Ce que va dire Henri-Paul Rousseau

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Henri-Paul Rousseau veut se faire entendre rapidement et il en a long à dire. Voilà pourquoi il a approché la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain pour un déjeuner causerie lundi prochain. Cela tombe bien parce tout indique qu’il n’y aura pas de commission parlementaire la semaine prochaine sur les tristes résultats de la Caisse de dépôt et de placement du Québec.

Henri-Paul Rousseau veut se faire attendre rapidement parce qu’il tient à défendre sa réputation et à rectifier certains faits qui lui causent préjudice. Sa démarche est audacieuse parce qu’il ressasse un dossier peu reluisant et qui a choqué une majorité de Québécois. Mais je crois que c’est une démarche nécessaire et bienvenue.

Voici donc ce qu’il dira.

  • Il acceptera une partie du blâme et il se dira lui-même atterré par ces résultats.
  • Il prendra soin de dire qu’il songeait depuis longtemps à son départ. Celui-ci a été annoncé le 30 mai 2008 alors que l’indice composé de la Bourse de Toronto était à 14 000 points et que personne dans les milieux financiers ne pouvait prédire qu’il finirait l’année autour de 8 000 points, subissant entre juin et décembre une dégringolade de 43 %. Bref, il n’a pas fuit un navire qui coulait, mais un paquebot qui voguait paisiblement et dont l’actif s’annonçait pour être supérieur à ce qu’il était au 31 décembre 2007.
  • Il admettra que l’affaire du papier commercial l’a terriblement fait mal paraître et qu’il comprend tous ceux qui lui reprochent ses actions autour du PCAA. Mais il soulignera que la Caisse utilisait ce type d’instrument financier depuis neuf ans et que le PCAA passait alors pour être aussi sûr que les titres d’emprunts du gouvernement du Canada avec une cote AAA. Il dira que la Caisse s’était donnée des règles bien strictes quant à leur utilisation en exigeant notamment que les termes ne dépassent pas un an. En fait, la Caisse demandait des termes de six mois.
  • Par contre, il aura du mal à expliquer pourquoi la Caisse en avait tant. Il répètera qu’il voulait avoir le maximum de liquidités sous la main pour profiter des occasions offertes par le marché. Il n’osera pas dire que c’est parce que la Caisse n’a jamais fait attention avant 2007 à sa vulnérabilité potentielle avec le PCCA. Dans l’optique des dirigeants de la Caisse, il n’y avait pas 12,8 milliards de PCAA, mais 22 fiducies différentes de moins de 600 millions de dollars chacune, se conformant toutes à ses politiques de gestion du risque. Cela paraît étrange aujourd’hui, mais on dirait que personne n’a sorti sa calculette et donné le signal d’alarme avant que ce marché ne s’écroule.
  • Il réfutera toutefois avec vigueur toutes les allégations de conflit d’intérêt ou d’apparence de conflit d’intérêt avec Coventree, principal émetteur canadien de papier commercial dont la Caisse a déjà été le principal actionnaire, créancier et client. Il jurera qu’il y avait un mur de béton entre ceux qui géraient le placement dans Coventree et ceux qui en achetaient les produits. Et il rappellera que la Caisse s’était départie de la majeure partie de son intérêt dans Coventree lors du Premier appel à l’épargne publique de cette firme, en novembre 2006.
  • Il conclura en disant qu’il a bien servi la Caisse et ses déposants et que l’actif a doublé entre 2002 et 2007. Il insistera pour dire que même des provisions importantes pour le papier commercial n’auraient pas empêché la Caisse de maintenir une solide performance pour l’année 2008 si les marchés ne s’étaient pas écroulés en octobre dernier.
  • Bref, qu’il a commis une erreur, mais qu’il a surtout été victime de circonstances le dépassant et dépassant tous les gestionnaires de la Caisse.

Ce sera au public de trancher.

Photo : PAUL CHIASSON / PC

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Le public a déjà tranché.
Le scénario a été planifié et Rousseau comme le gouvernement libéral ont des choses à cacher.
Le discours est préparé par lui-même et absolument rien de contraignable ne s’opposera à lui.
Alors ce sera un rendez-vous pour une séance de relations publiques auprès du Boy’s Club qui à la toute fin l’applaudiront.
Dans certains milieux, on suggère à l’avenir de payer les primes de départ en papier commercial.

Six mois avant son départ, Rousseau est venu dire aux représentants du peuple à Québec de ne pas s’énerver le poil des jambes, Henri-Paul s’occupait de tout! « En bout de ligne la Caisse ne perdra pas plus de 500 millions sur les 13 milliards de Papiers Q. Des pinottes dans une Caisse de 155 milliards ». On est rendu à 6 milliards. Henri-Paul s’est trompé de 5,5 milliards, 1100%!!! C’est la gaffe du siècle au Québec. A coté de ca le métro de Laval c’est une joke.

Henri-Paul a connu des belles années parce que la bourse, canadienne surtout, boustée par les banques et les ressources, a bien performée. La performance de la Caisse sur les marchés internationaux est pitoyable.

Henri-Paul devra expliquer pourquoi il a délaissé l’économie québécoise pour se retrouver à l’aéroport de Londres!!!

Henri-Paul devait couper les dépenses après les soi-disantes folies de Scraire. Il a fait pire.

Henri-Paul devra expliquer comment il a pu encaisser un boni de départ de 400k après avoir quitté le bateau en pleine tempête, avant la fin de son contrat

Il devra expliquer ce qu’il a fait entre son départ et son arrivée à Power le mois dernier

Mais il devra surtout expliquer comment la Caisse a pu perdre 8,9 milliards en jouant sur les monnaies!

PS: Ceux qui pensent qu’il devrait s’excuser comme on fait en Asie connaissent très mal les petites élites québécoises… Regardez bien ce qui va arriver au président du Parti Libéral qui vient d’être reconnu coupable pour ivresse au voulant (on nous l’a caché évidemment pendant la campagne électorale; un oubli…). Je vous prédis que Charest va le choisir comme candidat dans l’élection qui s’en vient dans Rivière-du-loup. On fait des campagnes monstres contre l’alcool au volant, la ministre Boulet va nous mettre des kodaks partout, 200 morts par année, mais les petites élites libérales sont bien au-dessus de tout ça.

Je suis naïf, j’espère qu’il y aura une période de questions après le discours PR de M. Rousseau…
Questions posées par des experts non vendus à la cause du PLQ

La première chose que j’aimerais voir c’est la liste des salaires de TOUS les employés plus les bonus au cours des 5 dernières années. (On peut cacher les noms c’est secondaire dans l’histoire). A partir de cette liste-là, on pourrait sans doute comprendre bien des choses.

Comment appelle-t-on des chefs d’État qui refusent que des questions leur soient posées selon le processus parlementaire démocratique britannique?

Cela vaut de ce temps-ci, autant pour le gouvernement conservateur de Québec que celui d’Ottawa.