Cap sur la Chine

Malgré les tensions politiques entre Pékin et Ottawa, le gouvernement Harper soutient vigoureusement les sociétés canadiennes qui veulent faire des affaires en Chine. 

Photo: Adrian Wyld/La Presse Canadienne
Photo: Adrian Wyld/La Presse Canadienne

Après deux ans de négociations difficiles, le Canada a ratifié en septembre l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) avec la Chine, qui va faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. L’Empire du Milieu est déjà, après les États-Unis, le deuxième partenaire d’affaires du Canada : en 2013, les exportations vers la Chine ont atteint 20,5 milliards de dollars (en hausse de 5,9 % par rapport à 2012) et les importations 52,7 milliards.

Malgré les tensions politiques entre Pékin et Ottawa, qui se sont mutuellement accusés d’espionnage et de cyberattaques dans la dernière année, le gouvernement Harper soutient vigoureusement les sociétés canadiennes qui veulent faire des affaires en Chine. Quatre nouveaux bureaux commerciaux du Canada doivent ouvrir cet automne dans ce pays, ce qui portera à une centaine le nombre de délégués qui facilitent la tâche des entreprises.

Québec aussi pousse ses sociétés vers la Chine, où la croissance économique se maintient à plus de 7,5 % par an. En 2012, les exportations québécoises vers ce pays ont atteint 2,6 milliards de dollars, soit autant que vers l’Allemagne et la France combinées, et plus que vers n’importe où ailleurs dans le monde, États-Unis exceptés. C’est deux fois et demie plus qu’en 2008 !

Le minerai de fer représente à lui seul le tiers du montant de ces exportations. Rien d’étonnant, puisque la deuxième économie mondiale a toujours un énorme besoin de ressources naturelles pour asseoir son développement. Mais l’augmentation rapide de la consommation par la classe moyenne, l’émergence d’une économie de plus en plus tournée vers les services, l’urbanisation et la lutte contre la pollution laissent entrevoir de nombreuses autres occasions d’affaires dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants, où il devient de plus en plus facile de s’implanter pour des sociétés étrangères innovantes.

Il n’a ainsi fallu que 10 mois à TM4, filiale d’Hydro-Québec, pour former une coentreprise avec un partenaire chinois qui s’apprête à fabriquer des moteurs électriques pour des autobus de la ville de Pékin. « On n’a même pas terminé de signer les contrats qu’on entre déjà en production », raconte Claude Dumas, président de TM4.

Pour l’instant, le Québec ne compte cependant que pour 13,6 % des exportations du Canada en Chine, mais l’expansion vers l’Asie est une des grandes priorités du gouvernement. Dans la dernière année seulement, les fonctionnaires d’Export Québec ont organisé pas moins de huit missions économiques en Chine, pour aider des PME à tisser des liens sur place. Chaque année, Québec orchestre de plus une grande visite officielle, pour asseoir la crédibilité des organisations qui y participent auprès des autorités chinoises et de partenaires potentiels.

Après Jean Charest en 2005, 2008 et 2011, les ministres François Gendron en 2012 et Jean-François Lisée en 2013, ce sera au tour du premier ministre Philippe Couillard d’accompagner cet automne près de 150 représentants du milieu des affaires, de la recherche, de l’enseignement et de la culture. « C’est une occasion à ne pas manquer », croit Claude Dumas, qui a participé au voyage en 2011. Pour cette année, les inscriptions sont closes, mais gageons que la prochaine mission ne tardera guère…

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