Créer des emplois à Las Vegas, bravo !

Cet article a été publié le 4 octobre dernier sur le site pierreduhamel.ca

Peut-on utiliser une partie de l’investissement du Fonds de solidarité de la FTQ pour investir à l’étranger ? Le Journal de Montréal faisait grand cas vendredi que Foliot Meubles, une entreprise dans laquelle le Fonds vient d’investir, venait de faire un investissement de 5,5 millions de dollars à Las Vegas, créant 200 emplois au Nevada. Cela serait-il compatible avec la mission du Fonds qui est de soutenir le développement économique et de favoriser l’emploi au Québec, demande malicieusement le quotidien pour qui cela a manifestement une odeur de scandale.

Ma réponse est un oui catégorique et elle s’applique à toutes les sociétés d’État, fonds de travailleurs ou organismes dépendant directement ou indirectement des fonds publics. On peut s’interroger sur la mission de ces organismes, leur utilité ou leur performance, cela n’est pas pertinent ici. La question est  plutôt de savoir si une entreprise bénéficiant d’une aide de ces organismes peut investir à l’étranger.

En tant que contribuable ou actionnaire d’un fonds de travailleur (ce que je ne suis pas), je veux que les investisseurs choisissent des entreprises dynamiques, avec un bon plan de match et des fortes possibilités de croissance. Ces entreprises ont toutes les chances de vouloir étendre leur marché et d’investir un jour ou l’autre à l’extérieur des frontières du Québec. Ce serait un crime de les en empêcher.

Le même argument pourrait s’appliquer à la Caisse de dépôt et de placement du Québec, dont une des missions est également de promouvoir le développement économique du Québec. La Caisse détient 45 % de Quebecor Media. Faudrait-il se scandaliser que Quebecor détienne un fort portefeuille de médias dans le reste du Canada ? Pour ma part, je trouve que c’est plutôt une bonne nouvelle pour l’ensemble des Québécois.

En attaquant le Fonds et une petite PME pour cette même raison, n’appliquons-nous pas la règle des deux poids deux mesures ?

L’autre élément que l’on oublie souvent, c’est que ces emplois créés à l’extérieur en créent aussi au Québec. L’entreprise grandit, elle embauchera plus de cadres, plus de professionnels et l’argent fait là-bas contribuera à consolider l’emploi ici.

Toutes nos belles entreprises ont des activités hors-Québec, pour le plus grand bien de leurs actionnaires et du Québec.

Faudrait-il sacrifier les PME qui ont obtenu l’aide de sociétés d’État ou de fonds de travailleurs, sous prétexte d’une vision à très courte vue et totalement non-économique du mandat de ces sociétés ?

En terminant, un mot sur le Fonds de solidarité qui tenait ce week-end son assemblée annuelle. Deux éléments retiennent mon attention. 205 000 actionnaires du Fonds (sur 577 511) ont cotisé pour la première fois à un REÉR grâce au Fonds et 80 % d’entre eux ont par après cotisé à d’autres régimes. Cela n’est pas rien à une époque où le taux d’épargne est misérablement bas au Québec.

Par ailleurs, plus de 6000 travailleurs reçoivent chaque année une formation économique grâce au Fonds. Ils apprennent pourquoi leur entreprise doit faire des profits, pourquoi elle doit rester concurrentielle et dans quel environnement elle évolue. Je pense que ces cours de «capitalisme 101» ont contribué au fil des ans à l’amélioration générale des relations de travail au Québec.

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Je ne suis pas de votre avis Monsieur. Les Fonds tel le Fonds de solidarité de la FTQ existent pour créer de la richesse et des emploies au Québec. Si Foliot Meubles avait $5.5M de disponible pour investir à l’étranger, elle n’aurait pas du être éligible aux fonds de la FTQ. Je possède une petier PME et je n’ai jamais été éligible parce que je ne créais pas assez d’emploies. Si j’avais eu de l’aide ma compagnie serait plus grosse et j’aurais peut-être de l’argent à investir à l’étranger.