Couper 5,2 milliards… et un cent

Il y a dans le dernier budget fédéral quatre mesures clés qui auront un impact sur la vie des Canadiens et une autre peu importante dont tout le monde parlera d’ici sa mise en vigueur à l’automne, soit l’élimination de la pièce d’un cent.

Le ministre Jim Flaherty est chanceux : « la cenne noire » et le congédiement de Pierre Gauthier (au Québec) animeront davantage les discussions des pauses-café qu’un budget plutôt technique et dont les répercussions ne semblent pas immédiates ou peu spécifiques.

Il y a dans ce budget une volonté de faire le travail, mais sans faire trop de vagues.

La nouvelle du jour, c’est l’évidemment la suppression de 19 200 postes dans la fonction publique fédérale, dont 600 postes de cadres supérieurs. Cela représente 4,8% de l’ensemble des emplois de l’État canadien. Qui est menacé ? Quand ces mesures seront-elles effectives? Le gouvernement Harper a l’habileté d’éliminer 7200 postes par attrition et d’éliminer les 12 000 autres sur une période de trois ans.

Prenez la décision de reporter de 65 ans à 67 ans l’admissibilité au Programme de la sécurité de la vieillesse. Le gouvernement prend soin de dire que tous ceux qui ont plus de 54 ans ne seront pas touchés. On ne veut pas de têtes grises dans les manifestations ! Deuxièmement, il donne un préavis de 11 ans et un délais de mise en oeuvre de six autres années avant son instauration complète. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a le temps de voir venir et de s’ajuster en conséquence.

Certains vont parler d’une « coupure sauvage », mais les coûts du programme vont passer de 38 milliards de dollars à 108 milliards de dollars entre 2011 et 2030. Ils seraient devenus hors de prix sans les mesures annoncées.

On s’attendait à un gros ménage dans les crédits d’impôts aux entreprises, notamment ceux à la recherche et au développement. Le ministre souligne que ce programme a coûté 3,6 milliards de dollars en 2011-2012 et qu’il est l’un des plus généreux au monde. Sort-il sa tronçonneuse ? À peine sa balayeuse, alors qu’il coupe leur taux de 20% à 15% et qu’ils enlève certaines déductions qui étaient admissibles dans le calcul des crédits d’impôts.

Le gouvernement coupe ainsi 550 millions de dollars, mais se prévoit un budget de 225 millions de dollars pour des subventions discrétionnaires.

L’autre grande nouvelle concerne Radio-Canada. La société d’État verra son financement baisser de 115 millions de dollars d’ici 2014. Cela représente environ 10% de sa subvention. Il en reste quand même 90%. Cette coupure causera-t-il un tort irréparable à la culture canadienne ? Je ne suis pas sûr que Studio 12 – au demeurant une très belle émission – a davantage fait pour la chanson québécoise et francophone que Star Académie.

Nous sommes ici dans une situation où une société d’État largement subventionnée est un concurrent direct du secteur privé. Je suis prêt à défendre son rôle et sa mission face à tous ses détracteurs, sauf que je ne suis pas toujours sûr de son rôle et de sa mission…Consolez-vous, le gouvernement a coupé le budget de la Défense de 1,1 milliard de dollars.

En somme, le gouvernement coupe 5,2 milliards de dollars. Il maintient son objectif d’élimination du déficit à 2015-2016 et il indique que la dette canadienne sera à ce moment-là de loin la plus faible des pays du G-7. Même en y incluant toutes les dettes publiques au pays. Plutôt une bonne nouvelle, non ?

 

 

 

18 commentaires
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Peut-être. Je n’oublie pas que c’est un gouvernement qui croit à la main de Dieu et qui considère que la production est plus importante que d’avoir des clients.

Vous me direz qu’il doit en être conscient. Pourtant réduire l’argent disponible n’a jamais créé de clients….On verra bien….

Il est évident que si on doit couper quelque part, Radio-Canada est un choix prioritaire. D’ailleurs, c’est à Radio-Canada que la modération des commentaires est la plus partisane, la plus idéologique et la plus biaisée, et de loin. A Radio-Canada plus que partout ailleurs dans les grands médias québécois, c’est l’idéologie qui domine sur le fair play.

S’il y a un médium qui n’aurait pas du devenir idéologique, c’est Radio-Canada, puisque c’est un médium public et non un médium privé.

J’espère que le gros des coupures ont été imposées à Radio-Canada plutôt qu’ à CBC, car Radio-Canada est à la fois nettement plus idéologique, nettement de moindre qualité et nettement moins sérieux que CBC. Mais je ne retiens pas mon souffle….

Qu’on nomme avec raison certaines émissions bien faites à Radio-Canada ne change rien à la teneur générale de mon propos.

@ honorable (# 3):

Ne me dites pas qu’ils NE devront utiliser QUE 2 techniciens de plateau pour bouger 3 chaises à Rad-Can?

Faudra mettre à jour leur formation…

La mesure budgétaire qui illustre le mieux ce qu’est le conservatisme canadien sous S. Harper c’est la décision de taxer le salaire du gouverneur général d’une part tout en augmentant suffisamment ce salaire afin de compenser pour cette mesure. Typiquement harpérien.

Quant aux coupes de 5 milliards, on peut s’attendre qu’elles seront équilibrée par des augmentations fulgurantes des dépenses auxquelles nous sommes habitués depuis l’arrivée de S. Harper au pouvoir. N’est-ce pas la vision des Conservateurs présentée aux Canadiens dans leur plateforme électorale? Promettre toutes sortes de dépenses et multiples exemptions dès le retour à l’équilibre budgétaire ?

Enfin, je remarque que le budget n’est plus un budget mais une initiative sous le Plan d’Action – même soumettre à l’ARC sa déclaration d’impôt est dorénavant une initiative sous le Plan d’Action, si je me fie aux annonces télévisuelles qui se multiplient sur nos écrans depuis quelque jours.

Je savais pas que de passé de 65 à 67 ans l’âge de la retraite était une simple décision budgétaire. Je pensais que cela devait être débattue par la population. J’avais vraiment rien compris à la démocratie

M Duhamel,

Je suis loin de partager votre optimisme, même s’il est vrai que le budget est un (petit) pas dans la bonne direction.

Il y a toute sorte de façon de calculer la dette publique. Et les gens utilise la méthode qu’ils préfèrent bien souvent pour appuyer leur penchants politiques.

La méthode de calcul exposée par votre graphique est hystériquement optimisme pour ne pas dire ridicule. C’est bien beau de tenir compte des actifs, mais la grosse majorité d’entre eux ont très peu de chances d’être vendus dans la vraie vie, comme vous le savez très bien et l’avez même déjà affirmé sur ce blog en parlant de HQ.

Je pense que la meilleure façon de calculer la dette est celle qui additionne les emprunts sur lesquels on doit payer des intérêts, autrement dit la dette que l’on doit réellement servir, celle qui concerne directement le marché des obligations, ce qui exclut certains calculs actuariels (exemple la « social Security » et les pensions des fonctionnaires) qui de toute façon pourraient être modifiés par des réformes et des législations. On doit aussi additionner les dettes de toutes les niveaux d’administration.

Croyez le ou non quand on utilise cette méthode la dette publique Canadienne surpasse largement celle des USA et ce même si nous sommes beaucoup plus taxés qu’eux et avons jusqu’à nouvel ordre un potentiel de croissance moindre.

https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/rankorder/2186rank.html

Et pour couronner le tout les ménages canadiens sont plus endettés que les américains et ici l’endettement continue d’augmenter alors que là bas le bilan financier des ménages s’améliore. En passant c’est un problème très sérieux que Flaherty a choisi d’ignorer complètement, ce même si cet endettement est en bonne partie causé par des politiques fédérales (SCHL) qui facilitent beaucoup trop l’accès au crédit.

Précision: si on ajoute les dettes des états US on obtient un résultat qui est plus près du Canada.

Malgré tout on a pas leur marge fiscale et encore moins leur potentiel de croissance.

Et surtout ces calculs sont fait APRÈS la débâcle immobilière US et AVANT que la bulle de crédit canadienne pète.

A suivre donc d’ici un poignée d’années on pourra alors comparer des pommes avec des pommes…

Donc, les boomers qui mettront les régimes de pension à sec pourront partir tout de suite et moi je vais continuer de payer 2-3 fois plus qu’eux pour partir plus tard.

Je croyais que les conservateurs seraient bons pour le Canada mais je me trompais.

Ce régime Harper est une catastrophe pour ce pays et les raisons pour ça n’ont rien à voir avec les jérémiades habituelles de la gauche (les coupures de taxes aux entreprises sont une bonne chose, l’éloignement de l’âge de la retraite et les coupures aux ministères aussi), le problème est ailleurs et il est très grave:

Ce qu’ils ont fait de plus marquant (bien que personne n’en parle…) est de développer stratagème après stratagème pour inciter les Canadiens à s’endetter davantage.

D’abord les hypothèques 0% comptant/40 ans, (maintenant 5%/30 ans mais c’est quand même beaucoup trop).

Puis le laxisme intentionnel de la SCHL et le programme IMPP avec lequel le Canada a acheté pour 75 milliards d’hypothèques aux banque.

Et maintenant que les prêts garantis par la SCHL (le contribuable…) atteignent la limite de 600 milliards on a ceci:

http://www.mortgagetalkcanada.ca/2012/02/understanding-canadian-covered-bonds/

Les « covered bonds » des titres que les banques peuvent émettre pour prêter pas cher et qui sont garantis par le gouvernement.

Il se vante de s’approcher de l’équilibre budgétaire, mais pas besoin de s’endetter pour soutenir l’économie quand on peut encourager les autres à le faire à notre place.

Sauf que le résultat final sera le même: un désastre quand la bombe à retardement va exploser et en attendant un bulle immobilière qui détourne l’épargne (le peu qu’il y a) et les capitaux de l’économie productive vers la consommation, ce qui empire le phénomène de la dé-industrialisation.

Quel fiasco!!!!

Merci M. Harper.

Saviez-vous que oui surement l’état subventionne cbc et radio-canada. C’est normal parceque c’est une télévision d’état. De couper dans ses subvention, ok peut-être,100 quelques millions y’a rien là c’est peut-être même pas assez. Mais quand tu sais que les autres résaux de tv prenons par exemple quebecor média qui reçoit 500 millions par année par le gouvernement fédéral pour couvrir la superficie du québec et un peu de l’ontario et qui soit dit en passant envoie une équipe de 60 personnes au portugal pour une téléréalité, un plaisir pevers à regardé des jeunes se cruiser en eux, a vos frais. Ben ça me fait un peu triste que de savoir que studio 12 ne reviendra pas l’année prochaine parce que finalement ça avait pas l’envergure de star académie le dimanche soir. Radio-can peut pas se battre avec un budget limitté pour 5 résaux, cbc, cbc news network, radio-canada, rdi, explora, et tout leur site internet sur toute la superficie du canada. Alors que y’a des résaux qui on le double du budget pour nous présenter des émissions comme qui perd gagne sous-titré en français.

Alors que les commerces n’en finissent plus de se plaindre de la perte d’affaires auprès des commerces américains, qui sont moins chers, pourriez-vous nous expliquer pourquoi le Gouvernement vient d’augmenter le montant d’achats qu’on peut faire aux USA en 24 et 48 heures? Celle-là, je ne la comprends pas.

Ceux qui suivent la vie politique constateront que le dernier budget de monsieur Flaherty s’inscrit dans la continuité des mesures prises depuis la crise de 2008. Que cela est conforme aux objectifs fixés, de redressement des équilibres des états financiers de l’administration publique tels qu’annoncés et publicisés. C’est un budget avant tout économique et responsable des capacités financières du Canada. On s’aperçoit que plusieurs mesures auraient pu tout aussi bien être prises avec certaines nuances par des gouvernements ayant une bannière toute autre que celle des conservateurs.

C’est pourquoi, il est difficile dans ce cas de parler d’un budget proprement idéologique étant donné que cet aspect se fait sentir plutôt dans d’autres domaines, en particulier sur la scène judiciaire.

Ce qui donc devient important, ce n’est pas le contenu du budget, c’est plutôt la manière dont sera utilisé l’argent public. Ainsi par exemple, les coupures de l’ordre de 10% dans le budget de l’ACDI peuvent sembler raisonnables ; ce qu’il faudra observer nonobstant, ce sont plus spécifiquement, les applications déjà amorcées en matière de subventions, financements et des contrats octroyés aux organismes partenaires de l’ACDI.

En d’autres termes, ce ne sont pas les coupures qui comptent, c’est plutôt la réingénerie administrative que les coupures engendrent. L’objectif recherché est d’obtenir une meilleure efficience des appareils de l’État, essentiellement par la simplification des processus qui dans une « société idéale » devraient avoir pour effet de bonifier l’ensemble les lignes de communications.

Le soucis du gouvernement de soutenir les petites et moyennes entreprises qui prônent l’innovation va dans le bon sens, tout comme plus de facilités pour les entreprises qui souhaitent se à moderniser, ce qui devrait en principe donner d’appréciables gains en chapitre de la productivité.

Voilà pourquoi en pareilles occurrences, je m’abstiendrai de jeter l’eau du bain avec le bébé, pour centrer plutôt mes attentions sur l’obtention des résultats escomptés. Lorsqu’en toutes fins, ce sont les faits qui permettent d’apprécier les talents et le savoir-faire mis en œuvre par une administration qui se doit de porter au pinacle ces feuilles des lauriers qui bordent si joliment les allées du pouvoir.

En passant, votre nouvelle du jour, à savoir que le gouvernement éliminera 19,200 postes dans la fonction publique, devrait être accompagnée d’une explication que le gouvernement Harper a grossit la fonction publique de 33,000 postes depuis 2006.