Derrière les chiffres sur l’emploi

On s’attendait au pire… mais les dernières données sur le marché du travail font du bien, explique le blogueur Pierre Duhamel.

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Illustration : Getty Images

On s’attendait au pire, mais le mois de janvier aura plutôt été un bon mois pour le marché du travail.

Rien de fracassant, mais quand on prévoit moins de 5 000 nouveaux emplois au Canada et que le Québec nous a habitué à des résultats calamiteux depuis un an, les données publiées vendredi font du bien.
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L’économie canadienne aura donc ajouté 35 000 nouveaux emplois en janvier, dont 16 000 au Québec, qui enregistre sa meilleure performance depuis mars 2014.

On craignait pour l’Alberta, frappée de plein fouet par la baisse de 50 % du prix du pétrole, et on avait tort. L’économie albertaine a ajouté 13 700 emplois en janvier, dont 10 000 à temps plein.

Le marché du travail se fragilise, malgré les bonnes nouvelles de vendredi matin. Pour le Canada et le Québec, c’est l’emploi à temps partiel qui explique toute la hausse du nombre d’emplois.

Le nombre de travailleurs autonomes est aussi en forte hausse. On en compte 9 000 de plus en janvier qu’en décembre au Québec, et près de 60 000 de plus au Canada depuis les 12 derniers mois.

Pourquoi cette fragilité ? Parce que des vents contraires soufflent sur l’économie canadienne et québécoise.

Côté nord, la population vieillit, ce qui diminue le potentiel de croissance de l’économie. L’endettement personnel est très élevé, ce qui oblige les consommateurs à être plus prudents et moins dépensiers. On apprenait d’ailleurs vendredi matin qu’un autre détaillant québécois, Parasuco, déposait son bilan et fermera ses magasins.

Enfin, l’endettement public freine l’embauche dans le secteur public. Ce n’est pas par hasard si le taux de chômage dans la région de Québec est passé de 4,5 % en janvier 2014 à 5,6 % le mois dernier.

Côté sud, la vigueur renouvelée de l’économie américaine et la chute du dollar canadien favorise les exportations hors secteur de l’énergie. Elles ont augmenté de 4,9 % en décembre, et huit des 12 secteurs identifiés par Statistique Canada étaient en hausse. Les Québécois seront heureux d’apprendre que les exportations d’aluminium ont augmenté de 28,2 % en décembre.

L’économie américaine va mieux. Elle a ajouté 1 million d’emplois au cours des trois derniers mois, et 3,1 millions de plus en 2014. C’est la meilleure performance depuis 1999.

L’amélioration du marché du travail commence aussi à avoir un effet sur le salaire horaire, en hausse de 12 cents en décembre.

Les nouvelles sont même plutôt bonnes du côté de l’Europe, alors que la Commission européenne vient de réviser à la hausse ses prévisions de croissance pour l’année.

Plus que jamais, l’économie québécoise dépendra cette année des succès de nos exportateurs.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

10 commentaires
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« Plus que jamais, l’économie québécoise dépendra cette année des succès de nos exportateurs. »

Vous voulez probablement dire en l’absence du mal hollandais.

« Côté sud, la vigueur renouvelée de l’économie américaine… » (Pierre Duhamel)

Attendez pour voir. Les multinationales des USA s’attendent à perdre beaucoup d’exportations cette année à cause du dollar fort.

Vous vendez la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

« Attendez pour voir. Les multinationales des USA s’attendent à perdre beaucoup d’exportations cette année à cause du dollar fort. »

Vous n’avez pas tord que les secteurs exportateurs des États-Unis seront affectés par la remonté du dollar, mais globalement les États-Unis importent beaucoup plus qu’ils n’exportent. La logique serait plutôt que les importations baissent davantage que les exportations, surtout que les exportations américaines sont composées de produits qui sont beaucoup plus difficilement substituables que les produits bons marchés chinois.

Dit autrement, l’impact de la hausse en valeur du dollar est moindre sur les produits à haute valeur ajoutée, qui constituent une part importante des exportations américaines.

« La logique serait plutôt que les importations baissent davantage que les exportations, surtout que les exportations américaines sont composées de produits qui sont beaucoup plus difficilement substituables que les produits bons marchés chinois. »

« Même Apple n’est pas immunisé. La marque à la pomme, qui évoque «clairement un vent contraire», a dû augmenter ses prix en Russie devant l’écroulement du rouble face au dollar.
Dans certains cas, la vigueur du dollar s’apparente à une double peine comme chez Caterpillar, dont la demande de gros engins est à la fois affectée par les reports de projets occasionnés par la chute des prix du pétrole, et le taux de change qui augmente le prix de son catalogue.
Pour d’autres, comme le spécialiste des OGM Monsanto, ce sont tout simplement les économies réalisées avec le pétrole bon marché qui s’envolent.
En face, les compagnies étrangères concurrentes se frottent les mains. »

http://affaires.lapresse.ca/economie/etats-unis/201502/01/01-4840315-le-dollar-fort-un-casse-tete-pour-les-multinationales-americaines.php

Vous avez entièrement raison. De plus l’évaluation du dollar US par rapport au dollar CA n’a pas la même proportion que les valeurs entre les devises US et de la Chine. La Chine peut jouer sur le prix de ses import-export à volonté et personne hormis les US s’en pleindront. Les biens que les USA importent de la Chine ne sont pas nécessairement fabriqués aux USA. La dépendance américaine envers les biens provenant de la Chine est telle qu’elle n’a plus les moyens de fabriquer chez elle et ce depuis 20 ans pour certains, 30 pour d’autres voire 40 pour le reste. C’est d’ailleurs à cause des coûtsx exorbitants de fabrication aux USA que les industriels et manufactures ont déménagé leur production vers l’Asie. La monté du dollar US a des répercussions directes sur les consommateurs et entreprises américaines pour tous les biens dont les entreprises sont américaines mais sont fabriqués en Asie. C’est tout comme ils se tiraient dans les pieds mais à deux reprises.

À mon avis il faut (comme d’habitude) prendre ces données de statistique Canada avec un grain de sel…

D’abord le Québec, 16K empois de plus ça représente environ 640K de plus à l’échelle US (alors qu’aux USA on se félicitait d’avoir créé 250K jobs) bref ça ne fait aucun sens, surtout pas dans le contexte «austère» et de vieillissement actuel.

Même chose en Alberta, à Calgary par exemple où les ventes de maisons ont chuté de 40% et l’inventaire explose (imaginez Fort McMurray) et où les compagnies liées au pétrole ont commencé les mises à pied.

Sur une longue période les distorsions grossières de stat scan sont peut-être moins importantes et on pourra juger, en 2014 le Canada n’a créé que 120K emplois, presque tous en Alberta et le Québec en a perdu. Avec les effets du crash pétrolier encore à venir je doute que 2015 soit meilleure.

On doit compter, finalement, sur la productivité de nos entreprises manufacturières. Or nous ignorons ce secteur la plupart du temps, sauf quand nous en avons bien besoin. Par exemple, les médias (Radio-Canada étant l’arbitre en la matière) nous entretiennent abondamment d’agriculture (La Semaine verte), du commerce de détail (L’Épicerie), de finances (Ici-Économie), mais quand voyons-nous des documentaires, des analyses poussées sur l’industrie chimique, métallurgique, mécanique, plastique, informatique, celles des transport et de l’électricité? Quand visitons-nous nos usines, nos laboratoires, nos équipes de recherche? On en parle lorsqu’il s’agit d’en décrire les effets nocifs (environnement, pertes d’emplois), mais presque jamais pour en célébrer l’innovation, la prise de risque, l’organisation, l’ouverture des marchés, à moins qu’il ne s’agisse de nos trois ou quatre chouchous, toujours les mêmes: Bombardier, H-Q, Rio Tinto (Alcan) et … Junex!!! (qui cherche toujours mais ne trouve pas).
Le secteur manufacturier est le point aveugle de la société médiatico-québécoise. Pas surprenant que la croissance de la productivité au Québec soit lamentable! Qui s’y intéresse vraiment, sauf d’héroïques entrepreneurs?

» Bombardier, H-Q, Rio Tinto (Alcan) et … Junex!!! (qui cherche toujours mais ne trouve pas). »

Intéressant!

Bombardier ce sont des jobs payantes malgré qu’une grande partie des composantes sont fabriquées en Chine leur futur compétiteur.

Hydro nous procure de l’électricité à bon marché.

Rio Tino et les alumineries, des têteux d’argent qui abaissent la productivité du Québec en nous coûtants plus cher quelles nous rapportent.

Junex et le pétrole au Québec, encore des gens gens qui nous mangent de l’argent et qui abaissent la productivité du Québec.

Avis d’un géologue qui s’y connais:
http://quebec.huffingtonpost.ca/stephane-brousseau/produire-du-petrole-au-quebec-reve-et-utopie_b_6589392.html

La productivité du Québec est basse parce que les industries produisent des produits trop peut chers, mais ça change. Nous progressons plus vite que l’Ontario.

Ta tite politique de basse cour à la Duplessis et la gué guerre des candidats à la chefferie du PQ n’a rien à voir avec le sujet.

Mais tu as raison, j’ai oublié:

Toi tu travaille avec acharnement afin rabaisser le Québec et sa productivité.