Construction: un gros scandale (allégué) et deux petits malaises

Il faut une enquête sur l’industrie de la construction. Je le dis et je l’écris depuis longtemps.

Il le faut parce que la situation est intenable et irrespirable, surtout après la publication du rapport Duchesneau. La position du gouvernement lui fait beaucoup de tord, tout en laissant planer de gros doutes sur l’intégrité de l’État, des partis politiques et de toutes les firmes d’ingénieurs et de construction. On a l’impression qu’on nous cache quelque chose et c’est insupportable. Être une compagnie de construction ou d’ingénierie, je prierais le gouvernement de tenir une commission d’enquête, ne serait-ce que pour laver ma réputation.

Contrairement à d’autres, je ne crois cependant pas aux vertus magiques des commissions d’enquête. Elles font de bonnes émissions de télévision et créent des vedettes, mais elles donnent la fausse impression qu’on vient de régler un problème et que les témoins sont tous des coupables. Elles ont la fâcheuse habitude de mélanger ce qui relève de l’opprobre populaire, de l’éthique et du geste criminel.

Certes, elles peuvent illustrer et confirmer des gestes répréhensibles et identifier les acteurs qui les commettraient. On connaît quand même un peu la chanson, ceux qui sont coupables deviennent amnésiques parce qu’ils ne veulent pas compromettre leur défense devant un éventuel tribunal.

En revanche, elles peuvent qualifier et quantifier le problème. Parle-t-on d’un système universel qui touche toutes les firmes de construction et de génie ou seulement certaines d’entre elles ? Est-ce que tous les ouvrages entrepris ou restaurés ces dernières années l’on été sous ce régime mafieux ou quasi-mafieux ? Est-ce vrai que les contribuables québécois paient de 30 % à 40 % trop cher pour les travaux entrepris ? Ou que ces travaux sont de moins bonne qualité parce que des entrepreneurs corrompus trichent et que des fonctionnaires complaisants ou absents laissent  tout passer ?

Vous pensez le savoir, mais en fait on ne le sait pas. On suppute et on entrapole à partir de faits allégués. À part les compagnies épinglées dans les reportages d’Enquête, que sait-on de la propriété, de la probité et de la rentabilité des entreprises de la construction au Québec ? La construction est devenue un élément moteur de l’économie québécoise (14 % du PIB), mais c’est sans doute le secteur qu’on connaît le moins. Son organisation est particulière, son régime de relations de travail est unique et ses liens avec l’État sont inévitables et nombreux puisque c’est lui le principal donneur d’ouvrage.

Donc, vivement une commission d’enquête. Il y a néanmoins deux petits lieux communs repris par l’ensemble des observateurs et collègues qui me troublent.

1. On fait beaucoup de cas de la présence d’anciens fonctionnaires dans les firmes de génie ou de construction. Est-ce criminel qu’un ancien employé du ministère du Transport travaille pour une firme d’ingénierie ? Non, mais le pot de vin qu’aurait accepté un employé actuel du ministère le serait.

Un ancien employé du ministère du Transport peut-il éthiquement travailler pour une firme faisant affaire avec le gouvernement ? La question se pose, mais faut-il alors s’offusquer de la présence d’anciens ministres ou premiers ministres dans les bureaux d’avocats ou de vérificateurs ? Ou se scandaliser de la présence d’anciens politiciens à la télévision, et d’anciens appatchiks dans les firmes de relations publiques ou dans les universités ? Tous ces gens sont recrutés parce qu’ils connaissent le fonctionnement des machines gouvernementales et politiques. Ils sont comme tous les autres citoyens qui misent sur l’expérience acquise pour obtenir un nouvel emploi. Je ne m’en formalise pas.

Faudrait-il que tous ceux qui travaillent au gouvernement et tous les anciens élus soient privés de gagner leur vie après leur passage dans la machine gouvernementale ? Si c’est le cas, bonne chance pour le recrutement futur.

2. J’ai le même malaise face au financement des partis politiques. Il suffit que quelqu’un ait donné de l’argent au Parti libéral ou à la campagne au leadership de Pauline Marois pour qu’on suspecte la collusion, la corruption ou la trahison. Comme si on ne pouvait pas appuyer un parti parce qu’il reflète nos convictions ou notre amitié pour l’un de ses représentants. Je ne pense pas que l’immense majorité de ceux qui donnent à un parti ou à un candidat le font pour des faveurs futures.

Et si c’était le cas, est-ce si grave ? Je n’en suis pas sûr non plus. Les syndicalistes canadiens ont droit de penser que le NPD mérite d’être soutenu et une entreprise de croire que les conservateurs fédéraux ou les libéraux provinciaux sont plus susceptibles de défendre leurs intérêts.

Les assemblées ou galas de financement sont une façon ouverte et pratique d’avoir accès aux politiques. Faudrait-il les interdire d’emblée ?  Faut-il isoler nos politiciens ou les mettre en quarantaine permanente pour éviter qu’ils rencontrent des supporters qui pourraient s’avérer d’éventuels fournisseurs de l’État ? Aussi bien en faire des cloîtrés ! Créons et renforçons plutôt des mécanismes, des règles et des procédures pour l’attribution des contrats.

De tous temps et dans toutes les sociétés, des groupes d’individus se sont regroupés pour former des partis et contribuer à leur financement. C’est l’essence même de notre démocratie. Le financement privé des partis peut être réglementé et balisé, mais je suis contre un financement qui ne compterait que sur le financement public.

Notre vie démocratique serait-elle plus riche et plus propre si tout financement populaire était interdit ?

 

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Suite à la lecture des 72 pages du rapport de l’UAC du MTQ, il est clair que nous devons aller plus loin et faire la lumière sur les pratiques douteuses des acteurs de cette importante industrie.

Je crois, qu’à l’instar de nos partenaires de l’OCDE, nous pourrions donner l’immunité aux deux premiers «Collaborateurs» d’un secteur donné. Je crois même que cette « Enquête Publique» devrait être confié encore à l’UAC compte tenu du travail fait jusqu’à maintenant.

Quant à vos deux malaises:

Avez-vous lu «How to fix a football game» ? EH bien, si certains de nos ancien politiciens sont utilisés à corrompre le fonctionnement administratif, étant donné leurs entrées, non merci!

Quant aux financements des partis politiques (tout comme les syndicats d’ailleurs, celui-doit être le fruit de donations d’individus et non de prête nom pour les entreprises qui doivent payer pour un service rendu ou à rendre.

D’ailleurs, je crois que l’existence même des parties politiques appartient à une autre époque de l’histoire démocratique et que l’Assemblée Nationale devrait être constitué uniquement de députés indépendants qui auraient pour tâche de former un gouvernement …. utopique vous dites, pas si sûr.

@PatrickRoblin

J’écrivais la même chose la semaine dernière lorsque Patrick Lagacé commentait le passage possible de l’ex-ministre Nathalie Normandeau au secteur privé. On ne peut pas empêcher les gens de gagner leur vie ou de transformer en moine parce qu’ils ont été élus.
Pour ce qui est du financement, la magouille qui transparaît du rapport Duchesneau ressemble à celle du scandale des commandites, i.e. détourner des fonds publics pour les utiliser à des fins autres.

Votre défense du patronage me navre. Certes cette pratique est profondément ancrée dans la vie politique canadienne, mais ce n’est certainement pas l’essence de la démocratie. C’est au contraire une perversion qui mène, entres autres, à sa petite soeur la corruption.

> Un ancien employé du ministère du Transport peut-il éthiquement travailler pour une firme faisant affaire avec le gouvernement ?

Après un délai de 3 ans, oui.

>faut-il alors s’offusquer de la présence d’anciens ministres ou premiers ministres dans les bureaux d’avocats ou de vérificateurs ?

Certainement, du moins dans les cas où leur recrutement est lié à l’influence indue de leur carnet d’adresse.

>Ou se scandaliser de la présence d’anciens politiciens à la télévision, et d’anciens appatchiks dans les firmes de relations publiques ou dans les universités ?

Les firmes de relation publique, bien sur qu’il faut s’en scandaliser. La télévision et les université, certainement pas. Curieux que vous amalgamiez ces choses.

>Faudrait-il que tous ceux qui travaillent au gouvernement et tous les anciens élus soient privés de gagner leur vie après leur passage dans la machine gouvernementale ?

Question de type « Homme de paille », n’est-ce pas? On peut quand même éviter les situations pouvant donner lieu à de la corruption différée sans empêcher les gens de manger.

> Je ne pense pas que l’immense majorité de ceux qui donnent à un parti ou à un candidat le font pour des faveurs futures. Et si c’était le cas, est-ce si grave ?

Certainement. En démocratie les politiques sont supposer être au service des citoyens, et non d’une clientèle.

>Les assemblées ou galas de financement sont une façon ouverte et pratique d’avoir accès aux politiques. Faudrait-il les interdire d’emblée ?

Quelle bonne idée!

>Faut-il isoler nos politiciens ou les mettre en quarantaine permanente pour éviter qu’ils rencontrent des supporters qui pourraient s’avérer d’éventuels fournisseurs de l’État ?

Homme de paille encore. Une réunion politique n’a pas à être synonyme de campagne de financement.

>Notre vie démocratique serait-elle plus riche et plus propre si tout financement populaire était interdit ?

Certainement. Les révélations récentes montrent que le financement « populaire » est détourné en financement clientéliste. Nous nous retrouvons avec des partis politiques qui écoutent leurs clients, et des citoyens qui se désintéressent des partis politiques. Cela nous montre que le patronage ne mène pas qu’à la corruption, mais aussi à la divergence du politique et des citoyens.

@ Frère Untel (# 3):

On se scandalisait de voir Mme. Normandeau quitter la politique avec $150,000.00.

Si lOon voulait appliquer vos pieux principes, nos députés devraient encaisser 5 à 10 ans de salaire lorsqu’ils quittent la politique.

N’importe quoi…

Merci au (3)Frère Untel de dénoncer les propos éristiques de M. Duhamel. Il est de plus en plus courrant de prononcer (et de publier) ces non sens et d’en faire l’apologia simpliste genre « Don’t hate the player, hate the game »…comme s’ils étaient mutuellement exclusifs!

Concernant la présence d’anciens premiers ou autre ministres dans les cabinets d’avocat – je ne m’en offusque pas s’ils étaient avocats avant de faire de la politique. Mais, par exemple, un premier ministre autrefois professeur d’école qui se retrouverait chez Gowling’s en tant que ‘conseiller spécial’, oui cela m’offusque.

Un employé de l’état peut quitter la fonction publique et travailler là où il veut. Nous ne sommes pas une dictature. Mais les fonctionnaires en place doivent être informés et prudents s’ils ont à faire avec un ancien collègue.

Encore – on ne vit pas dans une dictature et on ne peut empêcher des citoyens de s’assembler et de donner de l’argent pour appuyer une cause. Nous avons des lois très sévères sur les dons aux partis politiques mais n’ayez crainte cela n’empêchera pas ceux qui ont un message politique à passer de s’organiser. Un exemple parfait se retrouve dans les nouvelles aujourd’hui – ce groupe Ethical Oil, dirigé par un type qui sort droit du bureau du premier ministre et qui a hérité d’une manne tombée du ciel, suffisante pour se payer une campagne de publicité à la télévision qui met les Saoudiens en beau fusil. Ce n’est pas un parti politique, c’est une organisation privée financée par des inconnus qui fait la promotion de la politique du gouvernement au Canada et ailleurs.

Il faudrait donner des peines plus sévères aux fraudeurs, d’emprisonnement, oui, mais surtout de saisie des biens du patrimoine familial du fraudeur.

@ François 1

Comment les 3 ans de restriction que je propose pourraient valoir 5 à 10 ans de salaire plein?

Sans vouloir le dire vous l’avez dit: certains tirent de leur position des avantages indus.

@ Loraine King

Nos lois laissent un ministre de la santé ou des forêt être recruté quelques temps après la fin de ses fonctions par des personnes morales ayant des intérêts en santé ou en foresterie.

De même des membres du cabinet de la ministre du territoire peuvent préparer une politique favorable au gaz de schiste le vendredi, et être à l’embauche de l’industrie qui en bénéficie le lundi suivant.

Sincèrement, je ne pense pas qu’interdire ces pratiques nous fasse basculer dans la dictature.

Concernant le financement privé qui se cache derrière des paravents, je partage votre inquiétude.

Le problème principal au Québec, et toutes ces magouilles n’en sont que l’illustration, la conséquence et non la cause, c’est que dans le domaine de la construction le libre jeu de la concurrence ne s’applique presque plus, il a été complètement court-circuité par toutes les entraves et réglementations qui encadrent ce domaine.

Résultat: d’un côté on se pousse de la réglementation trop rigide en allant au noir (ce qui ouvre la port au crime organisé) ou bien on s’en sert comme support pour se rendre incontournable et écarter la concurrence.

Ça fait tellement longtemps que ça dure que tout cela fait maintenant parti de la culture et ces problèmes sont structurels. Le climat est tellement pourri que non seulement on ne sait plus si tel ou tel contrat n’est pas 50% trop cher, on ne sait même pas si ledit contrat représente un besoin réel ou bien un prétexte pour arroser les « tizamis »…

Vous voulez ramener ce marché dans le droit chemin? Alors faites en sorte que la concurrence revienne, faites en sorte par exemple que ce soit facile pour un entrepreneur du Minnesota de « bidder » sur un job Québécoise, que celui ci puisse engager qui il veut, syndiqué ou pas, etc… Pour ce qui est du financement des partis

Remarquez que le problème de réglementation et interventionnisme hystérique de l’état qui mène à la magouille ne se limite pas à la construction. Regardez ce qui en train de se passer sous nos yeux dans le marché des garderies depuis que le gouvernement s’est mis ses gros sabots dedans: Collusion, favoritisme, corruption, pénuries, coûts en hausse, problèmes d’activités au noir, etc… Et ça en quelque années seulement! Pensez vous qu’on finira par comprendre un jour?

Il faut libéraliser le financement des partis tout en exigeant la transparence, trop de restrictions on poussé tous les partis dans l’illégalité, encadrer plus sévèrement ne ferait qu’aggraver le problème.

Vous pensez que quelqu’un donne 3000$ chaque année au PLQ par convictions politiques? Par admiration de l’administation Charest?

Le financement des partis politiques par le gouvernement: CA URGE.
A 5$ par électeur, ca ne couterait que 20 millions par année. Comme on éliminerait la déduction de 75%, le cout net pour le contribuable serait moins de 10 millions par année. On règlerait enfin le problème à la source.

@ Frère Untel (# 7):

« Sans vouloir le dire vous l’avez dit: certains tirent de leur position des avantages indus. » (sic)

D’où ma propension à vouloir RÉDUIRE la taille de l’État.

Logique non?

@ rod (# 9):

Ah…le financement des partis politiques par l’État tentaculaire… Le Nirvana des endiablés gauchistos-socialistes.

C’est la DERNIÈRE chose à faire car je REFUSE que MON argent serve à financer des partis politiques pour lesquels je n’ai aucune, mais alors AUCUNE affinité.

Ça voudrait dire que les partis politiques n’auraient presqu’aucun effort à faire (aucune campagne de financement, aucune carte de membre, et…) et que les fonds leur seraient transférés automatiquement. Comme une cotisation syndicale quoi… Ce serait un SCANDALE!!!

Quelle est la solution pour mettre fin à cette corruption? La seule qui éliminerait le problème à sa racine est une réduction draconienne du rôle et de la taille de l’État, ce qui limiterait l’ampleur des avantages étatiques monnayables et étoufferait ce marché. Mais c’est bien évidemment dans une autre direction qu’on risque d’aller avec votre proposition. D’abord vers plus de répression et de contrôle, qui seront éventuellement contournés, et peut-être carrément vers une «nationalisation» totale du financement des partis politiques. C’est l’État qui assurerait alors l’entièreté du financement des partis (la subvention n’est aujourd’hui que partielle).

On peut être certain d’une chose: la corruption se transporterait alors encore plus profondément au sein de l’État au lieu d’être à sa périphérie dans les partis politiques. Cela créerait aussi une autre barrière à l’entrée pour les partis qui s’opposent entièrement à ce système: imaginez un parti libertarien aller quêter son budget de fonctionnement à un bureaucrate. Les étatistes y gagneraient sur toute la ligne.

L’avantage de toutes ces révélations, c’est que seuls les naïfs les plus indécrottables continueront bientôt de croire que la politique est un «noble métier» qui vise à «s’impliquer dans notre devenir collectif». La réalité, de plus en plus perceptible au grand jour, c’est que c’est un système pourri permettant de distribuer à des parasites le butin volé à ceux qui travaillent, sous prétexte de faire des bonnes oeuvres.

@François 1 – EXEMPLE A: quand l’état donne à un parti, disons, deux dollars par année pour chaque vote qu’il a reçu, votre argent finance un parti pour lequel vous avez voté – et si vous n’avez pas voté il y a moins d’argent dans la cagnotte.

EXEMPLE B: Quand l’état consent une exemption fiscale REMBOURSABLE à 75% pour des dons de 400 $ ou moins vous payez pour un parti que vous n’appuyez pas; e.g., si je donne 400 $ au Parti libéral du Canada, l’impôt me remboursera 75 % de la somme (300 $) et c’est VOUS qui donnerez ce 300 $ au PLC, un parti que vous n’appuyez pas.

Stephen Harper a choisit d’éliminer l’exemple A et il gardera l’exemple B, j’ai même lu qu’il hausserait les sommes donnant droit à un crédit d’impôt remboursable pour compenser l’élimination de A.

Ah la droite : endormie au gas de l’endoctrination populiste et des longs discours mais trop bête pour comprendre les ruages de la taxation et se servir d’une calculette.

En fait, François 1, vous m’avez inspiré. Je viens de donner 100 $ au PLC, juste pour faire payer. Remerciez-moi et remerciez Stephen Harper qui favorise ce genre de financement. Et continuez à voter pour lui si vous voulez que votre fond de poche alimente de plus en plus les partis politiques que vous n’appuyez pas.

@loraine King

C’est peine perdu d’essayer de réveiller Francois 1.

Pour paraphraser Catlin, c’est comme le rêve américain, ça se vie endormi!

@ loraine King (# 12 & # 13) et à Benton (# 14):

LA solution?

Comme je le préconise depuis des lustres: RÉDUIRE le rôle et la taille de l’État et CESSER de pratiquer ce privilège de rendre les contributions aux partis politiques déductibles (à 75% ou autre!)!

Ainsi, celui qui contribue financièrement à un parti politique AUQUEL IL CROIT le fera par CONVICTION et pas par espoir d’un retour sur ses impôts.

Voilà!!!

Solution simple, efficace et économique.

Comme je les aime!!!

Autre chose vous deux?

Ça y est, un autre économiste qui affirme sans gêne que le scandale dans le construction est allégué. Pourquoi, croyez-vous, que je ne suis pas surpris? Le merveilleux monde de l’économie, des grandes entreprises, des firmes de génie-consils et des groses affaires n’a pas le scandale facile. Quand on mange dans la même auge on ne fait pas la différence.

@ Loraine King (# 17):

Stephen Harper est le premier à s’attaquer un tant soit peu à l’obésité morbide étatique.

Faut bien commencer quelque part non?

TOUS les pays actuellement dans le marasme ont la particularité d’être des pays à l’historique interventioniste étatique prononcée et ils paient le prix fort aujourd’hui pour avoir arraché de grands pans de liberté individuelle à leurs citoyens et pour avoir élevé leurs taxes et impôts à des nniveaux intélérables tout en fournissant des services rachitiques.

Ça ne vous dit pas quelque chose?

Ici, au Québec, nous ne devons notre survivance économique qu’à notre forte appartenance au beau et grand Canada (avec ici une mention honorable à l’Alberta!) qui sert de garde-fou à nos gauchisto-étatiques québécois.

La corruption en construction publique est un vice profond de société qui continue de faire la honte du Québec malgré la brève renaissance des années 60. J’entends trop de bémols dans votre article. Ne minimisons pas l’importance de cette triste réalité qui coûte si cher en fierté nationale et en fonds publics. On ne demande pas une enquête publique pour changer l’air, ou blanchir les honnêtes gens…mais pour s’attaquer à la corruption sous toutes ses formes qui pourrit les démocraties comme les dictatures.
Le système d’appel d’offres pour choisir un entrepreneur est en soi une très belle mécanique, assez analogue aux règles du jeu de la nature qui ont fait l’épanouissement des formes de vie sur terre. La plus basse soumission en principe provient de l’entrepreneur le mieux organisé, le plus ingénieux ou le mieux placé pour exécuter à bon compte un ouvrage, ce qui écarte les incompétents. Mais ce beau système est constamment menacé par un autre système aussi ingénieux qui lui est contraire : la collusion, c’est-à-dire la propension des concurrents à s’entendre secrètement pour établir à leur avantage le prix de la plus basse soumission, et de choisir eux-mêmes à tour de rôle l’identité du plus bas soumissionnaire après avoir poussé à bout les concurrents honnêtes. Sans une vigilance constante de l’état, des médias et de l’opinion publique, et sans un perfectionnement constant des procédures de soumissions, ce système alléchant pour les entrepreneurs revient toujours en force, surtout dans les petites collectivités où les entrepreneurs se connaissent et sont peu nombreux. La collusion n’est qu’un facteur de corruption parmi tous les autres qui pourrissent la démocratie et la distribution des contrats de construction comme nous le voyons bien, et comme nous espérons le voir de mieux en mieux prochainement. Le mot collusion, défini comme « entente secrète en vue de tromper ou de causer un préjudice» doit résonner de tout son sens dans nos consciences. Rendons hommage à la profession de journalisme qui peut élever graduellement le niveau de conscience et de vigilance démocratique des électeurs.
Pierre Morisset, prof.hon. Faculté d’Aménagement, Université de Montréal.