Des Chinois chez les Afghans

L’insécurité gagne du terrain en Afghanistan, mais elle ne semble pas freiner l’appétit du voisin chinois pour ses matières premières.

La société d’État China Metallurgical Corporation a déboursé la rondelette somme de huit milliards de dollars américains pour s’assurer le contrôle pendant 30 ans d’un des plus vastes gisements de cuivre de la planète. Les travaux ont commencé en juillet à Aynak, à 60 km au sud de Kaboul, dans une vallée qui a servi de camp d’entraînement à al-Qaida, en 1999.

Les premières extractions de minerai n’auront pas lieu avant 2013, mais les autorités afghanes jubilent déjà. L’exploitation de cette mine de même que la construction d’une usine de traitement du minerai, d’une voie ferrée et d’une centrale thermique, qui alimentera aussi la capitale, devraient permettre à l’État afghan d’engranger des revenus fiscaux de 400 millions de dollars américains, soit plus du quart de son budget en 2008. Pour un État qui dépend à plus de 40 % de l’aide extérieure, c’est aussi un pas de plus vers l’autonomie.

Avec d’autres projets et d’autres investisseurs étrangers dans la mire, l’État afghan veut faire de la mine d’Aynak un modèle de réussite. Reste à voir si les 1 500 policiers qui y ont été dépêchés sauront assurer la sécurité dans cette région secouée par les attaques des insurgés.     

Les plus populaires