C’est toujours la même histoire

C’est fou comme l’histoire ne cesse jamais de se répéter. Je vais vous parler d’un projet immense. Tellement gigantesque, qu’on l’appelait alors « le projet du siècle ».

Un premier ministre du Québec l’a annoncé lors d’une assemblée partisane.

Les écologistes ont dit que ce serait une catastrophe.

Un des grands prêtres du nationalisme économique  avait qualifié le projet en question de « projection vers l’avenir du retour à la terre du Curé Labelle », alors qu’une «révolution technologique était en train de se produire », ce qui rendait passéiste ce recours à l’hydroélectricité.

On a dit qu’il n’y avait aucune justification à ce projet, sinon le capital politique et la création d’emplois (comme si ce n’était rien).

On a dit que le gouvernement voulait limiter la croissance d’Hydro-Québec en créant une société qui serait le maître-d’oeuvre des travaux et des installations.

On a dit que le gouvernement n’a pas été franc dans ce dossier.

Les coûts de construction ont été considérablement sous-estimés.

La FTQ a exigé le monopole de la représentation syndicale et on a saccagé le campement des travailleurs du chantier pour avoir gain de cause.

Le gouvernement a créé une commission d’enquête sur l’industrie de la construction pour faire la lumière sur cette industrie.

Vous avez deviné, je faisais mention du projet de la baie James qui a tant marqué les années 1970.

On retrouve aujourd’hui les mêmes acteurs, jouant la même partition, 40 ans plus tard, et sans aucune note discordante.

Une seule différence : les Cris sont aujourd’hui les partenaires du gouvernement et de l’industrie minière dans l’exploration des richesses naturelles de la baie James.

Dans sa chronique à la radio hier matin, René Vézina racontait ce qui se passe à la mine Renard, à la baie James, un projet de 802 millions de dollars. Les gouvernements percevront 100 millions de dollars en revenus fiscaux par année pendant 10 ans. Les Amérindiens vont déboiser la route menant à la mine. La compagnie paiera les installations nécessaires à l’approvisionnement en électricité et une partie de la route conduisant à la mine. L’autre partie sera payée par les fonds publics puisqu’elle mènera au nouveau parc national Albanel-Témiscarnie-Otish, qui n’est desservi par aucun axe routier.

 

 

 

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« C’est toujours la même histoire »….alors faudra s’y habituer. Le gouvernement non plus que le parti libéral ne possède pas les ressources du Québec. Il est là pour gérer.
Alors que ce soit Thierry Vandal qui brade les « claims » de l’Île d’Anticosti qui appartient aux Québécois, eh bien il les a brader à une compagnie privée…..commettez-vous Duhamel croyez-vous que on puisse avoir le fond de cette histoire….après on discutera. À moins que vous approuviez ce genre de transaction compte-tenu de l’enjeu et de l’appartenance. Sinon taisez-vous.
En passant Vézina n’est pas une référence.

« Les gouvernements percevront 100 millions de dollars en revenus fiscaux par année pendant 10 ans »

Si le fédéral et le provincial se partage la tarte en deux, le Québec ne recevra que 50 millions par année.

Est-ce que le fédéral participe financièrement à la construction de la route et des autres infrastructures nécessaire pour le projet Renard?

Grosse différence! C’était une compagnie d’état qui allait empocher les profits, pas des compagnies étrangères…

Cela vous a sans doute échappé, mais la propriété de cette mine est canadienne et plusieurs de ses administrateurs sont francophones. Ah, pour vous la seule vraie propriété est celle de l’État et il faudrait nationaliser le maximum de notre économie… Sachez quand même que le plus gros actionnaire de cette entreprise, et de loin, est la SOQUEM, donc Investissement Québec, avec 37 % des actions.

@Pierre-Alexandre:

Il faut quand même dire qu’Investissement Québec (donc nous) détient une participation de 25% dans Storneway.

@M. Duhamel:
Je viens de voir votre commentaire faisant état d’une participation de 37% d’IQ.

J’ai pris mon chiffre de 25% de ce document: http://www.marketwire.com/press-release/diaquem-inc-avis-1646631.htm

Extrait: « À la suite du placement privé, Diaquem détient dorénavant 34 686 842 actions ordinaires de la Société représentant approximativement 25 % des actions ordinaires émises et en circulation de la Société, ainsi que 2 548 975 bons de souscription d’actions ordinaires. »

TSX dit que Storneway a 138 millions d’actions en circulation. 34.7 millions corresponds effectivement à environ 25%.

Toutefois, j’ai aussi vu sur d’autres sites web ce chiffre de 37% que vous mentionnez.

Pourriez-vous clarifier cette ambiguïté?

Merci.

IQ détient 25 % des actions ordinaires ET 22,5 millions d’actions convertibles. Si ces actions étaient converties, la participation d’investissement Québec montrerait à 37 %.

Attention M Duhamel, ce n’est pas parce que l’énergie produite à la Baie James s’est avérée payante que le passé est garant de l’avenir.

Prenez la Romaine par exemple, les coûts (estimés) de produire de l’énergie là bas sont de 2 à trois fois supérieur aux prix actuellement obtenus à l’exportation par HQ (4 cent du Kw), notamment à cause de l’exploitation du gaz naturel aux USA et de son cout très bas. Or il existe des quantités pratiquement infinies de gaz de schiste et il n’y a donc pas vraiment de garantie que ce projet devienne rentable avant très longtemps. Les seuls gagnants à coup sûr sont les contracteurs dont nul doute plusieurs auront généreusement contribué aux caisses électorales des décideurs…

Sans parler de l’impact environnement, on l’a presque oublié mais certains projets passés ont eu un impact immense en inondant des zones gigantesques, essayer seulement d’imaginer des tels projets plus au sud…

Bref faire du développement économique avec l’argent des contribuables ça demeure toujours un très grand risque. Quand il s’agit de savoir où sont les meilleurs investissements personne ne peut battre le marché (composé par de millions d’individus), en tous cas certainement pas une poignée de fonctionnaires et de politiciens confrontés à des contraintes électoralistes, idéologiques, sans parler du copinage et même pire (….).

Donc pas contre le développement mais (1) c’est au secteur privé de prendre l’initiative et d’assumer les coûts et (2) l’impact environnemental doit être limité.

Quand aux fameuses redevances qui fatiguent tant la gauche il me semble que s’est un dossier secondaire, il suffit que collecter des redevances raisonnables, pas de cadeaux mais pas non plus de repoussoir pour les entreprise, en fait pourquoi pas des redevances de base jumelées à une système d’enchères?

Vous avez souvent dénoncé les subventions gouvernementales à l’entreprise privée. Plus de 6 milliards par année juste pour le gouvernement du Québec.

Ce matin on apprend que le Gouvernement fédéral verse plus d’un million par année à L’Actualité! (l’équivalent du salaire de 15 à 20 journalistes)

J’aimerais bien avoir votre opinion sur le sujet?

Sur une longue période l’évolution du prix des commodités suit de très près l’inflation, autrement dit un rendement à peu près nul. Cela s’explique surtout par l’innovation et l’ingéniosité humaine qui fini invariablement par trouver des alternatives ou des moyens plus efficace d’extraire.

Mais évidemment l’évolution des prix n’est pas linéaire mais plutôt cyclique et justement on vient de vivre un période de forte croissance, ce qui augmente la probabilité d’un retour de pendule.

Avis à ceux qui voudraient investir lourdement les taxes et l’avenir des contribuables dans les commodités: Il existe un sérieux risque que tout cela foire misérablement.

Personnellement je n’ai rien contre le développement, mais pas en mettant à risque les contribuables.

De plus je ne crois pas le Québec sera sauvé par les ressources, je n’y crois tout simplement pas. La vraie solution c’est d’améliorer la productivité, mais ça malheureusement on en est loin.