Bourse : ce satané mois d’octobre

C’est le pire mois de l’année pour les investisseurs… et cette année ne fera pas mentir les experts, explique Pierre Duhamel. «Les Bourses de tous les pays plongent, et nul ne sait jusqu’à quelle profondeur elles vont se retrouver», ajoute-t-il.

Dow Plunges Over 200 Points On Economic Growth Fears
Photo : Getty Images

C’est le pire mois de l’année pour les investisseurs, et cette année ne fera pas mentir les experts.
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Les Bourses de tous les pays plongent, et nul ne sait jusqu’à quelle profondeur elles vont se retrouver.

Au Canada, l’indice de la Bourse de Toronto a perdu presque 12 % de sa valeur depuis son sommet du mois de septembre. Le prix des minerais a aussi glissé, ce qui compromet l’exploitation de nouveaux gisements dans le Nord québécois.

Le prix du pétrole est également en chute. Le Brent, qui est la référence au niveau mondial, a perdu 20 % de sa valeur depuis la mi-juin, ou plus de 25 dollars le baril.

Si nous n’en avons pas profité, c’est que le dollar canadien suit la même pente descendante. Il est à un creux historique depuis cinq ans et semble destiné à glisser sous les 90 cents américains, du moins pour les prochains mois.

Pourquoi cette mauvaise humeur généralisée ? Les marchés plombent parce que les mauvaises nouvelles se succèdent en cascade. L’inquiétude est palpable, et il en faudrait de peu pour qu’on parle d’une véritable panique.

La performance anémique des pays européens et le ralentissement des pays asiatiques avaient suscité des premiers doutes. Même l’Allemagne flirte avec la récession — c’est dire comment ça va mal.

La demande mondiale est moins vigoureuse que prévu, ce qui explique la glissade du prix du pétrole et des métaux. On pensait néanmoins que la vigueur de l’économie américaine pourrait compenser et donner une impulsion positive.

Il semble que non. Les marchés ont repris leur glissade de plus belle dès l’annonce, mercredi, d’une baisse de 0,3 % des ventes au détail en septembre chez nos voisins du Sud, ainsi que d’une glissade de l’indice manufacturier de la Réserve fédérale de New York. Voilà qui suscite une grosse inquiétude : et si jamais l’économie américaine flanchait à son tour ?

Ajoutez, à ce bouquet calamiteux, de nouveaux doutes quant au refinancement de la dette grecque, la contamination d’une deuxième infirmière par la fièvre Ebola aux États-Unis et l’incertitude que crée cette maladie — notamment sur les compagnies aériennes américaines, qui ont perdu 20 % de leur valeur boursière depuis leur sommet.

Les turbulences boursières des dernières semaines nous rappellent aussi que les marchés sont tout sauf stables et que des périodes d’appréciation soutenue sont immanquablement suivies par des glissades plus ou moins pentues. Il est notamment bon de le signifier à ceux qui croient que le déficit actuariel des caisses de retraite se résorbera de lui-même grâce à une hausse constante des cours boursiers.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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J’espère que la « Coalition syndicale pour le droit à la libre négociation » qui nous fait croire que le problème des fonds de pension sont maintenant réglés vu que la bourse a augmenté cette année a pris bonne note de ce qui se passe actuellement.

Personnellement, j’achète en octobre et je ne regrette que très rarement.

De tels propos ont été entendus à maintes reprises. Quand on possède de bons titres et qu’on fait preuve d’intelligence (lire patience), les marchés nous font vivre décemment. Il n’y a que les spéculateurs qui perdent leur latin sur une période de vingt-quatre heures. Les bons investisseurs visent le long terme et l’histoire nous apprend qu’ils n’ont jamais perdu un sou. Bien au contraire, leurs billes se sont multipliées au cours des dernières décennies. Ceux qui n’ont pas bronché en 2008 ont vu leurs portefeuilles s’apprécier depuis cette crise financière. Les peureux ont vendu leurs bons titres et ne se sont jamais refaits. Qu’importe si la bourse baisse de dix pour cent cette année ! Sur une période de cinq ou dix ans, elle s’appréciera encore. Je dis aux autres : on ne joue pas à la bourse, on y investit pour ses vieux jours. Si vous voulez jouer, allez au casino. C’est le seul endroit où la certitude de perdre votre avoir est garantie…

Un mois plus tard : Oui le 16 novembre, soit un mois plus tard, ce que la plupart des analystes ont appelé « une correction nécessaire au marché » est bien survenue (correction d’environ 15%) et si les marchés étaient réellement surévalués on se serait attendu à ce qu’il se mette à remonter par la suite mais lentement. Curieusement, les marchés sont pratiquement revenus au niveau d’octobre juste un mois plus tard, par exemple un titre solide comme celui du CN qui était autour de $80 avant la correction est tombé à $70 mais il est déjà remonté à $80 avec le même ratio C/B élevé qu’avant la correction.

Finalement comment devrions nous interpréter ça après coup ? Une tempête provoquée par toute une série de nouvelles pessimistes qui ont fait réagir les spéculateurs et dans le temps de le dire tout est revenu comme avant. Bien curieux.