Des dollars et des milliards

Le succès éclatant du commerce de détail à bas prix s’est confirmé une fois de plus, lundi, quand Dollar Tree a mis la main sur son rival Family Dollar pour 8,5 milliards de dollars. Les «magasins à un dollar» : autant un phénomène économique que de société, dit Pierre Duhamel.

Dollar Tree To Acquire Family Dollar Stores For $8.5 Billion
Photo : Getty Images

Le succès éclatant du commerce de détail à bas prix s’est confirmé une fois de plus, lundi, quand Dollar Tree a mis la main sur son rival Family Dollar pour 8,5 milliards de dollars.
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Les «magasins à un dollar», comme on les appelle, sont autant un phénomène économique que de société. Les trois leaders du marché aux États-Unis, dont les deux sociétés mentionnées, comptent plus de 24 000 succursales. Il y a, aux États-Unis (dont on célèbre tant la richesse), un magasin à un dollar pour 13 000 personnes, soit deux fois plus qu’au Canada.

Le géant canadien du créneau est la québécoise Dollarama. En mai dernier, elle comptait 899 succursales, et sa valeur boursière de plus de six milliards de dollars était plus élevée que celle de Jean Coutu. L’entreprise affiche des ventes de plus de deux milliards de dollars. La croissance de ses ventes et de ses profits est la plus élevée en Amérique du Nord pour ce type de commerce.

Dollarama n’est plus vraiment un magasin à un dollar, puisqu’on y trouve maintenant des produits qui peuvent valoir jusqu’à trois dollars. On y vend des produits de marques connues, mais aussi des produits de consommation courante ou saisonniers en provenance de la Chine et de 24 autres pays.

Ces commerces doivent d’abord s’approvisionner à tout, tout, tout petit prix pour nous vendre à faible coût l’ampoule, la nappe, le dentifrice, la casserole ou le papier d’emballage du temps des Fêtes. Ils y parviennent, puisque Dollarama obtient une marge brute sur ses ventes d’environ 35 %.

C’est une affaire de cents et de gros volume, mais qui dépend aussi des grandes questions économiques.

Dollarama achète une bonne partie de ses produits en Chine. La montée des coûts de main-d’œuvre dans ce pays a évidemment des répercussions sur le coût d’acquisition. La faiblesse relative du dollar canadien a aussi un effet.

Les magasins à un dollar brassent des grosses affaires à l’international, mais leur implantation est plutôt locale ou nationale. On ne connaît pas de Walmart, de Target ou de Carrefour présents dans des dizaines de pays dans les commerces de détail à bas prix.

Dollarama, qui contrôle presque 70 % du marché canadien, a un partenariat avec Dollar City, au Salvador, mais cela m’apparaît modeste pour une entreprise dont les ventes croissent encore de plus de 10 % par année.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.