Ces entrepreneurs qui transformeront l’économie québécoise

J’ai accordé une interview il y a quelques semaines à Tery-Tanya Espin, une étudiante en journalisme de l’Université de Sherbrooke, à propos de mon livre sur l’entrepreneriat.

J’y résume le propos du livre et mes idées sur l’économie québécoise. Voici un extrait de l’article.

À la fin du mois de mai dernier, son livre L’Avenir du Québec, les entrepreneurs à la rescousse était publié. «Aux bilans ombrageux et aux sombres statistiques que vous trouverez dans ce livre, je fournis l’antidote», nous explique Pierre Duhamel dans son introduction. Il nous présente un portrait de l’entrepreneuriat au Québec: son passé, son présent, ses grands noms et ses grands projets. Il s’agit, selon l’auteur, «d’un long reportage sur l’économie québécoise».

Pourquoi est-il important que la société comprenne les enjeux économiques?

Parce que toute notre vie en société est paramétrée par des situations économiques. Que ce soit dans les services que nous recevons, notre consommation de biens, les voyages que nous faisons, la réalité des emplois, c’est l’économie qui est le facteur le plus important et le plus explicatif de notre réalité. En bref, l’économie a une influence sur toutes les sphères de la société.

Est-ce que les Québécois s’intéressent suffisamment à l’économie de leur province, de leur pays, du monde en général?

Pas vraiment. On n’a pas le choix de s’intéresser à l’économie, quoiqu’il semble difficile de faire les liens entre la «vraie vie» et l’économie. Nous avons peut-être une vision parcellaire de l’économie et de ses impacts sur notre quotidien, une mauvaise compréhension générale.

L’Avenir du Québec, l’entrepreneuriat à la rescousse est-il le seul livre en son genre?

Non, il y a beaucoup d’ouvrages sur l’économie au Québec et sur l’entrepreneuriat. J’ai tout simplement expliqué notre monde économique à ma façon. Les entrepreneurs sont la clé pour le développement de nos emplois, de nos régions, de nos revenus, bref, du Québec en général.

Dans le livre, on raconte l’histoire de l’entrepreneuriat au Québec en faisant référence aux plus grands entrepreneurs de la province. Ces grands modèles sont-ils en voie de disparition comme les grandes entreprises semblent l’être?

Je ne l’ai jamais vu de cette façon. La nature a horreur du vide. Par exemple, Guy Laliberté est un grand entrepreneur d’aujourd’hui: lui et d’autres, connus ou pas encore, seront les modèles de demain. Il y a des entrepreneurs talentueux au Québec!

Alors y a-t-il aujourd’hui plus d’entrepreneurs pour plusieurs petites entreprises plutôt que quelques grands entrepreneurs pour quelques grandes entreprises comme autrefois?

Non: il y a peu d’entreprises qui accèdent au stade de «très grande entreprise». C’est moins un objectif de créer des entreprises de milliards de dollars. De plus, il y a d’énormes entreprises dans le monde, et le marché d’aujourd’hui, c’est le monde entier. C’est une réalité qui peut être difficile.

Les Québécois manquent de «guts», de «tripes». Les Québécois sont-ils pissous?

En fait, le vieillissement de la population explique ce qui pourrait être considéré comme étant un manque de «guts». Les gens sont moins jeunes, et pour un entrepreneur de quarante ans, tout risquer signifie beaucoup, alors que pour un jeune adulte à la mi-vingtaine, tout risquer signifie, la plupart du temps, ne pas risquer tant que ça. C’est plus facile pour un jeune entrepreneur de prendre des risques que pour un entrepreneur moins jeune.

Pourquoi les Québécois ont-ils peur de développer leurs ressources? Je pense entre autres au Plan Nord ou aux gaz de schiste.

Il y a beaucoup de considérations. De mauvaises informations économiques et politiques circulent au Québec. Nous croyons peut-être que le développement économique peut se résumer à taxer les plus riches, mais ce sont les ressources naturelles qui permettent des développements économiques. On croit à tort qu’on peut se passer de ces développements économiques, et c’est ce qui m’inquiète: la valeur des gaz naturels a diminué au cours des dernières années. Nous ne sommes pas les seuls producteurs de ces gaz. Maintenant, il faut savoir si l’exploitation de ces ressources est rentable ou non. La conscience écologique apporte de grandes questions, des enjeux importants, mais la demande pour les matières premières est toujours là. Nous avons toujours exploité nos ressources naturelles, qui nous ont toujours bien servi, tout d’abord les fourrures, puis le bois de construction, le papier journal, l’électricité, l’aluminium…

Alors qu’est-ce qui fait que les Québécois ont peur de la mondialisation?

Avec la mondialisation, le monde se reconfigure. Au Québec, 50 % de ce qui est produit est vendu ailleurs qu’au Québec. Les marchés et les clients varient. Les profits de demain sont dans le développement de ces marchés.

Les Québécois sont-ils nés pour un petit pain?

Non! Les Québécois ne sont pas nés pour un petit pain. Nous faisons partie des endroits les plus riches au monde, grâce aux Québécois. Peut-être que les Québécois sont un peu complaisants ou un peu trop «confortables». Il ne faut pas tomber dans le piège du misérabilisme. Pour maintenir notre place dans ces pays qui réussissent, il faut continuer de se battre constamment, et assez rapidement sur les marchés!

Suite de l’article sur le site du journal Le Collectif, des étudiants de l’Université de Sherbrooke


À la vie de l’interview, la jeune journaliste ajoutait ceci. J’en profite pour la remercier.

Un ouvrage accessible

Je n’avais jamais lu de livre sur l’économie ou sur l’entrepreneuriat de mon plein gré avant de lire L’Avenir du Québec, l’entrepreneuriat à la rescousse, et je m’attendais vraiment à une tâche ardue. En général, je suis plutôt allergique aux chiffres, mais cet ouvrage n’en est pas un de chiffres, de statistiques ou de pourcentages: il s’agit plutôt d’un livre qui parle des Québécois, de notre société et de nos aspirations, de notre passé, de notre avenir. C’est un livre qui nous brosse un portrait très accessible du monde des affaires qui nous entoure. C’est un livre qui parle de l’entrepreneur québécois, ce personnage qui vit d’optimisme et de créativité, d’innovation et d’opportunités, mais qui vit surtout de rêve et de passion.

 

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« Les entrepreneurs sont la clé pour le développement de nos emplois, de nos régions, de nos revenus, bref, du Québec en général. »
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« entrepreneur » comme tel ne veut rien dire, c’est ce qu’il y a entre les deux oreilles dudit entrepreneur qui compte. Vision sociale ou individualiste? J’ai entendu aujourd’hui que les Conservateurs considèrent Norman Bethune comme un… grand entrepreneur.

On continue de miser beaucoup sur l’exploitation des ressources naturelles et pas assez sur la manière dont on doit exploiter les ressources. Nous abandonnons cette exploitation à des spécialistes dont le stricte objectif est de rentabiliser leur spécialité aux meilleurs délais. Exploiter la forêt comme au 18ième siècle, pour alimenter en charpentes de bois dures des chantiers navals situés outre atlantique n’a strictement aucun sens et cela tout le monde l’a compris. En revanche continuer des produire des 2×4 et du bois de sciage dont 50% vont à l’exportation tient du gaspillage de matériaux. Lorsque la confection de charpentes complexes offre des possibilités infinies.

Aujourd’hui on gaspille encore les ressources venues de la mer ; on tue des phoques et des bébé-phoques dont on vend les peaux à prix convenu (donc une misère) ; puis les peaux s’en retournent vers des selliers, cordonniers et fourreurs réputés quelque part en occident ; lesquels vendront leurs créations originales à prix d’or moyennant des marges bénéficiaires surmultipliées, lesquelles seront répercutées par des détaillants bien placés sur les artères réputées des grandes capitales du monde. D’un point de vu de l’économie, cela n’a aucun sens de résumer notre intervention au seul abattage. Pourtant, c’est ce que nous faisons. Mieux vaut dans ce cas épargner les phoques.

Il en va de même de nos ressources naturelles et des gaz de shale d’Utica notamment, lorsque l’extraction du produit est soumise à la dictature du marché (prix bas actuellement), quand les meilleurs agréments seraient d’utiliser la ressource près des lieux d’extraction pour ainsi pourvoir en énergie, diverses formes de négoces basés sur la transformation. En ce sens, tout cela procède d’un processus économiquement responsable directement issu des pratiques vernaculaires anciennes lesquelles étaient porteuses de valeurs ajoutées puisque rien ne s’y perdait.

On contraint les entreprises à n’être que de simples auxiliaires d’un « Grand Plan mondialisé » abstrait, sous prétexte que c’est le prix à régler pour s’assurer de notre bonheur collectif et de celui des générations futures. Il en est ainsi puisque les québécois ne comprennent naturellement rien à l’économie de marché….

On se raille du bon sens citoyen et on empêche justement les créateurs, les inventeurs et les créatifs de mener à bien et jusqu’à leur terme des entreprises à forte valeur ajoutée qui sont en toutes fins les seules susceptibles d’apporter une superbe prospérité ; on omet de dire qu’il faut valoriser d’abord l’intelligence et l’unir dans l’amour du travail bien fait.

En résumé, on reste figés dans un passé qui n’existe définitivement plus ; lequel finira tôt ou tard lui-même par nous dépasser.

Les défenseurs de la libre entreprise, ceux qui veulent réduire toujours plus le rôle de l’État dans tous les domaines, ces personnages ne se rebellent pas trop fort quand le gouvernement Charest décide de construire des routes pour des minières.

Vraiment, l’État a un rôle important à jouer dans le développement d’une nation et évidemment au niveau économique. Il ne s’agit pas de laisser tous les entrepreneurs faire comme bon leur semble juste pour ne pas brimer leur liberté. L’État doit encadrer le développement économique et par tant, les activités des entrepreneurs pour que leurs actions aillent dans le sens du plus grand des citoyens, pas le plus grand profit des entrepreneurs, des financiers et des spéculateurs.

Une des conditions essentielles à cette vision c’est d’abord s’assurer que l’octroi des grands travaux publics ne soient pas majorés de 20 ou 30%, pour engraisser les coffres des partis politiques.

Mais la volonté politique du gouvernement en place est plutôt louche quand on se remémore qu’il lui a fallut plus de trois ans pour se décider à regarder sérieusement ce problème.

«La petitesse nous rassure, car elle exige peut, mais il n’en est pas ainsi de la grandeur, qui exige beaucoup.»
[André Pronovost]

Mon dieu que les questions étaient sottes et pleines de préjugés. Qu’elle sorte de chez elle, la madame.

Personne n’est contre l’exploitation des ressources naturelles et vous donnez, avec justesse, les exemples du bois, de l’aluminium et de l’électricité.

Les Québécois sont contre le plan nord ? Non, ils sont contres les nananes aux entreprises et les redevances ridicules versées par le gouvernement qui, lui, reste pris avec les sites contaminés (je viens d’East Broughton, près de Thetford Mines : je sais de quoi je parle)

Les Québécois sont contre le gaz de schiste ? Non. Ils sont contre les droits d’exploration qui ont été bradés. S’interrogent sur le fait à savoir si c’est polluant pour les nappes phréatiques ou pas (sans eau, pas d’agriculture, pas de bétail, pas de développement, pas d’habitants).

Les Québécois sont contre l’exploitation de la forêt ? Non. Ils sont contre les droits de coupe bradés (et les Américains aussi (et les propriétaires de boisés privés, tel que moi, aussi).

Bref, sortez et interrogez les gens que vous pensez être contre l’exploitation des ressources et/ou anti-capitalistes et vous serez surpris des réponses intelligentes et structurées que vous trouverez.

Vous affirmé, haut perché sur vos diplômes, qui viennent probablement d’une ou de plusieurs des grandes universités de ce monde que;

« toute notre vie en société est paramétrée par des situations économiques. Que ce soit dans les services que nous recevons, notre consommation de biens, les voyages que nous faisons, la réalité des emplois, c’est l’économie qui est le facteur le plus important et le plus explicatif de notre réalité. En bref, l’économie a une influence sur toutes les sphères de la société. »

Dans votre enthousiasme délirant vous sembler oublier que tout ce qui se passe sur cette planète y inclus l’activité économique, se déroule dans un environnent. Cette environnement la n’est pas soumise au loi de l’économie ni aux théories neo-liberales si a la mode. L’environnement aussi a une influence sur toutes les sphères de la société et sur tout les aspects de nos vies et elle se détériore rapidement, tout comme et parallèlement a l’économie mondiale (il y a peut être ici matière a investigation). Personnellement je ne crois pas que l’économie, du moins celle d’ont on parle ici va survire au pression que l’environnement va lui opposer. Les compagnies d’assurances peuvent déjà nous instruire à ce sujet. Nous avons peut-être une vision parcellaire de l’environnement et de ses impacts sur notre quotidien, une mauvaise compréhension générale. Si l’économie est une science pas tout à fait exacte, l’environnement elle est une force implacable. Malheureusement il y a conflit évident entre les deux et je ne crois pas que ce sont les banques et la bourse qui vont l’emporté.
C’est une réalité qui peut être difficile.

Pourriez-vous demander à nos entrepreneurs québécois pourquoi ils ont besoin de 6 milliards de subventions annuellement(c’est deux fois les chèques de BS) pour investir au Québec?

Comment expliquer qu’en plus on fasse des prêts de 58 millions pour exploiter une mine d’amiante?

Merci pour cette intéressante lecture. Votre livre me tente beaucoup….

Je me permets de vous suggérer un livre que je viens de finir :

Corporate Catalyst: A Chronicle of the (Mis)Management of Canadian Business from a Veteran Insider, auteur, Tony Griffiths, l’ancien CEO de Mitel Corp.

Un voyage dans le temps, pour ma part, mais aussi d’importantes leçons sur le milieu des affaires, canadien et d’ailleurs.

Monsieur Lessard, (réponse #4)

J’ai relus les questions de l’étudiante en journalisme, en incluant celles de son article complet dans le journal Le Collectif, et je ne vois pas ou elle fait mention que les gens sont contre l’exploitation des ressources naturelles.

Elle pose plutôt la question à savoir pourquoi les Québecois ont peur de développer leurs ressources.

Je trouve votre commentaire déplacé dans cette article qui à pour but de promouvoir le livre de M. Duhamel et non vos opinions politico-sociales.

De plus, traiter une personne de sotte dans une phrase d’ouverture n’aide jamais une crédibilité.

Monsieur Trudeau, j’ai dit que les questions étaient sottes, pas la personne.

Elle pose la question : pourquoi sont-ils contre l’exploitation des ressources ?.

Ça suppose donc qu’elle croit que les Québécois sont contre l’exploitation des ressources, non ? Je me trompe ?

Je viens sur ce blogue car je trouve Monsieur Duhamel intéressant. Mais l’entrevue était mauvaise et Monsieur Duhamel l’a, pour ainsi dire, réchappé.

Ha pis, en passant, le commentaire serait déplacé ? Un blogue, est-ce un exercice d’auto-promotion ou un lieu d’échanges d’idées ?

Ça se trouve à être quoi, finalement, que vous ne comprenez pas ?

Ah…les gros méchants entrepreneurs capitalistes qui veulent brader « nos » ressources… Quelle calamité! Et surtout, quelle phrase creuse!

Sauf que…les gauchisto-anti-tout qui pullulent au Québec, dénoncent le capitalisme avec véhémence mais ils n’ont rien, strictement RIEN d’autre à nous proposer.

On sait pourquoi: Ils ont BESOIN du capitalisme pour réaliser leurs lubies.

D’autres avant eux ont tenté de détruire le système capitaliste et ils ont lamentablement échoué, entraînant dans leur anéantissement des générations entières cumulant des lustres de retard sur le reste de la planète.

« Le socialisme a besoin d’un hôte, le capitalisme pour se faire vivre. Il tire sa subsistance de la différence entre votre salaire brut et vote salaire net! »

Que sert d’avoir de grands entrepreneurs ?
S’ils vont faire fabriquer leur produit en Chine ?

Les produits d’ici sont trop dispendieux !.

Les produits de Chine même pas couteux,
peut-on les achetés si l’on n’a pas le revenu d’un emploi ?
N’attendons pas le 26 % de chômage de la Grèce
pour produire ICI.