Choisissez votre crise

La crise financière de Wall Street se propage à l’échelle du globe. Jusqu’à quel point la situation peut-elle empirer ? Voici trois scénarios possibles.



 

1. La récession
Le moins grave des scénarios, l’équivalent d’une bonne grippe. La récession se manifeste chaque décennie, souvent à la suite d’un krach boursier. Elle se définit comme une période de décroissance qui dure au moins six mois. Les entreprises freinent leurs investissements et mettent à pied des employés. Les faillites personnelles et commerciales augmentent. La dernière récession remonte à 1990 et elle avait duré presque deux ans. Baisser les taux d’intérêt ou les impôts peut hâter la reprise.



 

2. La stagflation
À ne pas prendre à la légère. L’équivalent d’une récession doublée d’une forte inflation. Peut prendre bien du temps à guérir ; hausser les taux d’intérêt pour freiner l’inflation aggrave la crise économique. C’est ce qui s’est passé au début des années 1980. Poussée par le choc pétrolier, l’inflation atteint 12,5 % en 1981. Le taux d’intérêt hypothécaire grimpe à 20,5 % en 1982. Le taux de chômage explose, passant à 13,9 % en 1983. Le PIB du Canada recule de 5 % pendant ces trois années. Fauché, le gouvernement de René Lévesque impose une baisse des salaires de 20 %, pour une durée de trois mois, à l’ensemble de ses employés.



 

3. La dépression
La dépression est une récession grave qui n’en finit plus. Un seul exemple contemporain : la crise des années 1930. Le quart des travailleurs américains sont en chômage, 9 000 banques font faillite, et les épargnants perdent les 140 milliards de dollars qu’ils y avaient déposés. C’est la misère, surtout dans les villes. Au Canada, la production baisse de 42 % de 1929 à 1932, et les revenus de 45 %. Le remède de l’époque : la Deuxième Guerre mondiale.

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