Ce jeune entrepreneur qui veut faire danser la planète

Martin-Luc Archambault a conçu une application qui permet de synchroniser des téléphones, des tablettes et même certains hauts-parleurs sans-fil.

Blogue EconomieMartin-Luc Archambault, le jeune entrepreneur technologique que l’on a mieux connu ce printemps à l’émission Dans l’œil du dragon, pense qu’il vient de lancer une application qui remuera le Web et fera bouger les investisseurs. Quelque chose d’unique dans le marché qui pourrait avoir rapidement 150 millions d’utilisateurs, me dit-il.

Son bébé s’appelle AmpMe, quelque chose comme «amplifiez-moi» si une traduction existait, et il est offert gratuitement depuis jeudi matin dans l’App Store et le magasin Google Play.

J’explique brièvement la trouvaille avant d’expliquer le modèle d’affaires, car il défie bien des lois non écrites des affaires et du commerce.

En bref, l’application permet de synchroniser des téléphones, des tablettes et même certains haut-parleurs sans fil utilisant des plateformes technologiques différentes. Vous pouvez donc créer sur-le-champ une ambiance de party ou de boîte de nuit à partir de vos appareils mobiles et ceux de vos amis ou, à tout le moins, amplifier considérablement le son sans avoir besoin d’une chaîne stéréo ou d’un haut-parleur sans fil.

Comme bien des idées de nouveaux produits, celle-ci s’est imposée un peu par hasard.

Martin-Luc Archambault est dans un appartement à Whistler, la station de ski de Colombie-Britannique, et l’envie lui prend d’écouter une chanson en particulier. Une amie l’a sur son iPhone, qu’elle dépose au centre de la table. C’était chouette, mais le son n’était pas à la hauteur du moment.

Ajouter le son de son propre téléphone n’aurait rien réglé, car il aurait été impossible de synchroniser parfaitement les deux appareils, encore moins plusieurs autres. «On a tous un haut-parleur dans sa poche, mais on ne pouvait pas les utiliser tous en même temps. Il fallait remédier à la situation», me dit-il.

De retour à Montréal, il a mobilisé son équipe pour trouver une solution. «Une différence de plus de cinq millisecondes est perceptible à l’oreille, et il fallait trouver une façon d’atteindre la perfection», dit-il.

Premier problème: on ne peut pas connecter ensemble et en même temps sur Bluetooth des appareils Android et iOS. Il fallait penser à autre chose. Deuxième problème: une connexion Wi-Fi nécessite un mot de passe, et la multiplication des usagers sur le même routeur influe sur la performance Internet.

L’équipe d’Archambault a aussi essayé d’utiliser une technologie de reconnaissance sonore, comme celle de l’application Shazam, mais il s’est avéré, là aussi, impossible d’obtenir une synchronisation parfaite entre plusieurs appareils.

L’astuce aura été d’ajouter au début du «partage sonore» une empreinte à haute fréquence sur laquelle s’ajustent tous les appareils connectés. Avec l’application, les usagers se trouvent à ajouter à leurs chansons et pièces musicales cette empreinte inaudible à l’oreille humaine.

L’application AmpMe, je l’ai mentionné, est gratuite et tout le monde peut en bénéficier. Il n’y a pas, non plus, de publicité. Quelle est donc l’idée géniale qui consiste à remettre gratuitement le fruit d’un an de travail acharné?

À vrai dire, Martin-Luc Archambault ne sait pas encore au juste comment il va «monétariser» sa trouvaille. «Mais c’est sûr que je vais faire de l’argent si l’application se propage comme un virus et que nous nous retrouvons avec des dizaines de millions d’utilisateurs.» C’est un peu le pari qu’a remporté Mark Zuckerberg avec Facebook ou Jack Dorsey et ses amis, dans une moindre mesure, avec Twitter.

Archambault me donne l’exemple de Shazam, qui a aujourd’hui 85 millions d’utilisateurs mensuels et qui est valorisée à hauteur de 430 millions de dollars américains. On parle même d’un premier appel à l’épargne publique (IPO) de 1 milliard de dollars dans les prochains mois.

Déjà, des investisseurs américains ont embarqué dans l’aventure d’AmpMe et le jeune entrepreneur montréalais est persuadé que sa trouvaille va enflammer le Web.

La partie n’est pas gagnée et il est de plus en plus difficile de se démarquer dans un environnement très encombré. On recense en effet 1,5 million d’applications différentes dans le magasin d’Apple et 1,6 million dans celui de Google.

Et ce ne sont pas les développeurs qui manquent. Il y en aurait près de 25 000 à avoir mis au point deux applications ou plus sur la plateforme d’Apple.

Martin-Luc Archambault est tout de même persuadé qu’il a entre les mains une application qui fera beaucoup de bruit!

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1 commentaire
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L’idée et sans doute la solution, sont géniales. Je pourrais être un utilisateur occasionnel, mes activités s’y prêtant moins maintenant, mais ce sera un hit. Y-t-il possibilité d’être un petit actionnaire? La pub est bonne, ça coûte cher à passer etc, j’aurais de l’intérêt.