Combien de milliards faut-il ?

On dirait des enchères. La Communauté européenne envisage un nouveau plan de relance de 9 milliards d’euros. L’Australie vient de s’engager pour 8,7 milliards de dollars australiens, l’Inde pour 4,4 milliards de dollars américains et la Chine pourrait gonfler son propre plan qui atteignait déjà 586 milliards. Mieux encore, des démocrates avancent que le plan de relance promis par le président élu Barack Obama pourrait atteindre le billion de dollars, sans compter les 700 milliards déjà promis pour sauver les institutions financières.

La dépense publique semble être la seule réponse à la crise et certains États ne lésinent pas. Je comprends la logique : les consommateurs n’achètent plus et les entreprises remettent leurs investissements à plus tard. Les dépenses gouvernementales doivent donc compenser pour éviter un effondrement plus dramatique de l’économie. Prenez juste le cas du Québec. Il semble que Rio Tinto, endettée jusqu’au cou et frappé par la baisse dramatique du prix de l’aluminium, réévalue son investissement de plus de 800 millions de dollars. Ultramar a suspendu le sien qui représentait 1 milliard de dollars et est-ce que Bell investira les 1,5 milliard de dollars annoncés alors que son avenir est si trouble ? La crise nous réserve des surprises à chaque jour et elles ont le malheur d’être plutôt mauvaises.

Dans de telles circonstances, je crois que l’État a un rôle. Je suis très mal à l’aise avec ceux qui veulent que le système s’épure de lui-même, quitte à souffrir pour expier les fautes commises par les banques centrales trop permissives, les gouvernements trop dépensiers, les entreprises imprudentes et les consommateurs trop endettés. Voilà une position, plus moraliste qu’économique, qui pourrait conduire des millions de personnes à la misère.

Mais je crains aussi la surenchère. Angela Merkel est stigmatisée parce qu’elle hésite avant de s’engager dans un autre plan de relance. Est-elle contre le principe d’une intervention gouvernementale ? Pas du tout puisque 32 milliards d’euros ont déjà été engagés. Pensez-y, c’est plus que 50 milliards de dollars canadiens. Ce qu’elle refuse, c’est de dépenser les 40 milliards d’euros supplémentaires suggérés par les socio-démocrates allemands qui veulent verser 500 euros par citoyens pour stimuler la consommation. Voilà beaucoup d’argent qui n’aura qu’un effet à court terme sur l’économie en plus d’être inutile parce que les consommateurs allemands continuent d’acheter.

Je préfère, et de loin, les mesures qui prévoient des investissements dans la construction d’infrastructures. Je pense ici à des dépenses qui améliorent les conditions de vie et la compétitivité de l’économie. Par exemple, Barack Obama, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy veulent en profiter pour étendre le déploiement d’Internet à haute vitesse dans tous les coins de leurs pays. Voilà une excellente mesure. Les dépenses d’infrastructures ne sont pas renouvelées une fois l’ouvrage construit ou rénové et elles ont donc un impact à court terme sur la situation budgétaire.

Je suis plus sceptique quand ces trains de mesure incluent l’aide à des entreprises « innovantes ». D’abord parce que l’État n’est pas le meilleur juge de ce qui est vraiment innovant et parce que les retombées de tels investissements prennent du temps à se matérialiser. Nous ne sortirons pas de la crise rapidement s’il faut attendre la commercialisation d’un véhicule fonctionnant à l’énergie solaire ! Je suis encore plus partagé quand il s’agit de sauver des canards boiteux qui ont fait la preuve de leur incompétence depuis des décennies. Il faudra pourtant en sauver quelques-uns pour éviter des réactions en chaîne.

Certains prétendent que Stephen Harper et Jean Charest sont restés impassibles, voire indifférents face à la crise. Faux et archi-faux. Le Canada et le Québec seraient déjà en sévère récession sans les dizaines de milliards engagés par les deux gouvernements. Contrairement aux États-Unis, le gouvernement canadien n’a pas eu besoin de renflouer le système financier canadien. Faut-il blâmer le gouvernement central pour cet « impair » ?

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Je me répèete avec réflexion et plaisir: il faut, comme vous le soulignez, investir dans les infrastructures.

La philosophie du «ne rien faire» tient du purisme dogmatique stérile, non de l’expérience du réel.

Difficile d’argumenter avec le bon sens, si quelques travaux d’infrastructures qui seraient de toute façon nécessaires permettent de mieux passer à travers la crise alors pourquoi pas. Sauf que la réalité est probablement beaucoup plus complexe, quand les politiciens dépensent des milliards en argent public il subissent des tas de pressions (électoralistes, idéologiques, copinage et autres) qui peuvent facilement les détourner de ce qui est réellement « nécessaire ». Bref il y a là un potentiel de gaspillage ÉNORME qui ne manquera sûrement pas de se réaliser.

Mr. Duhamel Vous dites:

« Contrairement aux États-Unis, le gouvernement canadien n’a pas eu besoin de renflouer le système financier canadien ».

Ce n’est pas tout à fait vrai. Le gouvernement fédéral a annoncé des plans d’acheter pour 75G d’hypothèques résidentielles aux six grandes banques Canadiennes. Nombre de ces hypothèques sont des 40 ans sans comptant contractés ces deux dernières années au moment où les prix étaient à leur top. Bref ces actifs sont non seulement « illiquide » mais ils sont aussi potentiellement « toxiques » dépendamment comme la crise se développe au pays.

Beaucoup de l’argent nécessaire à l’achat vient de la banque du Canada qui vend à partir de ses réserves des bonds du trésor et bonds du gouvernement très sûr pour recevoir en échange ces « autres actifs » beaucoup plus risqués. A tel point que la réserve de la Banque du Canada est maintenant composée à plus de 42% de ces actifs potentiellement toxiques alors qu’elle était composée à 99% d’actifs totaliement sûrs avant l’été.

S’il fallait que les risques associés à ces actif achetés par la BdC se réalisent la devise Canadienne pourrait prendre un sale coup.

Source:

National Post, article: BoC’s mystery assets, John Paul Koning

Les milliards qui seront (sont) dépensé, certains de mes ex-confrères américains, ne seraient pas d’accord, mais c’est du socialisme inversé. On prends L’argent des taxes (souvent les moins fortunés en paient plus proportionnellement que les mieux nantis) sert à « sauver » les mieux nantis.

Je suis d’accord qu’il faut faire quelque chose, mais il ne faut pas seulement renflouer les banques, il faut réguler et s’assurer que ça ne se répétera pas.

J’ai vendu ma maison l’an dernier. Ils se sont mis à quatre pour l’acheter sans un sous de comptant. Hypothèque de 40 ans, wow!

Quelle sera la prochaine bulle qui éclatera? Le crédit (cartes…). J’ai lu 9,500 Milliardsde $$$ qui devront faire partie des mauvaises créances.

Mes parents économisaient avant d’acheter ce dont ils avaient réellement besoin.

Il me semble que ça serait une bonne façon de faire…

Et pendant ce temps, Mme Merkel, ne veut rien mettre… qui à raison?
Par contre, pour les infrastructures, ce n’est pas perdu. En fait, on ne fait que réparer ce qui tombait en ruine à cause du manque de prévoyance de nos élus municipaux, provinciaux et fédéral. Peut être qu’un jour, on pourrait faire du neuf?

L’argent de l’État, il vient d’où ?

Ça serait facile de régler le problème du chômage demain matin. On donne à tous les chômeurs une pelles.

Une moitié creuse des trous et l’autre moité les remplit.

Le temps n’est plus aux dépense mais à l’épargne et aux remboursement de ces dettes.

Plus on va retarder, plus ça fera mal.

Merci, Pierre Brasseur – on devrait s’attarder plus longuement sur ce qui se passe à la BdC. L’article de Koning m’a ouvert les yeux. Quels changements dramatiques en si peu de temps. Et on en parle pas – ou peu….

Depuis quelques temps c’est la course de celui qui sortira le plus gros chiffre.

Est-ce les plans de relance qui sont exhorbitant ou notre compréhension qui est dépassée!?

Je crois que notre compréhension fragmentaire est à la base de tout ces sorties médiatiques.


Plus on va retarder, plus ça fera mal.

Je comprend que fondamentalement tu as probablement raison… mais as-tu des exemples de laisser aller qui ont été profitable!?

Je serais très surpris de voir ça.

« Le temps n’est plus aux dépense mais à l’épargne et aux remboursement de ces dettes. »

C’est justement ce qui est à craindre présentement et c’est exactement ce qu’il ne faut pas qu’il arrive.

Si les gens remboursent leurs dettes et se mettent à économiser du mieux qu’ils le peuvent l’économie sera privé de sommes considérables.

Ajouter cela le remboursement de la dette de l’état et des grandes coupures dans les budgets ainsi que la récession qui commence, nous aurions droit à une crise sans précédent causée par un cercle vicieux.

«On donne à tous les chômeurs une pelles.» > dgagnon

C’est pas le manufaturier Garant, de Saint-François de Montmagny, qui s’en plaindrait… 🙂

« 1. Depuis quand nos décideurs (L’état) sont-ils capables de décider? (David Descôteaux)

Ça M. Descôtaux c’est un mythe une croyance. Pensez-vous que les décideurs de GM, Bell, Ford et Chrysler sont mieux? Et Elron?

« Qui donc mettra casque et bottes dans les prochains mois?” (David Descôteaux)

La construction résidentielle diminuera, ces travailleurs seront affectés au civil. De plus la construction ce n’est pas que des travailleurs de chantiers.

Pour construire il faut du fer, du béton du bois, de la machinerie, et des centaines de produits fabriqués par des travailleurs et ingénieurs en usine qui justement risquent le chômage et qui ne pourraient justement pas acheter des biens de consommation réellement désirés qui ne relanceraient pas l’économie.

L’argent est évidemment emprunté comme le fait tout propriétaire de maison. En connaissez-vous beaucoup M. Descôteaux des gens qui payent leur maison et leurs char cash?

« Reste que cette dernière (la main invisible) est souvent plus efficace que la grosse botte de l’État pour réussir des projets.” (David Descôteaux)

C’est ce que l’on constate maintenant aux USA. La main invisible a plongé le monde dans la pire crise depuis 60 ans. Nommez moi un état qui en a fait autant.

« D’une part, ces travailleurs sauront que leur emploi est temporaire.” (David Descôteaux)
La récession et la crise financière aussi.
Mais pour les infrastructures il y en a pour plusieurs années.

Et au diable Keynes et ses théories. Théories, théories, théories, il n’y a même plus de place pour le simple bon sens.

C’est quoi une panacée économique? Une théorie?

La théorie de la main invisible est encore pire que celle de l’état providence et par les temps qui courent et se rapproche dangereusement du communisme. Et ça, ce n’est pas une théorie, sa se constate.

« C’est ce que l’on constate maintenant aux USA. La main invisible a plongé le monde dans la pire crise depuis 60 ans. Nommez-moi un état qui en a fait autant. »

Voila une affirmation gratuite qui manque carrement de pragmatique et je dirais même qui souffre d’idéologie. Le privée comme l’État doivent être blâmés dans cette crise. Je ne vois aucune main invisible dans tout cela. Je vois plutôt des hommes d’affaires qui se remplissent les poches avec l’argent des contribuables. Privatiser les profits et socialiser les pertes. Le libre marché n’a jamais existé, oublier cela c’est une croyance, un mythe, un dogme religieux.

« …an August 2008 report by the Mercatus Center and the Weidenbaum Center, found that between 1980 and 2007, the number of full-time employees of U.S. government regulatory agencies increased 63 percent, from 146,139 to 238,351. During that same time, the U.S. population rose from 226.5 million to about 301 million, an increase of only 33 percent. Moreover, according to de Rugy and Warren, U.S. government spending on regulation alone (not including compliance costs, a much bigger number) tripled, from $13.5 billion to $40.8 billion (all in 2000- year dollars.) As a percent of GDP, spending on regulation rose from 0.26 percent to 0.35 percent, a 35-percent increase. Some deregulation.

What was the nature of this new regulation? The biggest growth came in so-called « homeland security, » where spending more than quintupled, from $2.9 billion in 1980 to $16.6 billion in 2007 (all in real 2000 dollars). The second-largest growth rate was in regulation of finance and banking, where spending almost tripled, rising from $725 million to $2.07 billion. Together, regulation of homeland security and of finance and banking now account for over half of federal regulatory spending. »

Pour l’article au complet:http://www.cato.org/pubs/policy_report/v30n6/cpr30n6-1.html

Oui, le Cato Institute est un think tank qui fait la promotion du libre-marché. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et si on ajoute le rôle de Fannie Mae, Freddy Mac, la réserve fédérale et cie… Oui, les banquiers ont été cupides. Mais difficile de voir dans ce gâchis la conséquence de la main invisible du marché. Il serait plus juste de parler du poing visible de l’État.

@ David M

Quand la bulle techno a éclaté au débuts des année 2000, aucun bailout. On a eu l’une des récession les plus courte de l’histoire. On a éliminé les médiocre et les gens comme Google ce sont hissé aux sommets.

@ Yvon Fleurent

Ce sera une excellent chose que l’économie soit privé de somme importante. On c’est sur-endetté pour sur-consommer. Il est temps de payer la carte de crédit et de mettre de l’argent de côté et de laisser crever les jouuers qui ne sont plus capable de survivre.

ce qui a rendu malade l’économie, c’est le crédit trop facile. On ne va pas sauver l’économie en lui injectant une nouvelle dose du poison qui l’a rendu malade.

Pour ce qui est de la main invisible, c’est sa disparition qui est la cause de la présente crise.

Quand Bush est arrivé au pouvoir, l’indice de liberté économique des États-Unis était de 8,6/10. Ce score faisait de ce pays le 2e plus libre de la planète.

Sous la gouvernance de Bush, l’indice de liberté économique a chuté à 8,0/10 et les États-Unis doivent désormais se contenter du 8e rang.

Bush n’a pas été un dérégulateur, mais un régulateur.

Pour le # 16, je répète, des théories seulement des téhories à partir d’indices eux mêmes erronés et mal interprétés.

Autrement dit de l’air.

Il ne faut pas oublier que de la broue c’est de l’air.

gagnon (pis l’aut’ david), vous allez pas recommencer…

On l’a déjà réglé cette question; coucouche panier…