C2-MTL : un bilan, des suites

Les organisateurs de C2-MTL ont déjà annoncé une tête d’affiche l’édition 2014 de la conférence, qui va se tenir du 27 au 29 mai prochains : James Cameron, réalisateur entre autres des films à succès Titanic, Avatar … et plus récemment, de Cirque du Soleil : le voyage imaginaire, qui, lui, a toutefois connu une réception plus tiède.

Ce sont les liens tissés entre Cameron et le Cirque du Soleil, l’un des partenaires de C2-MTL, qui ont joué dans le fait qu’il accepte ainsi de participer à l’événement.

​C2-MTL, qui a eu lieu pour la première fois en 2012, a été créée par Sid Lee, agence de publicité montréalaise qui a maintenant des bureaux à Paris, Amsterdam, Toronto et, plus récemment, New York. Le Cirque du Soleil, client de longue date de l’agence, est devenu actionnaire minoritaire dans l’agence au début de 2012.

L’incubation du projet C2-MTL remonte plus loin. Rencontré de façon informelle pendant l’événement, Daniel Lamarre, le président et chef de la direction du Cirque du Soleil, racontait comment l’idée était née d’une conversation informelle avec Jean-François Boiuhard, président de Sid Lee. «Je revenais d’une conférence d’affaires, et on a commencé à se dire à quel point ce genre d’évènements étaient plate!», racontait Daniel Lamarre.

​Les gens de Sid Lee se sont donc mis en frais, selon leurs propres mots, de «réinventer la conférence d’affaires». Il fallait mettre sur pied un évènement plus vivant, plus imaginatif, et dans un lieu complètement différent des habituels hôtels ou centres de congrès. Ils ont mis sur pied C2-MTL, qui est un organisme sans but lucratif, financé à 25% par les fonds publics (tant au fédéral, au provincial qu’au municipal), et par la commandite et la vente de billets (les participants paient entre 1000$ et 3000$).

L’organisation est dirigée par Benoît Berthiaume, ancien dirigeant à Intrawest et co-fondateur de Scandinave Spa. La première édition de C2-MTL s’était déroulée au New City Gas, une ancienne usine transformée en salle de spectacle, dans Griffintown, et avait accueilli entre autres comme conférenciers Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post, Patrick Pichette de Google, et Guy Laliberté, du Cirque du Soleil, qui avait fait une apparition surprise.

Cette année, l’évènement s’est tenu à L’Arsenal, qui est aussi un ancien bâtiment industriel dans Griffintown, sur les berges du canal Lachine; et il se tiendra au même endroit l’an prochain. Les invités de 2013 comprenaient la superstar du design Philippe Starck, Barry Diller, ancien dirigeant de Paramount Pictures, de Fox Broadcasting et maintenant président de Expedia, la designer Diane von Furstenberg, et, pour clore l’événement, l’homme d’affaires Richard Branson. Détail intéressant : Barry Diller est, depuis 2001, le conjoint de Diane von Furstenberg.

D’autres étaient davantage rattachés à l’univers de la technologie comme Steve Brown, «évangéliste en chef» chez Intel. En marge des conférences, C2-MTL comportait aussi diverses activités, comme des ateliers impliquant des créateurs locaux, entre autres des designers, et des visites, en autobus, du «Montréal créatif».

Jean-François Bouchard, de Sid Lee, a souligné à plusieurs reprises que l’agence veut favoriser l’essor de la créativité à Montréal. «Montréal nous a permis de croître, l’endroit a été généreux pour nous et nous voulons redonner quelque chose», a-t-il dit. Un tel évènement, il faut le dire, se révèle aussi une vitrine intéressante pour Sid Lee. D’autant plus que C2-MTL et Sid Lee partagent le même credo comme signature, à savoir « la créativité commerciale».

L’édition 2013 de C2-MTL n’a en pas moins attiré 2500 personnes, soit deux fois plus que lors de la première édition. Cette année comme l’an dernier, 50% sont venus de l’extérieur du pays. Auprès de qui, à côté des invités internationaux, des innovateurs montréalais ont pu se faire valoir : c’est le cas de Mohammed Hage, fondateur de l’entreprise d’agriculture urbaine Les Ferme Lufa, Stephan Ouaknine, fondateur de Inerjys, et Andy Nulman, président de Just for Laughs.

C2-MTL- bilan-éclair personnel:

Je retiens : Les affaires et la philantropie semblent de plus en plus indissociables. Les entreprises qui ont de l’avenir sont celles dont la gestion repose sur la souplesse, l’ouverture d’esprit, et l’autonomie des employés. Même pour les problèmes les plus graves, il semble toujours y avoir, quelque part, un entrepreneur qui a la solution…

Mon coup de coeur: L’endroit: L’Arsenal! Et voir Griffintown et les berges du canal Lachine avec d’autres yeux.

J’ai aimé : Croiser autant de dirigeants et de patrons d’entreprises montréalais.

Et, à côté d’eux, autant de gens de l’extérieur venus à Montréal pour la circonstance…

J’ai moins aimé: Quelques invités d’envergure mal servis par des entrevues banales.

J’aurais aimé: Plus d’efficacité, plus d’imagination (et pour moins cher!), à l’heure du lunch : la cuisine n’est-elle pas supposée être une zone de créativité par excellence à Montréal ?

Je me demande: Comment la quotidien peut être si différent, au travail, pour la plupart des gens. Ce que les dirigeants présents ont retenu et vont appliquer. Comment C2-MTL va pouvoir demeurer inspirant et vraiment différent, d’autres événements «motivationnels» du genre.

Et enfin, comment concilier ce qui ressort d’un tel événement avec, dans la même ville, une panne de métro, de l’eau non-potable pendant 24 heures, et un festival annuel de nids-de-poule… Peut-être pourrait-on lancer queqlues défis aux cerveaux qui viendront à C2-MTL 2014 ?