Chandler

L’usine Gaspésia de Chandler, qui produisait de la pâte et du papier depuis 1915, a fermé ses portes en 1999. Trois cents travailleurs se sont retrouvés sans emploi. Cinq ans plus tard, un projet de modernisation de l’usine a avorté, mettant fin aux espoirs de relance. La municipalité de Chandler a acheté les installations et vient de les revendre à une entreprise américaine qui procèdera à leur démantèlement. Mais les Chandlerois n’ont pas dit leur dernier mot !

Entrevue avec Claude Cyr, maire de Chandler

Les efforts pour redonner vie à la Gaspésia avaient déjà englouti 700 millions de dollars. Pourquoi la municipalité, avec l’aide de ses partenaires, a-t-elle racheté l’usine ?
C’est l’une des meilleures décisions que l’on ait prises. Cela nous a permis de contrôler notre futur. Sinon, l’usine aurait fait faillite et on se serait retrouvé avec un éléphant blanc au centre-ville. Au lieu de cela, la Gaspésia va être vendue en bonne et due forme, les taxes municipales qui étaient en souffrance sont payées jusqu’à la fin 2008, et le terrain sera décontaminé le plus tôt possible. Et une fois tout cela terminé, nous avons bon espoir qu’il reste quelques millions de dollars à la municipalité pour son Fonds de diversification économique. Cela aidera à lancer d’autres projets dans la région.

Quel a été l’impact de la fermeture de la Gaspésia à Chandler ?
Cela nous a donné un coup dur, c’est incroyable. Des commerces ont fermé leurs portes. Les deux tiers des employés de métier de la Gaspésia ont quitté la ville pour faire des contrats à Québec, à Trois-Rivières, ou même en Alberta. Mais leurs familles sont restées ici. C’est très difficile pour eux. Et la morosité ne touche pas seulement Chandler. Toute la MRC, et même toute la Gaspésie, recevait des retombées indirectes de cette industrie. On a de plus en plus de misère à attirer ou à garder les jeunes ici. C’est vraiment une crise majeure.

Qu’adviendra-t-il du site de la Gaspésia ?
D’ici deux ans, Vantek, l’acquéreur américain, aura terminé de liquider toutes les installations. Éventuellement, on aimerait aménager un bâtiment pour raconter l’histoire de l’usine. Quant au reste du site, cela pourrait devenir un parc nature avec une partie industrielle. Cela dépend des projets qui vont aller de l’avant. À ce propos, un groupe de l’Alberta s’est montré intéressé à acheter le système de pâte thermomécanique pour continuer à produire de la pâte à Chandler.

Donc, après tous les rebondissements, la production de pâte n’est pas tout à fait terminée à Chandler…
C’est sûr qu’on ne demanderait pas mieux. Cela créerait une centaine d’emplois et donnerait un coup de main aux scieries de la région, qui sont prises avec des surplus de sous-produits de copeaux, de sciure, etc. Elles n’ont plus de marché pour écouler tout ça. Toutes les papetières de la région sont fermées. Mais rien n’est encore confirmé.

À part l’industrie forestière, qu’est-ce qui pourrait relancer l’économie de la ville ?
AAER, un groupe québécois spécialisé en énergie renouvelable, voudrait fabriquer des pales d’éoliennes à Chandler. Mais on ne sait pas encore si ça fonctionnera. Il faut attendre qu’Hydro-Québec fasse ses annonces concernant le deuxième appel d’offre de 2000 MW d’énergie éolienne, en mai. On fonde beaucoup d’espoir dans ce projet.

Certains ont évoqué une usine pour la vente de concombres de mer… Est-ce que ce sont des rumeurs farfelues ?
Non ! À Newport, un quartier de Chandler, il y a les infrastructures nécessaires pour commercialiser ce petit animal, qui fait partie de la même famille que les oursins et les étoiles de mer. C’est très prisé dans la cuisine asiatique. Le dossier est très avancé. Si tout va bien, c’est peut-être le premier projet qui va voir le jour, à l’automne 2008.

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