«Casse-toi riche con»

La une du journal français Libération est pour le moins percutante. Bernard Arnault, plus grande fortune de France et quatrième au monde selon Forbes, est vu avec une valise et apostrophé comme un filou. Le « riche con », c’est lui et il mériterait ce traitement parce qu’il a demandé la citoyenneté belge, pays où il a une résidence.

Le journal insinue que Bernard Arnault tenterait ainsi de se soustraire au fisc français, de plus en plus gourmand. Bernard Arnault, outré, a déclaré que sa demande de nationalité n’avait aucun objectif fiscal et a porté plainte en justice pour injure.

Si l’objectif était de trouver un véritable paradis fiscal, je me demande bien pourquoi le président de la multinationale du luxe LVMH aurait choisi de vivre dans le pays du… socialiste Elio Di Rupo plutôt que dans celui du socialiste François Hollande.

C’est d’autant plus cocasse que Edouard de Rothschild, le principal actionnaire de Libération, a lui aussi demandé récemment une autre nationalité, israélienne en l’occurence.

Derrière cette bataille, se cache tout le débat sur l’imposition des plus fortunés.

Pour baisser le déficit de 4,5 % du PIB à 3 % du PIB, le nouveau président de la République veut aller chercher 20 milliards d’euros dans les poches de contribuables qui sont déjà parmi les plus taxés au monde. La mesure phare de ce plan est l’élévation à 75 % du taux marginal d’imposition pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Bernard Arnault, qui a déclaré des revenus de 9,1 millions d’euros l’an dernier, a sans doute eu la tentation de se soustraire d’une façon ou d’une autre autre à cette mesure. En fait, tous les dirigeants de grandes entreprises, sportifs et artistes susceptibles d’avoir de tels revenus seront tentés de se faire voir ailleurs.

C’est un phénomène normal. Pourquoi certaines des personnes les plus adulées et admirées des Québécois vivent-elles au Nevada ou en Floride ? Outre le climat et les contrats, il n’y a aucun impôt personnel dans ces deux États et aucun impôt corporatif au Nevada.

Dans sa chronique ce matin, Jean Lapierre racontait à Paul Arcand qu’une quarantaine de pilotes d’Air Canada habiteraient à Lancaster, en Ontario. Lancaster, situé à 77 kilomètres de Montréal (l’équivalent de Granby) serait à une quinzaine de minutes de l’aéroport de Dorval en auto. Sans rien n’enlever au charme de la région, un contribuable ontarien qui déclare des revenus de 130 000 paie passablement moins d’impôts qu’un contribuable québécois dans la même situation. L’écart va s’élargir considérablement si le nouveau gouvernement respecte son engagement de hausser les impôts des plus hauts salariés.

D’où le dilemme. Les revenus supplémentaires tirées d’une nouvelle ponction fiscale pourraient être moindres que prévu si ceux qui gagnent beaucoup décident de déclarer résidence dans une autre province ou pays. On peut vouloir taxer les riches, mais vous ne pouvez pas leur imposer un lieu de résidence.

Entre-temps, si la France ne veut plus de Bernard Arnault, je serais tenté de l’inviter au pays de sa femme, la pianiste renommée d’origine montréalaise Hélène Mercier. Certes, le PQ veut augmenter le taux marginal d’imposition à 55 %, mais cela reste une aubaine comparativement à la France de M. Hollande.

J’accepterais avec plaisir parmi nous le dirigeant d’une firme propriétaire de marques renommées comme les champagnes Dom Pérignon, Veuve Cliquot ou Ruinardt, des sacs Louis Vuitton, des griffes DKNY et Donna Karan, des montres Tag Heuer ou Bvlgari et des magasins Sephora, nouvellement implantés au Québec.

Je pense qu’il y aurait des dizaines de pays dans le monde prêt à donner une sorte « d’asile fiscal » à Bernard Arnault.

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Les pays qui comme la France observent ce genre de comportement dont l’objectif est essentiellement d’esquiver le paiement des impôts devraient pouvoir surtaxer les produits et services de ces tristes apatrides. J’imagine les prix de leurs luxueux produits majorés de 100 ou 200 %. Et ne venez pas me parler de leur apport à l’économie nationale. Ce sont leurs concurrents qui se pourlècheront les babines.

La nature a horreur du vide. Les concurrents aussi.

– Pour ce qui est de Bernard Arnault, la question est un peu plus complexe que le seul aspect du foyer fiscal. C’est aussi un acte politique, Bernard Arnault est un intime de l’ex-président Sarkozy, il est très impliqué dans l’UMP (le parti de Sarkozy). Il voue aussi pour les socialistes une animosité farouche. Il s’était exilé aux États-Unis peu après l’élection de François Mitterrand en 1981 (mais pas pour longtemps).

Ici Bernard Arnault fait une demande de double nationalité (franco-belge) et entend jusqu’à nouvel ordre maintenir son principal foyer fiscal en France. On doit comprendre que ce choix touche aussi aux aspects de la transmission patrimoniale et à la limite l’avenir du Groupe Arnault SAS et de sa société emblématique LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy). Bernard Arnault possède entre autre une collection d’œuvres d’art exceptionnelle ; on comprend que dans l’hypothèse d’une succession éventuelle ou d’un prochain retrait de ses affaires, que tous ces éléments soient pris en compte.

En outre Bernard Arnault s’est associé en 2006 pour un milliard d’Euros dans un fonds d’investissement avec le financier belge Albert Frère (partenaire de longue date aussi de la famille Desmarais) dont l’une des compagnies : Belholding Belgium SA détient un peu plus de 18% du Groupe Arnault SAS. Dans les faits d’ailleurs Bernard Arnault n’est plus l’actionnaire majoritaire de son propre groupe.

C’est pourquoi la question reliée au seul foyer fiscal reste dans ce cas hypothétique et plutôt secondaire, elle sert surtout à alimenter la chronique mondaine. Puisque c’est ici un ensemble d’aspects qui sont à prendre en considération. Je gagerais volontiers d’ailleurs un petit dix piasses qu’il est très bien entouré juridiquement dans le cadre de ce joli transfert… et plusieurs points du montage seront certainement à suivre.

Il convient dans un souci d’objectivité de dire que Bernard Arnault est un « ch’ti », en d’autres termes un petit gars du Nord, il est né à Roubaix, donc à quelques kilomètres seulement de la Wallonie qui est la partie francophone de la Belgique. Historiquement tout cet ensemble faisait parti des Flandres et de l’Artois. C’est pourquoi, les gens du nord de la France et les wallons de Belgique ont toujours conservé une relation très forte. Les considérations de Bernard Arnault pourraient aussi être liées à ces aspects affectifs.

– Pour ce qui est de Édouard de Rothschild aussi un proche de l’ex-président Sarkozy, la demande de double nationalité, n’est pas en lien avec des considérations d’ordre fiscales. D’ailleurs la fiscalité est élevée en Israël, c’est plutôt pour des raisons sportives (l’équitation) et en rapport avec l’affection qui unit plusieurs membres cette famille à cette nation depuis le baron Edmond James de Rothschild qui en sa qualité de philanthrope avait dès 1882 acheté des terres en Palestine (alors possessions turques) pour secourir entre autre des familles juives de Russie qui fuyaient les massacres qui firent suite à la mort du tzar Alexandre II.

Ça se passe en France et pendant ce temps, ici au Québec, on entend ceux qui gagnent plus de $130 000 par année s’offenser que le PQ pense à augmenter leur taux marginal d’impôt.

Dire qu’il y a 50 ans, les revenus de l’État provenaient autant des entreprises (50%) que des particuliers (50%). Aujourd’hui, les particuliers paient 85% et les sociétés 15%. Et lorsqu’on considère que les plus riches peuvent se payer des fiscalistes pour diminuer leur facture, qu’ils mettent plusieurs biens d’usage personnel au nom de leur société (chalet, autos, bateau, condos, etc payés avec de l’argent brut vs argent net), on se dit que la classe moyenne peut bien étouffer sous les taxes et les impôts.

Mais attendez-vous à un tollé de protestation des plus riches si jamais Pauline Marois dépose un projet de loi pour hausser le taux marginal des plus riches. Ils vont s’en aller, on est déjà la province la plus taxée. Faudra pas oublier de leur rappeler qu’ils paient plus qu’ailleurs, mais que nous recevons beaucoup plus de services qu’ailleurs aussi. Pas certain qu’au Nevada, en Floride ou même à Lancaster, Ont. qu’il y a des garderies à 7$, des frais de scolarité à $1700, des congés parentaux, etc.

Quant aux 40 pilotes d Air Canada en residence a Lancaster en Ontario, Revenu Quebec peut toujours exiger de payer une surtaxe a tout individu resident dans une province FRONTALIERE possedant des biens immobiliers quelconques au Quebec.

Lui a-t-on demandé pourquoi il veut être citoyen belge ? Il y a certainement une raison, probablement d’affaires sans que ce soit relié strictement relié à la taxation. Et s’il veut quitter la France pour payer moins d’impôt, bonne chance en Belgique. J’ai immédiatement pensé à Antwerpen, une ville où les gens semblent s’habiller chez Dior. Tant qu’à quitter Paris pour des questions d’argent, et avec Hélène Mercier comme épouse, je choisirais plutôt Vienne, ville qui remporte la palme comme étant celle où l’on vit le mieux au monde – et une ville où la musique, l’art, le luxe se rencontrent à tous les coins de rues.

Oui, Rod, je ne serais pas surprise qu’Hélène Mercier soit en charge du budget familial. Les artistes, quoi qu’en disent certains de droite, sont des self-promoters et des gens d’affaires extraordinaires.

Paradoxalement, ici en Belgique, beaucoup de travailleurs belges ont choisi d’habiter en France, juste de l’autre côté de la frontière, car l’impôt sur le revenu y est beaucoup moins élevé que chez nous.
Par contre, concernant les impôts sur les fortunes, la tendance s’inverse, d’où le cas Arnault.

Extrait du billet : « Dans sa chronique ce matin, Jean Lapierre racontait à Paul Arcand qu’une quarantaine de pilotes d’Air Canada habiteraient à Lancaster, en Ontario. Lancaster, situé à 77 kilomètres de Montréal (l’équivalent de Granby) serait à une quinzaine de minutes de l’aéroport de Dorval en auto. »

En admettant qu’une personne fasse 77 kilomètres en 15 minutes, il faudrait en conclure qu’elle voyage à une vitesse moyenne de plus de 300 km/h. Et tout ça, sans compter les embouteillages…

SVP, un peu de sérieux et rigueur. Faut arrêter de faire des raisonnements sur la base d’inepties semblables. Ça en dit long sur le reste du raisonnement d’ailleurs.

Le capital c’est amoral, asocial et apatride.

Le 1% de ce monde peut donc gambader de juridiction en juridiction au gré des taux d’imposition.

Vivement le principe de Robin des bois et l’adage des trois mousquetaires…

Selon la revue Forbes, la fortune personnel de M. Arnault est de 32 milliards d’Euro. Selon votre article il a un revenu de 9,1 millions d’Euro. Donc il a obtenu un rendement de seulement 0,000284375. Il aurait dù acheter des obligations à 3% il aurait eu un revenu de 960 millions d’Euro, soit 100 fois plus. Avec seulement un impôt de 40% dans l’exemple d’un rendement de 3% ce Monsieur aurait payé 384 millions d’impôts. Évidemment le rendement que M. Arnault est bien supérieur à 3% mais nos lois fiscales sont telles que seulement une infime parti des revenus des plus riches sont imposables. Voilà le vrai problème en France et ici. Il ne faut pas oublier que les impôts que M. Arnault ne paient pas, les Français moyens le paient avec le sourire.
Malheureusement avec l’argent qu’ils leur restent ile ne peuvent s’acheter des sacs Louis Vutton, ils doivent acheter des copies dans les marchés publics, mais ça c’est un autre problème.
Michel Caron

J’aimerais bien invité Bernard Arnault a vivre au Québec mois nous aussi on fait la chasse aux riches…

Sans blague, quand un français décide de devenir belge, l’heure est grave !

@ Alain Michaud (# 5):

« Faudra pas oublier de leur rappeler qu’ils paient plus qu’ailleurs, mais que nous recevons beaucoup plus de services qu’ailleurs aussi. » (sic)

Du sarcasme j’espère…

Si c’était vrai, ça se saurait et on attend toujours le raz-de-marée d’immigrants venant des USA!

Non Monsieur Duhamel aucune confusion, j’ai bien indiqué que sa fortune est de 32 milliars et son revenu est de 9,1 millions. Dans le cas d’un investisseur la grande majorité de son revenu est basé sur le rendement qu’il obtient de sa fortune. (en plus de sa rémunération pour sièger sur les C.A., et comme dirigeant de son entreprise). Alors ce que je mentionne est qu’il est ridicule de penser que les seuls revenus de M. Arnault sont 9,1 millions. Cependant la majorité des revenus de ce Monsieur et il n’est pas une exception, demeurent à l’abri de l’impôt et ce tout à fait légalement. Alors que tous les revenus de sa femme de ménage sont considérés comme revenu imposable. C’est pourquoi que l’augmentation du taux d’imposition pour les plus riches est un faux débat. Le vrai débat serait d’inclure tous les revenus pour le calcul de l’impôt et si tous le faisaient le taux maximal pourrait probablement baisser. Et c’est ce qui me fait rire lorsque des organismes comme le Conseil du patronnat nous alerte sur le niveau de la dette. Si vous voulez avoir une crédibilité dans ce débat commencé par faire campagne pour que tous les revenus soient traités de la même manière et pas seulement ceux qui ne vous concerne pas ou vos membres.

@Michel Caron – Vous pouvez toujours vous amuser à lire les états financiers du groupe LVMH – ce qui m’a prit moins de cinq minutes à trouver sur le web :

http://www.lvmh.fr/uploads/assets/Com-fi/Documents/fr/Rapports/LVMH_Rapport_financier_semestriel_2012.pdf

Vous y trouverez des détails concernant, entre autres, les impôts payés par les entreprises (p. 18, etc.).

Les entreprises dont M. Arnault est actionnaire payent elles aussi des impôts. De plus, lorsque le consommateur achète un des produits du groupe LVMH, des vins ou des parfums, l’état reçoit ici au Canada 13 % du prix de vente. L’état reçoit aussi de l’argent sur les salaires payés par les entreprises de M. Arnault aux travailleurs de LVMH et de leurs fournisseurs.

Le revenu personnel de M. Arnault n’a rien à voir avec le rendement de ses entreprises. C’est l’argent dont il estime avoir besoin pour ses dépenses personnelles, qui incluent, me dit-on une collection d’oeuvres d’arts intéressante. On peut toujours incorporer une compagnie, disons Oeuvres d’Art Arnault, pour ce genre d’achats. Et si M. Arnault emploie un femme de ménage, un chauffeur, quelques jardiniers, il les paie avec ce 9 millions et le chauffeur et la femme de ménage paie de l’impôt et des taxes sur leur consommation – qui proviennent de ce 9 millions.

Bref, n’ayez crainte, les gouvernements font de bonnes affaires avec les grandes fortunes.

@loraine king Si je vous comprends bien, les taxes que les clients de M. Arnault paient et les impôts que les employés de M. Arnault paient sont pour vous comme si ce dernier les avaient payés! Ce que je voudrais pour une véritable cohérence fiscale, c’est que tous paient des impôts sur leur enrichissement. Mais pour la grande majorité des citoyens l’enrichissement est imposable à 100%, c’est à dire qu’il provient de leur travail, soit le salaire. Alors que pour les mieux nantis de notre société, comme vous l’indiquez l’impôt est calculé sur le montant qu’ils ont besoin pour vivre, donc l’argent qu’ils sortent de leur patrimoine. Évidemment les entreprises paient des impôts, mais les bénéfices après impôts s’ils étaient distribué à leurs actionnaires après chaque année fiscale, les revenus du gouvernement seraient beaucoup plus élevé et la fiscalité plus équitable. Je me doute que vous allez me parler de la mondialisation, justement les citoyens du monde entier sont victimes de cette manière de faire. Il serait peut-être temps que cela change. Que vous croyez que ce soit faisable ou non, ne croyez pas que cela serait plus juste ainsi?

@Michel Caron – définitivement que les impôts et les taxes payées par les employés des entreprises de M. Arnault proviennent des revenus générés par les compagnies de M. Arnault – cet argent ne tombe pas du ciel.

Non, M. Arnault ne paie pas les taxes à la consommation, mais les gouvernements bénéficient néanmoins du fait qu’il ait investit pour mettre un produit sur le marché !

Si la totalité des bénéfices obtenus par une compagnie était distribuée aux actionnaires, il faudrait emprunter 100 % du capital requis pour toute mesure d’expansion de l’entreprise ou de réoutillage d’une usine, d’investissement pour la mise en marché d’un nouveau produit, pour la recherche, etc. Vous verriez une augmentation fulgurante des faillites, et là tout le monde serait perdant, surtout les gouvernements.

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Que c’est instructif et plaisant. L’adoration des grands de ce monde est si émouvante. Peut-être ces grands personnages le méritent-ils? Voyons-voir!

L’$ des riches appartient à ceux qui travaillent pour eux. Dans notre sytème, la plus grande part de la richesse produite par les individus est détournée vers les dirigeants et les actionnaires. Et c’est encore plus vrai lors de la vente de la compagnie ou son «départ» vers des cieux plus cléments comme c’est arrivé à Électrolux et combien d’autres. Ceux qui ont contribué à son succès pendant des décennies sont laissés avec leurs yeux pour pleurer. Pendant ce temps, l’État ne cesse de les caresser avec des baisses continuelles de taxe, des abris fiscaux, des permissions pour faire dorer leur fortune dans des paradis fiscaux. Tout ceci avec l’$ des simples travailleurs qui, eux, n’ont pas le droit à toutes ces bontés. Il est vrai qu’ils le méritent sans doute. Les travailleurs de se voir saigner à blanc. Et les grands de se voir tant admirés. Car il faut se le rappeler: ils se sont faits tout seuls. S’ils ont des employés, c’est uniquement par charité.

@Loraine King Les revenus générés par les compagnies de M. Arnault proviennent des clients et heureusement qu’ils sont au rendez-vous. Pour ce qui est de l’obligation pour les entreprises d’emprunter 100% des sommes à investir pour le développement de celles-ci, l’investissement des entreprises serait financé avec les revenus de l’entreprise et aussi financer sur le marché, comme à l’heure actuelle. Ce qui serait différent c’est que les entreprises ne pourraient accumuler des bénéfices non distribuées, n’est-ce pas ce que reprochait la Banque du Canada dernièrement aux entreprises? Puis si de cette manière les actionnaires avaient de meilleurs revenus, ils pourraient personnellement dépenser plus et s’ils payaient plus d’impôt, tout en ayant un taux maximal plus bas, peut-être que le simple citoyen serait, lui, moins imposé et de ce fait pourrait consommer plus. Alors au lieu d’avoir des faillites, peut-être aurions-nous de fabuleuses occasions d’affaires.

@ Loraine King (# 19),

– Permettez-moi de prendre part au débat :

1/ Dans la pratique Bernard Arnault n’est pas à proprement parler un créateur ou un concepteur comme l’a été par exemple un Steve Jobs de ce monde. C’est avant tout un excellent intégrateur. Il a acheté des entreprises quelquefois en difficulté ou qui justement avaient de la difficulté à se financer et cela souvent avec de l’argent qui ne lui appartenait pas. Il a pris le contrôle de LVMH par un raid hostile avec le soutient de la Banque Lazard.

Il n’a pas hésité non plus à délocaliser la production de certains produits, l’exemple le plus typique est le fameux sac LV (Louis Vuitton) dont on trouve d’excellentes contrefaçons qui sont frauduleusement produites par des ex-sous-traitants de la compagnie. Cela coûte des sommes d’argent considérables pour lutter contre ces fraudes. Des sommes qui sont en partie défrayées par l’État français (brigade de répression des fraudes).

Pourtant ce genre de pratiques initiées par Bernard Arnault sont en contravention des statuts établis par la famille de Louis Vuitton sur la marque, les produits LV se devaient obligatoirement de sortir de ses ateliers situés à Asnières-sur-Seine, puisque les points de sellerie, les matériaux employés, le savoir-faire et le fameux monogramme étaient brevetés, licenciés, protégés et se devaient de conserver leur exclusivité comme leur authenticité. Bernard Arnault a préféré jouer plutôt sur le « branding » que sur l’unicité.

2/ Dans les faits une compagnie peut très bien distribuer 100% de ses bénéfices sous forme de dividendes et se financer par l’emprunt, l’émission d’obligations (souvent convertibles en actions) ou par la vente de certains actifs ou par des sessions partielles et/ou des prises de contrôle ou de participations. Les compagnies qui offrent de bonnes distributions aux actionnaires trouvent usuellement plus facilement du financement lorsque la croissance est au rendez-vous.

3/ La fiscalité des entreprises de calibre mondial est de plus en plus transnationale. Il est clair que ces entreprises se conforment aux réglementations en vigueur suivant les juridictions dans lesquelles elles opèrent ; si ce n’est que le jeu permanent des transferts financiers rendent le contrôle des états financiers particulièrement ardus. S’il n’y avait aucun intérêt pour minimiser l’impact de la fiscalité, il n’y aurait vraisemblablement pas de paradis fiscaux. C’est aussi pour cette raison que certains pays souhaitent surtaxer l’ensemble des transactions, simplement parce que ces échanges en très grand nombre, le sont à des fins comptables et non pour assurer les besoins de financement des opérations des filiales des dites entreprises ou de leur partenaires.

4/ Michel Caron soulève des points que je trouve intéressants car il n’est effectivement pas prouvé que la fiscalité soit exactement la même pour tout le monde. Pourtant, les contribuables notamment au Canada se devraient tous d’être parfaitement égaux en droit. – N’est-il pas ?

Messieurs Caron et Drouginsky : M. Arnault est ingénieur et fils d’un manufacturier. Il obtient de l’argent de clients qui en retour obtiennent un produit. A la case départ, pour développer, manufacturer, promouvoir et distribuer un produit, cela prend un investissement. Le produit nait avant le client.

J’ai été très surprise de lire les commentaires de Carney et Flaherty. La reprise fut lente depuis 2008. Entrevoit-on une dégradation de l’économie mondiale ? Une récession ? Le gouvernement signale-t-il que dans l’éventualité il privilégiera le redressement des finances publiques au stimulus de l’économie ?

Mais surtout, quels signaux envoient les entreprises ?

-Entrevoit-on une forte hausse des taux d’emprunt après l’élection américaine ? Veut-on se garder des liquidités pour soutenir ses activités à moyen terme plutôt que d’emprunter à des taux plus élevés dans un avenir assez rapproché ? Une hausse des taux serait un désastre pour les finances publiques et les consommateurs canadiens déjà fortement endettés, et les entreprises et les gouvernements le savent très bien.

-Entrevoit-on une dégradation de la situation en Europe ? Veut-on se garder des liquidités pour y faire des achats stratégiques et accroître le rendement de l’entreprise ?

Qu’arrivera-t-il en Chine ? Un changement de régime est-il imminent ?

Un investisseur peut aussi être un simple citoyen. J’avais 19 ans et j’étais secrétaire quand j’ai acheté mes premiers titres. A ma connaissance, les entreprises ne s’assoient pas sur des liquidités pour s’éviter de payer de l’impôt. Il n’y aurait aucune logique à agir ainsi.

Si l’on revient à un niveau plus près de nous, il y a une multitude d’entreprises qui ne distribuent pas leurs bénéfices pour sauver de l’impôt. Pas sauver de l’impôt pour l’entreprise, mais pour les actionnaires. Car vous savez très bien que la fiscalité est beaucoup plus élevé pour les particuliers, même sous forme de dividendes que ce que l’entreprise paie pour ses profils. Comme vous l’indiquiez Mme King, la raison qui fait que M. Arnault, qui est un exemple extrème, n’a que 9,1 millions d’Euro comme revenu est le fait qu’il n’a besoin que de ce montant pour maintenir son train de vie. Alors que s’il recevait l’ensemble des bénéfices de ses entreprises qui lui reviendraient de droit, il devrait en remettre plus de 41% à l’impôt. Et ce comme tout citoyen français qui a un revenu de plus de 70,000 Euro. Alors que les lois lui permettent de mettre ainsi à l’abri la très grande majorité de ses revenus.
Pour en venir à des exemples plus près de mes revenus, durant la campagne électorale, il a eu un article sur l’incorporation des médecins au Québec. Ceci est également bon pour plusieurs professionnels et travailleurs autonomes. Ceux qui ont des revenus de quelques centaines de milliers de dollars, peuvent s’incorporer et ainsi payer un salaire à leur conjoint ou conjointe, prendre pour chacun le maximum de reer et s’il leur reste de l’argent en surplus, le laisser dans l’entreprise qui elle est beaucoup moins imposés que s’ils le retiraient sous forme de salaire. Tout cela est tout à fait légal, mais est-ce normal que dans notre société les gens qui ont trop d’argent que ce qu’ils ont besoin pour vivre, se retrouve à payer un taux d’imposition moins élevé que leur voisin qui travaille aussi fort qu’eux tout en gagnant 2, 3 ou 4 fois moins que celui qui est incorporé. Et comme je l’indiquais au début de cet échange, l’impôt que celui qui est incorporé économise, c’est les autres contribuables qui doivent le payer. Pour ma part, je suis bien heureux pour la personne qui a un revenu esxtraordinaire, la seule chose que je voudrais c’est qu’il soit traité au niveau de l’impôt comme le simple salarié qu’il croise tous les jours.

L’argent que ce monsieur pourrait investir et créer de l’emploi s’en ira dans les poches du gouvernement qui paiera des fonctionnaires non productifs. j’entends déjà la gauche crier que je suis de droite.

M. Arnault pourrait aussi s’installer au Danemark ou en Suède puisque selon P. Duhamel ce sont là des modèles exemplaires d’économie libérale. On se demande bien pourquoi il ne profite pas des avantages du libéralisme scandinave. Quelqu’un pourrait m’éclairer ?