vilain petit canard (Kevin) lui appuie la décision en disant que ça « redirige les ressources vers des domaines plus rentable ». Quelle analyse froide et quel manque de compassion pour ces familles! Remarquez, ça ne m’étonne pas d’une entreprise privée, elles essaient toutes de réduire leur personnel pour augmenter leurs rentabilité. Le meilleur employeur est de loin l’état : il offre des salaires décents et des avantages sociaux considérables, donne des horaires de travail stable qui ne surchargent pas les travailleurs. La preuve est là : regardez la différence des salaires et des avantages entre le secteur public et le secteur privé. Heureusement pour les autres, il y a des mesures sociales comme l’équité salariale qui s’impose de plus en plus (il était temps que les femmes puissent comparer deux emplois à prédominance masculine/féminine pour évaluer les salaires et déterminer dans quelle mesure elles sont victimes de discrimination systémique par les employeurs surtout mâles), le salaire minimum qui assure un revenu décent et empêche les employeurs de faire travailler des gens pour 1-2$ l’heure.

J’imagine que tu aimerais beaucoup travailler toute une semaine à ce salaire, même si tu as une formation et de l’expérience, simplement parce que ton employeur veut être « compétitif ». La compétition amène la pauvreté, on réduit les effectifs et on se surmène pour pouvoir écraser les concurrents. Puisque tout le monde fait pareil, tout le monde s’appauvrit. Toi tu voudrais libéraliser les échanges et libérer les contraintes économiques. Avec le capitalisme, tout est à vendre et je suis certaine que tu serais en faveur du retour de l’esclavage pour « augmenter la rentabilité ». Puisque tout s’achète, combien peut valoir une petite chinoise à prostituer?

L’UPA est en combat en ce moment pour sauver nos emplois, on parle de 70 000 emplois qui sont menacé si le Canada suis les recommandations de l’OMC qui veut libéraliser à outrance et soumettre nos producteurs de denrées alimentaires nationales à la concurrence étrangère et donc nous rendre dépendant des autres pour survivre. Il est indispensable de conserver notre auto-suffisance alimentaire pour éviter le dumping qui éliminerait notre agriculture québécoise pour ensuite nous revendre leurs denrées alimentaires à des coûts prohibitifs (toujours au nom de ton Dieu rentabilité). Il y a un commentaire à ce sujet dans les opinions du journal « Métro » de ce matin, un lecteur explique comment les média cachent la vérité qui est que la crise des pays sous-développés vient du libéralisme à outrance qui a permis aux pays riches de faire du dumping dans leurs pays pour tuer l’agriculture et les rendre dépendant du commerce mondial.

Mme Johanne Turmel,

Quand on parle de personnel cadre, il est risqué parfois même faux de prétendre ou de dire qu’ils sont bien mieux en travaillant pour le gouvernement. Autant dans le privé que pour l’état, en général les cadres ne sont pas syndiqués.

Au publique, du moins en santé que je connais, les cadres sont soumis aux mêmes exigences et à la même pression qu’au privé. Comme je disais, il n’est pas rare qu’un cadre voyage à la maison avec son travail pour en arriver à faire 50 même 60 heures de travail.

J’ai déjà eu connaissance d’une personne qui se tapait 72 heures en santé pour faire un redressement. Malheureusement son travail à été saboté par des hauts dirigeants. Le cas de Bell ressemble beaucoup à celui de la santé, et il y en a bien d’autres au privé comme au publique.

La grosse mode par ces temps en Amérique est que les hauts dirigeant d’entreprises, comme au gouvernement, prennent des décisions qui rentabilisent l’entreprise à très court terme mais qui la pénalisent énormément à moyen et à long terme.

Comme dit le boss le nouveau boss s’arrangera avec la poutine ou l’an prochain je ne veux rien savoir, on verra l’an prochain. Ce dernier fout le camp avec sa prime de rentabilité.

C’est avec cette dernière phrase que Bell est «pognée» aujourd’hui.

En tout cas – c’est mauditement bien organisé cette débauche là. Je suis dedans jusqu’au dents (Je vois 3/4 cadres quitter en pleurant a chaque jour.) C’est carrément un drame humain cette purge là et c’est drôle de voir

…C’est drôle de voir que c’est les plus compétent qui sont mis à la porte et ce qui est encore plus drôle, c’est de voir que c’est des gens qui entrent dans leurs 5 dernières années de service et que (addon) ce sont les 5 années les plus payantes au niveau du fond de pension.