Le taux de chômage: le Moonwalk, version statistique

Les statistiques sur le marché de l’emploi au Québec me font penser au Moonwalk, cette danse popularisée par Michael Jackson dans laquelle vous reculez en donnant l’impression d’avancer.

Photo: Compassionate Eye Foundation/Martin Barraud/OJO Images Ltd
Photo: Compassionate Eye Foundation/Martin Barraud/OJO Images Ltd

Les statistiques sur le marché de l’emploi au Québec me font penser au Moonwalk, cette danse popularisée par Michael Jackson dans laquelle vous reculez en donnant l’impression d’avancer.

Le taux de chômage au Québec recule en effet de 7,7% en décembre à 7,5% en janvier. Voilà une bonne nouvelle, mais rappelons-nous qu’il n’était que de 7,1% en janvier 2013.

On nous annonce aussi 12 700 emplois supplémentaires en janvier, ce qui devrait nous réjouir. On constate malheureusement que ce sont les emplois à temps partiel qui expliquent toute cette remontée et que nous avons encore perdu, au net, des emplois à temps plein.

En utilisant l’enquête sur la population active, il y a 66 800 emplois à temps plein de moins au Québec et 76 800 emplois à temps partiel de plus depuis janvier 2013. La tendance est inversée en Ontario, où l’on compte 90 000 emplois à temps plein supplémentaires et 36 800 jobs à temps partiel de moins. Personnellement, je suis plus rassuré par l’ajout d’emplois à temps plein. Ces personnes gagnent mieux et contribuent davantage à l’activité économique. Le taux de chômage est de 7,5% en Ontario, le même niveau qu’au Québec, et de 7,0% au Canada.

Les données sont encourageantes au niveau canadien et portent déjà le huard à la hausse. Mais là aussi, il n’y a pas que de bonnes nouvelles dans ces données. Ainsi, le taux d’activité (le nombre de personnes sur le marché du travail) a fléchi à 66,3%, son plus bas niveau depuis février 2002. On compte 50 500 emplois supplémentaires à temps plein au pays, mais le secteur public et l’augmentation du nombre de travailleurs autonomes expliquent cette progression.

Comment le secteur public peut-il créer tant d’emplois, comme on l’a vu hier dans l’étude de la Banque Nationale, alors que tous les gouvernements sont en régime minceur? Statistique Canada apporte un éclairage intéressant. En janvier, on compte bel et bien 16 000 emplois de moins dans l’administration publique, mais il s’en est ajouté plus encore pour les soins de santé et l’assistance sociale. Moins de fonctionnaires, certes, mais peut-être plus de proposés aux malades.

11 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Le Moonwalk :)))

Très bonne image en fait avec votre humour habituel. Faut croire que le Canada est passé maître dans l’art de donner l’impression qu’il avance alors qu’il recule.

Plus de fonctionnaires de la santé donc, cela contraste fortement avec ce qui se passe aux USA où les gains, bien que modestes, proviennent essentiellement du secteur privé et qui plus est ne sont plus basés sur un endettement dangereux des ménages comme c’est encore le cas au Canada.

Il y a 20 ans, si on vous avait dit qu’un jour le Québec et l’Ontario auront le même taux de chomage, vous ne l’auriez jamais crû
Si on vous avait dit que les Russes demanderaient à des Québécois d’Hochelage-Maisonneuve, de Laval, de Québec, pour faire leur show d’ouverture et en mettre plein la vue à la planète entière, vous ne l’aurait jamais cru
Si on vous avait dit qu’un jour les petits Québécois seraient parmi les meilleurs en maths au monde vous ne l’auriez jamais cru.
Impossible n’est pas Québécois, dirait le Général….

Il y a 20 ans, si on vous avait dit qu’un jour le Québec deviendrait un vaste Nouveau-Brunswick, vous ne l’auriez jamais crû.

Aujourd’hui, si nous serions le Nouveau-Brunswick, on se porterait mieux!!!

Pierre Duhamel s’inquiète de la montée du travail à temps partiel au Québec, pourtant l’augmentation des emplois à temps partiel est une tendance lourde qui dépasse les frontières du Québec. Ici même, dans l’Actualité, on pouvait lire un article d’infographie disant « La tendance est globale. L’emploi à temps partiel est à la hausse dans les pays de l’OCDE. En 10 ans, seulement deux pays sur 28 ont vu le nombre de travailleurs à temps partiel diminuer ».

L’article ajoute : « Selon les données de l’OCDE, il y a au Canada 425 600 travailleurs à temps partiel de plus aujourd’hui [7e pays dont l’augmentation est la moins forte] qu’en 2002, et 3,8 millions de plus aux États-Unis [9e rang] ! Dans certains pays comme le Luxembourg, la Turquie, l’Italie ou la République slovaque, le nombre d’employés à temps partiel a même carrément doublé en 10 ans. Au total, cela correspond à 21,8 millions de travailleurs à temps partiel de plus qu’en 2002, pour ces 28 pays de l’OCDE. » On explique cette augmentation du travail à temps partiel, en partie à cause de la crise de 2008, alors que les entreprises auraient réduit le temps de travail afin de garder les employés expérimentés, tout en évitant de futurs coûts de formation. La deuxième explication est la préférence des femmes, plus nombreuses à entrer sur le marché du travail, à travailler moins longtemps pour s’occuper des enfants.

source : http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/infographie-plus-de-gens-travaillent-moins/

On n’a pas fini de faire du « moonwalk » au Québec… Même leur Parizeau panique:

http://argent.canoe.ca/nouvelles/parizeau-inquiet-pour-lavenir-du-quebec-10022014

Extrait:

«La seconde étude, celle des HEC, ne patauge pas dans les projections apocalyptiques. C’est un diagnostic sur l’état de l’économie du Québec. C’est dur, mais réaliste. Ce qui frappe le plus dans cette étude, c’est la lente et persistante détérioration de l’économie du Québec depuis dix ou douze ans […]», écrit-il.

Fin de l’extrait.

Alors les diplômés en sciences molles pas de maths…toujours sceptiques devant les innombrables alertes des économistes chevronnés et des lucides de tout acabit???

Le « modèle québécois » est en phase terminale et s’en va drette dans l’mur et la solution des gauchistes c’est: encore plus de cette aberration qui visiblement ne marche pas…

Bornés vous dites???

Pour ceux qui savent lire, que conclue J. Parizeau à partir de cette étude inquiétante selon lui ? Qu’il faut un remède de cheval. Au diable les déficits ! L’État doit investir massivement dans le développement industriel du Québec.

Ce n’est pas tout à fait le genre de propos que vous semez sur les blogues de l’Actualité.

Vous êtes-vous sérieusement posé la question du pourquoi du manque de productivité des entreprises québécoises? VRAIMENT?

Étudiez scrupuleusement les différences dans l’environnement étatique et syndical entre nos entreprises et celles qui connaissent du succès ailleurs dans le même Canada dans lequel toutes vivent et vous y trouverez LA réponse et je soupçonne Jacques Parizeau d’être arrivé à une conclusion semblable à la mienne.

Pas pour rien que le Québec régresse depuis la Révolution tranquille.

Pour progresser, il faut se comparer à l’élite. Pas aux ratés.

La productivité se calcule en fonction du PIB/nbre d’heures travaillées. Or qu’arriverait-il dans votre chère Alberta, si le prix du pétrole chutait disons de moitié ? Le PIB de l’Alberta chuterait dramatiquement. Ainsi, par une simple règle mathématique la productivité chuterait, elle aussi, considérablement sans que personne n’ait diminué ses efforts au travail, ni même que la machinerie soit en cause et encore moins une association de travailleur, la raison serait seulement parce que le prix pétrole aurait baissé.

Parfois, il faut regarder avec les bonnes lunettes et dans votre cas savoir compter.

C’est immanquable, vous revenez à la péréquation chaque fois que vous manquez d’arguments à propos du sujet débattu. Les commentaires de la Sarah Palin du Québec me laissent passablement indifférent. La péréquation constitue seulement 2,5 % du PIB du Québec ou 10 % des revenus de la province en 2012-13. Sur les impôts des particuliers du gouvernement fédéral en 2009, 18 147 M venaient du Québec contre un retour en péréquation de 8 355 M cette même année. Voilà la réalité.