De mauvaises nouvelles en provenance de l’Ontario

Savez-vous que le Québec est de loin la province la plus taxée du Canada en proportion de la taille de son économie ? Que le fardeau fiscal total des Québécois est de 46 % plus élevé que celui des Ontariens et de 72 % plus élevé que celui des Albertains ?

Selon le rapport de la Commission ontarienne de réformes des services publics, les revenus autonomes du gouvernement du Québec en 2009 équivalaient à 19,9 % du PIB de la province, contre 13,6 % pour la donnée comparable en Ontario et de 11,6 % du PIB en Alberta.

Ce chiffre n’inclut évidemment pas les hausses de TVQ des deux dernières années et les autres augmentations adoptées depuis 2009. Il y en a en tout pour 8 milliards de dollars.

Ce fardeau supplémentaire, faut-il le rappeler, n’a pas empêché les déficits budgétaires et le gonflement de la dette. Il a juste ralenti la trajectoire pour nous permettre de retrouver l’équilibre budgétaire en 2013-14. On sait cependant que les années qui suivront poseront d’énormes problèmes budgétaires.

La commission ontarienne a rabaissé substantiellement les prévisions de croissance économique de la province voisine, tant à court, à moyen et à long terme. La diminution des revenus escomptés à cause d’une croissance moindre risque de faire exploser la dette, à moins qu’un sérieux coup de barre ne soit donné.

La Commission craint que les difficultés du secteur manufacturier et la faible croissance du bassin de main-d’oeuvre disponible affectent plus que prévu le potentiel économique ontarien.

Contrairement à l’Ontario, le Québec ne subit pas une diminution de la croissance de son bassin de main-d’oeuvre disponible; il s’apprête à subir la diminution du nombre de personnes en âge de travailler.

Quant aux pronostics économiques, disons qu’ils ne sont pas formidables. Lisez ce que viennent de publier hier les économistes du Mouvement Desjardins :

La croissance du PIB réel ontarien a été abaissée de 1,8 % à 1,7 % pour 2012 et de 2,4 % à 2,1 % en 2013. En ce qui concerne le Québec, elle a aussi été révisée de 1,7 % à 1,4 %pour 2012 et de 2,3 % à 1,9 % pour 2013, nettement sous la performance canadienne.

L’évolution de l’économie québécoise inquiète depuis quelque temps. Non seulement les statistiques de l’emploi ont créé un émoi, mais la confiance des consommateurs poursuit aussi sa chute, les exportations ne parviennent pas à remonter la pente et les mises en chantier se sont écrasées en janvier. Dans les circonstances, les dépenses de consommation inquiètent, d’autant plus que l’augmentation de la taxe de vente du Québec au 1er janvier dernier s’ajoute aux autres effets restrictifs.

Si cette tendance se confirme, je me demande jusqu’à quel point les Québécois sont prêts à être taxés davantage pour sauvegarder leur « modèle ». Et jusqu’à quel point certains sont prêts à s’opposer à tous les projets susceptibles de créer du développement économique et de la richesse.

 

 

18 commentaires
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Le PIB de l’Ontario est gonflé par l’assemblage de machines, des autos quoi. On assemble une auto, dont souvent les pièces ont été importées du Michigan, pis on en fait un char qui vaut 20k. Ca fait 20k sur le PIB de l’Ontario. Big deal

Le PIB de l’Alberta est gonflé par le pétrole tiré des sables bitumineux. Les cies dépensent 40$ pour sortir un baril et le vendent 100$ aux Américains. Ca fait 100$ sur le PIB de l’Ontario.

Au Québec, le PIB a l’air fou parce que l’économie repose sur des PME où le produit final ne sort pas en chaine comme les autos ou du sol comme le pétrole.

Vraiment une question idéologique. Oui il faut améliorer notre performance économique, mais il y a des façons meilleures que d’autres.

Je ne crois pas qu’on améliorera globalement notre qualité de vie en détruisant nos conditions de travail, en investissant pas dans les équipements de production et en délocalisant nos entreprises. Encore moins en détruisant les syndicats et le filet social qu’on s’est donné.

Ceci dit, il faut sérieusement convenir de mieux organiser le travail tant dans les gouvernements que dans les organisations para-gouvernementales que dans les grandes industries syndiquées. S’asseoir sur ses acquis nous nuit davantage que de concéder une meilleure organisation du travail pour faire sauver des coûts et améliorer notre productivité.

Par ailleurs, pas question de concentrer davantage la richesse dans les mains des actionnaires, particulièrement dans les grandes entreprises dirigées par des conseils d’administration composés de gestionnaires de fonds et de pdg mercenaires qui ne visent que l’augmentation de profit à court terme au détriment du long terme.

Grand temps qu’on s’occupe de nos affaires, ce sont NOS ressources, NOTRE main-d’oeuvre et je n’accepte pas de participer à la destruction des acquis sociaux. La richesse est mieux partagée ici que partout en Amérique du Nord, à nous de nous retrousser les manches et d’améliorer ce qu’on fait, pas de le détruire.

Alain Michaud
Pointe-aux-Trembles

Tant qu’on garde l’universalité on continue de partager les frais que les riches pourraient payer eux-mêmes. Ce n’est qu’une illusion. Des gens s’imaginent qu’en gardant les frais de scolarité bas on facilite l’accès a tout le monde, idem pour les garderies, les autoroutes, les frais de santé etc on ne fait que tranférer le reste de la facture dans l’autre colonne qu’on assume collectivement. Mais collectivement c,est encore nous nous pas les plus riches, nous la classe moyenne. Si on paient pour nos services et qu’on diversifiaient nos services en offrant des produits de différentes gammes on rentabiliserait nos équipement. Quand on a des salles de chirurgie fermée les 15 heures par jours on pourrait faire mieux en louant les installations a grands frais pour des interventions privées. Au lieu de se partager la balance des frais de scolarité, de garde, de santé, etc des plus riches on pourraient payer moins d’impôts et avoir des revenus supplémentaires.
Je ne veux pas d’un système communiste ou l’état controle tout en empêchant d’autres types d’entreprises comme des coopérative et du privé de compétitionner. Quand une ville doit demander la permission au gouvernement pour avoir le droit de mettre des appareils photo radar moi je trouve qu’il y a un exc`s de contrôle. Est-ce illégale pour une ville d’utiliser des moyens technologiques pour aquitter ses obligations de faire respecter les lois? Et pourquoi celle-ci devraient se laisser dire comment dépenser ses argents? Elle a des revenus actuellement pour ces contraventions, qu’y a t-il d’illégale dans le fait de les avoir par photo radar? Pourqoi doit-on aviser les citoyens de la présence d’une caméra. Tout le monde se promène avec des cellulaires, quand on est dans un espace public on est pas dans un espace privé, et les limites de vitesses sont connues, il faut avertir en plus les zones ou on prévoit vous prendre en défaut donc on envoie le message qu’ailleurs c’est a votre discrétition de vous conformer aux limites ou non? Pourquoi il n’y a pas de normes et qu’on laisse la compétitivité prendre plus de place. Jee n’imagine pas ce territoire en pays, ça deviendrait rapidement un état obsesivement controlant. Il faut mettre des lois et donner des libertés d’agir, parcontre il faut responsabiliser et laisser les citoyens payer pour les conséquences. Quand on controle trop on créer l,effet inverse on créer la délinquance, la corruption et on doit tout assumer parce que les gens sont irresponsable, ils s,attendent a ce que ce soit l’état qui assume pour eux les responsabilités. C’est cahnger 4 trente-sous pour un dollard cinquante, parce qu,en plus d,assumer le cout des services dont ma famille a de besoin, j’assume une parti de ceux qui n’ont pas les moyens, ça c,est correct, mais aussi ceux des riches ce bout là n’a pas d’allure, considérant en plus qu’ils sont plus nombreux que les pauvre a en bénéficier, plus nombreux aussi a y rester un plus long nombre d’années et probablement a ne pas travailler vraiment pour la société pour rendre la pareil, il ne paieront peu ou pas d’impôts, seront plus nombreux a quitter pour d,autres pays et aller dépenser leur argent ailleurs. Ça ne fait pas tourner l,économie, ça nous endette encore plus. Le gouvernement devra faire un gros travail pour reviser toutes ses façons de faire, il doit s,arranger pour augmenter ses revenus, diminuer ses dépenses tout en ayant un budget équilibré et diminuant la dette.

@ Alain Michaud (# 3):

Compte tenu de la piètre situation économique du Québec, c’est plutôt la pauverté qui est mieux distribuée au Québec, pas la richesse.

Et plus vous voudrez « planifier » étatiquement l’économie au détriment des libertés individuelles (en fait, vous voudriez donner encore plus de pouvoir aux politiciens comme Jean Charest ou Stephen Harper – vous imaginez?) et plus vous vous enfoncerez dans le marasme; l’ex-URSS étant l’exemple ultime de ce genre de sottise. D’ailleurs, plusieurs pays, dont la Suède, l’un des pays fétiches des gauchisto-étatiques s’il en est un, ont dû réviser leur stratégie parce qu’ils s’embourbaient dans une vase poisseuse.

Pour reprendre le contrôle de notre économie, il faut faire confiance aux entrepreneurs québécois et cesser de les étouffer avec la bureaucratie technocrate, réduire la taille de l’État tentaculaire, causes premières de notre manque d’entrepreneurship et de notre apathie sociale.

Il faut mettre fin au Big Brother gauchiste!

quoi?! taxer n’amène pas la prospérité?! qui l’eût cru!

Sérieusement, Hoover et Roosevelt ont augmenté les taux d’imposition à des taux prohibitifs, et on voit ce que ça a fait

Doc: le Québec aurait le potentiel d’être encore plus riche que l’Alberta – on exploite 1/4 des éléments naturels. Mais comme on déteste la richesse…

@ David, oui ce que j’exprime est idéologique comme ce qu’exprime M. Duhamel. Nous sommes en opposition sur la façon de mener notre société, je respecte son point de vue, là n’est pas le problème, selon moi, l’idéologie de droite et cette obsession de déréglementation nous a mené au bord d’une faillite planétaire en 2008 avec la crise des «subprimes».

A-t-on besoin encore de plus de preuves qu’une intervention de l’État dans l’économie est nécessaire. La place faite aux banques d’affaires privées a failli détruire l’économie de l’Occident. Pourquoi pensez-vous que le Canada et le Québec s’en sont mieux tirés? Parce qu’ici les banques sont réglementées et ne pouvaient pas «gambler» comme les banques d’affaires américaines.

@ Françoois 1 : Je partage votre opinion qu’il faut simplifier la réglementation, que la bureaucratie gouvernementale fait preuve de dysfonctionnement trop souvent, que les syndicats sont assis sur leurs acquis et refusent de mieux organiser le travail. Je ne dis pas qu’il n’y a rien à changer, je dis qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Détruire les syndicats nous conduira comme aux É.-U. avec des conditions de travail pénibles. Regardez les entreprises non syndiquées, voulez-vous vous contenter de leurs conditions misérables pour enrichir davantage les actionnaires? Car en définitive, comme les joueurs d’hockey des années ’40 et ceux d’aujourd’hui, la seule différence aujourd’hui, c’est que les joueurs ont un rapport de force pour partager les revenus de leur sport, dans les années ’40, ils prenaient ce les riches propriétaires consentaient à leur laisser. Pas content, va te faire voir ailleurs.

La gauche sociale-démocrate a produit des excès et il faut corriger le tir, c’est ça le changement que demande les québécois. Je suis d’accord avec la droite qu’il faut corriger les aberrations du système. Je ne suis tout simplement pas d’accord avec les moyens proposés par la droite. Je ne crois pas qu’on doive élever au rang de principe universel la maxime «Au plus fort, la poche». Pas dans une société civilisée.

Alain Michaud
Pointe-aux-Trembles

@ Alain Michaud (# 8):

Merci de votre réponse très avisée au demeurant.

Je ne veux pas vraiment détruire les syndicats mais je suis en faveur de leur démocratisation:

1- Vote SECRET et contrôlé pour une adhésion à un syndicat plutôt que la seule signature d’une carte de membership.
2- Possibilité pour un travailleur de ne PAS adhérer à un syndicat s’il le veut comme ça se passe ailleurs dans le monde civilisé.
3- Divulgation publique des états financiers détaillés des grosses centrales syndicales pour que les membres et le public puissent y découvrir combien d’argent a été dilapidé dans des causes politiques qui n’ont RIEN à voir avec leur fonction.
4- Fin de la Formule Rand.
5- Abrogation de la loi anti-scab (seuls le Québec et la Colombie-Britanique doivent traîner ce boulet).
6- Fin du transfert automatique des conditions syndicales aux nouveaux acquéreurs d’une entreprise.
7- Déclaration de grève avec au minimum 50% des voix de TOUS les syndiqués d’une entreprise.
8- Système de rémunération basé sur la performance au lieu de l’ancienneté (on en fait une belle société dynamique avec L’ANCIENNETÉ!!!).

Voilà pour commencer.

J’ai travaillé toute ma vie sans être syndiqué et je me suis fort bien débrouillé. Mes employeurs m’ont touours payé en fonction des résultats de mon travail et personne ne me forçait à continuer de travailler pour eux.

Si je n’étais plus satisfait, j’allais ailleurs.

Je remarque qu’il ne faut jamais écrire de vrai chose sur ce blogue. Des choses qui dérange les convictions. Même si on reste polie et courtois.

Personnellement, je suis prêt à assumer un fardeau fiscal supérieur. J’ai des service spublcis en échanges et ils me satisont en général. Comme dans tout, l’important demeure de trouver un certain équilibre.

Quand au PIB, il s’agit d’un indicateur qui mesure la production sur un territoire donné, pas la richesse des personnses qui y habitent. Il est important de suivre ce genre d’indicateur mais il ne faut surtout pas tomber dans le piège de réduire notre situation économique à la simple production. Jamais je ne coirai que nosu sommes en ce bas monde uniquement pour produire des biens…

Et tous ces bienfaits, nous les devons aux sables bitumineux qui gonflent anormalement la valeur de notre dollar.
Un dollar dont la valeur est trop élevé, nous empêche de vendre nos produits. Même l’Ontario va y goûter.
Mais, en retour, nous avons des milliers de médailles de sa majesté Elisabeth II.
Et nos économistes sont pratiquement tous au service de la reine. Je vous souhaite une médaille, M. Duhamel. Vous la méritez.

« A-t-on besoin encore de plus de preuves qu’une intervention de l’État dans l’économie est nécessaire »

Oui, puisque ses interventions qui n’ont eu AUCUN impact négatif se comptent sur les doigts d’UNE main (et je suis généreux)

« Parce qu’ici les banques sont réglementées et ne pouvaient pas «gambler» comme les banques d’affaires américaines. »

les banques canadiennes n’étaient pas obligées de prêter à n’importe qui ni investir dans des quartiers défavorisés sous peine d’amende

@ Guy Masson (# 11):

Pas tout le monde heureusement qui pense comme vous.

Peu de gens s’exclament « Chic!!! Des augmentations d’impôt!!! Nous aurons droit à des services supérieurs et à une aide mieux organisée de la part de l’État!!! »

Il y a longtemps que l’équilibre de la valeur « qualité/prix » des services étatiques a été brisé.

M. Duhamel

Il me semble que vous prenez plaisir à détruire
le modèle Québécois….
Le Québec est une sociétée basée sur le partage
avec les plus pauvre…(difficile à accepter pour
un capitaliste pur et dur)
Le modèle Québécois est exeptionnel dans le monde
et ont a pas besoin de gens comme vous pour le détruire systématiquement.(à croire que vous ete
subventionné pour faire ce travail de destruction…)Vous semblez être au service de la droite canadienne du reste of canada…..

L’Ontario a un premier ministre gauchiste, mais éventuellement il sera remplacé par un conservateur qui va faire du ménage, comme Mike Harris après la gestion catastrophique de Bob Rae.

Le problème au Québec, tous les premiers ministres anciens et futurs sont gauchistes, ce qui a mené à la dette et aux impôts et taxes les plus élevés en Amérique du Nord. (Et ce n’est pas terminé!)

@Francois 1

En fait, ça dépend seulement de la qualité des services que l’on reçoit. Je ne suis pas pour qu’on augmente mon fardeau fiscal si les services offerts par le public osnt inefficaces, c’est une évidence. Ce que je dis c’est que j’ai amplement les moyens d’assumer une hausse de mon fardeau fiscal, et que si les services publics que j’ai en retour sont efficaces, je suis prêt à embarquer. Un exemple très simple : la santé. Aux États-Unis, le système est essentiellement privé. Comme par hasard, les américains consacrent une plus grande part du PIB par habitant que nous aux services de santé. Bref, notre système public est plus efficace (ça peut sembler paradoxal avec l’attente dans les urgences mais c’est un fait) que le système privé américain. Dans un tel cas, pas de problème, je préfère payer plus d’impôts et qu’il me reste plus d’argent dans les poches. Heureusement, ce n’est pas tout le monde qui pensent à courte vue comme vous. Tout est une question de cas par cas.

@ Guy Masson (# 17):

Du « cas par cas » oui mais en général, les gens dits normaux ne se précipitent pas au Ministère des Finances pour payer PLUS d’impôts non?

Vous êtes un cas plutôt rare…

Les services que nous recevons de l’État cleptomane, tentaculaire et opressif québécois sont tout sauf honorables: pensez aux jours d’attente qui s’éternisent dans les urgences des hôpitaux, aux infrastructurs qui nous tombent sur la tête, au taux épouvantable de décrochage scolaire, aux listes d’attente dignes du bolchévisme de nos CPE étatiques, au taux insoutenable d’endettement de l’État, à la corruption qui est rampante, aux trop généreuses subventions que l’État est forcé de donner aux sociétés pour qu’elles viennent s’établir ici, au vol que nous subissons quotidiennement de la part de la SAQ qui pratique des prix abusifs, et tutti quanti.

Compte tenu que nous sommes les plus imposés et les plus taxés en Amérique du Nord, nous devrions recevoir, et de loin, les meilleurs services, or, ce n’est pas le cas et tous les Québécois sont en mesure de le constater quotidiennement.

Plusieurs mythes sont propagés par la go-goche bien pensante au sujet du système de santé aux USA et je vous invite à lire ce petit pamphlet qui vous permettra de mieux apprécier leur système. À noter que le Canada est le seul pays, mis à part Cuba et la Corée-du-Nord à imposer un système 100% étatique de la santé:

http://www.iedm.org/files/juin05_fr.pdf

Bonne lecture…