BlackBerry: le début de la fin pour une icône canadienne?

L’heure de vérité approche, car un comité spécial de l’entreprise a été créé pour explorer ses «options stratégiques».

Photo: Timothy A. Clary/AFP/Getty Images
Photo: Timothy A. Clary/AFP/Getty Images

BlackBerry sera-t-elle privatisée, démantelée ou vendue? L’heure de vérité approche, car un comité spécial de l’entreprise a été créé pour explorer ses «options stratégiques».

Ce fleuron technologique canadien se trouve dans une impasse. Le BlackBerry 10, sur laquelle l’entreprise misait gros, n’a pas séduit les clients. Seulement 1,1% des téléphones dits intelligents achetés sur le marché américain au deuxième trimestre de l’année étaient des BlackBerry. Pour les consommateurs, la cause est entendue.

Que faire alors de BlackBerry? Premier scénario: BlackBerry pourrait ne plus vendre de téléphones et se concentrer sur la conception et la vente de logiciels qui bonifieraient le fonctionnement des appareils vendus par d’autres manufacturiers. Ce serait le scénario «Dell».

Comme BlackBerry (RIM à l’époque), le fabricant d’ordinateurs Dell dominait son secteur d’activité. Il a inventé un modèle d’affaires qui lui a permis de surfer sur la vague de la micro-informatique. Les concurrents sont aujourd’hui plus nombreux, les prix des ordinateurs beaucoup plus bas et le marché du PC est en pleine régression depuis l’apparition de la tablette numérique.

Son fondateur, Michael Dell, veut donc transformer l’entreprise en une firme de services, axée sur la mobilité et l’infonuagique, le fameux «nuage» informatique. Pour accomplir cette mutation et cesser de dépendre des ventes d’ordinateurs, il veut racheter les actions détenues par les investisseurs et soustraire ainsi l’entreprise du regard tyrannique des marchés.

Les marchés n’aiment pas les entreprises en mutation. C’est que leur parcours est sinueux et leur destination trop incertaine.

Surtout, ce n’est pas ce que l’investisseur a acheté. Acheter une action de Dell ou de BlackBerry signifiait acheter une partie de la propriété d’un concepteur et d’un fabricant, qui enregistrait des ventes sonnantes et trébuchantes. Cela n’a rien à voir avec une firme axée sur les conseils ou le développement de logiciels. Les raisons pour investir ne sont tout simplement plus les mêmes.

Le deuxième scénario envisageable, c’est évidemment la vente de l’entreprise.

Qui veut acheter un fabricant de téléphones? La liste est courte. Microsoft a déjà noué un partenariat stratégique avec Nokia, mais les résultats ne sont pas spectaculaires et le fabricant finlandais serait à vendre. Google a acheté Motorola Mobile en 2011, mais ce n’est pas grâce à cette acquisition que son système d’exploitation Android domine aujourd’hui le marché. H-P a flambé 1,2 milliard de dollars pour acheter Palm, l’autre précurseur du smartphone, sans réussir à redresser l’entreprise.

BlackBerry pourrait mettre fin à ses activités de fabrication et mettre en vente sa technologie et ses brevets. Ce scénario est plus plausible, mais rien n’indique que BlackBerry trouve facilement preneur.

Le comité spécial formée pour «explorer les différentes options stratégiques» devra travailler rapidement. Rien n’est plus dommageable que ces périodes d’incertitudes. Qui va vouloir acheter un BlackBerry Z10 ou Q10 si ces appareils n’existent plus dans six mois? Qui va vouloir travailler pour une entreprise dont l’existence même est menacée?

De plus, le processus de privatisation de l’entreprise va permettre à ses concurrents de connaître BlackBerry dans ses moindres détails, car il faudra tout expliquer et dévoiler dans le prospectus requis par les autorités réglementaires.

BlackBerry pourrait réussir sa mutation. Elle pourrait aussi être vendue, en tout ou en partie. Mais il y a un troisième scénario possible, si on attend trop. Appelons-le, le scénario Nortel.

Il y a quatre ans, la plus formidable compagnie technologique de l’histoire du Canada, était dépecée en mille morceaux après s’être écroulée misérablement.




Laisser un commentaire

Vous écrivez au début de votre texte : « BlackBerry sera-t-elle privatisée (…) », dans la pratique « Research in motion » est déjà une compagnie privée cotée en bourse (compagnie ouverte).

Depuis une année, sa capitalisation boursière a beaucoup baissée, malgré une appréciation conjoncturelle de 30% environ ces jours derniers. C’est une opportunité pour les partenaires financiers de Research in motion de racheter ses actions actuellement à bon prix.

Ce qui est sur table parmi les scenarios possibles, c’est un retrait de l’inscription de RIM du TSX et non une privatisation. Ce qui se traduira par un rachat par RIM de toutes les actions au porteur, usuellement au cours du marché à une date convenue ou à un prix un peu plus élevé si la compagnie le trouve opportun pour faire plaisir aux porteurs.

Ainsi cette firme changerait de statut juridique. De Société Anonyme à capitaux ouverts, elle passerait (ou passera) au statut de SA de capitaux fermés. Cette stratégie peut d’ailleurs être combinée avec d’autres options qui vont de l’alliance stratégique jusqu’à la reprise ou l’intégration des activités dans un groupe offrant des solutions de communication globales. Ce qui signifie qu’une partie des activités peut être préservée lorsque la marque de commerce (qui a une certaine valeur en raison de sa notoriété) est également préservée quand elle sera en même temps déclinée sur divers supports ou plateformes gagnant par le fait-même en popularité.

Bien qu’une alliance stratégique avec Dell ou une reprise était évoquée la semaine passée par plusieurs médias — dont Radio-Canada — ne soit à écarter ; il y a cependant je suppose d’autres options sur la table. Aujourd’hui sur son blogue, Gérald Fillion cite un article du « Wall Street Journal », dans lequel les analystes évoquent plusieurs acheteurs potentiels — asiatiques évidemment — qui seraient sur les rangs.

Pour saisir ces mouvements, il faut comprendre les mutations. Aujourd’hui le cellulaire devient plus une « radiocommande », une manette multitâche ou une télécommande de la nouvelle génération qui permet d’agir à distance sur une multitude de paramètres, incluant les solutions de paiement électroniques puisque le cell deviendra aussi un porte-monnaie ou une carte de crédit avec une identification très fiable et bien sûr protégée.

Par conséquent, les compagnies qui offriront les solutions globales tant sur le plan matériel et leurs interactions, qu’au niveau de la tuyauterie (systèmes d’exploitation, intégration et communication, dialogue au niveau de toutes les interfaces et logiciels) sont celles qui seront les mieux placées pour relever et pourvoir aux évolutions technologiques de la prochaine génération.

Ce qui veut dire en électronique dans à peu près moins de dix ans. Ce qui signifie que nous n’avons encore rien vu et que la stratégie de BlackBerry tout comme sa progression et sa survie s’inscrit par le fait-même dans cette mutation !

On peut lire les propos de Gérald Fillion par le lien suivant :
http://blogues.radio-canada.ca/geraldfillion/2013/08/12/le-waterloo-de-blackberry/

Il ne faut pas s’en faire. Puisque c’est une compagnie ontarienne, il y aura toujours de l’argent du fédéral pour la sauver…

Bizarre mais je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre BlackBerry et le Québec socialiste: début prometteur, ascension phénoménale et débridée, arrivée de concurrents plus créatifs et plus énergiques, sclérose et vieillissementdu produit et finalement, déclin et déchéance dans la honte.

Toujours le mot méprisant ne visant qu’à détruire. Selon votre pensée de bas-fonds Dell, l’américaine capitaliste serait donc dans la même situation. Le fait que vous n’évoquiez pas son nom en dit long sur votre personnalité profonde qui patauge dans la boue. Il ne vous viendrait pas l’esprit, qui est de toute évidence très brillant, que d’autres raisons que vos idées fixes pourraient expliquer les phénomènes évoqués. Votre aveuglement vous empêche de remarquer vos contradictions logiques qui, pourtant, sautent aux yeux.

Donc, pour moi ce n’est pas bizarre du tout que vous ne puissiez vous «empêcher de faire un parallèle entre BlackBerry et le Québec socialiste». Votre haine viscérale n’engendre chez-vous des idées fixes.

« Les idées fixes sont bonnes cavalières, elles reviennent vite au galop. »
[ Emmanuel Wathelet]

Et moi si je suis votre logique, je ne peux m’empêcher de faire le même raisonnement entre BlackBerry, Nortel, Enron, Norbourg, WallStreet2008 et autres.
En fait, où étiez-vous lorsque le Québec socialiste était à ses débuts prometteurs? Dedans à y travailler ou à l’extérieur en essayant de le faire déraper?

RIM, maintenant Blackberry était le dernier fleuron technologique au Canada. Suite au démantèlement de Nortel sa disparition (parce que franchement ça ne fait pas de doute) est dramatique et un symbole frappant de tout ce qui cloche dans l’économie du « plusse meilleur pays au monde ».

Ces grandes entreprises sont essentielles pour bâtir des écosystèmes afin que notre économie ne devienne pas simplement une hôte de succursales et/ou fournisseur de main d’oeuvre pour les entreprises dominantes qui viennent d’ailleurs.

Quand nous aurons fini de nous vendre entre nous des maisons à des prix exorbitants payées avec de l’argent de Monopoly (avec garantie du contribuable…) on réalisera avec stupeur à quel point l’économie Canadienne (et particulièrement Québécoise) est mal barrée. Déjà les récentes statistique de l’emploi vont dans ce sens mais ce n’est certainement que le début.

Et voilà que vous contredisez complètement ce que les experts analystes disaient à propos du système financier canadien qui était beaucoup plus sain et solide que celui des USA à qui on a donné (celui des USA) toutes les libertés possibles pour arnaquer les petits épargnants et les petits emprunteurs. Votre opinion est tellement dénuée de fondement qu’elle pourrait bien en faire pleurer si elle n’en était pas autant à côté de la réalité.

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. »
[Voltaire]

L’économie québécoise est définitivement dans la dèche et a un besoin grandissant de l’argent des autres Canadiens et plus particulièrement de celui de l’Alberta pour continuer à vivre au-dessus de ses moyens: La croissance économique est anémique, le solde migratoire est négatif, la perte de milliers d’emplois est catastrophique, la diminution du pouvoir d’attraction touristique du Québec est un fléau, les diverses taxes sont dans le plafond, etc…

Encore une fois vous concentrez sur votre propre point de vue fermé et idéologique. Mais si vous aviez raison, ce que je conteste, comment continueriez à cautionné et défendre un système politique qui donne de si mauvais résultats. Est-ce que ce serait par bêtise, par opportunisme ou par pure ignorance ?

«La différence essentielle entre un jeune con et un vieux con réside dans le temps qu’il leur reste à être cons.»
[Jean Dion]

S’inscrire à la bourse peut rapporter du jour au lendemain des milliards de dollars. Il y a là une grosse par de pari qui peut rapporter gros. Mais s’inscrire à la bourse c’est également se mettre dans les mains des spéculateurs professionnels qui n’ont absolument rien à faire avec la pérennité de l’entreprise, ni avec la sauvegarde des emplois. Dans beaucoup de cas c’est le contraire. Ainsi un PDGqui voudra se faire accorder de gros bonis aura eu soin de préciser dans son contrat des clauses relatives à l’accroissement de la valeur des actions.
Or c’est ce que veulent les spéculateurs qui ne jurent que par la valeur des actions en bourses et qui d’une semaine à l’autre, même d’une journée à l’autre prendrons des décisions d’achat ou de vente de l’ordre de millions de dollars. Ainsi beaucoup de PDG se sont outrageusement enrichis en faisant le jeu des spéculateurs car une part très importante de leur rémunération est basée sur les options d’achats des actions de leur propre entreprise.
Comment faire rapidement augmenter la valeur des actions c’est d’accroitre rapidement les profits de l’entreprise, naturellement en baissant les dépenses. Et les dépenses les plus faciles à diminuer ce sont les salaires. On met à la porte, sous prétexte de rationalisation, bon nombre d’employés dont les responsabilités ne porteront leurs effets qu’à moyen ou long terme. Ainsi, sur un an ou deux, rien ne parait si ce n’est que les profits augmentent, la valeur des actions augmentent et au moment approprié les spéculateurs vendent leurs actions au plus haut, juste avant la dégringolade tout à fait prévisible car on a maintenant de l’expérience et surtout si le PDG entretient de bons contacts avec les investisseurs, les spéculateurs. C’est d’ailleurs là une de ses plus importantes responsabilités à titre du plus haut gestionnaire de l’entreprise. Qui l’en blâmerait ?
Alors d’où viennent les pertes d’emplois ? des taxes ? de la fiscalité ? des syndicats ? Qui croit encore au bonhomme-sept-heures ?
C’est évident que ceux de la droite défendront le privilège des grands investisseurs professionnels de s’enrichir grâce à leurs décisions et leur philosophie prédatrices. Ils espèrent toujours avoir une part du gâteau et même si ce n’était que des miettes, étant donné les milliards en cause, quelques miettes seraient mieux que rien. D’autres jouent à s’identifier à ces grands-prêtres de la fiance, comme les personnes à la foi du charbonnier s’identifient à leurs idoles hypothétiques, les saints. Quelle tristesse de voir comment on abuse de ces pauvres personnes.
La spéculation financière qui n’améliore aucunement l’économie réelle est autant un cancer que toutes les grandes religions de la planète. Comme toutes les autres, cette nouvelle religion peut apporter, pendant un certain temps un certain bien-être. Mais, en tenant compte des malheurs qu’elle engendre, elle n’en vaut pas le prix.
Il est donc logique qu’une des hypothèses de travail de BlackBerry soit de s’extraire de la mafia boursière.
« L’argent qui corrompt tout ne laisse intacte que la misère. »
[Philippe Bouvard]

« S’inscrire à la bourse peut rapporter du jour au lendemain des milliards de dollars. Il y a là une grosse par de pari qui peut rapporter gros. » (sic)

Mais Denis…qu’attendez-vous pour vous y inscrire?

Tout ce que vous écrivez dans votre diatribe simpliste s’applique, j’imagine, à notre Caisse de Dépôt et de Placement du Québec qui est très présente en bourse histoire de pourvoir aux pensions et à la sécurité sociale des Québécois et des Québécoises…

Dans le cas contraire, pourriez-vous SVP nous expliquer comment ça fonctionnerait?

On parle de technologie mais on doit parler de mode.

Ces téléphones bidules dont les gens ont plus ou moins besoin sont une mode comme la guenille l’est.

Si l’entreprise rate son coup 2 ou 3 fois pour le modèle techno ou dessin elle est foutu comme une entreprise de vêtements.

Apple n’a vécu que de ça la mode gadget. Comme un veston le client veut avoir le dernier cri.

Encore faut-il que le dernier cri futile plaise.