Dans la cible de Target

D’ici quelques années, Zellers rejoindra les Steinberg, Dominion, Greenberg, Miracle Mart, Eaton, Morgan, Kresge ou Towers au cimetière des détaillants disparus. La chaîne, qui appartient déjà à des intérêts américains, vient d’être achetée par l’américaine Target qui veut s’approprier une centaine de ses emplacements pour son arrivée au Canada.

Je parle de cimetière, parce que j’ai toujours l’impression que c’est une partie de ma vie qui s’efface quand un détaillant important disparaît. Il y a toujours une souvenir ou une émotion qui se manifeste alors que le paysage commercial change. Au-delà des sentiments, je me rends bien compte que le commerce au détail est devenu une affaire de grands joueurs, surtout  internationaux. On le voit bien dans le vêtement où il devient très difficile de concurrencer les Zara ou H&M.

Target est le troisième distributeur américain, derrière Costco et Wal-Mart. C’est un joueur immense, qui fait deux fois la taille de Loblaw, le premier distributeur canadien. Un des principaux mérites de Target a été de résister à l’ouragan Wal-Mart sur le marché américain. Son positionnement est un peu plus haut de gamme et elle a rapidement misé sur les marques privées et les articles exclusifs pour se démarquer. C’est aussi une société exemplaire, puisqu’elle verse 5 % de ses profits aux organismes des communautés où elle a un magasin.

Elle reste néanmoins largement distancée par Wal-Mart qui fait 6,5 fois sa taille. L’ogre de Bettonville est trois fois plus gros gros que son plus proche rival international, la française Carrefour.

Ceux qui n’aiment pas Wal-Mart pourront se réjouir en voyant arriver sur le marché canadien un joueur solide et aguerri. Si j’étais Loblaw, je serais peut-ête inquiet de voir arriver un distributeur dont la formule se rapproche de ce qu’elle veut devenir avec la gamme Joe style frais.

La bataille sera épique. Ce n’est peut-être pas bête pour Sobeys (IGA) et Metro de se cantonner dans l’alimentation.

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Vous dites que Target est un peu plus haut de gamme Wal-Mart. Ça revient à dire qu’Eaton a vendu Zellers à un concurrent à venir. Un véritable harakiri quoi !

Les gauchistes-interventionistes qui ne voulaient pas de Wal-Mart à l’époque et ils nous annonçaient d’abominables catastrohpes si ce marchand américain venait s’installer au Québec. Elle est où la catastrophe annoncée???

Idem pour Target qui ne semble pas trop priser les syndicats AVEC RAISON!

Si nos gaucho-syndicalistes se sentent lésés par l’attude de ces grosses cahînes commerciales, pourquoi ne s’attaquent-ils pas également à tous les Canadian Tire, Jean Coutu, Simmons, etc. de ce monde?

Il faut briser les monopoles syndicaux et démocratiser les syndicats québécois qui en mènent bien trop large dans notre société!

Ce que je trouve particulier de cette annonce est que Target n’achète pas Zellers la compagnie, elle achète uniquement les baux. Est-ce à dire que la compagnie Zellers ne valait rien en tant que telle et que sa seule valeur sur le marché résidait dans ses emplacements stratégiques?

Je dirais les choses un peu différemment. Target ne veut pas gérer des magasins Zellers. Les Américains veulent implanter leur propre bannière au Canada avec leur choix de marchandises. Ce qui valait de l’or pour Target, ce sont les emplacements.

Alors c’est comme McDonnald qui n’a pas de valeur pour son hamburger, mais plutôt pour son parc immobilier. Le seul mérite de son sandwich – vous en conviendrez – est qu’il est abordable et disponible presque partout !