Déficit zéro : il faut un ménage en profondeur, disent les économistes

82 % des économistes sondés par Léger sont d’avis que le gouvernement devrait établir un processus d’évaluation systématique de ses programmes et appliquer des mesures d’efficience.

Le ministre des Finances Nicolas Marceau vient d’annoncer qu’il reportait de deux ans l’atteinte du déficit zéro en raison, dit-il, de la faible croissance de l’économie et, conséquemment, de la baisse des recettes fiscales. Mais le retour seul à la croissance ne suffira pas.

Non seulement il faudra diminuer les dépenses, mais il faudra procéder à une réforme en profondeur des programmes et services de l’État, soulignait le collègue Pierre Duhamel dans son billet sur le sujet.

C’est aussi ce que pensent une forte majorité des 209 économistes québécois qui ont répondu à un sondage Léger commandé par l’Association des économistes québécois (ASDEQ) et réalisé entre le 11 et le 21 novembre dernier.

Questionnés sur les mesures que le gouvernement québécois devrait prendre pour atteindre l’équilibre budgétaire au cours des prochaines années, 82 % des économistes sondés sont d’avis que le gouvernement devrait d’abord établir un processus d’évaluation systématique de ses programmes et appliquer des mesures d’efficience.

En deuxième lieu, 67 % estiment qu’il faut abandonner le principe d’universalité de certains programmes comme celui des garderies à 7 $ et faire payer les familles en fonction de leur revenu. Un autre 63 % appuieraient une hausse de tarifs pour certains services publics et un économiste sur deux croit que le gouvernement devrait réduire les crédits d’impôt visant l’investissement et l’emploi.

Les avis sont partagés sur la question des hausses de dividendes que devraient verser Hydro-Québec et la SAQ, incitant ainsi ces sociétés à augmenter les tarifs demandés à la clientèle : 42 % des économistes croient que ce serait une bonne idée alors que 51 % pensent le contraire. Enfin, la plupart des répondants ne croient pas qu’une hausse des taxes à consommation (70%) ni une augmentation des impôts (88%) ne soient de bonnes solutions pour aider l’État à éliminer le déficit.

Pour les résultats détaillés en format PDF, c’est ici.

Selon vous, le gouvernement devrait-il ou non privilégier les mesures suivantes pour atteindre et conserver l’équilibre budgétaire au cours des prochaines années?

  OUI NON

NE SAIT PAS/REFUS

L’établissement d’un processus d’évaluation systématique des programmes et l’application de critères d’efficience  82 % 9% 9%
L’abandon du principe d’universalité ou la modification de la tarification (ex. tarification selon le revenu) pour certains programmes sociaux, par exemple, celui des garderies 67 % 31 % 2 %
La hausse des tarifs pour la fourniture de certains services publics 63 % 30 % 7 %
La révision (réduction) des dépenses fiscales (crédit d’impôt) visant l’investissement et l’emploi 50 % 42 % 8 %
La hausse des dividendes versés par Hydro-Québec et la SAQ, incitant ainsi ces sociétés à augmenter les tarifs chargés à leur clientèle 42 % 51 % 7 %
La hausse des taxes à la consommation 28 % 70 % 2 %
L’augmentation des taux d’impôt 11 % 88 % 1 %

Source : Sondage ASDEQ-Léger

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Pour faire le ménage dans le modèle québécois, ça prend du courage et des personnages qui ne sont pas domestiqués par les grosses centrales syndicales et ce n’est clairement pas le Parti québécois, allié naturel de la mafia syndicale, qui le fera.

La toute première chose à faire est de les foutre à la porte car ils font partie du problème; pas de la solution.

La situation est mauvaise mais elle va probablement empirer, il se pourrait que les revenus de l’état Québécois continuent de décliner, c’est très probable en fait. Si on compare avec la norme historique le Québec ne va pas si mal en ce moment, le taux d’activité est relativement élevé, pourtant l’état est déjà dans le trou, c’est très inquiétant car en plus des taxes et de l’endettement des ménages qui force un ralentissement de la consommation il y a le choc du vieillissement, rien pour encourager les dépenses des ménages. Or dans une économie de consommation quand les consommateurs consomment moins on sait ce qui arrive. Or il est très probable que les vieillissants consommateurs Québécois qui croulent sous les taxes et les dettes dépensent de moins en moins. Le drame c’est qu’il n’y a pas vraiment d’autres secteurs pour prendre la relève, au contraire il y a un ralentissement dans les ressources.

J’ai bien peur que l’avenir du Québec ne passe d’abord par un appauvrissement, une période difficile qui risque de durer un bon bout de temps. Comme quoi vivre selon ses moyens n’est pas à terme une option mais bien une réalité inéluctable.

Pour revenir à un équilibre viable entre la taille de l’état et l’économie l’état Québécois doit rapetisser. Le mieux serait qu’il le fasse le plus humainement possible, mais ce n’est pas ce qu’on voit en ce moment comme en témoignent les coupures de lits dans les CHSLD.