Des industriels coriaces

Il ne faut pas compter pour mort le secteur manufacturier québécois, dont les ressorts sont innombrables. Dans des secteurs aussi divers que la microélectronique, l’optique, l’instrumentation ou les transports, des milliers d’entreprises québécoises s’en tirent bien.

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Malgré la mort annoncée du secteur manufacturier, l’industrie aéronautique compte 215 entreprises et emploie plus de 42 000 personnes au Québec. – Photo aimablement fournie par Bombardier inc.

Savez-vous qu’il y a 100 usines de fromage au Québec et que les deux principaux transformateurs laitiers au Canada, Saputo et Natrel, sont québécois ? Que le Québec vend au total pour six milliards de dollars d’équipements industriels et qu’il en exporte pour cinq milliards ? Ou qu’une entreprise nommée France Délices fabrique des pâtisseries vendues dans 1 000 hôtels et restaurants partout en Amérique du Nord ?

Il ne faut pas compter pour mort le secteur manufacturier québécois, dont les ressorts sont innombrables. Dans des secteurs aussi divers que la microélectronique, l’optique, l’instrumentation ou les transports, des milliers d’entreprises québécoises s’en tirent bien.

À première vue, ça va pourtant mal. On apprend régulièrement la nouvelle de la fermeture d’une usine, comme celle d’Electrolux, à L’Assomption, en juillet prochain, ou celle pour « une période indéterminée » de la scierie de Produits forestiers Résolu, à Maniwaki. De nombreuses villes mono-industrielles sont menacées, et une municipalité comme Shawinigan doit se réinventer après la disparition des grands employeurs industriels à l’origine de sa création.

Les données confirment les inquiétudes sur l’avenir du secteur manufacturier québécois. De 2003 à 2013, il a perdu le cinquième de ses effectifs, soit 139 200 emplois. Son poids dans l’économie est passé de 22,9 % du PIB (en 2000) à 14,1 % (en 2013).

Non seulement le secteur de la fabrication est en déclin au Québec, mais nous accusons un retard important en matière de productivité. Les entreprises québécoises n’investissent pas suffisamment, notamment dans les technologies de pointe. Résultat : la productivité horaire d’un travailleur québécois est de 46 dollars en moyenne, contre 60 dollars pour un travailleur américain.

L’existence de nombre d’entreprises pourrait être menacée, d’autant que les Américains amorcent un vaste mouvement de réindustrialisation, propulsé par des coûts énergétiques très bas, grâce au gaz de schiste. Des entreprises qui avaient pris l’habitude de construire leurs usines en Asie reviennent sur le territoire américain, avec de l’équipement flambant neuf et performant.

On serait tenté de croire qu’il n’y a plus d’espoir pour l’industrie québécoise. Mais c’est loin d’être l’avis de Jean Matuszewski, président d’E&B Data, une entreprise montréalaise spécialisée dans l’évaluation des répercussions économiques. Cet homme est un véritable ordinateur sur deux pattes, qui a toujours sous la main les données et les exemples susceptibles d’ébranler mes certitudes. Selon lui, le secteur manufacturier du Québec se caractérise par sa résilience et son « antifragilité ».

Le taux de croissance de notre économie n’est pas aussi fort que celui de nos voisins ? « Peut-être, mais c’est notre capacité de résistance qui compte, dit-il. Nous avons un écosystème qui permet de faire grandir de petits projets qui ne seraient peut-être pas rentables ailleurs. » Le secteur manufacturier québécois est certes en déclin, mais sa chute est beaucoup moins brutale qu’aux États-Unis, où il ne compte plus que pour 12 % du PIB, ou que dans l’ensemble du Canada, à 10,9 % du PIB.

La baisse des investissements privés au Québec ? « C’est vrai, mais ils sont en hausse depuis 2011, quand on enlève le secteur minier, fragilisé par le repli des prix des métaux. Nous n’avons pas rejoint les niveaux observés au tournant du millénaire, mais nous faisons aussi bien qu’avant la crise de 2008. »

Notre faible productivité ? « Pas si problématique que ça, dit-il, parce que nous sommes les spécialistes des petites unités de production. Nous n’aurons jamais la productivité associée aux économies d’échelle que permettent les grandes usines comme celles qu’on trouve chez nos voisins. Mais les nôtres sont rentables et créent des emplois. »

Jean Matuszewski n’est pas seulement un homme de chiffres. Il sait ponctuer son propos d’exemples saisissants ou étonnants. Il aime rappeler que notre engouement pour la production de produits de luxe a conduit à la création d’un parfum à l’odeur d’érable, bien baptisé Attire-moi (voir « Le Québec en flacons »).

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Les investissements sont en hausse « quand on enlève le secteur minier ». Franchement! Les investissements sont en baisse, point. C’est ça la réalité.

C’est comme dire qu’une classe d’écoliers réussit très bien si on exclut les dix plus mauvais élèves.

Ceci dit il est vrai qu’avec la petite taille de nos entreprises (les grosses quittent ou ne viendront jamais ici à cause des syndicats) vient une certaine résilience, le nombre implique une relative diversification. Et il est aussi vrai que si le Québec un jour redémarre c’est par ses entreprises qu’il le fera, elles sont précieuses et nous devrions les apprécier davantage.

Par contre faudrait voir combien d’entre elles sont réellement viables sans subvention, sans aide étatique, comme par exemple nos merveilleux fromagers qui survivent grâce à des tarifs de 250% sur les importations!!!

« Les investissements sont en hausse « quand on enlève le secteur minier ». Franchement! Les investissements sont en baisse, point. C’est ça la réalité. »(pbrasseur)

Le secteur minier ne rapporte RIEN au Québec. Au contraire il nuit grandement aux exportations en augmentant le mal hollandais. L’aéronautique rapporte énormément plus que le secteur minier.

La petite droite anti-Québec veut que l’on charrie de la roche. Pour eux, les affaires savantes, on a pas d’affaires là.

Phantasme :

« …il est vrai qu’avec la petite taille de nos entreprises (les grosses quittent ou ne viendront jamais ici à cause des syndicats) » (pbrasseur)

Ce n’est qu’une fable comme votre crise de l’immeuble qu’on attend depuis presque 7 ans. Vous le faites pour dénigrer et de tenter de décourager les Québécois et ce très maladroitement.

Toutes les petites entreprises de la planète risquent et se font acheter par les grandes multinationales qui veulent éliminer la compétition.

Pour le fromage les USA et l’Union Européenne SUBVENTIONNENT les produits agricoles à la hauteur de 36%. Donc les producteurs laitiers et les fromagers NON SUBENETIONNÉS au Québec devraient faire face à une concurrence déloyale impossible à surmonter!!!

La petite droite pas instruite ne pense pas plus loin que le bout de son nez.