Comment garder nos entreprises ?

Factory Workers Internal Audit

« Il va falloir dorénavant se battre pour chaque emploi. » Ces mots de  l’économiste belge Freddy Van Den Spiegel de la Banque BNP Paribas Fortis prennent tout leur sens après la décision d’Electrolux de quitter l’Assomption pour le Tennessee où on lui fait un pont en or.

Le Tennessee ! Le deuxième État le plus « libre économiquement » selon les savantes analyses de l’Institut Fraser qui associent mécaniquement la richesse d’une juridiction à la taille de son gouvernement. Le Tennessee, un État conservateur et républicain à l’os. Il faut dorénavant défendre des emplois parce que même les milieux les plus anti-gouvernements donnent des généreuses subventions pour appâter des entreprises.

Cette fermeture soulève plusieurs questions.

1. Faut-il subventionner des entreprises pour qu’elles s’établissent au Québec ou qu’elles maintiennent des emplois existants. L’autre jour, David Descôteaux condamnaient toutes subventions. Je comprends l’idée et je suis très conscient de l’état de nos finances publiques, mais j’ai peur qu’on se retrouve avec des tire-pois contre des pays, États ou villes qui sont prêts à tout pour attirer des créateurs d’emplois. Un peu comme si des manifestants pacifistes non armés affrontaient des armées régulières tout équipées. L’issue me semble prévisible.

2. Faut-il sauver le secteur industriel ? La tendance est lourde. Il y avait au Québec 26 070 établissements industriels en 2004 contre 21 860 en 2008. Pendant cette période, 56 000 emplois manufacturiers ont été perdus. Certains veulent donc une stratégie nationale, un peu comme celle de l’Allemagne et de la Suède, pour relancer le secteur industriel québécois. Je ne suis pas convaincu. La situation de l’emploi est meilleure que jamais au Québec. Même si on comptait 56 000 emplois de moins dans la fabrication, il s’est créé au Québec 219 300 emplois entre décembre 2004 et décembre 2008. Chaque perte d’emploi est une tragédie, mais il faut constater qu’il y a de plus en plus de Québécois qui travaillent.

3. Des entreprises qui meurent, il y en a tous les jours. Peu de PME franchissent le cap des cinq années d’existence. Des produits populaires un jour n’ont plus de marché quelques années plus tard. Les usines modernes deviendront désuètes tôt ou tard. Les économistes estiment que 15 % des emplois sont détruits chaque année pour une raison ou pour une autre. Au Québec, cela représente quelque 585 000 emplois.

C’est un phénomène normal et inévitable qui se produit en temps de crise ET en temps de prospérité. La différence, c’est que l’économie ne réussit pas à créer suffisamment d’emplois pour compenser en temps de crise. En effet, l’économie québécoise remplace près de 600 000 emplois chaque année en plus d’ajouter quelques dizaines de milliers de nouveaux emplois. On parle des fermetures d’usines et des subventions pour attirer de gros joueurs, mais l’essentiel du marché de l’emploi se déroule sous nos yeux, sous les écrans radars et le plus naturellement du monde.

Je ne suis ni cynique ni fataliste ou à l’inverse trop optimiste. Des emplois, il va s’en créer dans une économie où les ressources sont abondantes, la main-d’oeuvre compétente et éduquée, où les taxes, impôts et cotisations restent à un niveau raisonnable et où la bureaucratie n’est pas trop étouffante.

Laisser un commentaire

Si nos travailleurs gagnent 25 $ l’heure pour faire un travail qui vaut 15 $ l’heure, nous (le Québec) ne sommes tout simplement plus concurrentiels. Les syndicats ont longtemps exagéré… et les syndiqués en paient maintenant le prix. Reste à espérer que les différentes centrales syndicales comprendront le message. J’en doute…

Me semble avoir déjà lu quelque part il n’y a pas si longtemps que le Québec subventionnait déjà les entreprises plus que toutes les autres provinces canadiennes RÉUNIES!!!

Faut que ça cesse et il devrait y avoir une entente avec nos partenaires nord-américains pour qu’aucune subvention de quelque sorte que ce soit ne puisse plus jamais être donnée.

Comme ça, on se battrait d’égal à égal et nos syndicats seraient obligés de remettre en question leur modus operandi.

La seule stratégie qui fonctionne vraiment c’est de laisser fonctionner le libre marché capitaliste. Le laisser faire .

Pour ça il faut un état de droit solide et fiable mais peu d’état et des taxes très basses.

Si vous faites ça c’est la prospérité garantie.

Comme vous dîtes l’économie se renouvelle constamment, dans ce contexte chercher à tout prix a retenir (gratification immédiate) des emplois en intervenant dans les marchés peut facilement devenir coûteux et nuisible. D’ailleurs cela devient rapidement une affaire de copinage et d’électoralisme, mais même sans cela le marché (des millions d’individus) sera toujours plus efficace qu’uns poignée de fonctionnaires même bien intentionnés et libres de toute influence…

On y viendra j’en suis convaincu, le socialisme est un système économique inepte qui mène vers la stagnation, la misère et la guerre, dans nos économies mixtes (semi socialistes) il survit plus longtemps en parasitant le volet capitaliste, mais il n’en finit pas moins par imploser, je pense que l’actualité en ce moment nous donne un bon aperçu de ce qui nous attend si nous persistons dans cette voie.

L’avenir appartient au libre marché capitaliste, le plus tôt on le comprendra le mieux ça sera!

Dans La Presse de ce matin:

«Electrolux déplore, entre autres choses, la désuétude de l’usine, les coûts rattachés au transport et la faible compétitivité des installations. M. Terzo n’avait toutefois que des bons mots sur la qualité du travail des ouvriers de Lanaudière.»

Est-ce la faute du Québec si l’usine est en désuétude?
Est-ce la faute du Québec si les couts de transports sont élevés?
Est-ce la faute du Québec si notre main-d’oeuvre est de grande qualité?

Bref, faut toujours se méfier de la bullechite qu’on nous sert pour expliquer une décision gênante. Ici, en tout cas ce que j’en décode, c’est qu’Électrolux a laissé l’usine se déteriorer sachant que le Tenessee finirait par régler la question en crachant le gros morceau.
Qu’est-ce qu’on peut faire? Si on commençait par boycoter les produits suédois, ça serait toujours un début)

Nous sommes à négocier une entente de libre-échange avec l’EU. Les subventions aux entreprises ne devraient-elles pas faire partie d’une telle entente?

la vraie question faut-il subventionner des entreprises pour qu’elles s’établissent au Québec avec des subventions souvent très généreuses, et celle-ci après avoir bien pressé le citron tout azimuté partent quand ça fait leur affaire.
Et ces mêmes entreprises partent avec les machineries et vendent les bâtisses qui ont été subventionnées par nos taxes. Lorsque qu’une entreprise est subventionnée, le gouvernement devrait, garder un droit sur les bâtisses les équipements et les fonds de pension. Peut-être pourrait-on ainsi éviter ces fermetures sauvages
On peut aussi se poser la question ou va notre économie, dans un libre échange avec un capitalisme sauvage

Quand tout ne se résume qu’à l’argent, ce n’est pas des entrepreneurs que nous avons besoin à la tête des entreprises, mais des comptables!

@Pierre Brasseur
Le laissé faire ne profite qu’a ceux qui dictent les règles.
Tout ne devient que rapport de force.
Le libre marché a déjà eu cours à la fin du 19ième siècle.
Qu’est-ce que ça donné ?
Des crises a répétitions, le socialisme et le communisme!

@Francois 1
Effectivement, les syndicats ne se battre jamais d’égal à égal, les corporations sont toujours plus riches. Et la riche, c’est le pouvoir….

@Marc André
En faite, le travail peut tout aussi valoir 50¢ de l’heure. C’est qu’il vaut en Chine et en Inde.
Aussi bien de fermer boutique….

Le problème principal au Québec est le haut taux de syndicalisation, ce qui fait peur aux entreprises. Les centrales syndicales ont causés beaucoup plus de tords que l’on pourraient croire. L’attitude agressive des centrales syndicales vis-à-vis des entreprises équivaut à se tirer dans le pied.
De plus, les exigeances par rapport à la langue cause problèmes quand vient le temps d’insérer un cadre étranger aux opérations Québécoises.

Autrement dit, syndicalement parlant, on a gagné sur toute la ligne mais nous sommes la société la plus pauvre en Amérique du Nord.

Comment garder nos entreprises?

En abolissant la formule Rand.
En abolissant la Loi anti-scabs.
En obligeant le vote secret pour se syndiquer et désyndiquer.

Commencons par ça!

Pour donner des subventions, l’État doit imposer les entreprises pour avoir de l’argent à distribuer.

En imposant les entreprises, on les fait fuir pour ensuite essayer de les ramener avec des subventions…

Il y a quelque chose de pas logique.

On veut attirer des entreprises au Québec ?

Qu’on laisse faire les subventions pour mettre de l’avant une solution DURABLE.

On coupe massivement dans les impôts aux entreprises, on déréglemente, on coupe dans les charges sociales et on met un terme à l’hégémonie syndicale en réformant le code du travail.

Le Québec se classe 7e au Canada quand on évalue quelles sont les provinces qui ont le meilleur climat pour favoriser l’investissement:

http://www.fraserinstitute.org/research-news/news/display.aspx?id=17061

@ rod

Une taxe sur le capital, je suis sûr que cette taxe favorise la modernisation des usines québécoise.

En plus des nouvelle réalités sociales qui s’en viennent…

Gérard-François Dumont est l’auteur de formules ou de néologismes, largement repris, pour définir des réalités sociales ou géographiques nouvelles, comme :

« L’Europe ridée » : pour illustrer le vieillissement contemporain de la population de l’Europe ;

« L’hiver démographique » : situation d’un territoire ayant « une fécondité nettement et durablement en dessous de seuil de remplacement des générations » ;

« La paraurbanisation » : « processus conduisant au peuplement d’espaces de morphologie rurale situés au-delà des agglomérations et dont une proportion importante de la population active occupée vient quotidiennement effectuer ses activités professionnelles dans l’agglomération », à distinguer de la périurbanisation, « urbanisation qui s’étale sans discontinuité à partir de la ville-centre et qui forme une agglomération morphologique » ;

« La gérontocroissance » : « l’augmentation du nombre de personnes âgées dans une population », à distinguer du vieillissement, c’est-à-dire de l’« augmentation de la proportion des personnes les plus âgées dans une population considérée » ;

« la gérontodécroissance » : « la diminution du nombre de personnes âgées dans une population » ;

« La juvénocroissance » : « l’augmentation du nombre de jeunes dans une population » ;

« La juvénodécroissance » : « la baisse du nombre de jeunes dans une population ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard-Fran%C3%A7ois_Dumont

Petit rappel douloureux
Budget du Canada: 280 milliards
Impots sur les cies: 27 milliards
Les cies ne paient même pas 10% du budget canadien!
Les seules banques font 20 milliards de profits!

Je n’en reviendrai jamais de lire des commentaires anti-syndicaux comme ceux plus haut. La syndicalisation est le seul outil qu’ont les travailleurs pour négocier d’égal à égal avec les patrons. Alors, je me demande ce qu’on a à accuser les syndicats de tous les torts. Ça n’a rien à voir. Certaines entreprises se sont assises sur un dollar faible pour faire de l’argent sans investissement, ni recherche. Quand ça ne fonctionne plus, on s’en va ailleurs. Ce sont les salarié(e)s qui paient pour ça.

Toujours ces dretteux libertariens menteurs.

Le Québec est l’endroit où les entreprises payent le moins cher sur le plan de la fiscalité en Amérique du Nord avec l’Ontario. Le Canada est moins cher que les États Unis.

http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/aux-etats-unis-aussi-40-des-contribuables-ne-paient-pas-d-impot/515292

«C’est connu, 40 % des contribuables québécois ne paient aucun impôt. De là à expliquer cet état de fait par le «modèle québécois», il n’y a qu’un pas… qu’il serait risqué de franchir.

En effet, une dizaine d’États américains sont dans la même situation. La pauvreté aurait un certain rôle à jouer, car il s’agit des États qui affichent le revenu médian familial parmi les plus bas du pays, selon la Tax Foundation.

À l’exception de l’Idaho, les 10 États où le pourcentage des contribuables qui ne paient pas d’impôt est le plus élevé se trouvent tous dans le sud des États-Unis.

Le record appartient au Mississippi (45 %), suivi de la Georgie et de l’Arkansas (41 %), du Nouveau-Mexique, de l’Alabama et de la Caroline du Sud (40 %), de la Louisiane, du Texas, de la Floride et de l’Idaho (39 %).

D’après la Tax Foundation, pas moins de 51 millions de contribuables américains sur 143 millions, soit 36 %, n’ont payé aucun impôt fédéral en 2008.

Selon l’organisme, cette situation s’explique par des crédits d’impôt trop généreux, dont le crédit pour enfants, qui font qu’une famille dont le revenu est de 52 000 $ US peut s’attendre à ne payer aucun impôt. »

@ Albert (# 17):

Les sociétés ne devrient JAMAIS payer d’impôt!

Si nos sociétés étaient si bien traitées, comment se fait-il qu’Électrolux (ainsi que multe autres industries) nous ait quitté?

En fait, la VRAIE question est celle-ci: comment se fait-il que si « Le Québec est l’endroit où les entreprises payent le moins cher sur le plan de la fiscalité en Amérique du Nord avec l’Ontario », que pour les attirer au Québec, que l’État doive les subventionner PLUS que TOUTES les autres provinces canadiennes RÉUNIES???

J’attends votre réponse avec curiosité.

@ rod

Le situation serait tellement plus rose si on avait des banques qui faisaient des déficits, n’est-ce pas? On n’a qu’a regardé les États-Unis.

@ Roger

Si les syndicats sont si merveilleux, alors pourquoi ils craignent tant l’abolition de la formule Rand et l’adoption du scrutin secret (par opposition à la signature des cartes).

@ Albert

Avant de traiter les gens de menteur, il faut s’informer.

Parce que ceux qui disent que le Québec est un enfer fiscal pour les entreprises ont raison.

Voici la preuve:

Impôt provincial à payer par les corporations
(Impôt sur: 300 000$/600 000$/1 500 000$)

Ontario: 16 500$/59 344$/210 000$
Nouvelle-Écosse: 15 000$/52 000$/196 200$
Terre-Neuve: 15 000$/48 000$/174 000$
N-Brunswick: 15 000$/46 000$/163 000$
Saskatchewan: 13 500$/37 111$/149 586$
C-Britannique: 11 982$/38 969$/142 445$
IP-Edouard: 10 420$/458 894$/189 894$
Alberta: 9 000$/28 322$/118 322$
Manitoba: 6 000$/34 944$/156 470$
Québec: 24 000$/54 800$/157 400$

http://www.cfib-fcei.ca/english/research/canada/113-tax_policy/23-in_search_of_tax_excellence.html

@ David (# 24):

Vos chiffres tiennent-ils compte de la lourde taxe sur le capital et de la taxe immonde sur la masse salariale?

@David

Vous ne savez pas de quoi vous parlez en parlant de la formule Rand, du moins, en la réduisant à sa plus simple expression.

Abolir la formule Rand, c’est comme abolir le droit de s’incorporer…. purement utopique!

Pas très pertinent, mais voici la réponse que j’ai eue d’Electrolux suite à une petite de reproche.

«Merci de contactez electrolux,

Desoler pour les incovenients que cela a pu vous causer, mais les affaires sont les affaire.

Merci,»

Pas fort, le français chez le déserteur…

SALUT VOICI S’ILS VEULLE PARTIR SES BIEN MAIS QU’ILS REDONNES LES MILLIONS PRÊTER ET QU’ILS DONNES DES PART DE DÉPART LEURS OUVRIERS ONT DROIT A TOUT LE RESPET QU’ILS ONT DROIT POUR QU’ILS PUISSES CONTINUER A VIVOTER POR EUX . M. CHARRON

@ Benton

Si c’est utopique alors comment expliquer qu’au États-Unis, 22 états ont aboli l’équivalent de la formule rand ?

Des États qui ont su tiré leur épingle du jeu lors de la récession soit dit en passant.

@ François 1

Non. Les chiffre au commentaire #24 c’est uniquement les impôts, il faut aussi ajouter les charges sociales.

@ Benton:

…et le droit de NE PAS s’associer à un syndicat, vous en faites quoi?

L’abolition de la formule Rand n’enlèverait absolument RIEN au droit de s’associer à un syndicat mais il redonnerait aux travailleurs et aux travailleuses québécois le droit de dissidence qui leur a été vilement extorqué par cette formule d’un autre âge.

@ David (# 32):

Merci pour votre réponse.

Plus besoin de se poser de question sur la raison qui les a fait quitter le Québec…surtout si on rajoute à ces pénibles fardeaux québécois le fait que nos travailleurs syndiqués comptent parmi les MOINS productifs de l’Amérique-du-Nord.

Case closed!

C’est certain que les contraintes administratives du Québec et la syndicalisation à outrance ne font rien pour garder ou attirer des entreprises. La productivité des entreprises québecoises est l’une des pires sur la planête industrialisée.