Des entreprises plus innovantes qu’on ne le croit

Dans le secteur manufacturier, nous faisons mieux que l’ensemble du Canada, ce qui est une très bonne nouvelle.

82,6% des entreprises manufacturières québécoises de plus de 20 employés, et aux revenus supérieurs à 250 000 dollars, ont innové entre 2010 et 2012, ce qui est la plus forte proportion au Canada pour le secteur de la fabrication.

Blogue EconomieStatistique Canada considère comme innovante une entreprise qui a innové dans au moins une catégorie d’innovation, soit les procédés de production et les méthodes de distribution ou de livraison, ou encore au niveau organisationnel.

60,9 % de l’ensemble des entreprises québécoises répondant aux exigences de cette enquête ont innové entre 2010 et 2012, ce qui reste sensiblement inférieur à la proportion des entreprises ontariennes. Mais dans le secteur manufacturier, nous faisons mieux que l’ensemble du Canada, ce qui est une très bonne nouvelle.

Une autre donnée m’a étonné encore plus. Le Québec traîne de la patte en ce qui concerne la productivité de son économie. Si nous produisons moins par heure travaillée que les Ontariens ou les Américains, ce serait à cause du retard technologique dû au sous-investissement.

Or, l’enquête de Statistique Canada donne le premier rang aux entreprises du Québec (proportion de 44,2 %) pour ce qui est de l’utilisation d’au moins une technologie de pointe.

Un deuxième volet de l’Enquête sur l’innovation et les stratégies d’entreprises 2012, publiée jeudi, nous apprend que 20,9 % des entreprises québécoises visées par cette enquête ont exporté ou tenté d’exporter de 2010 à 2012. La proportion d’entreprises ontariennes a atteint 25,4 %, un écart qui pourrait s’expliquer par une plus grande proportion de grandes entreprises de plus de 500 employés dans la province voisine.

Par contre, les entreprises canadiennes peinent à rester concurrentielles sur les marchés étrangers. Près de 30 % des entreprises qui ont exporté ou tenté d’exporter ont indiqué que les exigences des clients en matière de coût constituent un obstacle très important.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

7 commentaires
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Ce qui ressort peut-être de cette enquête, c’est que l’accès à des nouvelles technologies de pointe, n’est pas une garantie absolue de gains en termes de productivité.

Hormis le fait qu’une technologie de pointe n’est vraiment opérationnelle qu’à condition que les opérateurs soient très bien formés et bien organisés. Pour avoir travaillé à une certaine époque avec des ordinateurs et des logiciels sophistiqués, je sais par expérience que la productivité des opérateurs est « très très très » variable.

Aussi, cela prend une solide formation et idéalement des salaires attractifs. Ce qui n’est pas toujours le cas. Tous les employeurs disent qu’ils veulent et recherchent les meilleurs éléments, si ce n’est que lorsqu’il est temps de négocier les salaires. C’est une toute autre affaire.

Enfin, un pays comme la France qui a un très bon niveau de productivité, a augmenté son niveau en réduisant la durée du travail hebdomadaire et en augmentant le nombre de congés payés. En d’autres mots : travaillez moins pour travailler mieux !

— Vive la paresse libre !

Quoiqu’il en soit, c’est toujours une très bonne nouvelle d’apprendre que les entreprises d’ici se tiennent bien en innovation. Reste plus qu’à rendre les produits suffisamment attractifs pour être exportables sur tous les marchés.

Pierre Duhamel s’étonne de la faible productivité du Québec comparé aux autres provinces de même niveau, croyant à tort que ceci serait dû à une piètre production. La productivité (du travail) n’a rien à voir avec le volume de la production, puisqu’on calcule la productivité en divisant le PIB par le nombre d’heures travaillées. Par exemple, le fabricant de voitures Ferrari a une forte productivité (valeur ajoutée élevée), mais une faible production.

Si le Québec n’est pas en retard au niveau technologique et que sa productivité reste faible, il faut donc regarder l’état du PIB qui demeure modeste. Comme le PIB se calcule en fonction des dépenses, ou en fonction des revenus, et en fonction de la valeur ajoutée pour les entreprises industrielles, c’est soit que les prix ne sont pas assez élevés, soit que ce sont les salaires qui ne sont pas assez élevés ou un mélange des deux.

Dans les petits pots les bons onguents.

Armand Bombardier dans sont petit garage a innové.

Pierre Péladeau qui a commencé avec 1 500$ a innové.

Quant à la productivité, personne dans le domaine n’est capable de l’expliquer. C’est l’échec des économiste.

Alors quand Garcia, Legault et Fortin disent qu’il y a trop de monde à Hydro Québec, ils parlent au travers leur chapeau. Ils ne sont pas spécialistes en main d’oeuvre.

Vous avez raison. Quant à « C’est l’échec des économiste. » je ne sais pas si Darwin (Jeanne Emard) serait d’accord avec vous, quoique …

« …je ne sais pas si Darwin (Jeanne Emard) … »

À mon avis Darwin n’est pas du genre à lire dans une boule de cristal à moins qu’il soit capable d’expliquer cette différence de productivité.

Comme il a déjà dit avec un clin d’œil, beaucoup de prisons sont privés aux USA. Elles ajoutent au PIB alors qu’ici c’est une dépense. Les hôpitaux privés?

Faudrait lui demander.

Marc, au cas ou vous ne seriez pas retourner voir L’article de M.Fortin… Je reproduis ici ma dernière intervention..

Désolé Marc, Mon erreur…J’ai vraiment pensé que vous adressiez à M. Fortin… Fatigue, peut-être bien, mais surtout erreur de néophyte blogueur…. ( pas vu la barre noir !!!)

Pour faciliter la compréhensiondes d’éventuels nouveaux , peut-être mentionner en début de texte le nom du blogueur visé. Simple suggestion polie. Et toutes mes excuses encore ( 🙂

La liberté d’expression implique qu’on puisse se tromper. Comme vous avez pu constater, il existe sur ce blogue un espace pour répliquer et je n’hésite pas à m’en servir.