Budget : l’avant-match

Première prédiction du blogueur Pierre Duhamel : ce budget décevra les uns et les autres, car jamais le gouvernement ne pourra à la fois atteindre ses cibles budgétaires en deux ans et diminuer le fardeau fiscal des Québécois.

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Photo : Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

Quel sera l’ampleur du déficit ? L’équilibre budgétaire sera-t-il atteint l’an prochain ? Quelle sera l’ampleur des restrictions budgétaires ? Quels ministères écoperont ? Des programmes ou services seront-ils abolis ? Quel seront les répercussions des coupures sur la rémunération des médecins, d’une part, et celle de l’ensemble des employés de l’État, d’autre part ? Y aura-t-il des mises à pied, ou le non-remplacement des employés retraités — l’attrition — suffira-t-elle pour alléger les structures gouvernementales ?
Blogue Economie

Le budget qui sera déposé demain par le ministre des Finances, Carlos Leitao, répondra à ces questions.

Certains pourraient être déçus de voir le gouvernement éviter les choix déchirants et ne pas s’attaquer de front à l’impasse des finances publiques. D’autres lui reprocheront assurément de faire les frais d’une situation budgétaire dont ils ne sont pas responsables et de s’attaquer à leurs droits acquis.

Première prédiction : ce budget décevra les uns et les autres, car jamais le gouvernement ne pourra à la fois atteindre ses cibles budgétaires en deux ans et diminuer le fardeau fiscal des Québécois, comme le demande la CAQ. C’est mathématique. Je ne suis même pas sûr si le gouvernement aura le cran de maintenir l’objectif du retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016.

Les employés de l’État, qui disent avoir un retard salarial de 8,3 % par rapport aux autres salariés québécois, seront eux aussi déçus. Les professeurs Luc Godbout et Claude Montmarquette suggéraient, il y a quelques semaines, un gel de la masse salariale des employés de l’État, et cette mesure m’apparaît incontournable dans les circonstances. Le gouvernement devra aussi imposer ses volontés aux médecins.

Ce ne sera pas un budget pour se faire des amis — ni à droite ni à gauche. Le nouveau gouvernement n’a pas de marge de manœuvre, et le rapport pré-budgétaire du Vérificateur général du Québec, déposé mardi, nous le rappelle crûment. Le gouvernement Couillard devra couper 4 milliards de dollars dans les dépenses publiques cette année pour atteindre la cible d’un déficit de 1,75 milliard de dollars. Quatre milliards !

Deuxième prédiction : comme d’habitude, le nouveau gouvernement attribuera à son prédécesseur l’odieux de la situation. Et cette fois, il aura beaucoup de munitions.

En novembre 2013, le ministre des Finances du PQ, Nicolas Marceau, estimait à 1,45 milliard de dollars le montant des efforts de réduction de dépenses. C’est trois fois moins que ce qu’estime nécessaire, sept mois plus tard, le Vérificateur général. Dans son budget de février, Nicolas Marceau n’avait pas déposé les crédits des ministères et restait flou sur les coupures qui devaient être effectuées.

Une étude du Conference Board, publiée lundi dernier, montrait que la situation n’était pas rose non plus en ce qui concerne les revenus. L’organisme prédit que les recettes du gouvernement, pour cette année et l’an prochain, seront de 500 millions de dollars en deçà des prévisions. Les revenus soutirés des sociétés d’État seraient inférieurs de 300 millions cette année, et de 600 millions l’an prochain.

Dans les circonstances, le Conference Board se demande comment le gouvernement pourrait atteindre l’équilibre budgétaire sans restreindre encore plus ses dépenses.

Moi aussi.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

5 commentaires
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Le gouvernement doit absolument s`attaquer à la grosseur de l`état et ça commence à en haut de l`échelle. C`est à dire le nombre de circonscription. Il doit supprimer des organismes gouvernementales qui poussent toujours à plus de dépenses et qui coûtent cher. Il doit s`attaquer aussi à l`influence des syndicats. Sinon, on s`en sortira jamais. Ça prend plus de responsabilités individuelles dans la société et plus de production et d`exportation et moins de gens qui s`occupent à gérer nos vies et à la compliquer.

Les péquistes nous ont laissé une économie et des finances publiques en lambeaux.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2014/06/03/003-verificateur-budget-marceau.shtml

Déficit prévu par les péquistes spécialistes des sciences molles pas de maths: $ 1.75 Milliard.

Déficit RÉEL anticipé calculé par notre Vérificateur Général à peine DEUX (2) mois après le dernier « budget » péquiste: $ 5.7 Milliards.

Une bagatelle de presque $ 4.0 Milliards de différence!!! On se demande même si Marceau et Marois pourraient faire balancer une caisse de dépanneur.

Et dire qu’il y en a qui pensaient que la Marois avait obtenu un diplôme des HEC…

La marche est haute. Très…très haute mais nous avons le privilège d’avoir accès un trio économique Libéral du Tonnerre, plutôt qu’à un ministre des Finances en culottes courtes, pour remettre le pauvre Québec sur les rails et peut-être deveiendrons-nous, dans quelques années, un modèle envié par toute la planète tout comme l’est actuellement notre Gouvernement Fédéral de Stephen Harper à Ottawa:

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201406/01/01-4771892-finances-publiques-la-recette-canadienne-fait-ecole.php

Il y a des signes encourageants cependant car les péquistes et le séparatisme nocifs pour le pauvre Québec sont en voie d’extinction:

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201406/02/01-4771950-les-jeunes-et-la-souverainete-la-generation-non.php

M Duhamel, l’objectif ce de budget et de tous ceux qui suivront pendant un bon bout de temps devrait se résumer en un mot: La croissance.

Parce que fondamentalement il est là le problème, tant que dans cette province nous resterons incapables de créer de la richesse et générer suffisamment de croissance nous n’irons nulle part.

Le gouvernement aura beau couper, taxer rationner rien n’y fera, chaque budget sera une nouvelle déception, un nouvel échec, un nouveau creux vers le fond du baril!

Et quand je parle de croissance je ne parle pas de ces feux de paille générés par les dépenses publiques mais bien de changements structurels en matière de fiscalité et de réglementation qui feront en sorte que le Québec soit de nouveau (comme il le fut jadis à cette époque que l’on appelle à grand tort La grande noirceur) « open for business ».

Il nous faut redevenir une véritable méritocratie où les gens entreprenants et ingénieux ont la liberté et l’espace de faire ce qu’ils font de mieux. Il y a tant à faire…

Mais vous avez raison, je serai déçu.

Les Libéraux font face a un problème dont ils sont en très grande partie la cause , ils ont débuté avec un très mauvais message , 3 ministre de plus avec limo svp 20 adjoints parlementaires a gros salaire cancellation des augmentations des frais de garderies , pas fort comme début
Ils doivent seulement donner le ton avec leur budget , personne ne s’attend a ce que 40 ans de vie au dessus de ses moyens se résolve en un an .Il fuat une réforme en profondeur des services sociaux offerts , Les Libéraux auront a cancellé des programmes qu’ils ont initié

Le but d’un gouvernement est de créer des dettes. Annulez complètement la dette du Québec et le gouvernement commencera à en créer une autre dès demain matin. C’est la nature de la bête. On offre de plus en plus de services, lesquels engendrent à leur tour de plus en plus de demandes. Par ailleurs, le réseau de la santé du Québec devrait prendre exemple sur celui de l’Ontario. Impossible, me direz-vous ! Les syndicats sont trop forts au Québec. Ils contrôlent la population et le gouvernement. Et faites-moi rire avec les fonctionnaires québécois qui prétendent gagner 8 % de moins que dans le secteur privé… Si le budget ne plaît pas aux Québécois, et il ne leur plaira pas, ils éliront le PQ aux prochaines élections pour s’imaginer que les séparatistes élimineront la dette par enchantement. Et dire qu’on pense que l’indépendance engendrera la prospérité… Sans la péréquation, le Québec vivoterait !