Ces Moody’s qui font trembler le monde

Après des semaines d’intenses batailles entre républicains et démocrates pour en venir à un accord sur le relèvement du plafond de la dette américaine, l’agence de notation financière Standard and Poor’s a ruiné les espoirs de Barack Obama en abaissant la note de AAA attribuée aux États-Unis, pour la porter à AA+.

Ces Moody’s qui font trembler le monde
Photo : C. Dharapak/AP/PC

Cette crise a mis en lumière l’énorme influence des agences de notation financière, comme Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings, qui attribuent aux pays des cotes allant de Aaa à C, selon leur solvabilité.

Ces cotes sont attribuées à des États, mais aussi à des entreprises, au terme d’études menées par une panoplie d’analystes financiers et d’experts en gestion du risque. Elles permettent aux investisseurs (particuliers, banques, caisses de retraite…) d’évaluer la qualité des actions ou des obligations.

Une baisse de notation peut être catastrophique pour un État ou une entreprise, qui voit sa capacité d’emprunt diminuer. Mais le simple fait d’avoir une cote, bonne ou mauvaise, démontre un souci d’inté­grité. « C’est une forme de certification externe », dit Richard Guay, ex-patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec et professeur de finance à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.

La toute première agence de notation, The Mercantile Agency, a été fondée à New York en 1841, par un marchand de soie qui voulait protéger les petits épargnants, durement touchés par la crise financière de 1837. À l’époque, près du tiers des banques américaines avaient fait faillite. Aujour­d’hui, il y a 150 agences dans le monde, mais Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch contrôlent à elles seules 94 % du marché.

La Commission européenne accuse les agences de nuire aux pays qui tentent de sortir la tête hors de l’eau, comme le Portugal. Richard Guay croit au contraire que ces agences manquent parfois de diligence. Il rappelle qu’elles avaient accordé une cote parfaite (Aaa) au papier commercial, un titre financier complexe dont la valeur s’est complètement effondrée en 2007, ce qui a entraîné une crise sans précédent.

 

 

Les plus populaires