Bombardier : halte au CO2 !

La multinationale a convaincu l’ensemble de l’aviation commerciale de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Elle a même rallié ses concurrents !

Bombardier : halte au CO2 !
Hélène V. Gagnon (photo : O. Hanigan)

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Les avions causent à peine de 2 % à 3 % des émissions de CO2 dans le monde. Mais ils sont visibles, bruyants et de plus en plus montrés du doigt comme source de pollution.

Selon les climatologues, le CO2 émis en altitude a deux fois plus d’impact sur l’environnement que celui produit au sol. Et l’aviation est l’une des sources de gaz à effet de serre (GES) qui connaissent la plus forte croissance…

Sentant la pression monter, les dirigeants de l’aviation commerciale (y compris les géants Boeing et Airbus ainsi que les grandes compagnies aériennes) se sont engagés, en 2008, à réduire les émissions de gaz à effet de serre de leurs appareils. Mais les constructeurs et exploitants d’avions d’affaires privés ne sentaient pas le besoin d’agir… jusqu’à ce que Bombardier s’en mêle.

« Nous sommes le troisième constructeur d’avions civils au monde et le numéro un dans l’aviation d’affaires, dit Hélène V. Gagnon, vice-présidente aux affaires publiques et à la responsabilité sociale chez Bombardier. On ne pouvait pas prendre des engagements d’un côté et ne rien faire de l’autre. »

À l’été 2009, après une rencontre avec le secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), installée à Montréal, la multinationale a tendu la main à des rivaux, comme Gulfstream et Dassault, pour réaliser des projections d’émissions de CO2 jusqu’en 2050. Lors d’un sommet à Washington, qui réunissait des centaines de dirigeants venus des quatre coins du monde, Bombardier a ensuite rallié l’ensemble de l’industrie autour de cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2050 par rapport à celles de 2005.

« Avec certains dirigeants, il fallait faire un cours d’aviation et environnement 101, dit Hélène V. Gagnon. Mais tout le monde a compris que si on ne se prenait pas en main, on se ferait imposer des normes. On ne voulait pas qu’un appareil soit soumis à des réglementations différentes selon les pays qu’il survole. Il fallait une solution mondiale. »

Pour réduire ses émissions de GES, l’aviation d’affaires mise beaucoup sur les nouvelles générations d’appareils, plus légers, plus efficaces et dotés de moteurs moins énergivores. Elle compte aussi optimiser les plans de vol et améliorer la gestion du trafic aérien ainsi que la circulation des appareils au sol. Mais la principale percée viendra du côté des carburants. Les avions de l’avenir, disent en chœur les constructeurs, ne seront plus propulsés au kérosène, mais aux biocarburants à base d’algues ou de plantes.