De l’argent en trop? Votre hypothèque peut attendre

Se libérer de ses dettes est un des sentiments les plus agréables au monde. Voici tout de même quelques bonnes raisons de ne pas vous précipiter vers l’atteinte de ce bonheur…

argent-canadienÊtre libre de dettes: qui n’en a pas envie? Dans l’éternel débat sur ce qu’il faut faire de ses liquidités, bien des experts recommandent de d’abord rembourser son prêt hypothécaire, puis de placer l’excédent dans un fonds de retraite. C’est un conseil sensé qui a fait ses preuves.

Le problème, c’est que cette façon de faire commence à dater: les taux hypothécaires ne sont plus ce qu’ils étaient il y a 10 ans, tout comme le rendement des certificats de placement garanti (CPG). Les temps ont changé, les conseils en matière de finance personnelle aussi. Je vous propose donc une hérésie financière: oubliez le remboursement en entier de votre dette hypothécaire. Utilisez plutôt votre argent pour investir. À long terme, vous en sortirez gagnant.

Prendre des risques est astucieux

Personne ne niera que rembourser votre hypothèque est un investissement judicieux. Après tout, les intérêts que vous n’aurez plus à payer sur votre hypothèque équivalent, en quelque sorte, à un placement qui générerait un rendement de 2 % ou 3 % (selon le taux de votre prêt hypothécaire). C’est déjà plus que les rendements offerts actuellement par les CPG et les comptes d’épargne.

«Choisir de rembourser rapidement son hypothèque au détriment de son épargne-retraite est davantage une décision émotionnelle qu’une décision motivée par les chiffres», explique Jamie Golombek, directeur gestionnaire de la Planification fiscale et successorale de la Banque CIBC. Pour de nombreux propriétaires, cela revient à laisser de l’argent sur la table.

Au cours des 50 dernières années, le taux d’intérêt préférentiel a tourné autour de 8 %, alors que le rendement annuel de la TSX (la Bourse de Toronto) a été de 9,5 %. Dans ce contexte, quelqu’un qui verse chaque mois 1 000 dollars de plus sur un prêt hypothécaire de 350 000 dollars pourrait rembourser sa dette en moins de huit ans et économiser près de 98 000 dollars en intérêts. Par contre, si ces mêmes 1 000 dollars avaient été investis dans un fonds équilibré avec un rendement annualisé de 5 %, cela aurait généré un pécule de 154 000 dollars en huit ans. Cette démonstration un peu simpliste montre néanmoins qu’une gestion de placements sans risque pourrait vous mener tout droit dans les cuisines d’un resto-minute à faire cuire des boulettes de viande, en regrettant de ne pas avoir assez économisé pour la retraite…

Une nouvelle normalité

Cela dit, que se passera-t-il lorsque les taux d’intérêt remonteront? La question mérite d’être posée. En effet, les analystes financiers de la RBC, de Morgan Stanley et de l’Institut C.D. Howe s’attendent à ce que les taux d’intérêt grimpent en 2016, mais ils n’anticipent pas un retour aux taux préférentiels «normaux» — de 5 % ou 6 % — de sitôt. Et ce, pour plusieurs raisons: le départ à la retraite des baby-boomers, qui a pour effet de ralentir la productivité, donc la croissance économique; la reprise économique à la suite de la crise financière de 2008, qui se fait plus lentement que prévu; et la chute des prix du pétrole, qui ne semble pas vouloir se résorber. En fait, peu importe la cause, les taux d’intérêt devraient rester bas pour les cinq prochaines années, sinon plus. Il faut donc en profiter.

Plus d’œufs, plus de paniers

Admettons que vous êtes un investisseur prudent qui ne recherche pas les rendements élevés à tout prix et qui ne prévoit pas prendre sa retraite avant une bonne vingtaine d’années: devriez-vous accélérer le remboursement de votre prêt hypothécaire?

Non. Et la raison en est bien simple: il faut toujours diversifier ses placements. Si vous remboursiez votre hypothèque en entier, votre valeur nette ne reposerait que sur un seul actif: votre maison. Et si, pour une raison ou une autre, la valeur des propriétés de votre quartier baissait, votre unique actif perdrait de la valeur lui aussi. Pis encore, si le marché immobilier ralentissait, vous pourriez avoir du mal à vendre votre demeure ou bien être obligé de vous en départir pour moins cher que prévu. Les propriétaires de Calgary en savent quelque chose: les ventes de maisons ont chuté de 32 % l’an dernier. Un conseil: mettez vos œufs dans plusieurs paniers, en diversifiant vos placements.

Les exceptions qui confirment la règle

Dans certains cas, il vaut tout de même mieux se concentrer sur le remboursement rapide du prêt hypothécaire. Par exemple, si vous approchez de la retraite et que vous avez toujours une hypothèque, vous devriez vous débarrasser de cette dette. Même chose si votre hypothèque est imposante. Car si les taux d’intérêt montent, votre paiement mensuel augmentera en conséquence. Le secret: dressez un bilan de votre santé financière. Si vous concluez que vous pourriez, dans un avenir rapproché ou non, avoir de la difficulté à faire face à vos obligations financières, mettez l’accent sur le remboursement de vos dettes, grosse hypothèque incluse.

La décision de payer en entier votre hypothèque ou de placer votre argent ailleurs ne devrait pas être guidée par l’émotion. Pourtant, beaucoup de gens optent pour le remboursement de leurs dettes parce que cela leur procure un certain bien-être. Retenez bien ce conseil de Ted Rechtshaffen, président de TriDelta Financia: veillez toujours à ce que l’argent que vous investissez rapporte plus que ce que vos prêts vous coûtent en intérêts.

 

Romana King est écrivaine, blogueuse et chef de section pour le magazine MoneySense, en plus d’être courtière immobilière à Toronto.

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« Être libre de dettes: qui n’en a pas envie? ». Réponse: la gauche!

C’est quand même truculent de voir que les gens veulent se libérer de leurs dettes mais du même souffle demandent que nos gouvernements continuent de s’endetter à gogo…

Malaise non?

C’est qui ça la gauche? Terminologie polarisante, générique à la rigueur un peu floue surtout en 2016. Et vous M. François, qu’en pensez-vous c’est qui ça la gauche?

C’ est ceux qui veulent toujours plus de services, mais qui ne veulent pas payer !! Regarder autour de vous ; au Québec il y en a partout! Car nous sommes la province la plus pauvre du Canada !

L’auteur fait une erreur hallucinante pour quelqu’un qui donne des conseils financiers : elle ne tient pas compte de l’impôt!

L’hypothèque est payée avec de l’argent sur lequel l’impôt est déjà payé. Un rendement de 2,5%, ça rapporte réellement 2,5 %. Le « 98 000 dollars en intérêts » qui est économisé vaut réellement 98 000 dollars.

Par contre, on doit payer de l’impôt sur ses revenus d’investissement. Avec un taux d’imposition marginal est de 36 %, le « pécule de 154 000 dollars » vaut… 98 000 dollars. Si votre taux marginal pour vos investissements est supérieur à cela, c’est pire. Même en plaçant l’investissement dans un REER, il faudra payer de l’impôts lors des retraits.

Côté risque, disons que rembourser son hypothèque est un tantinet plus sécure que miser un rendement théorique de 5% dans des fonds.

Bref, cet article induit ses lecteurs en erreur. L’actualité devrai le retirer.

Tout à fait d’accord l’argent gagné dans les placements est imposable (sauf le CELI) et encore faut-il que les placements rapportent. Si je me fie à mes placements REER et CELI dans des fonds diversifiés qui n’ont pratiquement rien produit en 10 ans c’est très loin du 5% annuel. Rembourser ses dettes le plus rapidement possible est le meilleur placement que l’on peut faire et en plus on devient libre. Les meilleurs placements: s’acheter une maison qu’on pourra rapidement payer (pas la maison de nos rêves), voiture usagée (plutôt que neuve) ,

Votre actif devrait toujours dépasser votre passif. On appelle cela vivre selon ses moyens. Mais cela n’est pas très à la mode. En ce qui concerne nos bons gouvernements, il serait inutile qu’ils n’aient pas de dettes. Dès que cela serait atteint, ils commenceraient à en cumuler une autre. C’est dans la nature des gens qui nous gouvernent, car ils dépensent de l’argent qui appartient aux autres… Enfin, tous mes avoirs sont à la bourse. Je vis très bien. Je vous écris de la Floride. Les banques ont deux étages dans leurs immeubles : le rez-de-chaussée pour les pauvres qui vivent au-dessus de leurs moyens et qui ne peuvent s’empêcher d’emprunter pour vivre comme les riches; et il y a les riches qui placent leur argent sur les marchés d’actions. Ils misent sur la stupidité du peuple, et avec raison. Les loups mangent les brebis et c’est bien ainsi. L’homme a copié ce comportement de la nature.

Oh boy, toute une philosophie d’entraide que vous avez là ! Quoique je vous donne entièrement raison sur cette partie de votre texte: « Votre actif devrait toujours dépasser votre passif. On appelle cela vivre selon ses moyens. Mais cela n’est pas très à la mode. En ce qui concerne nos bons gouvernements, il serait inutile qu’ils n’aient pas de dettes. Dès que cela serait atteint, ils commenceraient à en cumuler une autre. C’est dans la nature des gens qui nous gouvernent, car ils dépensent de l’argent qui appartient aux autres… ». Pour le reste, c’est ce qui fait que 1% des multimilliardaires de ce monde exploitent et détiennent plus de 40% des richesses de ce monde qui ne leur appartiennent pas. D’où tous les bouleversements que connaît notre monde actuel: guerres, famines, terrorisme, faillites, etc, etc. Le juste équilibre est difficile à atteindre en ce bas monde.

On n ‘ a pas à réinventer la roue ; de tout temps c’ est la même chose, le monde ne changera pas demain et je dirais même plus ne changera pas!! Lisez l’ histoire du monde et réalisez une fois pour tout que c’ est la RÉALITÉ !!!

Prenez n’ importe lequel système économique et la résultante est la même! Par contre le système capitaliste est le plus équilibré d’ entre tous!!!

Non ce n’est pas un « comportement » immuable de la nature que de « manger les brebis ». Comme dans bien d’autres domaines, le mâle blanc ethnocentriste a projeté son agressivité sur la nature en ne retenant que ce qui cadrait avec ses impressions. Depuis 30 ans, les biologistes découvrent, effarés, à quel point les espèces survivent mieux quand elles collaborent et que l’agressivité n’est qu’une des stratégies de survie. Et pas la meilleure de surcroît.

atteinte [atɛ̃t] nom féminin
ÉTYM. 1265 ◊ de atteindre

■ Action d’atteindre.
1. (Après hors de) Possibilité d’atteindre. Les fuyards sont hors de votre atteinte. ➙ portée. Se mettre hors d’atteinte des balles (cf. À l’abri).
▫ FIG. Sa réputation est hors d’atteinte. ➙ inattaquable.
2. VIEUX Coup dont on est atteint. ➙ coup ; blessure, 1. trait. « Mais Dieu du coup mortel sut détourner l’atteinte » (Racine).
3. MOD. Dommage matériel ou moral. C’est une atteinte à ma réputation, à mon honneur. ➙ injure, outrage. Les atteintes du temps. « La moindre attention lui paraissait une atteinte à son indépendance » (Martin du Gard). ➙ attaque, attentat (contre). Atteinte à la sûreté de l’État, à la liberté individuelle. LOC. Porter atteinte à. ➙ attaquer, atteindre (II) ; lèse-. Pratique qui porte atteinte à la dignité.
◆ SPÉCIALEMENT Effet d’une maladie. ➙ accès, attaque, crise. « Sentant déjà les premières atteintes de son mal » (Daudet).

Attendre : se tenir, demeurer en un lieu jusqu’à ce que quelqu’un où quelque chose se présente.
Exemple : Attendre le train.

Synonyme : patienter