Buy American : les inquiétudes du Canada seraient exagérées, selon l’ambassadeur des États-Unis

Plusieurs entrepreneurs ont critiqué l’adoption récente, par le Congrès américain, de deux lois leur restreignant l’accès au marché public de l’eau et du traitement des eaux usées aux États-Unis.

Blogue Economie«Buy American is back !»

C’est ainsi que les entreprises canadiennes ont interprété l’adoption récente, par le Congrès américain, de deux lois leur restreignant l’accès au marché public de l’eau et du traitement des eaux usées aux États-Unis.

Ces lois obligent les entreprises américaines qui répondent à des appels d’offres dans ce secteur à faire appel à des fournisseurs américains pour l’achat de fer et d’acier.

Voilà qui a suffi à faire ressurgir le spectre du Buy American Act, une loi datant de 1933 que le président Obama a invoquée, en 2009, pour adopter des mesures protectionnistes dans le but de relancer l’économie américaine (alors en pleine crise).

Le sujet entre le Canada et les États-Unis a toujours été délicat. Mais ces tensions et ces inquiétudes sont non fondées et «exagérées», a dit le nouvel ambassadeur des États-Unis au Canada, Bruce Heyman, lors de son passage à Montréal, le 18 juin dernier, où il participait à un dîner-conférence du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Dans un entretien mené par l’ex-ambassadeur canadien aux États-Unis, Raymond Chrétien, l’ambassadeur américain a réitéré l’importance pour les États-Unis de conserver ses relations commerciales historiques avec le Canada.

«On exagère, a-t-il dit. Le niveau d’inquiétude suscité par ces mesures dépasse la réalité. Il y a des exceptions en ce qui concerne le Canada (NDLR : en vertu de l’ALENA), et n’oublions pas que malgré le Buy American Act, les deux pays échangent ensemble pour plus de 734 milliards de dollars annuellement ! Ce sont des détails, quand on regarde l’ampleur de nos échanges.»

N’empêche que selon un article du journal Les Affaires (publié le 7 juin dernier), les plus récentes mesures adoptées par Washington dans le secteur de l’eau créent un précédent, car elles seront utilisées par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) — une agence gouvernementale qui n’est pas assujettie à l’Accord de libre-échange nord américain (ALENA). Les entreprises canadiennes n’auront donc aucun passe-droit.

L’ambassadeur, qui était de passage à Montréal pour la troisième fois depuis sa nomination, en mars, a aussi insisté sur l’importance du Québec dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. «Nous avons échangé pour plus de 69 milliards de dollars en 2013 ; c’est une augmentation de 34 % depuis la crise financière, et nous avons encore beaucoup à faire», a t-il dit, mentionnant que l’économie américaine ne s’était jamais mieux portée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale — notamment grâce aux bas coûts de l’énergie et à la renaissance du secteur manufacturier.

Parlant de croissance économique, d’emplois et d’échanges commerciaux, il a répété qu’il était primordial que cela se fasse en respectant l’environnement. Il a refusé de commenter l’approbation du projet de pipeline Northern Gateway par Ottawa et a prêché la patience en ce qui concerne le projet de pipeline Keystone XL, qui vise à relier les sites d’exploitation pétrolière en Alberta aux raffineries du sud des États-Unis.

«Nous avons reçu plus de trois millions de messages de citoyens concernant ce projet, qui vont du pour au contre. C’est un enjeu sérieux à la fois pour les Canadiens et les Américains», dit-il, ajoutant qu’il comprenait les frustrations engendrées par les délais dans ce projet. Le dossier de Keystone a atterri sur le bureau du président Obama il y a cinq ans.

* * *

À propos de Kathy Noël

Kathy Noël est journaliste, chroniqueuse et blogueuse à L’actualité. Journaliste économique depuis près de 15 ans, elle a auparavant travaillé au journal Les Affaires et au magazine Commerce, où elle a occupé le poste de rédactrice en chef adjointe de 2002 à 2009. On peut la suivre sur Twitter : @kathy_noel.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

2 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Ça fait des lustres que nos zélotes anticapitlistes-verts-écolos-équitables et tout le tralala bien québécois tentent de nous convaincre « de n’acheter que « local » (i.e.: des produits de « chez nous ») et que nos produits québécois sont « bien meilleurs que les produits étrangers ».

Juste retour du balancier non?

Les consommateurs québécois peuvent se laisser influencer par de la publicté (gouvernementale ou du secteur privé) et faire leurs achats en conséquence. Ça n’a rien à voir avec le sujet du texte. Vous mélangez les pommes et les oranges.