Bombardier, l’Ordre des ingénieurs et le français

L’arbitrage entre la promotion (et la défense) de la langue et les exigences du milieu des affaires doit se faire avec doigté et bon sens. Mais selon Pierre Duhamel, les 27 plaintes de l’Ordre des ingénieurs du Québec formulées à l’endroit de Bombardier Aéronautique ne sont pas de cette nature.

Il n’est pas toujours facile de faire des affaires au Québec, et la conciliation quotidienne entre les exigences de la mondialisation et la protection de la langue française fait partie des irritants réels (ou potentiels) qui peuvent compliquer la vie des entreprises.
Blogue Economie

Cette histoire de Bombardier, qui pourrait envisager d’effectuer ses travaux en recherche et développement (R&D) à l’extérieur du Québec si une entente n’est pas possible avec l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), est en l’exemple type.

Il est impossible de faire partie d’un ordre professionnel au Québec si on n’a pas une connaissance appropriée, à l’exercice de sa profession, de la langue française. Pour attester qu’un médecin, psychologue ou chimiste anglophone (ou qui parle une autre langue) puisse travailler au Québec, il doit donc obligatoirement réussir un examen administré par l’Office québécois de la langue française.

On comprend la logique. Un psychologue ou un médecin qui travaille au Québec devrait être en mesure de servir des clients ou des patients francophones, tout comme des chimistes ou des géologues devraient pouvoir communiquer en français dans leur milieu de travail.

Mais comment faire si, pour les besoins d’un projet international, vous faites venir à Montréal votre meilleur ingénieur en systèmes et composantes, ou votre spécialiste incontesté en propulsion, pour travailler ou pour diriger un programme spécifique — surtout si ces ingénieurs sont Américains, Chinois ou Indiens ? Il y a fort à parier que ces personnes ne parlent pas français, mais qu’elles se débrouillent fort bien en anglais. Ces personnes sont formidablement formées et qualifiées et elles portent le titre d’ingénieur dans leur pays, mais au Québec, elles ne le sont pas, car elles ne parlent pas français.

L’Ordre des ingénieurs du Québec a déposé 27 plaintes contre Bombardier Aéronautique parce que certains de ses employés auraient effectué un travail d’ingénieur, ou sans la supervision obligatoire d’un ingénieur, au sens québécois de la loi.

Bombardier n’est pas la seule entreprise dans son cas, a déclaré Suzanne Benoît — la PDG d’Aéro Montréal (la grappe industrielle qui regroupe tous les joueurs de l’industrie) — à Radio-Canada, mardi. Des spécialistes en aéronautique qui ne sont pas membres de l’Ordre des ingénieurs, il y en a dans plusieurs entreprises. «S’ils viennent du Royaume-Uni et qu’ils ne parlent pas le français, ils ne peuvent pas être membres de l’Ordre, à court terme », a-t-elle dit.

Chez Bombardier, on a vivement réagi aux plaintes déposées par l’OIQ. La réplique se résume en quelques mots : aussi bien aller faire notre R&D ailleurs s’il en est ainsi.

Le coût serait énorme pour le Québec et la région montréalaise, car Bombardier est le premier investisseur au Canada en recherche et développement, et elle emploie 2 300 personnes dans ce domaine à Montréal.

Ce dossier pose la question plus large de l’attractivité du Québec et de Montréal comme centre d’affaires internationales.

Il y a 2 000 filiales de sociétés étrangères à Montréal, qui comptent pour 20 % du PIB de la métropole. Seulement 13 % d’entre elles proviennent de France. Croyez-vous que toute la direction de ces sociétés parle français ? Cela se pose aussi dans le domaine scientifique, où Montréal dispute à d’autres grandes villes les meilleurs cerveaux de la planète.

L’arbitrage entre la promotion (et la défense) de la langue et les exigences du milieu des affaires doit se faire avec doigté et bon sens. Je ne crois pas que les plaintes de l’Ordre des ingénieurs soient de cette nature.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

12 commentaires
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Ici, la problématique dans le cas du Centre de recherche et de développement de Bombardier n’est pas exclusivement liée à la connaissance de la langue française. Je pense que vous ne devriez pas mettre l’emphase sur cette seule problématique qui selon moi est extrêmement surmontable lorsqu’une personne a suivi des études supérieures. Car cela envoie au lecteur une vision péjorative et injuste sur le bienfondé de la culture francophone au Canada.

À toutes fins pratiques, même un ingénieur francophone qui travaille pour Bombardier — il y a des ingénieurs originaires de l’Inde qui parlent un français impeccable — mais qui a un diplôme qui n’est pas homologué par l’Ordre des Ingénieurs du Québec, se trouve de facto « hors-la-loi » peu importe qu’il ait un diplôme de haut-niveau, une expérience ou une expertise significative dans le domaine.

Cette problématique n’est pas l’apanage du seul Ordre des Ingénieurs du Québec, elle touche plusieurs ordres professionnels. Même dans le cadre d’accords de libre-échange où les diplômes sont reconnus, on se trouve encore confronté à toutes sortes d’impossibilités qui rendent la pratique professionnelle difficile, complexe, voire impossible.

Ces contraintes ne sont pas spécifiquement linguistiques puisqu’elles relèvent plutôt des conditions d’accès proprement dites à la profession : telles que stages obligatoires et examen d’entrée à l’Ordre qui forcent le suivi de cours connexes, lesquels ne sont en plus pas toujours offerts par toutes les universités, quand ils sont offerts !

Cette pratique est selon moi : scandaleuse. Elle dure et perdure maintenant depuis des décennies, s’est forgée en particulier suite à l’Accord de libre-échange Nord-Américain (ce qui d’une certaine façon est un comble). Lorsqu’il existe un mot pour définir cela : le protectionnisme à outrance.

Lequel fait l’affaire de plusieurs professionnels québécois. Diverses formes de protectionnisme existent au Canada, elles sont encore plus présentes au Québec, il serait temps qu’on s’en rende compte ; si ce n’est que les premiers bénéficiaires de ce système tordu sont aussi également bien implantés dans les partis politiques.

—Va-t-on mordre la main qui vous nourrit ?

Ce qui est irritant pour en revenir plus spécifiquement à l’Ordre des Ingénieurs du Québec, c’est que depuis quelques temps, cet Ordre s’est tout particulièrement illustré pour son laxisme en écho tout particulièrement de la Commission Charbonneau.

Alors, on sent que l’Ordre entend reprendre les choses en main pour ainsi démontrer qu’il lave désormais plus blanc que blanc, si ce n’est qu’il reste encore vraisemblablement beaucoup de linge sale à laver qui traine dans les placards. C’est de la sorte que nous allons (comme toujours) perdre l’initiative pour encore oublier. La table sera désormais belle et bien mise une fois de plus pour le grand plaisir et la joie des petits amis.

Mais soyons objectifs et restons-le ! Le Québec est riche naturellement, nous n’avons nullement besoin de Centres de recherche et de développement, lesquels peuvent tout aussi bien s’implanter ailleurs : en Irlande ou au Mexique ou même aux États-Unis pour le plus grand bonheur de leurs habitants qui tous bien évidemment sont tellement beaucoup plus nécessiteux que nous ne le sommes 🙂

Et peut-être encore une autre petite cimenterie à 1 milliard pour remplacer ça !

À mes yeux, l’Ordre des ingénieurs semble manquer de sérieux. Au lieu de s’acharner sur des ingénieurs en aéronautique, il devrait mettre plus de fougues à poursuivre tous ces ingénieurs véreux qui ont comparu à la Commision Charbonneau ou ceux qui n’ont pas comparu, mais qui profitent toujours d’avantages indus.

Me demandant si la Charte de la langue Française était la cause de ce brouhaha, je découvre que la loi (art. 40) permet des exceptions, justement pour ce genre de situation, en permettant aux ordres d’émettre des permis restrictifs. Il faut conclure que l’O.I.Q. n’est pas à la hauteur de sa tâche en ne permettant pas aux « fautifs » de régulariser la situation en portant plainte.

Sauf qu’ici la langue est un prétexte, en bonne partie.
Bombardier se fait également poursuivre car certains employés ont clâmé être des ingénieurs alors qu’ils ne le sont pas. Personne ne les a forcé à écrire Ing. (ou Eng.) après leur nom.

Dans les autres provinces aussi ils auraient eu le même problème d’ailleurs.

« Cela se pose aussi dans le domaine scientifique, où Montréal dispute à d’autres grandes villes les meilleurs cerveaux de la planète. »

(0)

(a)

Mais ou est l’argument de l’ouverture au monde … de la richesse d’apprendre2,3, ou langues … habituellement on évoque la mondialisation et la nécessité d’apprendre d’autres langues …

Mais disons que ca s’applique pas aux cerveaux … qu’ils peuvent ne pas être ouvert et apprendre une autre langue …

(b)

Mais il y a un paradoxe … il me semble que justement les meilleurs cerveaux de la planète devrait être capable d’apprendre une langue seconde non et facilement ? Surtout qu’ils sont supposé être en immersion semble-t-il le meilleur moyen d’apprendre une autre langue …

(c)

Moi les gens brillants que je connais ils sont brillants dans ben des affaires. Par contre on peut être brillant et pas vouloir faire l’effort d’apprendre une 2e langue et ca c’est autre chose …

Et je pense que c’est de ca qu’on parle.

Dans le fond c’est le droit de pas apprendre le francais au Québec qu’on vient défendre ici et en regard de gens qui serait parfaitement capable de le faire et ca c’est le même monde qui habituellement servent l’argument de la richesse du bilinguisme et de l’ouverture dans le contexte de la mondialisation.

(1)

Je suis scolarisé et j’ai fait doc et des post-doc ( ce qui fait que les blogueur à 2$ m’impression pas ) et j’ai pris le temps de prendre des cours d’Italien, d’espagnol, d’allemand, même de chinois … malgré ben des affaires à faire …

Et puis pour avoir habité ici et là, je ne peux pas passer sous silence que de mon point de vue les cerveaux qui sont unilingues c’est par manque d’effort et de motivation.

Le ré el c’est ca.

(2)

Ce qui me fait rire c’est que notre premier ministre et d’autres imbéciles convenaient qu’un gars dans une shop devait apprendre l’anglais si un anglais lui demandait comment sa machine fonctionne. Le plus étonnant c’est que ce même monde semblent convenir que des cerveaux ne devraient pas apprendre le francais au Québec.

Comment peut-on demander à du monde dans une shop avec des dep, probablement difficulté à l’école, d’apprendre une 2e langue et que les meilleurs cerveaux de la planète puissent pas en apprendre une 2e …

Et pourquoi on sert l’argument de la mondialisation au gars de la shop mais le même argument à l’envers pour le cerveau.

ca se tient peut importe comment on revire ca de bord.

(3)

Je vais être franc au plan de la logique et juste de faire du sens avec les propos habituels sur l’ouverture, le bilinguisme et la mondialisation … le propos ici tient pas …

Ca tient tellement pas que c’est épeurant et montre les périls de l’idéologie.

(4)

Remarque de même. Pourquoi je suis obligé de faire de telles remarques, j’ai l’impression certaine de m’adresser à des singes …

Il me semble que tout le monde est cro magnon non ?

Personne le voit que ca se tient pas et que ca va à l’encontre de leur discours concernant les travailleurs du Québec et le bilinguisme.

Ian êtes-vous francophone?
L’élaboration de votre point de vue ne démontre pas un individu ayant une grande connaissance du français et surtout ayant les qualités académiques que vous affirmez.
Avez-vous étudié en français?

Quoi qu’il en soit je partage plusieurs points que vous apportez!

Les compagnies comme Bombardier, CAE, Ericsson et plusieurs autres embauchent des diplômés universitaires d’ici et d’ailleurs (beaucoup d’ailleurs…), parmi eux il y a des bacc. ou maitrise en informatique, physique et même mathématique et d’autres proviennent des écoles d’ingénierie (d’ici et d’ailleurs). Le travail fonctionne entièrement en anglais et dans l’entreprise tout ce beau monde est appelé « engineer » cela même si beaucoup d’entre eux n’ont même jamais entendu parler de l’Ordre des Ingénieurs du Québec. Ailleurs qu’au Québec, notamment aux USA ça ne cause pas de problème, l’important pour un employé ce n’est pas la corporation à laquelle il appartient, l’important c’est qu’il soit capable de faire le travail qu’on lui demande et de bien performer dans l’entreprise.

Mais on est on Québec ici et de toute évidence on est encore face à une absurdité réglementaire locale, une autre guéguerre corporatiste, Bombardier en a raz le bol (surtout en ces temps difficiles pour l’entreprise) et ils ont parfaitement raison.

Évidemment Bombardier ne quittera pas pour ça, mais cette histoire illustre quand même à quel point nous sommes forts pour nous tirer dans le pied!

Si 27 plaintes sont suffisantes pour se débarraser de 2300 personnes qui travaillent en R&D, je crois que celui qui a répondu ça est un débile profiond pour penser que l’on va croire à son chantage. Ce serait d’ailleurs la fin de Bombardier, pas seulement une perte pour le Québec. Cette compagnie sent-elle sa fin ?

C’est malheureusement les suites d’une loi 101 dont les préceptes voulaient que tout se fasse en français et a fait perdre de nombreuses grandes entreprises à la province. Le domaine de la recherche pharmaceutique est carrément lié à ce problème anti anglo et anti tout ce qui n’est pas “québécois de souche”. On se croirait par moment “au pays des meilleurs”. Malgré une bonne connaissance de la langue française j’ai eu de nombreux problèmes seulement dus à mon nom. Je dérange car j’ai travaillé toute ma vie en trois langues auprès de sociétés internationales qui font des affaires partout sur la planète “en langue anglaise”. Bombardier n’a pas fait sa fortune en vendant ses bolides au Québec mais partout sur la planète où les clients parlent anglais quel que soit le pays concerné. Même chose chez Airbus dans les départements d’ingénierie où l’on parle les deux langues et dont les devis sont en anglais de façon à émettre des soumissions internationales “en anglais” pour obtenir les meilleures composantes à meilleurs prix. Va-t’on finir par comprendre au Québec que la langue anglaise est la langue des affaires partout sur la planète. Mais non, certains continuent à faire du tort aux enfants en leur disant qu’ils n’ont pas besoin d’apprendre cette langue “maudite” pour travailler au Québec mais lorsque les jeunes parviennent au travail dans des domaines comme le transport, la logistique, les ventes, le marketing, l’administration et autres et que les employeurs vendent leur production aux États-Unis ou à l’international, ils ne peuvent accéder aux postes car ils ne parlent pas l’Anglais. Une rhétorique typiquement Péquiste qui a mis au rancart et aliéné des milliers de jeunes pour le restant de leur vie tout comme ces universitaires qui parviennent au second cycle universitaire mais dont la majorité des livres ne sont qu’en langue anglaise et doivent se limiter au Bacc.

Pas mal coloniale comme intervention, à moins que ce soit sarcastique. J’imagine, selon votre logique, que tout le monde en Chine parle anglais…

J’ai travaillé comme ingénieur dans des multinationales, au Québec et en Ontario, il y a déjà plusieurs décennies. Toujours, mes collègues provenaient de tous les horizons, et détenaient des « permis » ou des « certifications » variées, dont l’une était l’appartenance à un Ordre professionnel. Il était important que dans les hiérarchie il existe un nombre important d’ingénieurs accrédités de la Province où l’on opérait, mais il ne s’agissait pas d’une religion! Ces faits sont connus depuis longtemps. L’intervention présente de l’OIQ participe d’une manoeuvre tendant à accroître le nombre de ses membres, à l’heure où plusieurs se désistent, pour d’autres raisons.
La stratégie de la terre brûlée est une très mauvaise politique.
Jacques Saint-Cyr, ing.

Tout en étant un ardent défenseur de la langue française au Québec, je suis tout autant un ardent défenseur du « gros bon sens » linguistique et légal. L’Office de la langue française (OLF) devrait concentrer ses efforts sur l’affichage et sur les entorses publiques à la loi 101. Je me souviens quand je travaillais pour le défunt journal Montréal Daily News, journal anglo conçu par des anglos « pure laine, » l’OLF a un jour débarqué au bureau et exigé que tous les manuels servant à l’usage quotidien de l’informatique soient traduits en français… Ainsi que les manuels réguliers venant avec les gros ordinateurs de mise en page (le système Harris -Made in USA – avait la quote à l’époque). Totalement inutile compte tenu de l’entreprise, mais c’était la loi.

En bureaucratie étatique, le discernement n’a pas toujours sa place…

Si je vous comprend bien et la majorité des intervenants aussi, les règles et les lois qui sont faites et adoptés la majorité du temps pour tenter d’éviter certains comportements problématiques à l’avenir, après de longues discussions, tergiversations et souvent dilués par trop de compromis, devraient être appliqués au bon jugement et avec discernement.
Le bon jugement de qui?
Le discernement de qui?
Variant selon celui qui l’applique?
Avant qu’une règle ou qu’une loi soit même songé c’est que la situation l’emmenant sur le tapis a justement été laissé au bon jugement de n’importe qui…qui la majorité du temps, ce jugement passe avant tout par ce qui est à son avantage ou à l’avantage de ceux qu’il représente.

Question de langue?
Question de mondialisation?

La mondialisation a le dos large.
Le laxisme en ce nom est très courant.
Si ce n’était que pour des véritables exceptions qui étaient appliquées en son nom je n’y serai pas opposé.
Mais inévitablement on finit par tout mélanger et élargir à l’extrême.
Et les Wentworth et cie de ce monde voudraient qu’au nom de la mondialisation et de l’anglais la langue internationale la plus commune, tout le monde au Québec, parce que c’est de ça qu’il s’agit, du Québec, en territoire du Québec tout le monde en fin de compte à la manière de notre premier ministre aussi devrait parler l’anglais.
Je crois cependant que tous devraient parler le français d’abord, ce qui n’empêche pas d’apprendre d’autres langues, y compris l’anglais, mais surtout pas au nom d’une quelconque mondialisation appliquée à toutes les sauces et jusque dans mon papier de toilette!

En Italie, dans les compagnies quelle langue parle-t-on?
En Italie, dans les magasins, quelle langue parle-t-on?
En Italie, dans les taxis, quelle langue parle-t-on?
En Italie, à l’interne et dans les grosses compagnies y compris dans les multinationales, quelle langue est-elle généralement utilisée?
En Italie, les plans et devis sont fait en quelle langue en premier?
Et donc les employés, y compris les cadres et les ingénieurs, incluant les étrangers travaillent dans quelle langue?
Dites-moi pas n’importe quoi, je connais les réponses!
Ne faites pas des généralités avec des situations exceptionnelles!

Au Québec au nom de la mondialisation on voudrait que tout soit des exceptions!

À l’hôpital Victoria un jour (vers 1998-2000) alors que je visitais mon ophtalmologiste, le même depuis 10 ans, un interne m’a reçu en anglais. Je lui ai demandé s’il parlait français. Il m’a dit (en anglais), j’ai toujours cru que tout les hommes en Amérique parlaient l’anglais. Parle, parle, jase, jase en anglais à 95% de ma part et à 100% de la sienne tout le temps de l’examen préliminaire qui c’est étiré sur 30 minutes…j’ai appris en anglais: qu’il venait de la Russie, qu’il était au Québec depuis 8 huit, qu’il avait été déjà refusé 4 fois à l’examen, surtout à cause de la langue française qu’il prétendait malgré tout parlée parfaitement (!!!!???) (Si c’est le cas, tu refuses de la parler?). Il avait beaucoup de rancoeur et de récriminations envers notre système. En plus, tout au long de l’examen, il n’a cessé de me parler qu’en Russie…par ici et par la, mettant de l’avant les normes russes. Pour ne donner qu’un exemple, on ne donnait pas de médicament si la pression de l’oeil est en bas de .21 en Russie. Hors, cette norme n’était déjà plus appliquée aux États-Unis depuis 10 ans et était maintenant à .16. Comme je connais contrairement à la majorité la signification des résultats d’examens, j’accorde de l’importance à ce qui existe de mieux et non de pire. En plus de la langue qu’il connaissait (?) mais ne voulait pas utiliser, ce monsieur, ce docteur ne voulait pas se conformer à nos normes. Selon lui, je n’avait pas besoin des médicaments que je prenais depuis près de dix ans.
Je lui souhaite, s’il a finit par obtenir son droit de pratique, si jamais il doit me rencontrer à nouveau, de me parler entièrement en français et d’appliquer les normes d’ici…

Il m’est permis de penser, que des « professionnels » comme lui existent à tout les niveaux et dans toutes les professions. Par expériences et connaissances, je sais que ça existe.
Comment s’assurer que nos normes soient appliqués?
Avec des règles et des lois à suivre, mis-en place par nos élus et non par des compagnies. Et supervisés par des représentants appropriés indépendant des compagnies!

Et si je me faisais poursuivre par les agents des impôts? Qui déciderait de ma culpabilité et des mesures à prendre dans un premier temps? Le gros bon sens? Le discernement? Pour moi: pas du tout! Mais pour un homme d’affaires ou une compagnie qui doit des millions…il y aura peut-être et trop souvent des arrangements! Ce à quoi je m’oppose et que je dénonce farouchement!

Le gros bon sens et le discernement est généralement utilisé pour ceux qui ont de l’argent et du pouvoir.
Il semble que dans ce cas-ci, ce ne soit pas le cas. Bravo!

Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des règles et des lois qui devraient être modifiées, en y ajoutant des précisions, des exceptions. À ce niveau, il y aurait beaucoup à dire à tout les niveaux dont une meilleure souplesse et réactivité pour corriger les erreurs et les tares de certains points des lois.
De là à laisser tout cela au bon jugement de…n’importe qui?

Bombardier et d’autres multinationales, entre autres, sont très content de recevoir toutes nos subventions, alors qu’ils respectent et se conforment à toutes nos lois qui sont tant qu’à moi insuffisantes, mal supervisées et mal appliquées. Qu’ils fassent comme le commun des mortels, qu’ils passent par les voies légales pour faire changer les règles et/ou les contester.
Qu’ils cessent ce chantage odieux et immoral, violent, indigne de leurs capacités mais au niveau des mafieux…remplaçant le cassage de tibias par celui du départ.

Malgré ce que j’en dis cependant, la comme ailleurs, nos philosophies doivent-être remisent en question sérieusement et régulièrement, changées en conséquence! Malheureusement, ici, ici comme ailleurs, a i l l e u r s aussi on fait longtemps du sur place avant de réfléchir à des changements. Mais surtout pas faire du cas par cas et non plus selon les intérêts et les philosophies de chacun. Aussi cessons cette compétition malsaine et les comparaisons toujours douteuses en concluant qu’au Québec tout est toujours pire qu’ailleurs. On prétends toutes sortes de choses à tord. Les taxes et impôts payés par les compagnies n’ont cessés de diminuer depuis les trente dernières années et se situent en moyenne à moins de 15-16%. Hors selon trop de spécialistes intéressés c’est encore trop. C’est encore au Québec qu’on est aussi à ce niveau les pires selon eux. Hors la réalité c’est que de nombreux états états-uniens ont des taxes et impôts pour les compagnies plus élevés que nous.
Cessons de nous dire les pire. Cessons de vouloir être les meilleurs. Essayons d’être le mieux possible!