Budget 2015-2016 : qu’en est-il de l’équité entre les générations ?

Dans une perspective d’équité intergénérationnelle, le ministre des Finances a fait ses devoirs à moitié pour ce qui est du budget qu’il a présenté jeudi, analysent les blogueurs Alexis Gagné et Isabelle Fontaine.

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Photo : Getty Images

C’est sous l’angle de l’équité entre les générations que nous avons abordé le budget présenté ce jeudi par le ministre des Finances, Carlos Leitão.
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Comme promis, le gouvernement livre un budget équilibré, ce que nous saluons. Cependant, il faut jeter un œil avisé sur les éléments clés qui ont permis au gouvernement d’atteindre son objectif : un contrôle extrêmement rigoureux de l’augmentation des dépenses de l’État et une conjoncture économique favorable.

Le deuxième budget Leitão vise une croissance des dépenses de 2,0 % en moyenne par année pour les cinq prochaines années, ce qui est nettement moins élevé que la croissance observée historiquement. Alors que la croissance du PIB nominal prévue devrait être de plus de 3% par année en moyenne, le contrôle rigoureux des dépenses auquel nous convie le gouvernement se traduira en fait par une diminution de la taille de l’État.

Le gouvernement vise, pour 2015-2016, une croissance des dépenses en santé de seulement 1,4 %, et de 0,2 % en éducation. Le ministère de la Famille subira une baisse substantielle de 3 % de son budget.

Dans un contexte où le vieillissement de la population entraînera une diminution de la population active et une pression accrue sur le système de santé, il y a lieu de croire que ce contrôle aura des répercussions négatives sur les services à la population et sur le filet social.

Le gouvernement contrôlera ces dépenses par des réformes structurelles (comme le projet de loi 10 en santé), ainsi que par le contrôle très rigoureux de la croissance des salaires et des effectifs dans la fonction publique. Ce sont donc les employés de l’État qui en feront largement les frais, sans qu’on puisse mesurer l’effet sur l’économie de la limitation des salaires et des emplois d’un si important bassin de travailleurs de la classe moyenne.

La conjoncture économique offre un coup de pouce substantiel au gouvernement dans l’atteinte de l’équilibre budgétaire. La croissance économique s’accélère, soutenue par la faiblesse du dollar et la baisse des prix du pétrole. Un milliard de dollars sont d’ailleurs tombés du ciel depuis décembre 2014 : 592 millions de dollars de réduction du service de la dette, 195 millions de dollars en augmentation de la péréquation et 205 millions de dollars d’augmentation des revenus due à une croissance économique plus importante que prévue.

Si ce contexte est favorable à la restriction des dépenses que nous propose le gouvernement, nous sommes d’avis qu’il l’est aussi pour la recherche de nouveaux revenus — comme une augmentation de la TVQ — et pour une prévision à long terme de l’évolution des finances publiques, en tenant compte d’un cycle économique complet.

Plus tôt cette semaine, le ministre Leitão a déclaré qu’à son avis, les valeurs — plutôt que les structures et les programmes — devraient être le legs des générations précédentes à préserver. Au contraire, nous sommes d’avis que les infrastructures et les services publics représentent une partie importante de ce legs.

L’équité entre les générations ne se réduit pas à la saine gestion des finances publiques. Elle se traduit aussi par l’équité dans l’accès aux services publics et au soutien de l’État, et dans l’égalité des chances entre les générations, comme au sein de chacune de celles-ci.

Si la tendance est à l’accélération de la croissance économique, il faut saisir cette occasion pour mettre le filet social et les services publics qui sont au cœur du modèle québécois à l’abri du ralentissement à venir, lequel sera accentué par le vieillissement de la population.

Dans une perspective d’équité intergénérationnelle, le gouvernement fait donc ses devoirs à moitié. S’il livre un budget équilibré, il n’offre pas pour autant une perspective rassurante sur l’ensemble du cycle économique.

De plus, le contrôle des dépenses imposé en Santé — et, surtout, en Éducation — fragilisera, probablement de manière durable, les services publics, alors que le contexte démographique les rend plus importants que jamais.

Les auteurs, Alexis Gagné et Isabelle Fontaine, font tous deux partie de l’équipe fondatrice de l’Institut des générations.

9 commentaires
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Après avoir pratiquer une pédagogie fallacieuse, en comparant le budget d’un État à celui d’un budget familial, ce gouvernement, à la solde du milieu financier et bancaire, a profité en toutes URGENCES de l’assentiment majoritaire électoral pour passer son idéologie avant que la population ne se réveille et prenne conscience des effets pervers de leurs mesures intempestives et draconiennes.

Bien sûr qu’il faille assainir les dépenses publiques et réduire la corruption et le gaspillage mais il y a la manière !!!!

Alors, puisque ce gouvernement est tellement pressé, il sont allés au plus simple et au plus rapide. C’est dans la classe moyenne que se retrouve le plus gros du troupeau à traire… Et pour les plus fragiles, on réduit les programmes et la TVQ qui frapperont surtout ceux qui ne PEUVENT PAS réduire leur consommation… et au diable la croissance de la demande.

Et pour ceux qui ont les moyens de pratiquer efficacement le lobbying et les contributions au parti , il y aura les » encouragements à travailler » c’est à dire les baisses d’impôt, de plus en plus conséquentes, avec le niveau de rémunération (élevé)….

Hey… gang, pas de problèmes, c’est à coût nul POUR l’État !!!!

On va couper dans les commissions et les comités de surveillance ( trop chèrs ! ) et on réduit le nombre de fonctionnaires ( surtout ceux en position de révéler les « anomalies » des systèmes en place…) Tant qu’à couper…

Pour la favoriser la croissance, Ben…. on attends passivement le retour des beaux jours. Faudrait surtout pas investir ( même à coût minime avec les faibles taux actuels ), ce serait pas bon pour la colonne de la dette, puisque TOUTES dettes est à proscrire…

Pis c’est ça…Ou c’est la terrible menace d’un affreux référendum… Alors COUCHEZ !!! au pied…. Faisons la belle….

Comment appauvrir un peuple (et le faire taire)? En coupant dans l’éducation!
Et qu’en est-il des paradis fiscaux de leurs amis? Pas un mot!
Couper dans le personnel: c’est bien ce que les libéraux avaient déjà fait, avec la conséquence que l’on connaît au ministère des transports (Commission Charbonneau) et l’expertise perdue en informatique. Des milliards dans les poches des amis!

Fini le Chicque Chiq, sur la carte de crédit! Maintenant on dépense l’ argent qu’ on a! Et en plus on va devoir s’ habituer a augmenter les dépenses de façon rigoureuse ! Voila ce budget ne peut et ne pourra jamais plaire a tous mais il a la légitimité d’ être le 6 ième seulement depuis 1975 a être équilibré!!! Bravo tant qu’ a faire mal aussi bien prendre le taureau par les cornes et je suis persuadé que la grande majorité de la population approuve.

Ben oui,

Et nous avons comme par magie, et c’est bien sûr les consommateurs qui l’auront exigés, la possibilité de financer sur HUIT ANS l’achat de nos chers chars….

Et vous pouvez être certains que nos bons agents de financement nous inciteront, pour la MÊME petite mensualité, à s’offrir un véhicule plus gros et plus luxueux,…. car nous le méritons bien !!!!

Vous voyez bien: les consommateurs veulent VRAIMENT bien un nouveau char tous les 2 ou 3 ans 🙂

Decidement

Suite…

Décidément, seule autodéfense utile: une éducation procurant un esprit critique et libre afin de contrer les effets pervers de la publicité…

Malheureusement, plusieurs de nos concitoyens dretteux et bien intentionnés, probablement (bénévoles) aux services de notre classe
industrielle considèrent qu’il vaudrait mieux couper dans les cours de science humaine pour ne favoriser que des cours productifs et payant, à court terme.

Avec un plus grand nombre « d’unités de production » légèrement décérébrés qui consommeront avec enthousiasme, l’avenir de l’humanité est assuré…

@ Reflecteur, vous êtes peut-être trop CÉRÉBRÉ pour comprendre la réalité économique!

Normal…un « réflecteur » ne fait que réfléchir la lumière émanant d’autrui. Il ne pense pas par lui-même.

L’équité entre les générations est le dernier des soucis des gauchistes.

L’éternelle habitude de faire porter la facture au compte des générations futures est indéfendable et doit un jour cesser.

Toutes les grosses baleines gauchistes ont le don de se faire nourrir par les autres. Ce n’est pas d’hier. Nous les simples citoyens et citoyennes, il faut plus de prendre soin de nos propres finances, on distribue par coup de millions des aides à ces gros KIDS parasites.

Faut que ça cesse!