Ce qui pourrait tuer le Plan Nord

Il se peut que le Plan Nord ne se matérialise pas. Il se peut que les milliards de dollars d’investissements prévus et anticipés ne soient pas au rendez-vous. Il se peut que le boom observé dans certaines régions du Québec soit de courte durée.

Ce ne sera pas parce que les décroissantistes, anticapitalistes  et adversaires automatiques du gouvernement l’ont combattu. Non, cela n’a vraiment rien à voir. Il se pourrait tout simplement que ce qui se passe en Grèce, en Espagne et en Italie sonne le glas de la reprise économique et mettre fin au boom minier.

Le cycle démarré en 2004 semble à bout de souffle. Après des augmentations spectaculaires des prix qui ont engendré des investissements énormes dans les pays producteurs, la demande semble s’essoufler et les prix commencent à se tasser. Depuis un an, le nickel a perdu 32 % de sa valeur, le fer 27 %, l’aluminium 23 % et le cuivre 13 %. Les valeurs boursières des sociétés minières se sont aussi effondrées depuis un an.

Le Plan Nord n’a pas créé le boom minier au Québec. La conjoncture internationale et le besoin insatiable de matières premières dans les pays émergents l’ont rendu possible. Le Plan Nord vise à donner un cadre susceptible de relever la compétitivité du Québec, d’assurer des investissements colossaux et d’assurer la viabilité environnementale de ce développement. On aime ou on n’aime pas, mais Jean Charest a surfé sur une vague mondiale et on aurait pu le critiquer sévèrement de ne pas avoir tenté d’accroître la part de marché du Québec et d’attirer des milliards d’investissements. Même l’Ontario a son Plan Nord et les Australiens forent comme des fous, à meilleurs coûts qu’au Québec.

Sauf que les nuages sur l’économie mondiale sont préoccupants. L’orage se prépare. La crise européenne a un impact sur la croissance chinoise, le principal facteur agissant sur la demande mondiale des produits de base. Une Chine qui ralentit achète moins de minerais, de métaux et de pétrole. Par exemple, la Chine représente à elle seule 44 % de la consommation mondiale de plomb et 43 % de celle du cuivre. Même quand nous ne vendons pas directement à la Chine, c’est elle qui bat la mesure.

L’an dernier, la Chine affichait une croissance économique de 9,5 %. Au premier trimestre de cette année, elle n’était plus que de 8,1 %. Cela reste spectaculaire, mais ce coup de frein annonce-t-il un net ralentissement ? Les économistes de la Banque TD estiment qu’une Chine dont l’économie carburerait à 5 % de croissance se traduirait par un baril de pétrole à 65 dollar, un recul du prix des matières premières de 31,5 % et un huard à 83 cents.

Un article de Canadian Business, traduit sur le site Affaires sans frontières, fait remarquer que la Bourse de Toronto réagit dorénavant beaucoup plus aux indices de la Bourse de Shanghai et de Hong Kong qu’aux marchés américains. À la mi-mai, l’indice S&P/TSX était en recul de 14 %, une chute similaire à celle observée sur les deux marchés boursiers chinois.

 

 

 

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Il N’ya pas si longtemps vous mettiez quasiment au poteau tout ceux qui revendiquaient que ce plan de développement était de l’improvisation.Les »arretteux » du progrès.Les anti tout développement
La saveur du trimestre que Charest s’époumonnait sur toute les tribunes.
Le pétrole à 65.00$ on ne s’en porterait que mieux.
Le huard à 83 cents, les entrprises manufacturières de tout l’est du Canada se remettraient en marche et à embaucher et reprendre leurs parts de marché à l’extérieur.
Tuer le plan Nord si ça sauve le sud.
C,est pas plus loufoque que selon on a ‘voulu nous faire miroiter

Curieux, je croyais que c’était les étudiants qui tueraient le Plan Nord…

Le plan nord, c’était une bonne idée! Mais Oui, vous avez raison M Duhamel: La conjoncture mondiale interdit tout investissement majeur de l’état pour le développer à court terme.

J’ai toujours été craintif face au développement proposé par le Grand Bâtisseur, ne serait-ce qu’en raison de l’énorme impression que tout était bâclé et corrompu. Difficile d’embarquer et de se mobiliser dans un projet lorsqu’on doute.

Je crois que nous n’avons encore rien vu au niveau mondial, vous parliez de reprise mais, est-ce que quelqu’un a vu une reprise quelque part? Depuis 2008, tout ce que nous faisons c’est acheter du temps.

La seule sortie possible est que la Chine sur-consomme et que ses habitants s’endettent.

En attendant, il est peut-être plus judicieux de laisser nos richesses dormir que des donner dans un contexte défavorable.

Avec l’arrivée de Mao Zedong, la Chine a renoué peu à peu avec ses origines impérialistes. Les dirigeants chinois ont compris que les armes les plus puissantes ne sont pas les armes létales mais bien le commerce. Depuis plus de 2500 ans, les commerçants chinois se sont fait une place de choix. Si la Chine n’avait pas été envahie et colonisée par diverses puissances étrangères, puis virtuellement réduite en esclavage par l’introduction de l’opium, ce pays serait devenu la première puissance mondiale probablement dès le 20ième siècle.

Il est indéniable que cet empire exerce son influence sur de nombreux pays dans le monde. Il suffit de voir comment il conquière une bonne partie de l’Afrique. Au Canada, ce ne sont pas seulement les ressources naturelles qui intéressent les chinois, ce sont encore nos ressources alimentaires, tout comme ces terres non cultivées qui pourraient le devenir en adoptant de nouvelles méthodes culturales, contribuant par là même à garantir la sécurité alimentaire d’une population qui ne cesse de croitre.

Pour moi, la principale faiblesse du Plan Nord, c’est qu’il ne détermine pas les nouvelles frontières du développement du Québec. En ce sens, le bien connu curée Labelle était plus un bâtisseur que ne l’est actuellement Jean Charest. Lorsqu’on voit ce que sont devenues les Laurentides, on comprend que cet homme avait une vision quasiment prophétique. Un bon Plan Nord repousserait les frontières. Cette partie du Québec compterait quelques millions d’habitants supplémentaires avec l’ensemble des fondations d’une société prospère qui résulterait de cet apport substantiel de population. C’est ainsi que s’est faite la conquête de l’Ouest. C’est ainsi que devrait se faire la conquête du Nord.

Les seules perspectives de l’exploitation minière survivent dans le meilleur des cas quelques décennies, cela n’apporte pratiquement aucune vie additionnelle, puis enfin cela meurt. Ce n’est évidemment pas ce que nous voulons pour l’avenir. – Une coopération serrée du Canada avec l’ensemble des nations émergentes, dans le respect de l’environnement et des populations aborigènes, tout cela semble une fenêtre ouverte sur un avenir nettement plus prometteur.

Une piasse à 83 cennes ne serait pas une mauvaise chose pour le Québec qui souffre de la maladie hollandaise causée par le pétrole sale. On ne profite pas de la force de la piasse comme consommateurs parce que les intermédiaires rafflent tout. Vous avez vu la dernière?
Un char, fabriqué en Ontario, est vendu 20 à 25% plus cher au Canada qu’aux States! Incroyable mais vrai

http://www.cbc.ca/news/canada/ottawa/story/2012/06/12/ottawa-car-price-disparity-border-shopping.html

« How do you justify a car made in Canada being sold for 20 to 25 per cent more in Canada than in the U.S.? »

Price disparity
A look at manufacturer’s suggested retail prices (MSRP) in Canada and the U.S. for selected vehicles produced in Canada.

Vehicle
Canada MSRP (Cdn) U.S. MSRP (US) Manufactured in

Acura ZDX 54,990 46,120 Alliston, Ont.
Acura MDX 52,690 43,030 Alliston, Ont.
Chrysler Town & Country 31,645 29,995 Windsor, Ont.
Dodge Grand Caravan 19,995 20,995 Windsor, Ont.
Chrysler 300 32,995 28,670 Brampton, Ont.
Dodge Charger 29,995 24,495 Brampton, Ont.
Dodge Challenger 26,995 24,995 Brampton, Ont.
Ford Edge 27,999 27,525 Oakville, Ont.
Lincoln MKX (AWD) 47,650 41,395 Oakville, Ont.
Ford Flex 30,499 30,885 Oakville, Ont.
Chevy Camaro 27,965* 23,280 Oakville, Ont.
Chevy Impala 28,125† 25,760 Oakville, Ont.
Buick Lacrosse 34,935† 30,170 Oakville, Ont.
Chevy Equinox 26,445 23,530 Ingersoll, Ont.
GMC Terrain 28,395 25,560 Ingersoll, Ont.
Cadillac XTS 2013 48,995a 44,075 Oshawa, Ont.
Honda Civic sedan 14,990 15,995 Alliston, Ont.
Civic Si 25,990 22,555 Alliston, Ont.
Civic coupe 18,240 15,755 Alliston, Ont.
Honda Odyssey 29,990 28,375 Alliston, Ont.
Honda Ridgeline 34,990 29,350 Alliston, Ont.
Toyota Corolla 15,540‡ 16,130‡ Cambridge, Ont.
Lexus RX350 (AWD) 44,950 40,710 Cambridge, Ont.
Toyota Matrix 16,795‡ 18,845‡ Cambridge, Ont.
Toyota Rav4 24,865ⁿ 22,650ⁿ Woodstock, Ont.
Volkswagen Routan 28,575 27,020 Windsor, Ont.
*$2,280 credit available some places
† $2,000 credit available some places

‡ Freight and PDI of $1,465 in Canada, $760 in U.S.
ⁿ Freight and PDI of $1,565 in Canada, $810 in U.S.
a Add $1,595 destination fee
(Sources: Manufacturers online listings)
With files from the CBC’s Evan Dyer

Tant et aussi longtemps que l’Europe ne se sera pas sortie de son merdier, la menace continuera de planer, mais la terre, elle, n’arrêtera pas de tourner…

Alors, je continue de regarder ce spectacle d’une crise financière qui n’en fini plus de finir comme un épisode d’un mauvais téléroman qui n’aboutit jamais à rien.

Rod (#4) :

C’est un fait connu depuis longtemps que beaucoup de produits manufacturés coûtent moins cher aux Etats-Unis qu’au Canada. Si bien sûr la question des taux de taxe sont souvent évoqués, ce n’est qu’une faible partie de la différence de prix (d’ailleurs vos exemples sont « avant taxe », si je ne m’abuse).

En théorie une valeur élevée du huard est avantageuse pour nos importations et on devrait payer les produit moins cher. Si ce n’est que les prix payés par les consommateurs sont intrinsèquement liés au réseau de distribution et aussi au volume. Nos détaillants peuvent payer moins cher et augmenter leur marge bénéficiaire simultanément (c’est d’ailleurs ce que vous dites). Voyez les produits d’épicerie qui ont augmenté de plus de 30%.

Le Canada compte actuellement près de 35 millions d’habitants. Les Etats-Unis plus de 300 millions. De plus, les Etats-Unis sont présents comme distributeurs sur de multiples marchés dans le monde. De par les volumes commandés, les Etats-Unis profitent des meilleurs prix d’achats (malgré un dollar plus faible) ; ils ont aussi une concurrence plus efficiente. Ce qui signifie que les marges bénéficiaires plus ajustées des détaillants sont compensées par un volume des ventes plus grand.

– À noter que si nous étions réellement une zone de libre échange (ALENA-NAFTA), nous devrions en toute logique payer à peu près les mêmes prix partout. Cela requérrait une intégration de toutes les économies nord américaines et vous conviendrez avec moi que la chose ne devrait pas être pas pour demain la veille 🙂

@Serge Drouginsky

Ce n’est pas mon exemple mais celui du Sénat canadien qui se penche présentement sur ce scandale. Mais on est tellement centré sur la corruption et la grève étudiante, qu’on ne voit pas ce qui se passe à Ottawa.
Je vs rappelle que ce sont des autos frabriquées en Ontario! Pas des autos importées, des autos canadiennes vendues moins chères aux States. Idem en passant pour les skidoos de Bombardier.
Si le Québec était indépendant, est-ce qu’on payrait nos autos moins chères? Comme aux States?

C’était tellement mal orchestré qu’on se serait fait dilapider nos ressources non renouvelables avec à peine 16% de redevance sur les profits des cie… qui nous dit que les compagnies nous les auraient versé. J’ai lu qu’ils sont capables de faire dire à leur livres comptables qu’ils n’ont pas fait de profit… Si Charette avaient planifié de nationaliser 51% des ressources comme l’on fait les Norvégiens avec leur pétrole ça aurait été un bon plan de match, mais on sait ce qui en a découlé du projet Libéral.

Rod (#7) :

Merci beaucoup pour vos précisions.

Vous soulignez avec raison un problème qui existe aussi sur d’autres produits. Par exemple les « Comics » qui sont imprimés au Canada, souvent d’ailleurs au Québec et qui sont vendus suivant le prix américain et non sur les bases d’un prix canadien.

Cela montre que ce sont bien les américains qui sur beaucoup de produits imposent leurs prix au marché et que le prix de vente de beaucoup de produits n’est pas fixé par rapport à un prix de revient mais bien en fonction des bénéfices et des marges bénéficiaires recherchées.

Pour l’achat d’un véhicule automobile, neuf ou usager, vous pouvez toujours magasiner. Les prix de vente affichés sont usuellement les prix de vente conseillés. Rien ne vous empêche d’obtenir un rabais. Certains concessionnaires n’hésitent pas à vous en concéder de 10, 15 et quelquefois 25% selon les modèles.

Presentement le prix des matieres premieres sont un peu plus bas, sauf l or qui ne bouge presque pas. Immaginez si l Alberta se serait attarder a analyser les prix du petrole anterieurs a partir d un graphique. Jamais ils n auraient eu le courage a developper le nord de L Alberta. Ceci dit, les prix des matieres premieres peuvent varier d au moins 25% ou plus durant une annee, comme Apple, GM et autres. A long terme je ne suis meme pas proche d etre inquiet, la Chine a besoin de ce developper pour minimum, un autre 50 ans. Et je ne parle meme pas des Indes. En passant les 16% des redevances sur les profits qui vont au gouvernement, aucune importance. Car 90% des profits veritables vont venir des retombes economiques. Si l Alberta est si riche aujourd hui ce n est pas a cause des redevances, mais bien a cause des retombes economiques. It s all about convergence and symmetrie.lol

Lorsque nous ciblerons la satiété et un abri pour chaque enfant au monde, nous serons sur la bonne voie. Le reste suivra.