Bombardier, le Luxembourg et nous

Pourquoi est-il si facile de dénoncer les paradis fiscaux et les stratagèmes fiscaux sophistiqués des entreprises, mais si difficile de les empêcher ? Les réponses sont multiples, explique Pierre Duhamel.

Bombardier, grand bénéficiaire de crédits d’impôt et de subventions, cacherait ses profits au Luxembourg pour ne pas payer son dû au peuple québécois qui lui donne tant.

C’est, en caricaturant à peine, ce que plusieurs personnes ont déduit en apprenant que Bombardier a une adresse fiscale dans le Grand-Duché.
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Pire : on apprend du coup que la moitié des grandes sociétés québécoises en feraient autant, ce qui accentue une perception répandue voulant que les entreprises trichent en mettant leur argent hors de portée des États, alors que ceux-ci en manquent cruellement.

Il y a une réalité, et elle est indéniable : les investissements des entreprises dans des juridictions où l’on paye peu ou pas d’impôts sont considérables et en hausse. Le manque à gagner pour les gouvernements est théoriquement important, et il est dur à justifier quand les États sont fauchés.

Voilà pourquoi tous les chefs d’États du monde se promettent de remédier au problème quand ils se rencontrent. Une fois revenu chez eux, la situation s’avère toujours plus embrouillée et les solutions, plus compliquées.

Pourquoi est-il si facile de dénoncer les paradis fiscaux et les stratagèmes fiscaux sophistiqués des entreprises, mais si difficile de les empêcher ?

Les réponses sont multiples et touchent à des principes fondamentaux, comme la souveraineté des États, leur capacité à utiliser des moyens fiscaux pour favoriser le développement économique et le droit, de la population et de l’entreprise, de bénéficier des provisions prévues dans les lois pour diminuer leur facture fiscale.

Vous le voyez, il y a bien plus que le secret bancaire dans les considérations dont il faut tenir compte.

Commençons par la souveraineté des États. Malgré les unions économiques et les traités de libre-échange qui limitent leur souveraineté, les États veulent conserver leur pouvoir d’intervention et leur pertinence. La population a dévolu à ses représentants un pouvoir et des responsabilités qu’ils doivent exercer pour le bien-être des citoyens et du pays. Avec raison, ils n’aiment pas que des personnes et des dirigeants provenant d’autres pays leur disent quoi faire.

Quand on dénonce des paradis fiscaux, on risque aussi de dénoncer la capacité des États à intervenir dans le développement économique.

Les dirigeants des Pays-Bas ont décidé, il y a quelques années, de faire de leur pays le hub de tous les créateurs et innovateurs du monde en adoptant une fiscalité extrêmement favorable au droit d’auteur et aux redevances. Les fiscalistes ont vu là une belle occasion et ont inventé des stratagèmes permettant aux entreprises actives dans plusieurs pays de faire migrer, vers une société établie dans ce pays, des milliards de dollars récoltés ailleurs.

Le gouvernement irlandais a voulu attirer des sièges sociaux européens de multinationales grâce à ses lois fiscales très avantageuses, comparativement à celles d’autres pays d’Europe. Des petits pays sans trop de ressources se sont spécialisés dans l’accueil de filiales de sociétés internationales en misant sur le secret bancaire et une fiscalité complaisante.

On peut évidemment les juger et les condamner, mais ce sont là des stratégies de développement économique aussi valables que celles de nos crédits d’impôt à la recherche et au développement, ou aux jeux vidéo. Le taux d’imposition des entreprises est généralement plus bas au Canada qu’aux États-Unis, et on serait de bien mauvaise humeur si le gouvernement des États-Unis nous le reprochait. Et n’essayez même pas de dire à l’État du Delaware, considéré comme un paradis fiscal, qu’il doit avoir le même niveau de taxation que le Massachusetts !

Les juridictions se servent de la fiscalité pour induire des retombées économiques et des comportements qu’ils veulent favoriser. Par exemple, les contribuables canadiens et québécois obtiendront des déductions fiscales s’ils donnent de l’argent à des organismes de charité ou s’ils investissent dans un fonds de travailleurs, comme le Fonds de solidarité.

Je suis sûr que vous vous assurez à chaque année de profiter au maximum des déductions auxquelles vous avez droit. Payer de l’impôt, c’est bien. En payer trop, c’est quand même un peu nul.

Les grandes entreprises ont évidemment d’autres moyens et d’autres ressources à leur disposition, et elles sont en mesure de profiter de la concurrence fiscale entre les États pour déterminer où investir, comment «optimiser» leur performance fiscale et déterminer à quel fisc payer leur dû.

Il faut ici distinguer l’évasion fiscale et l’évitement fiscal. L’évasion, c’est quand on ne respecte pas les lois et qu’on cache délibérément de l’argent au fisc. Faire une fausse déclaration de revenus ou du travail au noir, c’est de l’évasion fiscale.

Jusqu’à preuve du contraire, Bombardier ne fait pas d’évasion fiscale. Les entreprises cotées en Bourse sont en partie évaluées par leur capacité à générer des revenus et n’ont aucun intérêt à les diminuer. Du reste, les autorités réglementaires seraient impitoyables si cela s’avérait.

En revanche, une société comme Bombardier doit tirer profit des lois existantes pour payer le moins d’impôt possible. Les actionnaires seraient déçus s’il en était autrement.

Pour l’exercice 2013, Bombardier a payé 199 millions de dollars en impôt. Cela peut paraître peu face à des revenus de l’ordre de 18 milliards de dollars, mais cela m’apparaît raisonnable sur un profit avant impôt de 771 millions de dollars. C’est l’équivalent de 26 % de ses profits.

Vous trouvez que cela n’est pas beaucoup ? Aller chercher plus d’argent chez Bombardier ne serait pas sans conséquence.

Continuons avec la division Transport, dont il est actuellement question dans les nouvelles luxembourgeoises. Cette division est présente dans une quarantaine de pays, les deux tiers de ses revenus proviennent de l’Europe, elle est peu active au Québec et son siège social mondial est à Berlin. Elle pourrait facilement devenir une entité indépendante et s’installer n’importe où. Le Québec sortirait-il gagnant d’un tel bras de fer ?

Plus important encore, la rentabilité de l’ensemble de l’entreprise est mince, avec une marge bénéficiaire oscillant entre 2 % et 3 %. Ses investissements sont énormes, car il en coûte des milliards pour mettre au point une nouvelle famille d’avions ou de trains. La CSeries lui coûte plus cher que prévu et les délais retardent l’entrée des recettes. En fragilisant davantage l’entreprise, nous risquons de mettre des emplois en jeu, sinon l’existence même de l’entreprise. Est-ce ce que nous voulons ?

Il est là, le dilemme, quand on parle d’évitement fiscal. S’il peut paraître juste, légitime ou éthique de taxer davantage les entreprises, un fardeau fiscal accru aura forcément des conséquences sur les prix imposés aux consommateurs et clients, sur l’emploi et sur la performance boursière. Les entreprises sont les meilleures créatrices de richesses, les plus importants employeurs, et notre retraite dépend de leur rentabilité et de leur performance en Bourse.

Serons-nous vraiment gagnants au change en diminuant leur capacité concurrentielle ? Il faut au moins se poser la question.

Toutes ces raisons compliquent la vie des gouvernants quand il s’agit de se pencher sur le fardeau fiscal des entreprises et ce que le ministère des Finances du Canada appelle les stratégies «d’érosion de la base d’imposition et de transferts des bénéfices» dont se servent les multinationales.

Les gouvernements en veulent plus pour leur argent, mais ils ne veulent surtout pas tuer la poule aux œufs d’or… ou faire en sorte qu’elle migre sous des cieux plus accueillants.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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« Par exemple, les contribuables canadiens et québécois obtiendront des déductions fiscales s’ils donnent de l’argent à des organismes de charité ou s’ils investissent dans un fonds de travailleurs, comme le Fonds de solidarité. »

Harper a mis fin à ces crédits d’impôts (pour les fonds de travailleurs).

« Il est là, le dilemme, quand on parle d’évitement fiscal. S’il peut paraître juste, légitime ou éthique de taxer davantage les entreprises, un fardeau fiscal accru aura forcément des conséquences sur les prix imposés aux consommateurs et clients, sur l’emploi et sur la performance boursière. »

C’est, il me semble, un faux dilemne. Si le gouvernement tient réellement à ne pas allourdir le fardeau fiscal des entreprises, alors le taux d’imposition général pourrait être diminué afin de rétablir l’équilibre. Cet évitement fiscal avantage indûment les entreprises qui le pratique au détriment de celles qui ne le font pas. Je suis consciens que ce rajustement ne se ferait pas du jour au lendemain, mais comme la fin de l’évitement fiscal non plus, c’est un argument caduque.

En sommes-nous rendu à croire que la concurrence fiscale entre entreprises (aller ailleurs pour « survivre », ie. payer des dividendes plus élevés) légitimise l’acceptation de ce comportement (l’évitement fiscal) ?

Vous écrivez: »Il faut ici distinguer l’évasion fiscale et l’évitement fiscal. » Malgré toutes les entourloupes, le résultat est le même, c’est juste que dans un cas le vol reçoit la bénédiction des larbins que sont nos gouvernants. Cela dit. le vrai coupable de cette arnaque que sont les paradis fiscaux est à mon humble avis la mondialisation que l’on a vendue au peuple avec la promesse que ceci accroitrait la richesse,…………….on a simplement omis de dire celle de qui.

« des larbins que sont nos gouvernants. » vous dites? On se rend compte ici que les larbins ne sont pas tous au gouvernement!!! Il y en a dans la presse…

A chaque année j’essaie de prendre le maximum de ma cotisation REER, est-ce que je fais de l’évasion fiscale parce que je paie moins d’impôt? Si votre réponse est oui, alors vous avez une drôle de conception de la fiscalité. En passant, au Québec, 40% de la population ne paie pas d’impôt, ils font sûrement de l’évasion fiscale!

Comment faire pour demander aux gouvernements de se pencher sur ce fléau, et dénoncer cette perte de richesse qui fait que la classe moyenne et les plus pauvres soient les vaches à lait qui remplissent le trésor national qui est de plus en plus vide. C’est honteux! Notre pouvoir d’achat diminue avec toutes les coupures et de plus en plus de familles ont de la difficulté à joindre les deux bouts, quand des millions sont détournés du pays par de plus en plus de compagnie y compris des PME! Et bientôt on entendra dans les médias que la Fonction publique sont des enfants gâtés et que le gouvernement ne peut donner d’augmentation de salaire, quand on affiche un retard salarial par rapport à bien d’autres employés du privé et que toutes ces compagnies subventionnées par nos impots profite grassement d’évasions fiscales. Bientôt nous ne pourrons plus entretenir notre réseau routier et devrons retourner en arrière et payer tous nos soins de santé!

Bombardier a reçu des milliards des gouvernements. Le dernier cadeau en liste étant l’horrible cimenterie. Un cadeau du PQ approuvé par les Libéraux.
Pis là, ils ont le culot de cacher 500 millions au Luxembourg. L’insulte à l’injure
Bombardier est la plus grosse famille de BS au Québec. A côté, les Bougons sont des enfants de choeur..

Quel discours à double standard !!!!

Parce que l’on ne doit pas s’ingérer dans la juridiction des pays, il serait souhaitable de les laisser faire tout ce qu’il veulent…. Pourquoi pas, alors, permettre de stocker des photos de pornographie juvénile dans une « banque » complaisante à l’abri des regards pour assurer le développement d’un petit pays sans ressource…..

Selon Vous, il n’y a pas de différence entre un crédit d’impôt ou une subvention TRANSPARENTE pour l’industrie vidéo (par exemple) et la permission d’évasion fiscale OBSCURE.

Dixit: « comment «optimiser» leur performance fiscale et déterminer à quel fisc payer leur dû. » C’est cela, l’entreprise utilise NOS infrastructures, nos policiers pour leur sécurité, notre système de santé pour leur dirigeants MAIS peuvent CHOISIR combien d’impôt ils vont payer ET à quel pays ils le feront. ( Pourquoi pas au Libéria, ils ont un trés bon système de santé à ce qu’il parait )

Revenu Canada peut suivre toutes les transactions bancaires des citoyens à l’intérieur de ses frontières pour éviter les délits fiscaux…. mais il ne veut pas permettre de connaitre la provenance de transfert d’ïmportantes sommes à l’entrée du pays !!!! Pourtant aussi facile que de contrôler des passeports….

Dixit: » Serons-nous vraiment gagnants au change en diminuant leur capacité concurrentielle ? » On applique cette même logique aux défis climatiques… Nous ne signerons rien CAR d’autres pays ne l’ont pas fait !!!! Nous fermons les yeux sur les grandes entreprises qui évitent leurs responsabilités pour justifier la sacro-sainte profitabilité pour leurs actionnaires puisque nos fonds de retraites utilisent le même stratagème !!!!

» J’ai pris quelques notes dans mon calepin lorsqu’il a été question de trouver l’argent pour atteindre le déficit zéro. « De 1981 à aujourd’hui, l’impôt des entreprises est passé de 38 % à 15 %. »« On assiste à une augmentation constante des paradis fiscaux, de 1500 % depuis 20 ans. C’est désormais la norme. »« Au Canada, cela représente 50 % des transactions, soit 170 milliards de dollars en 2013. » » (Le journaliste Gérald Fillion, l’économiste Ianik Marcil et le chercheur Alexandre Sheldon (qui a participé au livre primé par le prix Pierre-Vadeboncoeur, PARADIS FISCAUX: la filière canadienne, d’Alain Deneault) y discutaient d’austérité et de paradis fiscaux.)

Je suppose que s’il y a plus de compagnies dans le monde qui ont une adresse dans ce charmant et petit Duché du Luxembourg, qu’il n’y a — à toutes fins pratiques — d’habitants (un peu moins de 600 000), c’est sans doute parce que ce « vaste » territoire exploitable (financièrement), justifie pleinement du volume élevé de toutes sortes de transactions.

J’aimerais savoir au passage pourquoi des fonds qui ne sont pas destinés à la division transports de Bombardier, se doivent précisément de transiter par le Luxembourg. S’il s’agissait de compagnies ayant une part de leurs activités qui soient illicites, on parlerait tout « bêtement » de blanchiment d’argent.

J’aimerais qu’on me dise ce que cela rapporte vraiment de plus aux actionnaires, au chapitre des dividendes de procéder de la sorte, quand c’est l’Assemblée Générale qui vote sur le montant de la distribution ; quand c’est la valeur même de l’action qui reste toujours fragile bien plus que des promesses de dividendes alléchants.

Quand La Presse et CBC nous apprennent qui plus est que la CDPQ transige aussi par le Luxembourg où elle détient plusieurs filiales, pour réduire son « fardeau » fiscal ; sans doute (j’imagine) pour pouvoir mieux payer les retraites des employés de la fonction publique…

Quand ce sont près d’une trentaine de compagnies québécoises qui sont présentes dans ce ravissant petit pays.

Je dois dire que votre notion de l’évitement fiscal me semble comme un peu : créative. Quand c’est précisément sur cette créativité comptable en toute apparence légale que reposent : l’évitement fiscal, l’évasion fiscale et la fraude fiscale. Qui pratiquement sont trois fléaux indissociables.

Alors, j’ai cette « vague » impression… que vous vous faites — avec sans nulle doute une belle éloquence -, l’avocat des « éviteurs », des « évadeurs » et des « fraudeurs » ; quand pas uns, la main sur le cœur, ne vous dira qu’il contourne la loi. Tous vous diront qu’ils sont de grands bienfaiteurs de la société et d’honnêtes contributeurs.

— Hallelujah !

Comment expliquer alors comment font ceux et celles, toutes ces entreprises qui partagent des valeurs éthiques qui justement : n’évitent pas, ne s’évadent pas et ne fraudent pas ? — Et dont on ne parle pas !

Faudrait-il croire que toutes celles et ceux, ces entreprises qui payent rubis sur l’ongle tous leurs impôts et leurs taxes. Que ces entités manqueraient singulièrement de créativité et qu’elles contribueraient donc moins à la création de richesses et d’emplois que Bombardier et bien d’autres ?

En quelques sortes, vous estimerez sans-doute — en suivant votre raisonnement — qu’un certain niveau « raisonnable » de corruption, n’est somme toute pas contraire à la bonne marche des affaires et pas contraire non plus à la saine gestion des États.

La question qui alors resterait à trancher, c’est de savoir jusqu’où je puis aller pour m’imposer et demeurer sans être inquiété, au-dessus des lois. Toutes les lois.

— Does «Too big to fall» means for the others: «frail enough to die» ?

Le gouvernement doit supprimer les crédits d’impôts et les subventions à toutes les entreprises qui détournent des fonds vers les paradis fiscaux. De plus, il me semble que les entreprises qui sont en bourse devraient rembourser le gouvernement avant de verser des dividendes aux actionnaires. La majorité de l’argent que le gouvernement octroie aux compagnies provient des impôts payés par la classe moyenne. Bombardier se comporte en brigand.

Une compagnie bien Québécoise qui four.. d’authentiques Québécois…

Pas beau ça?

Ça sent le vrai « modèle québécois » à plein nez.

François et la HAINE de soi et de ses semblables…. Fiel et rancoeur…. Quelle belle façon de marquer son passage sur terre…. Joyeux Noël à toi et à tes proches…

Merci pour vos bons vœux. Je les transmettrai à tous les miens.

Pour ce qui est de Bombardier qui four.. les Québécois pure laine, y a-t-il quelque chose là dedans que vous n’avez pas compris?

Maintenant, il faut se demander POURQUOI une compagnie québécoise pure laine four.. ses propres concitoyens pure laine car le Québec est sensé être un paradis pour la libre entreprise…

Voici qui pourrait vous donner un début de réflexion:

http://www.antagoniste.net/2014/12/10/sauve-qui-peut-2/

Extrait:

« En 2013, le solde migratoire a été de -13 086 personnes, des gens qui ont quitté le Québec pour surtout aller vivre en Ontario (7 100 personnes) et en Alberta (4 700 personnes). Les pertes de l’année 2013 sont les pires en 15 ans… À titre indicatif, une perte de 13 086 personnes, c’est un peu comme si la population de Matane se volatilisait dans une autre province…

On peut dire que les péquistes et le stupide débat sur la charte ont poussé plusieurs Québécois vers la sortie. De plus, il est bon de rappeler que ce ne sont pas les pires qui quittent le Québec pour refaire leur vie dans une autre province, au contraire… Quoique faire partir les meilleurs est peut-être une stratégie référendaire… »

ET ici dans le propre journal de PKP:

http://www.journaldemontreal.com/2014/12/13/alarme-demographique

Extrait:

« Entre autres, on y apprend que depuis 1966, le solde migratoire international a toujours été positif (à l’exception de 1970). En un demi-siècle, le Québec a accueilli plus d’un million d’immigrants provenant de l’extérieur du Canada. Or, si le Québec est une terre d’accueil au niveau international, il est aussi une terre d’émigration à l’échelle canadienne avec un solde migratoire interprovincial presque systématiquement déficitaire depuis 1961. Entre 1961 et 2013, 707 477 Québécois ont pris la direction d’une autre province. C’est plus que les villes de Québec et Sherbrooke réunies! Le Québec est la province qui a perdu le plus d’effectifs au profit du reste du Canada. Vient ensuite le Manitoba avec près de 471 000 émigrants, soit les deux tiers du bilan québécois. En revanche, l’Ontario affiche un solde positif d’environ 270 000 nouveaux résidents au cours de la même période. »

En fait, lorsque les forces vives d’un endroit le quittent à cause de problèmes économiques et politiques, ne vous demandez pas pourquoi les compagnies le font également. Elles ne font qui suivre leurs propres employés.

« Il est là, le dilemme, quand on parle d’évitement fiscal. S’il peut paraître juste, légitime ou éthique de taxer davantage les entreprises, un fardeau fiscal accru aura forcément des conséquences sur les prix imposés aux consommateurs et clients, sur l’emploi et sur la performance boursière. »

Je croyais que l’évitement fiscal servait à réduire les impôts des entreprises basées sur les revenus pas sur leurs coûts. Si on croyait Pierre Duhamel, nous payerions présentement nos biens de consommation à rabais, grâce à l’évitement fiscal et ça créerait ou préserverait de l’emploi !

Comment une entreprise, parce qu’elle paierait véritablement ses impôts, qui ferait moins de profit, pourrait rester concurrentielle en augmentant ses prix comme le suppose Pierre Duhamel ?

Vous n’avez pas ou peu compris. comme d’habitude…

Une compagnie québécoise DOIT pratiquer l’évitement fiscal (TOTALEMENT LÉGAL soit dit en passant…) pour justement se rapprocher des coûts plus bas dont bénéficient les compétiteurs installés ailleurs qu’au Québec car ces derniers n’ont pas à supporter les trop lourdes charges que l’État québécois impose aux sociétés qui ont eu le malheur de s’installer ici. Et c’est sans compter sur nos lois beaucoup trop complaisantes envers les grosses centrales syndicales.

C’est la seule façon LÉGALE qu’elles peuvent utiliser pour pouvoir survivre dans l’environnement hostile québécois.

Si, comme à l’habitude, je ne comprends rien, il faudrait que vous m’expliquiez pourquoi et comment nos entreprises auraient un fardeau fiscal si lourd, alors que la Banque Mondiale arrive à un résultat complètement différent du vôtre.

« Le Canada arrive au 9e rang dans le classement international sur la fiscalité des entreprises publié jeudi par la Banque mondiale, qui fait la part belle aux pays imposant très faiblement les bénéfices.

L’étude « Paying Taxes », réalisée depuis 2004, évalue le poids de la fiscalité pour une entreprise de taille moyenne en combinant notamment le niveau des prélèvements (impôts sur les bénéfices, charges sociales…) et la complexité des procédures fiscales. […]

Les États-Unis campent à la 47e position. L’Allemagne pointe, elle, en 68e position et la France, à la 95e.

Selon l’étude, le niveau total de prélèvements sur une entreprise de taille moyenne s’élève au Canada à 21 %, contre 40,9 % à l’échelle internationale et 43,8 % aux États-Unis. Le rapport pointe plus précisément le niveau des charges sociales (12,5 %) au Canada, auquel s’ajoute notamment une imposition sur les bénéfices relativement faible (3,9 %). » (http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/424546/fiscalite-des-entreprises-le-canada-s-inscrit-dans-le-top-10-du-classement-de-la-banque-mondiale)

« Une compagnie québécoise DOIT pratiquer l’évitement fiscal (TOTALEMENT LÉGAL soit dit en passant…) »

Totalement légal, mais totalement immoral selon l’Agence du revenu du Canada : « L’interprétation que donne l’Agence du revenu du Canada à l’expression « évitement fiscal » englobe tous les stratagèmes inacceptables et abusifs de planification fiscale (…).

L’évitement fiscal est le résultat de mesures prises pour réduire au minimum l’impôt et qui, bien que conformes à la lettre de la loi, vont à l’encontre de l’objectif et de l’esprit de la loi. »

Vous me parlez du Canada alors que je vous parle du Québec qui, bien sûr, comme vous le mentionnez, profite largement de tous les avantages que lui procurent sa solide appartenance à notre beau et grand pays, mais qui torche tous ces avantages en empilant une couche de revêche de difficultés additionnelles envers le peu de gens qui ont le courage d’affronter la bureaucratie tatillonne québécoise.

En fait, on attend toujours, avec un certain espoir, la vague d’immigration des entreprises au Québec
depuis « L’étude « Paying Taxes », réalisée depuis 2004″…

Le Québec et l’Ontario payent les impôts et taxes les moins chers en Amérique du Nord soit environ 27% fédéral et provincial.

En Californie et à New York c’est plus de 60% et à ce que je sache ces états ne connaissent pas de saignée de leur entreprises.

Montréal est une des place les moins cher en Amérique du Nord pour produire.

« Montréal est la troisième ville la moins chère dans le monde en matière d’impôt pour les entreprises, alors que le Canada reste en tête du palmarès des pays. »
« En examinant les résultats canadiens seulement, incluant de plus petites villes, Québec fait mieux que Montréal avec un indice de 54. »
« D’autre part, le Canada coûte 46% moins cher que les États-Unis, notamment parce que l’Oncle Sam ne rembourse pas les taxes de vente aux entreprises. » (Argent)

http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2012/04/kpmg.png (KPMG)

M. François premier,
« Les ti-Joe connaissants croient connaître tout, mais nous faisant la leçon, ils ne savent pas qu’ils étalent leur ignorance. »

Comme d’habitude, vous faites du « cherry picking ».

L’impôt n’est qu’UNE des trop lourdes charges que doit supporter un employeur qui a eu le malheur de s’installer ici. Il y a les charges sociales que vous oubliez de mentionner et qui alourdissent tellement les coûts des entreprises que nous devons les subventionner PLUS que TOUTES les autres provinces qui vivent dans le même Canada que nous.

D’ailleurs, si ce que vous écrivez était vrai, où est la vague d’immigration des entreprises vers le Québec? Hein? Et pourquoi devons-nous les subventionner à gogo pour qu’elles consentent à venir s’installer ici? Hein?

« D’ailleurs, si ce que vous écrivez était vrai… »

Un autre déni de l’histoire.

Je le retiendrai mon petit.

« Et pourquoi devons-nous les subventionner à gogo pour qu’elles consentent à venir s’installer ici? Hein? » (François 1)

Pour les jobs et les grosses enveloppes brunes de tes namis du parti libébérall…

On est habitué.

Bombardier, est-ce encore Québécois. Ils sont installés à d’autres endroits dans le monde, mais il aime bien les subventions du Québec. Pour ma part, j’ai eu des véhicules récréatifs fabriquer par Bombardier, ça fait défaut très souvent et surtout, leurs véhicules dépensent de l’essence, je veux dire, ils boivent le pétrole.
Une compagnie qui n’est pas capable fabriquer de petits véhicules plus économique en essence, c’est qu’il ne sont plus de leur temps. J’ai un Spyder et il dépense autant que mon Ford Winstar, pour eu c’est normal, alors pour moi Bombardier c’est fini. Ils n’ont pas été capable de me donner de raison, pourquoi c’est ainsi. Que le gouvernement vous fasse payer me ferait bien rire, mauvais administrateurs, mauvais fabricants.

Les gouvernements provinciaux et fédéraux tardent à faire une refonte de leurs lois fiscales puisqu’il s’agit d’un travail colossal qui toucherait plusieurs ministères du développement industriel sans compter les lois sur le travail etc.

Plus les gouvernements seront coercitifs et moins d’emplois il y aura puisque les grandes entreprises ont le choix de s’établir dans des pays dont elles pourront trouver des employés qualifiés à bien moindre coût. Combien de millions d’emplois ont quitté l’Amérique du nord pour s’établir en Chine ou ailleurs ?

Il y a longtemps que se sont les grandes fortunes de ce monde qui ont le contrôle et non les États.

La réalité veut que des employés qui ne font que de l’assemblage (viser des pièces ensembles) n’a aucunement besoin d’un personnel qualifié et ne vaut pas les 27$ (en dollars de 2001) tout comme ce fut le cas pour les employés de GM, en dollars de 2001.

Ce que les Nord-américains n’ont pas encore compris est le fait que recevoir des salaires faramineux pour mettre des produits qui dès lors sont hors prix ne fonctionne pas. Le meilleur exemple est GM dont le personnel produisait la Camaro avait une moyenne de 27$ de l’heure il y a 13 ans, incluant 23% d’avantages sociaux ou 37,000$ par année en salaire seulement et en demandaient encore plus.

Pendant ce temps, la Corvette, un produit plus de luxe et comportant un moteur plus performant était produit aux USA pour un prix similaire. Hors la Camaro de Ste-Thérèse ne se vendait pas en territoire américain puisque pour le même prix, les consommateurs pouvaient s’acheter une Corvette.

L’industrie de l’automobile a survécu aux USA parce que plus de 85% de sa production presque entièrement faite à Détroit fut déménagée ailleurs dans les autres États pour se débarrasser des syndicats qui ne voulaient rien comprendre au fait que les Japonais avait grugé plus de 40% des achats de véhicule aux USA. De plus les trois grandes de l’Industrie devaient reconstruire des installations et équipements qui avaient plus de 40 à 60 ans. Le “timing” était donc favorable pour déménager durant les années 80 à 95.

Ce ne fut pas suffisant puisqu’elles étaient sur-endettées et ont demandé d’être sauvé à coup de milliards (292$ milliards pour GM) par le gouvernement américain en 2008 avec les résultats que l’on connaît. L’une est devenue la propriété de Fiat alors que les autres ont mis à pieds des dizaines de milliers d’employés et diminué le nombre de modèles.

Bombardier ne peut plus faire la compétition avec Embraer, (Brésil) où les salaires sont presque trois foins moindres et perd de plus en plus de terrain depuis plus de 10 ans.

Les grandes industries européennes ont compris en 2003 qu’il leur fallait donner un coup de barre dans les salaires si elles voulaient demeurer en vie. Il y eut des centaines de milliers d’emplois perdues et les salaires ont diminué. Pour elles, l’ancienne Europe de l’Est sous l’URSS est un territoire où il y a déjà beaucoup d’effervescence et déménagement de leur production puisque ces citoyens sont très bien instruits et les taux de chômage sont très élevés.

Les Nord-américains et européens de l’Ouest (les fameux G7) devront refaire leurs devoirs et cesser de vivre au-dessus de leurs moyens en pensant qu’ils pourront tous avoir une maison, deux motoneiges, un bateau, deux VTT, trois TV 60 pouces, deux véhicules (dont l’un est très souvent inutile), le ski et le chalet ainsi qu’aller dans le sud pour aller se saouler la gueule pendant deux à quatre semaines.

Le huissier mondial est à la porte de tous les citoyens tout comme les gouvernements et personne n’a d’autre choix que de payer ou perdre tout. La prochaine brèche économique s’en vient à grands pas, tenez donc votre porte feuille à deux mains.

« L’industrie de l’automobile a survécu aux USA parce que plus de 85% de sa production presque entièrement faite à Détroit fut déménagée ailleurs dans les autres États pour se débarrasser des syndicats qui ne voulaient rien comprendre au fait que les Japonais avait grugé plus de 40% des achats de véhicule aux USA. »

L’industrie de l’automobile n’a PAS survécue, elle a fait faillite. Ce sont les citoyens des USA et du Canada qui ont payé des milliards pour la ressusciter.

L’industrie de l’automobile n’a pas fait faillite à cause des syndicats, mais à cause d’une mauvaise gestion de ces entreprises. Les actionnaires voulaient des profite et l’administration leur en a procuré en grugeant l’entreprise par l’intérieur.

« Il y a longtemps que se sont les grandes fortunes de ce monde qui ont le contrôle et non les États. »

Vois avez raison pour l’Occident, mais pour l’Asie (la moitié de la planète) c’est autre chose. Les grandes sont entrain de perdre la partie au risque d’une guerre nucléaire.

Voir sur internet les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).