Comment tricoter un bas de laine en 3 étapes

On ne sait plus à quel placement se vouer pour faire fructifier son pécule. D’où l’importance de bien établir sa stratégie, à chaque étape de la vie : 20-35 ans, 35-50 ans, 50 ans et plus.

Comment tricoter un bas de laine en 3 étapes
Illustrations : Luc Melanson

Daniel Gladu n’a rien d’un David Copperfield ou d’un Alain Choquette. La « magie » des intérêts composés, avec laquelle il éblouissait autrefois ses clients de la Banque de Montréal, n’épate plus personne. « Au début des années 1990, on offrait des certificats de placement garanti [CPG] d’un an qui rapportaient facilement 12 % d’intérêt, se rappelle le planificateur financier. Les épargnants pouvaient doubler leur capital en six ans. »

Depuis, le rendement des titres à revenu fixe n’a cessé de dégringoler. La récente crise économique a assené le coup de grâce. Pour un CPG, on propose aujourd’hui environ 1,5 % pour une année, peut-être 2 % chez un banquier virtuel, tel ING Direct. Les planificateurs financiers comme Daniel Gladu ont d’ailleurs rebaptisé les CPG « certificats de pauvreté garantie ». « Le taux d’intérêt n’égale même pas celui de l’inflation ! En les gardant dans son portefeuille, on s’appauvrit d’année en année. »

Tant que la Banque du Canada maintiendra son taux directeur au plancher dans l’espoir de stimuler l’investissement pour relancer l’économie, les épargnants resteront sur des charbons ardents. Dans le contexte où les travailleurs québécois sont de plus en plus laissés à eux-mêmes pour préparer leur retraite, il y a de quoi se faire du mauvais sang.

Daniel Gladu voit chaque semaine des clients anxieux à l’approche de la retraite. Pis, quelques-uns ont déjà accroché leurs patins et comptaient sur les revenus de leurs placements garantis pour assurer leurs vieux jours. « Certains doivent faire un budget pour la première fois de leur vie », raconte-t-il.

Pour le banquier, les rendements faméliques déboulonnent quelques vieux réflexes. La règle empirique voulant que « 100 moins l’âge de l’épargnant » corresponde à la part en actions d’un portefeuille mérite d’être reconsidérée. Selon ce principe, un homme de 65 ans aurait seulement 35 % de son capital en actions, pour éviter de subir une baisse qu’il ne pourrait plus récupérer. « Dans le contexte actuel, on risque de faire du surplace avec ce genre de portefeuille. »

Dans la mesure du possible, Hélène Gagné conseille à ses clients plus âgés de renouer avec un risque modéré. « Il ne s’agit pas de partir en fou et de placer 80 % de son portefeuille dans des actions », prévient la gestionnaire de portefeuille, associée de PWL Capital et auteure du livre Votre retraite crie au secours (Transcontinental). « Mais si on a un certain coussin, on peut se permettre d’explorer. »

D’abord du côté des obligations. Celles émises par les deux ordres de gouvernement ou les municipalités rapportent à peine plus que les CPG. Il faut se tourner vers les obligations d’entreprise pour espérer avoir un rendement un peu supérieur aux premières. « Attention : plus le rendement promis est élevé, plus l’entreprise à laquelle vous prêtez votre argent est jugée à risque », rappelle Hélène Gagné.

Dans les sites de courtage à commissions réduites, on peut obtenir un taux de 4 % auprès d’organisations bien cotées… à condition de prêter sur 10 ans. « Le hic, c’est que d’ici 10 ans le marché boursier pourrait très bien rebondir », fait valoir Martin Dupras, actuaire et président de l’Institut québécois de planification financière (IQPF). « Si votre argent est investi dans des obligations, vous ne pourrez pas profiter de cette remontée. »

 

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PLUS ON TRICOTE LONGTEMPS, PLUS CHAUD EST LE TRICOT !

Un travailleur qui gagne 40 000 $ par année, qui commence à épargner à l’âge de 30 ans et qui veut conserver le même pouvoir d’achat à la retraite (soit 70 % x 40 000 $ = 28 000 $) devra épargner 5,7 % de son revenu brut par année s’il compte accrocher ses patins à 65 ans, 11,3 % s’il veut partir à 60 ans… et 19,8 % s’il veut profiter de sa « liberté 55 » !
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* Régie des rentes du Québec   ** Programme de la Sécurité de la vieillesse
(Source : Martin Dupras, Institut québécois de planification financière)

Hypothèses :
Aucune épargne dans un REER avant l’âge de 30 ans. Pas de participation à un régime de retraite. Salaire de 40 000 $. Rendement réel de 3 %. Toutes les sommes sont présentées en dollars de 2009. Illustration des revenus de la première année de retraite. Pas de revenus de travail supposés à la retraite. Toutes les sommes sont arrondies. Acquisition d’une rente viagère avec les soldes REER supposée au moment de la retraite.

 

Certes, les obligations peuvent être revendues en tout temps, contrairement aux CPG. Sauf que… « Supposons que vous achetez votre obligation aujourd’hui et qu’elle vous rapporte 4 %, illustre Martin Dupras. Et supposons que dans trois ans les taux d’intérêt remontent. Les investisseurs pourront alors obtenir un rendement de 5 % pour une obligation comparable à la vôtre. Si vous voulez vendre, vous devrez consentir un rabais à l’acheteur. »

C’est ce qu’on appelle vendre ses obligations à escompte. « Quand les taux d’inté­rêt se mettent à monter, les obligations perdent de la valeur, résume l’actuaire. Et au cours des prochaines années, les taux ne peuvent que remonter. » Morale de l’histoire : si on achète des obli­gations aujourd’hui, mieux vaut être prêt à les conserver jusqu’à leur échéance.

Les actions, alors ? « Le marché n’est pas encore très solide, constate Martin Dupras. Il n’y a pas de tendance claire à la hausse. » Chaque année, l’IQPF publie des projections à long terme du rendement des marchés en se basant, notamment, sur les hypothèses utilisées par la Régie des rentes du Québec (RRQ) pour évaluer son propre régime. Selon ces projections, le marché des actions canadiennes devrait rapporter 7,25 % en moyenne pendant les 25 prochaines années. « Ça ne tient pas compte des frais, signale Martin Dupras. Pour les petits épargnants qui ont recours à des fonds communs gérés activement, mieux vaut s’attendre à 5,25 %. »

C’est aussi… avant l’inflation. Selon l’IQPF, celle-ci devrait fluctuer autour de 2,25 % au cours des prochaines années. Le rendement réel des actions cana­diennes se situerait donc autour de 3 %. « Et ça, c’est si on a un portefeuille composé à 100 % d’actions, précise Martin Dupras. Théoriquement, si on a un portefeuille équilibré, on devrait avoir un rendement légèrement inférieur. »

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Au cours des 10 dernières années, les actions canadiennes ont rapporté en moyenne 5,61 % annuellement, soit 3,48 % si on tient compte de l’inflation. Pour un fonds commun de placement dont les frais de gestion sont de 2 %, un épargnant aura profité d’un rendement réel de… 1,5 % ! Un CPG aurait fait presque aussi bien, avec un rendement de 1,3 %, sans risque.

Michel Nadeau, professeur à HEC Montréal, croit malgré tout qu’investir à la Bourse demeure incontournable. « S’il y a une règle qui n’a pas changé dans le monde du placement, c’est celle de la diversification », dit-il. L’ancien numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec prend en exem­ple sa vieille tante Alberta (née en 1905, l’année où cette province de l’Ouest est entrée dans la Confédération). « Les placements que faisait Alberta battaient très souvent le rendement de la Caisse, se souvient-il. Je ne m’en vantais pas à l’époque. »

La recette de la vieille tante : placer un quart de ses actifs dans des obliga­tions (Michel Nadeau suggère pour le moment de choisir des obligations à courte échéance, en raison des faibles taux d’intérêt), un quart dans des actions canadiennes, un quart dans des actions américaines et un quart dans des actions internationales. « Il faut être partout, résume le professeur. Mais de grâce, choisissez des fonds indiciels, qui calquent un indice boursier ou obligataire, plutôt que des fonds communs de placement gérés activement. Autrement, votre rendement sera grugé par les frais. »

Avec des rendements espérés de 3 % environ, nombre d’investisseurs jettent l’éponge et cherchent à se consoler en plaçant leur pécule dans l’immobilier, un marché moins volatil que la Bourse. « Ce n’est pas le meilleur moment pour investir », prévient Hélène Gagné. La valeur des immeubles a énormément grimpé et beaucoup sont surévalués. À Montréal, des plex se vendent 15 fois plus cher (parfois davantage) que les revenus de location. Difficile de dégager un rendement intéressant dans ces conditions. En outre, lorsque les taux d’intérêt – et les taux hypothécaires – remonteront, la valeur des immeubles pourrait très bien baisser.

« Acheter un immeuble de rapport, ce n’est pas un placement, c’est un job, dit Yvon Rudolphe, évaluateur agréé, courtier immobilier et président de Rudolf Patrimoine Conseil. Il faut connaître la valeur de ce qu’on achète, savoir estimer les dépenses et les revenus, trouver des locataires fiables, s’occuper de la comptabilité… Évidemment, on peut déléguer, mais il faut soustraire du rendement tous les frais de gestion. » Selon lui, les amateurs devraient être très prudents avant de s’aventurer dans cette voie. Pour la poule aux œufs d’or, il faudra repasser…

Finalement, la retraite serait-elle devenue une utopie ? « Telle qu’on la concevait il y a une quinzaine d’années, oui ! répond sans détour Martin Dupras. On ne va pas arrêter à 55 ans ni même à 60 ans pour courir sur la plage. Le meilleur conseil que je puisse vous donner si vous n’avez pas de régime de retraite béton, c’est de maintenir vos compétences à jour, même à un âge avancé. Vous pourriez avoir à travailler encore longtemps. »

 

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QUELS SONT LES PLACEMENTS LES PLUS PAYANTS ?

Il vaut mieux y penser à deux fois avant de fonder ses rêves de retraite sur des placements qui rapporteraient des rendements mirobolants. La réalité est moins reluisante.

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Ce tableau présente les rendements annuels réels des indices de référence de cinq types de placement.
Les rendements tiennent compte de l’inflation, mais pas des différents frais de courtage ou de gestion.

* 50 % d’actions canadiennes, 40 % d’obligations canadiennes, 5 % d’actions américaines, 5 % d’actions internationales.

(Sources : Revue de la Banque du Canada et Aon Conseil)

 

20-35 ANS :
Dans les blocs de départ

Serge Malo, 35 ans, fait partie des « chanceux » qui profitent d’un régime de retraite à cotisations déterminées au travail. Son employeur y verse… 250 dollars par année ! « Disons que c’est un début, mais je ne vais pas compter uniquement là-dessus », rigole cet ingénieur en informatique. Sa conjointe, Stéphanie Thibault, 35 ans, travaille à son compte en communication scientifique. « Pour nos vieux jours, on ne peut se fier qu’à nous-mêmes », résume la maman de Félix, qui vient d’avoir un an.

Par chance, leur REER n’a pas trop souffert de la crise financière de 2008. « On savait qu’on voulait « RAPer » [se prévaloir du régime d’accession à la propriété], alors on avait transféré notre argent dans des placements sécuri­taires », explique Serge.

Depuis un an, le couple est propriétaire d’un duplex à Montréal. Le logement du deuxième est loué, ce qui contribue à rembourser l’emprunt hypothécaire, amorti sur 25 ans. Malgré leur planification minutieuse, Serge et Stéphanie ont eu quelques surprises côté budget.
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« Pour nos vieux jours, on ne peut se fier qu’à
nous-mêmes. »

– Stéphanie Thibault, 35 ans
Photo : Jean-François Lemire

 

« Avec les crédits d’impôt à la rénovation offerts par l’État, c’est difficile de trouver des ouvriers, cons­tate Stéphanie. Ceux qui sont disponibles coûtent les yeux de la tête. » Le couple a retroussé ses manches et s’est initié au b.a.-ba de la réno. « On voulait se débarrasser du look « chalet » de la cuisine, mais ça ira à plus tard », poursuit la jeune entrepreneure.

La petite famille arrive malgré tout à épargner dans son REER. « On ne cotise pas jusqu’au maximum permis, mais on fait ce qu’on peut », dit Serge, qui achète ses fonds communs de placement dans un site de courtage en ligne pour éviter les frais. Les grands-parents donnent un coup de pouce pour garnir le régime enregistré d’épargne-études (REEE), qui servira à financer les études de Félix. « Ma mère était professeure au cégep et mon père travaillait à Hydro-Québec, raconte Serge. Ils ont profité de régimes de retraite à prestations déterminées. Un luxe inouï ! »

 

LES CONSEILS DES PROS :

  • Si vous prévoyez utiliser votre REER pour acheter une première maison grâce au régime d’accession à la propriété, optez pour des placements à faible risque.
  • Choisissez un prêt hypothécaire qui offre la possibilité de faire des remboursements anticipés sans pénalité. Si vous vous retrouvez avec un peu d’argent en surplus une année, vous pourrez faire baisser le capital à rembourser et ainsi payer moins d’intérêts.
  • « Amortir le remboursement de l’emprunt hypothécaire sur 20 ou 25 ans est tout à fait raisonnable », estime Daniel Gladu. Mieux vaut faire de plus petits paiements et s’assurer de cotiser à son REER tous les ans.
  • Si votre employeur vous offre un régime de retraite à cotisations déterminées dans lequel il verse des sommes égales aux vôtres, cotisez au maximum. « Sinon, vous laissez de l’argent sur la table », signale Hélène Gagné.
  • Selon les experts, vous devriez mettre de côté 10 % de votre salaire net par année. « On n’y arrivera pas du jour au lendemain, concède Martin Dupras, mais c’est un objectif vers lequel il faut tendre. »
  • Daniel Gladu suggère de consacrer au minimum 75 % du portefeuille en actions en vue de la retraite. Les titres à risque (marchés émergents, métaux précieux, etc.) ne devraient toutefois pas représenter plus de 5 % à 10 % de l’ensemble. Hélène Gagné propose une approche plus prudente : « Mieux vaut commencer avec un pourcentage d’actions moindre, par exemple 40 %, tester sa tolérance aux marchés baissiers, puis accroître graduellement la part des actions. »
  • Prenez garde aux frais de gestion. Dans les fonds communs gérés activement, ils peuvent atteindre 2,75 %. « Au Canada, 80 % des gestionnaires de fonds actifs ne battent pas les indices », rappelle Hélène Gagné, qui suggère d’opter pour les fonds indiciels (qui ne font que copier un indice boursier ou obligataire).


35-50 ANS :
Le second souffle

Comme 60 % des travailleurs québécois, Sophie Normandin, 45 ans, et Marc Veillet, 47 ans, n’ont pas de régime de retraite. Propriétaires d’un pub, le Gambrinus, qu’ils ont ouvert à Trois-Rivières en 1996, ils triment dur pour gagner leur vie et celle de leurs adolescents de 14 et 16 ans. Ils gèrent le restaurant, ouvert du lundi au samedi, brassent leur propre bière et organisent des spectacles de musique. La crise de 2008, ils l’ont encore dans la gorge. Ils ont perdu une bonne partie de leurs économies en investissant dans un second restaurant, qui n’a pas connu le même succès que le Gambrinus.

Envient-ils les travailleurs qui profitent d’un généreux régime de retraite ? Pas une seconde ! « Je n’aurais pas vécu une vie monotone rien que pour avoir une pension au bout du compte », dit Sophie.
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« On mise beaucoup sur la santé. On sait qu’on va
devoir travailler longtemps, alors on se garde en forme. »

– Marc Veillet, 47 ans
Photo : Jean-François Lemire

 

Qu’importe si leur REER est famélique. La famille a d’autres actifs. Par exemple, le prodigieux talent de bricoleur de Marc, qui a retapé la maison familiale, dont l’emprunt hypothécaire sera bientôt remboursé. En 2004, le couple a également acheté un immeuble de logements, qui « se paie tout seul »… si on exclut le temps investi dans la gestion et les travaux d’entretien. Le capital servira de coussin à la retraite. Tout comme la valeur de revente du restaurant.

Il y a 10 ans, le couple a aussi mis la main sur un bout de terrain au bord de la rivière Saint-Maurice. Un coup de cœur. Depuis, sa valeur a quadruplé. Sophie et Marc rêvent d’y construire un petit chalet, dont ils profiteront à la retraite. Pour l’instant, la famille y campe l’été, y fait du ski de fond et de la raquette l’hiver. « On mise beaucoup sur la santé, dit Marc. On sait qu’on va devoir travailler longtemps, alors on se garde en forme. »

 

LES CONSEILS DES PROS :

  • Dans la mesure du possible, épuisez tous les droits de cotisation au REER qu’il vous reste.
  • « La répartition des placements dans le REER devrait rester à peu près la même que pour des gens dans la trentaine, conseille Daniel Gladu. Cependant, une fois la cinquantaine arrivée, la portion en actions devrait être consacrée davantag­e à des valeurs sûres. »
  • Si vos revenus sont élevés et que votre employeur ne vous offre pas de régime de retraite à prestations déterminées, l’épargne dans le REER pourrait s’avérer insuffisante pour assure­r vos vieux jours. Cotisez alors le maximum permis à un CELI (les revenus de vos placements ne seront pas imposés), puis épargnez dans un compte non enregistré.
  • Les certificats de placement garanti et les obligations (dont les intérêts sont imposables à 100 %) devraient être placés en priorité dans un REER ou un CELI, à l’abri de l’impôt. Les revenus des actions donnent droit à des avantages fiscaux et seront moins grugés par l’impôt dans un compte non enregistr­é.
  • Ceux qui ont des talents de bricoleur peuvent considérer d’investir dans un immeuble locatif. « L’immobilier et la Bourse évoluent rarement ensemble, ce qui permet de répartir les risques », dit Hélène Gagné. Prudence, toutefois. « Beaucoup d’immeubles sont surévalués en ce moment et il sera difficile d’en dégager un revenu intéressant. »

 

50 ANS ET PLUS :
Encore un petit effort

Ingénieur spécialisé dans le domaine de l’eau, Hubert Demard a pris sa retraite de l’État québécois à… 53 ans ! « On offrait des conditions avantageuses pour encourager les départs », raconte ce Français d’origine. Mais la rente qu’il reçoit chaque mois ne suffit pas à le faire vivre. À 65 ans, il continue à travailler à son compte, en équipe avec sa conjointe, Denyse Bonneau, adjointe administrative de 61 ans qui n’a pas de régime de retraite.

Ces deux passionnés de voile, de pêche et de ski veulent arrêter pour de bon cette année. Les taux d’intérêt faméliques que rapportent leurs placements les ennuient, mais ne compromettent pas leurs rêves.

« J’achète des obligations à moyen et long terme, que je garde jusqu’à échéance », explique Hubert, qui gère lui-même une partie de ses placements dans un site de courtage à commissions réduites. Les intérêts, ainsi que les loyers des quatre petits logements qu’il loue au-dessus de sa maison, dans le Vieux-Québec, lui permettent d’ajouter aux revenus de sa rente.
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« Les années où les marchés iront mal, on se serrera la
ceinture. Les bonnes années, on se paiera des voyages. »

– Hubert Demard, 65 ans
Photo : Jean-François Lemire

 

Le futur retraité (pour de vrai, cette fois) espère toucher le moins possible à son capital. Laisser un héritage à ses deux enfants (âgés de 31 et 37 ans) est incontournable. « C’est dans mes gènes français », blague-t-il. Le petit investisseur prend malgré tout quelques risques et conserve 40 % de son portefeuille en actions dans des fonds communs de placement. « Les années où les marchés iront mal, on se serrera la ceinture. Les bonnes années, on se paiera des voyages. »

 

LES CONSEILS DES PROS :

  • Faites un budget pour prévoir vos dépenses à la retraite. Pour conserver un même niveau de vie, vous aurez probablement besoin de 60 % à 80 % de votre revenu brut actuel. « Gardez-vous une bonne marge de sécurité, conseille Hélène Gagné. C’est vrai qu’à la retraite on ne cotise plus au RRQ, au régime de retraite, au REER ou à l’assurance emploi. Mais les dépenses liées aux voyages et aux loisirs risquent d’augmenter, surtout les premières années. »
  • Si vous n’avez pas de régime de retraite à prestations déterminées, calculez qu’à 65 ans vous devrez avoir mis de côté 200 000 $ pour chaque tranche de revenu de 10 000 $ dont vous aurez besoin par année. Les premiers 17 400 $ devraient être assurés par le RRQ (si vous avez cotisé au maximum) et le programme fédéral de la Sécurité de la vieillesse.
  • « Le temps où vous pouviez vous limiter à des placements prudents est révolu, dit Hélène Gagné. Les taux d’intérêt sont trop bas et la retraite trop longue. » Conservez une partie de votre portefeuille en actions, mais cherchez des placements indiciels axés sur des entreprises solides, celles qui paient des dividendes, notamment.
  • Consultez un planificateur financier pour prévoir les meilleures stratégies de décaissement de votre capital, de façon à minimiser l’impôt.
  • Maintenez vos compétences professionnelles à jour. Vous pourriez devoir continuer à travailler plus longtemps que prévu…

 

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