Changements climatiques : une lueur d’espoir ?

À quelques mois de la conférence de Paris, qui tentera de réussir là où Copenhague a échoué, certaines déclarations percent légèrement les nuages à forte concentration de CO2.

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Photo © Len Radin / CC BY-NC-SA 2.0

Après la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat — qui a presque unanimement été vue comme un échec —, le moral des personnes qui se soucient du réchauffement climatique est tombé bien bas.
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En effet, cet échec semblait démontrer qu’il y avait peu de chances qu’un nombre suffisant de pays se mettent d’accord sur un mécanisme de contrôle des émissions de gaz à effet de serre mis sur pied juste à temps pour empêcher un réchauffement catastrophique de la planète.

Depuis, la tendance serait à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Tout cela alors qu’un consensus scientifique se solidifie : il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % à 70 % d’ici 2050 pour éviter de dépasser la barre du réchauffement de deux degrés Celsius, sans quoi les conséquences risquent d’être très graves.

Embellie ?

Mais à quelques mois de la conférence de Paris, qui tentera de réussir là où Copenhague a échoué, certaines déclarations percent légèrement ces nuages à forte concentration de CO2.

Premièrement, le 1er juin dernier, les PDG de six des plus grandes compagnies pétrolières et gazières d’Europe (BG Group, BP, Eni, Royal Dutch Shell, Statoil et Total) se sont déclarés pour une taxe sur le carbone. Le 22 mai, les plus grandes sociétés pétrolières et gazières du Canada s’étaient elles aussi prononcées pour une taxe semblable en Alberta.

Deuxièmement, le 8 juin, les pays du G7 se sont prononcés pour une réduction majeure des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Finalement, le 17 juin, le pape François a publié une encyclique encourageant tout le monde à lutter contre le réchauffement climatique.

Prises individuellement, chacune de ces nouvelles ne serait pas suffisante pour me donner de l’espoir.

Il est vrai que de grandes compagnies pétrolières d’Europe qui se prononcent pour une taxe sur le carbone s’avère un changement énorme comparativement aux positions de ces mêmes sociétés il y a à peine 5 ou 10 ans. Ces dernières constatent enfin la réalité du réchauffement climatique et admettent qu’elles ne régleront pas le problème elles-mêmes sur une base purement volontaire.

Mais le fait que les compagnies américaines n’aient pas accepté de se joindre à leurs homologues européennes montre qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Que des pays du G7 (y compris le Canada et les États-Unis) signent un communiqué admettant qu’il faut réduire de manière importante les émissions de CO2 est aussi encourageant. Mais comme le disent si bien l’économiste Jean Tirole (lauréat d’un prix Nobel) et son collègue Christian Gollier, les engagements non contraignants ne sont pas suffisants.

Le pape, de son côté, n’a évidemment aucune autorité réelle sur le problème de la pollution atmosphérique, mais sa popularité et son autorité morale pourraient avoir des répercussions positives.

Mis ensemble, ces trois actes pourraient néanmoins marquer un point de bascule.

Un point de bascule qui n’arriverait pas trop tôt, bien au contraire. Certains environnementalistes estiment que nous en arriverons un point de non-retour très bientôt.

Greenpeace, entre autres, affirme que si nous ne réduisons pas de 5 % les émissions annuelles de CO2 dans le monde d’ici 2020, un niveau dévastateur de réchauffement sera ensuite potentiellement impossible à arrêter.

Objectif carbone

Que la réduction nécessaire soit de 5 % par année ou de 1 à 2 % (comme l’avancent les pays du G7), il faudra que le monde utilise tous les outils mis à sa disposition. Le premier de ces outils doit certainement être une entente qui forcera la fixation d’un prix du carbone à l’échelle mondiale, que ce soit par l’entremise d’une bourse du carbone (qui existe déjà au Québec) ou d’une taxe.

Selon les plus récents chiffres, 40 pays et plus de 20 villes, provinces et régions établissent un prix sur le carbone, ce qui couvre seulement 12 % des émissions mondiales annuelles.

C’est pourquoi il est surprenant de voir Michel Kelly-Gagnon, le PDG de l’Institut économique de Montréal (IEDM), écrire cette semaine qu’une taxe sur le carbone serait essentiellement inutile. Il base son argument sur le fait qu’une telle taxe, d’après deux études différentes, ne réduirait la consommation de pétrole que de 7 % ou de 30 % à long terme.

La grande différence entre les résultats des deux études citées par Kelly-Gagnon est un bon indice de la difficulté qui se présente lorsque vient le temps d’estimer avec précision la consommation de pétrole à long terme… et, conséquemment, l’effet d’une taxe sur le carbone.

Si une telle taxe réduisait réellement les émissions de 30 % à long terme, alors qu’il faut réduire ces émissions de 40 % à 70 % pour éviter les pires conséquences du réchauffement, elle résoudrait à elle seule une grande partie du problème, non ?

Le reste pourrait potentiellement être atteint en investissant une partie des revenus de la taxe sur le carbone dans des technologies vertes.

Je suis un économiste qui ne pratique pas la religion catholique, mais j’espère qu’à la conférence de Paris, les dirigeants des différents pays, mais surtout des États-Unis et de la Chine, penseront aux générations futures et écouteront davantage le pape que les Michel Kelly-Gagnon de ce monde.

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Je n’ai pas encore lu l’encyclique papale, mais je ne crois pas que cet ouvrage préconise l’adoption d’une taxe sur le carbone. Bien que je sois depuis longtemps en faveur d’une réduction des gaz à effet de serre, force est de constater que le gaz carbonique n’est pas le seul facteur du réchauffement climatique. Seule une action concertée et globale peut permettre de limiter les effets de la problématique.

Fixer un prix pour la tonne métrique de CO2 est un leurre, car excepté dans quelques domaines industriels, il est assez difficile d’évaluer avec précision le niveau des émissions de toutes les activités humaines sans exception. Imaginer qu’une simple taxe sur le carbone aurait pour effet de rencontrer une réduction de 30% des émissions sur le « long terme » montre bien la totale improvisation de cette prédiction.

Dans ce cas le long terme c’est combien ? Dix ans, vingt ans, cent ans, mille ans ?

La Terre est ainsi faite qu’elle repose sur une sorte de magma gazeux, principalement du méthane (CH4, 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, CO2) qui se trouve concentré et liquéfié dans le fond des océans. Techniquement, c’est une bombe à retardement. Si une grande quantité de ce méthane retrouvait son état gazeux, cela modifierait de façon indélébile les écosystèmes terrestres. Mais pas le caractère biotique de la Terre.

Plusieurs espèces seraient menacées ou disparaitraient, incluant l’homme. Mais qui sait, on pourrait tout aussi bien envisager avec le temps, une espèce mutante qui résisterait. Dans le contexte actuel, il serait je pense du plus grand intérêt de savoir si la théorie de Darwin s’applique ou alors bien pas. Et de se préparer au pire pour espérer un répit afin d’entrevoir le meilleur. — Qui sait ?

Un petit mot encore sur l’article de Kelly-Gagnon. Ce qui s’y trouve écrit, c’est que tant que les bénéfices tirés par la combustion du pétrole seront supérieurs au coût du produit, l’introduction d’une taxe supplémentaire ne pourra pas détourner les usagers et les professionnels de cette consommation. Donc on peut introduire une taxe si on veut mais les résultats ne seront pas automatiquement ceux qui sont escomptés ! Voilà ce que nous dit Kelly-Gagnon. — Pas bête !

Seules des alternatives crédibles ou catastrophiques auront pour effet de changer les habitudes de consommation des gens drastiquement. Et concrètement c’est tout le processus de vie dont il faudrait faire la réingénierie. Incluant d’ailleurs : la manière dont travaillent les gens, la façon dont ils bouffent, leurs loisirs, leur rémunération, etc….

Depuis quelques décennies maintenant, je suis converti aux bienfaits de l’hydrogène (un très bon carburant peu polluant) qui pourrait être employé dans toutes sortes d’industries, à peu près tous les transports, etc…. Je suis toujours étonné que ce produit ne soit toujours pas plus employé et qu’il n’ait pas conquis notre vie quotidienne !

Mes avis qu’une belle taxe sur le carbone serait aussi peu productive que de coller son nez sur un seul arbre qui aurait pour « effet » de cacher la forêt. Les lobbies pétroliers qui se disent prêt à adopter cette taxe ont fait leurs calculs, ils souhaitent tout bonnement se rendre présentables pour continuer au moins jusqu’à la fin du siècle de tenir en seigneurs et maître ce qu’il convient d’appeler : le haut du pavé.

C’est pourquoi, je pense que le COP21devra faire preuve de beaucoup plus d’imagination que l’introduction d’une taxe généralisée sur le CO2. Quant à moi, je miserait plutôt sur la coopération renforcée des nations et sur une restauration progressive de tous les écosystèmes terrestres, rencontrer les impératifs de la biodiversité, incluant la biodiversité marine, tout cela est la meilleure manière de vivre sur une planète plus saine qui dispose avec un peu d’amour d’un réel potentiel au niveau de sa propre régénération.

— Comment des économistes distingués pourtant diplômés peuvent-ils si aisément se tromper de cibles ?

Allons-y dans l’ordre et le désordre.
1. Il faut éviter la hausse de 2° C d’ici 2050, car les effets seraient irréversibles. Merci du conditionnel. Maintenant, tous les modèles climatiques développés depuis les années 1990 ont eu tout faux. Alors que le CO2 a continué d’augmenter et que selon ces modèles la température aurait dû augmenter drastiquement dans les dernières années, nous sommes arrivés à une forme de plateau depuis 15 ans en terme de température. Si ces modèles n’ont pu prédire le passé, alors quelle confiance avoir pour l’avenir!
2. OK pour un prix du carbonne ou une taxe, mais déjà au Québec on a un prix du carbone qui est passé de 2,2 cents du litre à son annonce à 3,7 cents plus récemment, est-ce que quelqu’un peut me dire où est allé cet argent et à faire quoi? Et on a réussi à freiner de combien la progression de la température. En passant, pendant le gouvernement taxe le carbone, il subventionne une cimenterie qui fera augmenter le…CO2! Bravo!

Dans quelques années, on se rendra compte que le CO2 comme facteur responsable des changements climatique est la plus grande fraude intellecturelle de l’histoire de l’humanité!

«Maintenant, tous les modèles climatiques développés depuis les années 1990 ont eu tout faux.»

Non. C’est vous qui avez tout faux et qui versez dans la fraude intellectuelle.
Si jamais ça vous intéresse (ce dont je doute): skepticalscience.com

Notre planète « terre » a connu de grandes mutations au fil des millénaires et il en sera de même jusqu’à la fin de son existence.

Que les activités humaines aient une certaine influence sur le climat, on ne peut le nier. À titre d’exemple, si on améliore la qualité de l’air, le genre humain s’en portera que mieux par une diminution de certaines maladies.

Quant à la taxe sur le carbone, on peut s’interroger. Dans mon registre, il s’agit d’une fumisterie qui contribuera à appauvrir les individus et non les gouvernements ou les entreprises!

Est-ce que les grandes entreprises polluantes misent sur une taxe sur le carbone, qui est universelle et socialise les « pertes », plutôt que sur le marché du carbone, qui force ces entreprises à échanger des crédits, donc à internaliser les coûts ? Je ne suis pas un spécialiste ni un économiste, mais je soupçonne que cet engouement soudain des grandes corporations, devant l’évidence croissante du réchauffement climatique et de l’inévitable législation mondiale qui en découle s’explique justement par la crainte de faire l’objet de mesures ciblées. Les grosses entreprises ontariennes, par exemple, font présentement campagne pour que le gouvernement provincial abandonne l’idée « coûteuse » d’un marché du carbone pour une simple taxe sur le carbone, « facile à administrer », universelle, etc. Bien sûr.

Bourse ou taxe sur le carbone, c’est du pareil au même: ce sont les consommateurs qui vont payer, pas les grandes corporations. Reste à déterminer lequel de la taxe ou de la bourse est la plus susceptible de décourager les consommateurs de… consommer! La taxe est plus directe et plus compréhensible alors que la bourse se cache derrière les corporations mais il est difficile de savoir laquelle est plus efficace pour entraîner une certaine diminution des ges.

Instinctivement, je favoriserais la méthode que les grandes corporations combattent: elles savent très bien compter.

À mon avis, le marché du carbone (à ne pas confondre avec une bourse du carbone, qui n’existe pas au Québec, en passant) comporte de nombreux avantages.

Car, même si le revers de la médaille existe, le marché du carbone permet à des compagnies et d’autres parties prenantes de mettre en œuvre des projets de réduction des émissions de carbone dans l’atmosphère et de vendre des droits d’émission (crédits compensatoires) à des compagnies émettrices visées qui n’ont pas réussi à atteindre les cibles de réduction pour une période donnée.

C’est donc dire que des compagnies peuvent créer des projets qui diminueront le carbone envoyé dans l’atmosphère et pourront ainsi générer des entrées d’argent. Ces compagnies pourront éventuellement transférer ces gains aux consommateurs en abaissant leurs prix ou les conserver pour accroître d’une autre manière leurs avantages concurrentiels par rapport à leurs compétiteurs.

À noter que pour les émetteurs visés, à moins que je sois dans l’erreur, les plafonds d’émission permis seront abaissés chaque année, donc le marché du carbone est à mon avis l’un des moyens à mettre en œuvre pour abaisser les émissions, même s’il y en a d’autres.

On peut souhaiter que les compagnies seront forcées de changer leurs méthodes ou risqueront de perdre progressivement des parts de marché au profit d’autres entreprises qui se seront adaptées et d’autres encore qui auront développé des produits plus près de la carboneutralité ou même carboneutres pour répondre aux besoins des consommateurs.

De manière encore plus optimiste, on peut souhaiter que lesdits consommateurs changeront progressivement leurs habitudes de consommation pour en adopter de nouvelles beaucoup moins dommageables pour l’environnement, car aucune entreprise ne peut survivre sans client. On peut donc espérer que les plus polluantes perdront leurs clients.

Cependant, pour cela, il faudrait aussi que le gouvernement cesse de subventionner avec notre argent les compagnies de pétrole et autres compagnies hautement polluantes.

Aussi, comme le dit M. Beauchamp dans son commentaire, l’un des principaux problèmes est la surconsommation des personnes qui en ont les moyens. Si on s’arrête pour y penser, et sans se culpabiliser, mais pour nous responsabiliser, nous, dans les pays «riches» avons beaucoup de beaucoup de choses. Notamment parce que nous prenons à la planète plus qu’elle peut en donner et aussi parce que d’autres ailleurs sont très pauvres. Quant à nous , nous vivons la misère des riches, car beaucoup d’entre nous travaillent et vivent à un rythme quasiment insoutenable pour consommer et perpétuer un système inéquitable et polluant.

Mais je crois quand même que le marché du carbone va dans la bonne direction et que les gouvernements doivent avant tout faire ce qui est bien, donc avoir une vision à long terme et imposer des contraintes aux pollueurs. C’est maintenant une question de survie de notre espèce.

Et pis quoi encore. Ça sent du réchauffé. Une taxe du carbone !!! Wow. Continuons à produire du pétrole et payons avec nos revenus faramineux cette taxe de carbone pour se donner bonne morale et prétendre contribuer à la réduction du CO2. De la fout thèse tout ça !!! Le réchauffement va continuer peu importe les gestes que l’humain fera parce que d’une part, l’humain consomme trop de ressources que la planète peut donner.

Le désastre est inévitable et ce n’est pas avec des crédits de carbones qu’on va réussir à arrêter le sur consommation des ressources. Au Québec on peut bien se taper dans le dos et dire qu’on contribue mais on hésite pas 2 minutes à envoyer sur déchets électroniques en Chine et on accepte que des forêts entières soient sacrifiées pour favoriser l’élevage bovin, une des principale source de CO2 (méthane).

Alors svp arrêtez avec vos prétendues histoires et expertises parce que vous vous êtes déjà planté à 2 reprises avec le bogue de l’an 2000 et la supposé pandémie H2N1 il y a quelques années. D’autres spécialistes prévoient que nous sommes tout près d’une période glacière et que ce réchauffement est précurseur de cette tendance. Qui croire alors.