Dans le secteur de la technologie, les licornes existent!

Faut-il les craindre ou les adorer?

licorne

Blogue_vie numeriqueCroyez-vous aux licornes? Le très sérieux magazine Fortune répond oui. Il en recense même 138 dans le monde.

Une licorne est une entreprise en démarrage (startup) évaluée à plus d’un milliard de dollars par ses investisseurs. Les plus connues sont sans contredit Uber et Airbnb, dont la valeur est estimée à 51 et 25,5 milliards, respectivement.

En 2015, le mot «licorne» a été utilisé au sens financier dans près de 4 000 articles en anglais, comparativement à 220 en 2014. Cela en fait officiellement l’un des termes à la mode cette année.

Les entrepreneurs rêvent de fonder une licorne. Les investisseurs rêvent — quoi d’autre? — d’investir dans une licorne. Et les enfants rêvent de chevaucher une licorne. Mais là, on parle de l’animal mythique.

Comme pour toute mode, des gens la remettent en question. Plutôt que d’y voir les grandes entreprises de demain, ils y reconnaissent les signes annonciateurs d’une bulle financière.

«Plusieurs appellent cela une bulle. Ce n’en est pas une, c’est la [nouvelle] réalité», assurait l’économiste Sherry Cooper à Toronto en février… 2000. Un mois plus tard, la bulle point-com éclatait, plongeant le NASDAQ — et le portefeuille de maints investisseurs — dans le rouge.

Sherry Cooper n’est pas une idiote; elle a mené une carrière prospère à Bay Street et est l’auteure de plusieurs livres à succès. Si vous avez un jour à choisir entre ses conseils financiers et les miens, de grâce, choisissez les siens.

En fait, cette anecdote illustre tout simplement que les bulles financières sont, par nature, imprévisibles. En règle générale, une bulle doit éclater pour que son existence soit démontrée hors de tout doute. Ne comptez donc ni sur moi ni personne pour déterminer si les licornes sont les cavaliers de la prochaine apocalypse financière.

N’empêche.

Quand une licorne entre en Bourse pour voir sa valeur diminuer de 50 % par rapport à celle établie par ses promoteurs, comme ce fut le cas pour Square à la fin novembre, il faut se poser des questions.

Quand WeWork, une jeune entreprise d’espace de travail partagé qui loue 3,5 millions de pieds carrés, est évaluée à 10 milliards de dollars — le double de son compétiteur «traditionnel» Boston Properties, qui possède 45 millions de pieds carrés —, il faut se poser des questions.

Et quand la blague du New Yorker «I’m starting a startup that helps other startups start up» fait rire parce qu’elle semble vraie…

… il est peut-être temps d’arrêter de croire aux licornes.

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«En fait, cette anecdote démontre tout simplement que les bulles financières sont, par nature, imprévisibles. Règle générale, une bulle doit éclater pour que son existence soit démontrée hors de tout doute. Ne comptez donc ni sur moi ni personne pour déterminer si les licornes sont les cavaliers de la prochaine apocalypse financière.»

Je ne suis pas d’accord. Pas que c’est complètement faux mais il y a une bonne part d’aveuglement volontaire. Un exemple: écoutez le ministre des finances d’Islande juste après la crise de 2008.