Des élections de fous

Ce sont les troisièmes élections fédérales en cinq ans et j’ai l’impression que le plaisir croît avec l’usage. Heureusement qu’il y a le hockey pour nous calmer !

Les sondages nous proposent deux scénarios contradictoires : l’un de confirmation où les conservateurs réussiront à obtenir leur majorité parlementaire en jouant la carte de la stabilité. Nanos va dans ce sens en accordant dans son dernier sondage quotidien une avance de 13,6 points de pourcentage au Parti conservateur. L’autre scénario, celui de Ekos, laisse entrevoir un réenlignement historique avec le NPD qui se trouve à 6 points du PC. Angus Reid parle d’une avance de 5 points des Conservateurs sur le NPD dans son sondage de mercredi matin.

En toile de fond, les deux maisons de sondage mettent le NPD en avant du Bloc québécois, ce qui serait une révolution en soi.

Rien n’est joué, il est permis d’être sceptique, et le 7e match, à ce sport-là, se joue lundi.

Je serais très surpris si Stephen Harper n’était pas réélu. À tout prendre, je suis plutôt Nanos que Ekos, pour parler sondages.

Scénario plus plausible, mais non assuré pour autant, l’émergence possible du NPD comme deuxième force politique au pays pourrait mettre fin à une tradition de près de 150 ans dominée par les conservateurs et les libéraux.

Michael Ignatieff se retrouve aujourd’hui là où il ne veut pas être. Le centre n’est pas un endroit confortable en politique et se retrouver troisième larron n’est pas une situation enviable en régime parlementaire britannique. Je suis sûr que les stratèges libéraux pensent à ce qui est arrivé dans d’autres pays à tradition politique et parlementaire britannique.

Les libéraux britanniques, lointain ancêtres du PLC, ont été distancés pour de bon par le Labour en 1922 et le même sort est arrivé aux libéraux néo-zélandais en 1925. En Australie, les libéraux sont devenus le grand parti de droite et adversaire perpétuel du Labour australien, le cousin de nos néo-démocrates.

Dans ces pays s’affrontent deux grands partis, l’un de droite et l’autre de gauche qui occupent presque tout le terrain. Le centre ? Il n’y a qu’au Canada où le Parti libéral occupait un large espace politique entre les conservateurs, plus ou moins fragmentés selon les époques, et des sociaux-démocrates marginalisés.

Les sondages nous promettent un grand brassage de cartes lundi prochain avec une dominante sur l’axe droite-gauche. Le Parti libéral, qui incarnait l’unité canadienne, et le Bloc québécois, qui représentait l’autre pôle de cette dynamique particulière, sont menacés sur leurs deux flancs et jouent leur avenir.

Le parti de Michael Ignatieff peut-il tirer des leçons de ses cousins anglais, australiens et néo-zélandais ? En Grande-Bretagne, la Parti libéral est marginalisé depuis 90 ans, malgré sa fusion avec un parti formé par des transfuges du Parti Travalliste. Appelés à choisir entre les deux camps, les « libdems » ont choisi de s’allier avec les conservateurs à la suite des dernières élections et de participer au gouvernement de David Cameron. Les récents sondages leur sont particulièrement défavorables.

En Nouvelle-Zélande, le Parti libéral s’est liquidé et a participé en 1938 à la création du Parti national, le grand parti de droite de ce pays.

En Australie, comme je l’écrivais, il constitue la grande force conservatrice et il est allié lors des élections avec un plus petit parti conservateur plus présent en zones rurales, le National Party.

Quel est le destin du Parti Libéral du Canada ? Le côté droit est bien tenu par les conservateurs grâce à son implantation très solide dans l’Ouest du pays et maintenant en Ontario. Le scénario australien est impossible, tout d’abord par ce que les libéraux canadiens ne sont pas vraiment à droite. Un gouvernement de coalition bleu-rouge dans l’éventualité d’une Parlement très éclaté ? Peu plausible pour la même raison.

Côté gauche, le NPD occupe de plus en plus d’espace nous disent les sondages, et ce, dans presque toutes les provinces.

S’il fallait que le Parti libéral se voit distancer par le NPD lundi, la remise en question sera inévitable et douloureuse. Déjà Jean Chrétien et d’autres avec lui évoquent  la possibilité d’une fusion avec le NPD. Ce n’est peut-être pas dans l’ADN de la famille libérale, mais l’instinct de survie pourrait les amener vers cette option.

Cela marquerait le dernier acte d’un réenlignement complet des forces politiques au Canada. Le Parti progressiste-conservateur, de centre-droit, a été absorbé par le Parti réformiste, nettement plus à droite. En se mariant au NPD, le Parti libéral du Canada, parti de l’extrême-centre, prendrait un net virage à gauche.

Le jeu politique et les conditions économiques conduisent à une plus grande polarisation des politiques et des choix de société. Pour survivre, les partis politiques n’ont pas d’autres choix que de suivre les tendances du marché…

À moins que vous faites mentir les sondages !

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Les Conservateurs vont rentrer minoritaires. Leur budget va être défait et le gouvernement va être renversé. Notre vaillant GG va demander à Jack de former le prochain gouvernement.

Jack va former une coalition avec Ignacieff. Si le mariage tient, les deux partis vont s’unifier et se présenter sur une nouvelle bannière dans 2 ans.

A mon âge je pensais bien avoir tout lu et tout vu. Mais bon, je me sens jeune, car cette élection m’en a apprit beaucoup.

Que penser de cette bombe, un texte de Pierre-Karl Péladeau, publié ce-matin ?

http://www.torontosun.com/2011/04/26/alls-not-fair-in-war&overridetemplate=SUN_BLOCK_QuickRead

But it is the ultimate source of this material that is profoundly troubling to me, my colleagues and, I think, should be of concern to all Canadians. It is my belief that this planted information was intended to first and foremost seriously damage Michael Ignatieff’s campaign but in the process to damage the integrity and credibility of Sun Media and, more pointedly, that of our new television operation, Sun News. If any proof is needed to dispel the false yet still prevalent notion that Sun Media and the Sun News Network are the official organs of the Conservative Party of Canada, I offer this unfortunate episode as Exhibit A.

En effet, une vraie campagne de fous – dangeureux.

M. Duhamel,

N’expédiez pas à la potence le PLC et le Bloc trop rapidement.

Si les conservateurs forment un troisième gouvernement minoritaire consécutif, nous risquons encore une fois d’aller aux urnes dans les prochaines années (voir mois) et votre prédiction risque de ne plus tenir. Si les conservateurs réussissent à obtenir une majorité, l’écoeurement de l’électorat non dogmatique se fera sentir au bout de la 5e législature (pcq on ne compte pas les gouvernements en terme d’années, mais de législatures (5 max)).

Bien des analystes ont prédits la mort du Bloc par les années passées. Si les québécois se retrouvent, encore une fois, désillusionnés par des promesses que les partis fédéraux ne peuvent tenir, ils y retournerons à coup sûr.

Le PLC a gouverné ce pays pendant au moins les deux tiers de son existence. Bien qu’il soit affaiblis par les magouilles qui ont eu cours après le référendum de 1995 au Québec et par la politique énergétique de Trudeau dans l’ouest, ce parti n’en est pas nécessairement à son dernier souffle.

Qui vivra, verra…

De toute evidence, notre GG ne pourra pas voyager beaucoup. L’utilité de la position est de plus en plus visible et actuelle.

@rod

Dans un sens je suis d’accord, ma préférence va pour le PCC majoritaire, mais si c’est impossible je préfèrerais une coalition gauchiste à un nouveau gouvernement Harper minoritaire.

Si les Canadiens veulent voter à gauche autant leur donner ce qu’ils veulent et en finir!

Pour un, mes actions (et j’en ai une majorité) sur la bourse américaine risqueraient de s’apprécier beaucoup plus vite….

Puis comme le NPD a déjà ruiné l’Ontario, ça sera distrayant de les voir faire la même chose avec tout le Canada…

@brasseur

C’est sur que si le NPD devait former le gouvernement le dollar canadien planterait à 80 cennes ce qui serait une très bonne chose pour les PME québécoises

Si on veut investir dans un tgv pour engraisser encore une fois les ..dits français…chus pas d’accord. L’histoire de l’expertise ça ne passe plus, le disque est usé.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201103/11/01-4378424-tgv-sam-hamad-rentre-de-france-plus-convaincu-que-jamais.php
ya trop de Samuels dans les tinamis de nos gouvernements. Il ne nous vendent pas, ils leur donnent notre argent.
Entre la théorie et la pratique dans l’application des principes du développement durable, il y a notament…
»«protection de l’environnement » : pour parvenir à un développement
durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du
processus de développement ;
d) «efficacité économique » : l’économie du Québec et de ses régions doit
être performante, porteuse d’innovation et d’une prospérité économique
favorable au progrès social et respectueuse de l’environnement ;
e) «participation et engagement » : la participation et l’engagement des
citoyens et des groupes qui les représentent sont nécessaires pour définir une
vision concertée du développement et assurer sa durabilité sur les plans
environnemental, social et économique ;
f) «accès au savoir » : les mesures favorisant l’éducation, l’accès à
l’information et la recherche doivent être encouragées de manière à stimuler
l’innovation ainsi qu’à améliorer la sensibilisation et la participation effective
du public à la mise en oeuvre du développement durable ; »
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=5&file=2006C3F.PDF
Selon les principes du développement durable, donc développer l’économie (stimuler régionale),l’accés au savoir (développer l’expertise ici) protéger l’environnement (empreinte écologique plus grande en achetant outre-mer). Il est temps d’accorder la parole aux actes.
http://www.taterre.com/Orateurs-fiches/PLanglois.htm

Si les Québécois sont rationnels et logiques avec eux-mêmes, ils n’iront pas voter pour le NPD. Pourquoi? Parce que, tout comme les libéraux et les conservateurs, le NPD a voté la plupart du temps contre les intérêts du Québec au Parlement fédéral. Certains électeurs parlent de changement, mais quel changement? Le NPD n’a pas changé lui-même ses positions à l’égard du Québec. Il suffit de bien suivre les débats à la Chambre des Communes à Ottawa pour s’en rendre compte. Malheureusement, trop de Québécois ne s’intéressent pas à ce qui se passe dans nos parlements. La vérité se trouve pourtant à ces endroits. Comme il l’a fait dans le passé, à l’exemple du Parti libéral et du Parti conservateur, le NPD continuera de faire passer les intérêts du Canada-Anglais bien avant ceux du Québec. Son chef, Jack Layton, nous demande plus de députés, mais en même temps il ne veut toujours pas reconnaître que cela se ferait au détriment du seul parti qui défend véritablement les intérêts du Québec, le Bloc québécois. Cela se ferait aussi au profit des Conservateurs, notamment dans la grande région de Québec, des députés conservateurs qui doivent avoir l’autorisation de leur chef avant de parler ou de se prononcer. Et que dire de ce député conservateur déguisé en indépendant André Arthur qui passe davantage son temps en Floride qu’au Parlement canadien. Ce que Jack Layton ne nous dit pas, c’est qu’un vote pour le NPD, dans la majorité des cas, représente une division du vote chez les électeurs québécois, division faisant en sorte que les Conservateurs ont besoin de moins d’appuis pour se faire élire ou réélire. Qui se lèvera pour défendre le Québec après le scrutin du 2 mai? Ne comptez pas sur Jack Layton, pas plus que sur Ignatieff ou Harper. Dans le passé, j’ai déjà voté pour le NPD, mais ne pouvant plus tolérer le mensonge et la «grande illusion fédéraliste», je préfère appuyer des gens comme Gilles Duceppe, des gens qui disent ouvertement ce qu’ils défendent et ce qu’ils sont en réalité.
Richard Higgins

@Pierre Duhamel

Je suis intrigué par la différence entre Nano d’un côté versus Ekos et Reid de l’autre, différence que vous semblez bien seul à relever. Théoriquement ils devraient donner des résultats dans la marge d’erreur, mais c’est pas le cas et quand on regarde sondage après sondage il semble bien y avoir un biais systématique en particulier entre Nano et Ekos. Ce qui suggère des méthodologies différentes. Si vous avez des informations là-dessus, ce serait intéressant que vous en parliez.

Par ailleurs, et c’est un peu la même question, vous avez dit croire plus aux résultats de Nano: est-ce selon votre analyse politique ou parce que sa méthodologie vous semble plus propre?

Si c’est Read et Ekos qui ont raison, on pourrait avoir une surprise de taille lundi soir. La vague orange pourrait nous donner un gouvernement NPD minoritaire. Ca va se jouer en Ontario.

Maintenant que le bloc et les libéraux disparaissent de la carte ça risque d’être encore plus serré qu’on ne pouvait l’imaginer et probablement majoritaire. Tant mieux, y en a marre des élections a répétition. $$$

rod

« C’est sur que si le NPD devait former le gouvernement le dollar canadien planterait à 80 cennes ce qui serait une très bonne chose pour les PME québécoises »

Vous plaisantez j’espère!!! Sûr qu’une baisse du $CAN serait bienvenue mais si cette baisse était causée par des turbulences économiques, la fuite d’entreprises et des baisses d’investissement, sans parler de hausses de taux d’intérêt pour les obligations Canadiennes, je peux vous assurer que l’économie Québécois ne s’en porterait pas mieux et que bien des Québécois s’apercevraient que voter peut avoir des conséquences après tout…

Votre article me trotte dans la tête. On voit en effet se pointer la fin du libéralisme partout dans le monde. Le libéralisme a marqué l’histoire depuis les Lumières : on a rejeté le droit divin des rois, de la monarchie absolue, pour favoriser un contrat social qui donne primauté à la règle de droit et à la gouvernance du peuple avec le consentement du peuple. Mais nous passons maintenant à autre chose. Nous serons de plus en plus, ici comme ailleurs, gouvernés par des idéologues religieux ou sociaux. On a vu depuis quarante ans la montée de l’islamisme, des idéologies religieuses, de gauche ou de droite. Depuis 2001, le déroulement s’accélère.

Le Parti libéral du Canada est appelé à disparaitre, tout comme le libéralisme. Ce qui remplacera le libéralisme sera encore plus difficile à déloger que le fut la monarchie absolue !

J’ai été conservatrice jusqu’à la fusion du PCC avec l’Alliance. Je suis une libérale bien capitaliste. C’est le dénigrement de la règle de droit et des institutions démocratiques qu’encourage Harper que je dénonce. C’est son refus de fournir les documents exigés par les représentants du peuple qui a précipité la chute de son gouvernement. Harper rejette l’idée qu’il a besoin du consentement du peuple. Il ne reconnait pas cette prémisse. Il contrôle l’information et s’isole. Lorsqu’un journaliste lui pose une question difficile lors d’une assemblée publique c’est une clique de partisans qui force le journaliste à reculer, jettant le bâton dans les roues de la liberté et de l’information que doit fournir celui qui gouverne. La prochaine étape sera sans doute le rejet de la règle de droit.

En passant, on verra peut-être aussi la fin du capitalisme.

Regarder des photos de certaines villes chinoises prises il y a vingt ans comparativement à des photos récentes me coupe le souffle.

En observant les développements en Chine, qui peut nier que le communisme peut très bien fonctionner!?!

« Ca va se jouer en Ontario. » (Philippe)

Comme toujours.

Il y a bien longtemps que l’Ontario se vante d’avoir deux gouvernements.

@ Loraine King

En Chine le mot communisme est à prendre avec des pincettes.

En Chine des quartiers complets vides de tout êtres humains sont construits et subventionnés par le gouvernement en attendant que des citoyens veulent les habiter.

C’est le modèle du Québec en pleine exagération.

Dans 5 ans la Chine sera la plus grande économie mondiale.

« Des élections de fous » (Dhuamel)

Vous auriez été mieux d’écrire que c’est le pays Canada qui est fou.