Des candidats anti-Alena

Dès son élection à la présidence des États-Unis, en 1992, Bill Clinton s’était fait le champion du libre-échange. Parvenu à rallier les grands syndicats et la base de son parti, traditionnellement réfractaires à ce principe, il avait signé l’Accord de libre-échange nord-américain, entré en vigueur en 1994. Quatorze ans plus tard, à l’approche de la présidentielle, sa femme, Hillary, et le grand rival démocrate de celle-ci, Barack Obama, flirtent davantage avec le protectionnisme. Les deux candidats promettent de revoir l’ALENA et préfèrent parler de commerce équitable plutôt que de libre-échange. Les républicains restent plus ouverts au libre-échange. Mais le Congrès, dominé par les démocrates, pourrait torpiller tout nouvel effort de libéralisation des échanges si les républicains conservent le contrôle de la Maison-Blanche.

« Les gens ne veulent pas d’un t-shirt moins cher si ça leur coûte leur emploi. »
Barack Obama

« On devrait revoir nos accords de libre-échange tous les cinq ans pour s’assurer qu’ils atteignent leurs objectifs. Et on devrait commencer par l’ALENA, qui souffre de graves lacunes. »
Hillary Clinton

« L’ALENA a directement fait perdre 900 000 emplois aux travailleurs américains. […] Devrions-nous vraiment soumettre les intérêts des braves Américains à ceux des Nations unies, de l’ALENA, de l’OMC, des multinationales et des gouvernements étrangers ? Je ne crois pas. »
Lou Dobbs, animateur-vedette de CNN

« Compte tenu de nos liens étroits avec eux, il est dans notre intérêt de rappeler aux États-Unis que nous sommes des amis. Il faut être conscient que seule une élite aux États-Unis se rend compte de l’existence du Canada. Il n’y a pas une grande base électorale favorable au Canada là-bas. »
Pierre Marc Johnson, ex-premier ministre du Québec

« La meilleure façon d’assurer la sécurité des États-Unis n’est pas de fortifier nos frontières avec le Mexique et le Canada, mais d’établir un périmètre de sécurité commun autour de l’ensemble de l’Amérique du Nord. On souhaite aussi faciliter la libre circulation des produits et des gens sur le continent. »
Robert Pastor, directeur du Groupe de travail indépendant sur l’Amérique du Nord

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